Chapitre 3

Deux semaines s'étaient écoulées, probablement les deux semaines les plus longues de ma vie. Blaine et moi passions la moitié de notre temps au centre avec Elise, et quand ce n'était pas le cas, nous travaillions, ou nous préparions notre mariage. Mais cette dernière semaine, la priorité était devenue l'adoption. Blaine et moi avions aujourd'hui la dernière visite, celle qui déterminerait si nous étions apte à adopter cette enfant. Nous devions apporter plusieurs papier et autres choses qui leurs seraient nécessaires pour le dossier d'adoption. J'étais actuellement en train de me mettre à la recherche d'un papier concernant Blaine, qui avait mystérieusement disparu. Je me mis à hurler et à balancer des jurons dans tout les sens en cherchant l'acte de naissance de ce dernier. Déjà de bonne humeur à huit-heure du matin …

« Blaine ! Criais-je à pleine voix, de sorte à ce qu'il l'entende de la chambre au premier étage. Ramène ton cul ici !

-Qu'est-ce-qu'il se passe ? Dit-il en arrivant en descendant les escaliers à toute allure, il savait que quand je devenais grossier, ça ne présageai rien de bon …

-Dis moi où est-ce-que tu as foutu la photocopie de ton acte de naissance, dis-je en m'énervant.

-Je ne l'ai pas touché, me dit-il avec une assurance qui me fit bouillir de l'intérieur.

-Bah aide-moi au moins à le trouver ! » Lui hurlais-je au visage, je pus le voir faire des yeux ahuris.

Et c'est à ce moment que je craquais, je m'assis sur le canapé de notre salon et je mis ma tête entre mes mains. J'essayais de respirer calmement pour me calmer. J'étais stressé comme pas possible. Blaine remarqua ma détresse, il s'assit en face de moi et détacha mes mains de mon visage pour les prendre dans les siennes. Il me sourit, ce qui me détendit un petit peu et me rassura.

« Et si ils ne nous acceptent pas, Blaine ? Qu'est-ce-qu'on va faire ? Si ils ne veulent pas que l'on adopte ? Ou si ça se passe mal ?

-Tu te prends trop la tête, me dit-il avec un petit sourire en coin. Tout va bien se passer.

-J'en suis pas si sûr ... Lui dis-je avec désespoir.

-Ne t'en fait pas. Tu es un futur-père génial, je ne vois pas pourquoi ils nous empêcheraient d'adopter. Personnellement je ne me fais pas de soucis pour ça, tu devrais en faire de même. Les autres rendez-vous se sont bien passés, alors pourquoi celui-là se passerait mal ? »

Je lui lança un sourire en coin et je haussa les épaules. Il me sourit à son tour et il posa ses lèvres sur les miennes pour m'encourager.

« Allez, viens, il faut trouver ce papier. » Me dit-il en se levant et me tendant la main.

Il avait raison. Après tout, pourquoi ce rendez-vous se passerait mal ?


Nous arrivâmes à l'orphelinat trois heures plus tard, tout les papiers en mains. La tension était palpable. Mademoiselle Weater, nous ouvrit la porte de son bureau en nous serrant la main. Nous nous assîmes sur les deux sièges disposés devant nous, et le rendez-vous pu commencer.

« Alors … Dit Miss Weater tandis que je lui donnais les papiers. Donc, c'était pour Elise … La petite française … Alors c'est le dernier rendez-vous n'est-ce pas ? Pas trop angoissés à l'idée d'avoir un enfant ?

-Non pas vraiment, répondit Blaine en me saisissant la main. On y est préparé, nous n'aurions pas demandé à adopter si ce n'était pas le cas.

-Bien, donc étudions votre dossier rapidement, répondit la jeune femme en feuilletant nos papiers. Commençons, dit elle calmement. Vous êtes tout les deux de Lima, vous êtes fiancés depuis trois mois … Vous avez dans les alentours de vingt-cinq ans ...

-Oui, exactement. » Répondis-je.

Elle feuilleta le dossier une quinzaine de minutes en nous posant diverses questions.

Une heure plus tard, le choc arriva …

« Bien, après avoir étudier votre dossier depuis quelques temps, j'en conviens que vous feriez d'excellents parents, et je suis heureuse qu'Elise est un espoir de sortir de cet endroit et de trouver une famille, elle le mérite vraiment, cependant je trouve quelques irrégularités dans votre dossier qui pourraient me faire reconsidérer les choses.

