Je tiens à m'excuser de ma longue période d'absence, j'ai eu quelques problèmes d'inspiration pour l'écriture. J'espère que vous apprécierez ce chapitre !
Chapitre 3 :
Le Garuga s'éloigna d'un battement d'ailes, esquivant ainsi mon coup. L'un des autres avantages de son ancienneté était que chacune de mes frappes pouvait rouvrir une de ses anciennes blessures, aussi était-il particulièrement vigilant afin d'éviter d'être touché. Mais nous savions tous deux qu'il ne pourrait pas esquiver toutes les attaques et que, même s'il le pouvait, il ne le ferait pas. Il se fatiguerait bien trop vite, aussi allait-il être obligé de passer à l'attaque, et c'est sur cela que je comptais. J'enchaînais donc les coups, le forçant à des esquives de plus en plus compliquées, jusqu'à ce qu'une de mes frappes trouve sa cilble. Le Wyvern se roula au sol, une de ses anciennes cicatrices au thorax se rouvrant, et j'en profitai pour martyriser son aile gauche, sans pouvoir y infliger de graves lésions toutefois. Le monstre se redressa hors d'atteinte de ma hallebarde, une lueur nouvelle dans les yeux, et poussa un hurlement glaçant.
Je reculai de quelques pas, esquivant une boule de feu lâchée instantanément, suivie de trois coups de becs qui ne me ratèrent que de peu. Le Garuga semblait possédé, l'enchaînement beaucoup trop rapide de ses frappes ne me laissant aucun répit pour contre-attaquer. Un premier coup de bec toucha mon épaule, ouvrant une légère plaie, avant qu'une boule de feu n'explose à quelques centimètres de mon pied droit. Je ne pouvais plus que bloquer et esquiver, priant pour que la bête s'épuise avant de m'avoir éliminé. Un second coup de bec frappa ma jambe, m'envoyant rouler, avant que le monstre ne s'arrête, épuisé. Je tentai de me relever, mais le coup avait gravement endommagé ma cuisse, et je restai au sol quelques secondes de trop, secondes que le Wyvern mit à profit pour se rapprocher de moi et même se retrouver au-dessus de moi. Je me retrouvai forcé d'esquiver au sol, roulant sur moi-même pour survivre, la vigueur du Garuga l'ayant toutefois abandonné. Soudain, il jeta un regard pressé autour de lui et s'éloigna de quelques mètres, avant de s'envoler et de s'enfuir. Je ne compris pas instantanément pourquoi il avait refusé de m'achever, mais, lorsque je me levai, tout devint plus clair.
Les flammes que le Wyvern avait allumées avaient pris de l'ampleur, et elles encerclaient maintenant entièrement la zone, d'où la fuite du monstre. Je devais mon salut à cet incendie, mais les flemmes risquaient à présent de m'asphyxier, puis de me brûler vif, une mort que je préférais éviter. J'enfouis mon nez sous la couverture que je possédai toujours, et me dirigeai en direction des flammes. La chaleur était insurmontable, mais je me forçai à m'y enfoncer afin de préserver mes dernières chances de rester vivant. La fumée m'étouffait, et je doutais de plus en plus de mes possibilités de survie, tandis que les flammes m'encerclaient. Je sortis finalement de la zone incendiée et m'écroulai sur le sol, terrassé. La dernière image qui s'offrit à mes yeux fut celle de l'immense brasier qui enflammait le ciel.
Je me réveillai en milieu de soirée, dans un endroit parfaitement inconnu. Je paniquai un instant, avant que la respiration calme de Siana ne me rassure. Des feuilles que je ne reconnaissais pas étaient appliquées sur mes brûlures, rafraîchissant suffisamment celles-ci pour que la douleur soit supportable. Ma tête était posée sur les cuisses de la jeune fille, qui semblait paisiblement endormie, du moins jusqu'à ce qu'elle ouvre les yeux et me sourît.
- Merci, murmurai-je.