-Que vous voulez dire ? Dit Blaine stupéfait et horrifié en même temps.

-Et bien … Je dois étudier quelques sujets avec mes collègues. Je sais que ce rendez-vous devait être le dernier avant de vous donner une réponse, mais vis-à-vis de certaines choses, j'ai encore besoin de réfléchir, vous feriez de bons parents, je n'en doute pas mais j'aimerais tout de même être sûre de certaines choses. Donc je vous rappellerai sous un délai de deux semaines pour vous confirmer ma réponse. »


J'arrivais chez moi complètement dévasté, suivis de près par un Blaine en plein questionnement. Je me posa sur le canapé, je mis ma tête entre mes mains et me mis à pleurer. Je pleurais peut-être pour peu, mais l'idée que je ne pourrais pas adopter Elise m'était insupportable, maintenant que je m'étais attaché à elle. Je la considérais déjà comme ma fille et le fait que je ne pourrais sûrement pas être son père me déchirais le cœur. Blaine, en me voyant pleurer sur le canapé, se blottis contre moi pour venir me consoler, m'enlaçant et me calmant en même temps. J'étais sur le point de craquer, le stress du mariage, du travail et de l'adoption en plus, c'était bien trop pour moi, et ça, Blaine l'avait bien comprit.

« On va pas y arriver, Blaine, lui dis-je en posant ma tête contre son torse, pleurant toujours.

-Si, on va y arriver, je vais pas te laisser te démonter, me dit-il en caressant mon dos.

-J'en peux plus de tout ce stress … Lui dis-je en soupirant.

-Alors il faut que tu décompresses, me répondit-il en redressant ma tête. Pourquoi n'irions-nous pas faire un tour à la maison de vacances de ma famille, ça te permettrait de t'éloigner un peu du quotidien, et de penser à autres choses.

-Je ne sais pas … Lui répondis-je en réfléchissant. J'ai encore du travail pour la représentation de la comédie musicale, je ne peux pas manquer les répétitions … De plus, l'assistante sociale va appeler pour l'adoption … Bien qu'on est plus trop de chances à ce sujet, dis-je me tendant de nouveau.

-T'en fais pas pour Talking With The Moon, Santana s'en est chargé, elle a parlé au directeur, pendant ton absence, ils réviseront seulement les scènes où tu n'es pas présent. Et pour Elise … T'as besoin de ne plus y penser pendant un certain temps … ça te ferai du bien d'aller là bas. »

Je le regardais, réfléchissant et souriant un peu à son regard de chien battu, je l'embrassa sur la joue, je lui pris la main et je céda. Dix minutes plus tard nous étions déjà en train de préparer nos affaires.


L'endroit se trouvait seulement à deux heures de routes, nous arrivâmes vers quatorze-heure à la maison de vacances des Anderson. Arrivés, nous déposâmes nos affaires, nous changâmes et nous partîmes directement direction la piscine dans l'arrière-jardin. La piscine était d'une grandeur surprenante, son contour était en bois et l'eau était salée, piscine de rêve à vrai dire … Blaine, comme l'enfant qu'il était, se jeta dans l'eau à peine arrivé. Je pris plus mon temps pour rentrer dans la piscine, malgré les tentatives de Blaine pour me faire tomber dedans. Quand je fus rentré dans l'eau, je fis quelques brasses, mais fut rapidement rattrapé par un Blaine joueur qui essaya de me couler encore une fois. Je me pris rapidement au jeu, tentant de le couler à mon tour, nous jouions comme de vrais enfants et nous rions comme des imbéciles, tellement que j'en avais oublié mes soucis.


Quatre jours étaient passés depuis que nous étions arrivés dans la maison de vacances des parents de Blaine. J'étais complètement détendu quand je passais du temps avec lui, mais les moments où il me laissait seul, comme quand il dormait, me ramenaient toujours à mes pensées, me faisant angoissé un peu plus. Il était neuf-heures du matin et Blaine dormait toujours profondément à mes côtés, enroulés dans les draps, il avait toujours la mauvaise habitude de tirer les couvertures de son côté pour s'entortiller dedans, me laissant ainsi découvert, mais j'avais quant à moi pris l'habitude de le laisser faire. Mes inquiétudes me revinrent rapidement à l'esprit, et mes peurs aussi. J'essayais de penser à autre chose, essayant tant bien que mal de trouver quelque chose qui pourrait m'enlever l'adoption ou le travail de la tête. La seule qui me vint à l'esprit était Blaine. Je me mis à repenser au passé, puis à penser au présent, et au futur. Blaine était la chose la plus importante à mes yeux et grâce avec lui je pouvais tout traverser.

Je me retournais dans le lit pour faire face à Blaine. Je l'observais dormir, regardant son torse se soulever et entendant sa respiration. Je contemplais son magnifique visage, même endormi il restait parfait, il était toujours parfait. Je passa le dos de ma main sur sa joue, puis je la laissa divaguer sur son bras droit et son torse. Je remonta vers ses cheveux pour passer mes doigts dedans. Je passa un temps infini à faire ça avant que Blaine ne pousse un petit gémissement et ouvre un petit peu les yeux. J'embrassais doucement sa joue et ses lèvres à plusieurs reprises, provoquant d'autres gémissements et des petits sourires sur son visage. Je continuais, souriant à mon tour, jusqu'à qu'il se réveille complètement et m'embrasse fougueusement en me serrant dans ses bras.


Neuf jours s'étaient écoulés depuis l'arrivée dans la propriété Anderson. Blaine et moi profitions au maximum de ces moments que nous partagions. Notre semaine n'avait était qu'une alternance entre manger-dormir-câlins-jeux-piscine-manger-câlins-dormir. La seule chose qui m'avait reconnecté à la réalité avait était le coup de fil de Santana la veille pour prendre de mes nouvelles et me raconter comment s'étaient passés les répétitions. Je ne pensais pas vraiment à Elise ni à rien d'autre de plus que Blaine et moi, nous étions dans notre monde pendant les moments que nous passions dans cet endroit. Quand Blaine remarquait que mes pensées divaguaient vers autre chose, il essayait rapidement de trouver quelque chose à faire pour que j'oublie. Mais sa technique ne pouvait pas marcher à tout les coups … Neuf jours s'étaient écoulés depuis l'arrivée dans la propriété Anderson, ce qui voulait dire que neuf jours s'étaient écoulés depuis notre rendez-vous avec Mlle Weater et qu'il restait au minimum cinq jours avant l'appel de cette dernière, l'appel qui déterminerait tout.


Seize jours après l'arrivée dans la maison de vacances Anderson, seize jours sans recevoir l'appel tant espéré, n'était-est-ce pas un mauvais signe que ce retard pour l'appel ? J'étais depuis deux jours, plus angoissé que jamais. Blaine le remarquait et essayait de me faire penser à quelque chose d'autre, mais il ne pouvait pas éviter le sujet plus longtemps, je devais lui dire pour me sentir rassuré après. Quand nous étions en train de manger une salade de fruit sur le canapé en regardant Chicago, je décidais d'entamer la conversation avec le général :

« Blaine, je dois te parler …

-Qu'est-ce-qu'il y a, chéri ? Me dit-il entre deux cuillère de salade.

-C'est ... »

Mon téléphone portable fut plus rapide que moi, je sursautais à la sonnerie qui retentit fort dans la pièce. Mon cœur rata un battement quand je pensa que c'était sûrement le coup de fil tant attendu. Je respira un bon coup et je saisis mon portable pour regarder le nom ou le numéro de la personne qui m'appelait : Mademoiselle Weater.

Je pris mon courage à deux mains et je répondis à l'appel qui pouvait peut-être changer ma vie et celle de mon fiancé. Ce dernier me regardait lui aussi avec inquiétude, avec même un peu de peur dans le regard. Je porta le téléphone à mon oreille en essayant d'ignorer le bruit des battements de mon cœur.

« Oui ? » Dis-je peux sûr de moi. J'entendais ce qu'elle me disait mais je n'écoutais pas, mon esprit répétant sans arrêt la deuxième qu'elle avait prononcée après que j'ai décroché. Je raccrocha, le cœur toujours battant, et je me retourna vers Blaine qui attendait toujours une réponse.

« Elise va devenir notre fille, notre demande a été acceptée. »


Désolé, encore un chapitre qui ne sert pas à grand chose, j'espère pouvoir faire des choses plus intéressantes, je ferais des efforts sur le prochain chapitre. Merci d'avoir lu ! Et merci aussi pour vos reviews !

à bientôt pour un prochain chapitre ...