Elle balaya mes remerciements d'un geste de la main.
- Tu m'avais sauvé la vie, le moins que je puisse faire est de te rendre la pareille.
Je souris à mon tour.
- Maintenant, nous sommes quittes, je suppose.
- Je suppose aussi.
Puis elle me serra dans ses bras.
- J'ai eu tellement peur, chuchota-t-elle. Quand j'ai vu ces flammes... J'ai cru que je t'avais perdu, acheva-t-elle.
Je comprenais parfaitement ce sentiment, et je restais dans ses bras quelques temps encore. Je m'y sentais bien, et j'avais besoin de repos après les émotions de la journée.
Quelques heures plus tard, j'étais toujours dans les bras de Siana. La nuit était tombée, et je finissais le récit de mes aventures du jour. De son côté, elle était partie dès qu'elle avait vu les flammes et m'avait retrouvé, effondré sur le sol, aux portes de la mort, avant de me ramener aux abords d'une caverne toute proche. Le Garuga n'était pas réapparu depuis, et nous profitâmes de cette trêve, blottis l'un contre l'autre, pour prendre un repos bien mérité.
Lorsque le soleil se leva, c'était maintenant Siana qui était dans mes bras. Elle semblait si petite, fragile... mais c'est à elle que je devais la vie. Elle avait en quelque sorte remplacé Ljana dans mon cœur, et cette pensée m'emplit d'un étrange mélange de soulagement et d'appréhension. Je ne savais si ce changement était une bonne chose, et la jeune fille mit fin à mes interrogations en m'embrassant à son réveil. Nous restâmes enlacés quelques minutes, puis le temps fut venu pour nous de reprendre la route.
Les vérifications d'usage quant à la présence du Garuga effectuées, nous pûmes nous éloigner de la grotte et repartir en chasse. La discussion dériva tout naturellement vers la cible de cette chasse, et j'exprimai mes doutes à ma coéquipière, qui les balaya d'un revers de la main. Elle semblait convaincue de la réussite de notre chasse, ignorant les mises en garde qu'avaient étés les autres combats, et je n'en étais que plus nerveux.
- Tu te tortures pour rien, soupira la jeune fille. Le Garuga t'as eu par surprise, et alors ? Si on reste sur nos gardes, il n'y a aucun risque.
Je secouai la tête.
- Il n'y a pas que ça, répliquai-je. Sa méthode n'a pas marché, il va en changer. Sa manière de pensée se rapproche plus de celle d'un être humain que de celle d'une simple bête sauvage, et j'ai traqué assez d'hommes pour savoir qu'il faut s'en méfier.
Au tour de Siana de secouer la tête.
- Parfait, souffla-t-elle. En supposant que tu aies raison, que proposes-tu ?
- C'est simple. Il a tenté une attaque surprise, il va passer à une attaque frontale et, si on ne se déplace pas tout de suite, là où on le veut, il aura l'avantage du terrain. Alors on retourne à la clairière et on prépare le combat.
La jeune fille fronça les sourcils.
- Pourquoi la clairière ? Il m'a quasiment tuée là-bas.
- Parce que tu n'as quasiment aucune expérience de la chasse, souris-je.
Devant son regard noir, je m'expliquai :
- Tu n'as pas l'habitude de chasser et c'est logique. De son côté, le Garuga est un ancien, avec probablement de très nombreuses batailles à son actif, au vu de ses blessures. C'est donc normal qu'il prenne l'avantage sur toi en un contre un. Et, accessoirement, nous sommes deux maintenant, ajoutai-je, toujours souriant. Bien que je ne sois qu'un mercenaire, j'ai l'habitude de la chasse, alors on devrait s'en sortir.
Sania me regarda, un sourire en coin sur les lèvres.
- Je l'espère bien ! Sinon, je ne te le pardonnerais pas.
Nous atteignîmes alors la clairière, et le silence se fit.
Nous passâmes l'heure suivante à chuchoter, ma coéquipière exprimant ses doutes, moi essayant de la rassurer, tout en nous préparant au combat. La jeune fille avait retrouvé le bâton qu'elle avait affûté, mais elle garda toutefois son épée pour la bataille, le bâton étant bien trop lourd pour être maniable. Nous étions d'accord pour le garder pour les ailes, autant le laisser de côté pour le moment. Un cri proche retentit soudain,et le Garuga se posa dans la clairière.
Il semblait bien moins en forme que lors de notre précédente confrontation dans cette même clairière, bien qu'il soit toutefois encore largement en état de combattre. Caché dans les buissons aux côtés de Sania, j'observai son aile gauche, bien affaiblie lors de notre rapide combat d'hier. Ma coéquipière suivit mon regard, puis posa le sien sur le bâton, un air interrogateur se dessinant sur son visage. J'acquiesçai silencieusement, puis lui intimai discrètement d'attendre le bon moment, avant de sortir seul de notre cachette.
Le Wyvern se contenta de me fixer tandis que je dégainai ma hallebarde et commençai à lui tourner autour. Mon objectif était de monopoliser son attention, sans toutefois lui infliger trop de dégâts, sans quoi il risquait de s'enfuir. En somme, je devais servir d'appât sans en avoir l'air, tout en étant assez crédible pour qu'il oublie la possibilité de la présence de ma coéquipière.
Le Garuga fit mine de se jeter sur moi, puis s'éloigna d'un battement d'ailes. Il observa curieusement le buisson, comme surpris que rien n'en soit sorti, puis se reconcentra sur le combat en cours alors que je m'élançai dans sa direction. Il tenta de s'écarter, mais je réussis à ouvrir une fine plaie sur son crâne. S'ensuivit une série d'attaques durant laquelle le monstre refusa de se défendre, se contentant d'esquiver si possible, sinon d'encaisser les coups. Il se décida finalement à contre-attaquer lorsque je me découvris complètement sur un coup de hallebarde, et je roulai au sol après un coup de queue rotatif. Le Wyvern en profita pour se jeter sur moi, et j'esquivai de côté un coup de bec, avant de rouler en avant pour éviter une boule de feu. Le Garuga semblait enfin convaincu d'être en un contre un, pensant probablement que j'avais de nouveau abandonné mon équipière pour la protéger et affronter la bête en solitaire. Une partie plus compliquée s'engagea donc, et je restai principalement sur la défensive, me contentant de quelques légères contre-attaques lorsque le monstre me laissait de larges opportunités. Le Wyvern prenait ouvertement de l'assurance, et je laissai son bec raser mon bras afin de contrer d'une frappe sur sa patte gauche, le forçant à effectuer une retraite d'un battement d'ailes, juste à côté du buisson. Je fonçai dans sa direction, une boule de feu brûlant légèrement ma cuisse droite, et frappai violemment la patte gauche préalablement affaiblie. Le Garuga, déséquilibré, s'effondra, et Siana en profita pour sortir de sa cachette et détruire l'aile gauche fragilisée de la bête, qui hurla de douleur. J'ajoutai quatre coups dans son bec avant qu'il ne se relève et ne hurle à nouveau, de rage cette fois. On ressentait dans sa démarche le poids de l'âge et des nombreux combats livrés, et la bête semblait consciente de l'imminence de sa mort, et donc déterminée à emporter au moins l'un d'entre nous dans sa tombe.
J'observai le monstre, à la recherche d'anciennes blessures dont je pourrais tirer profit. Deux cicatrices parallèles sur le dos, quelques écailles manquantes sur la patte gauche... Là, des écailles fendillées au niveau de la nuque, prêtes à être brisées. Elles étaient difficiles d'accès, mais j'étais sûr de pouvoir les atteindre et les détruire. Le Wyvern semblait lui aussi à la recherche du coup fatal, et semblait sur le point de se jeter sur nous. Ce qu'il fit, son bec me frôlant tandis que je roulais au sol, esquivant très légèrement. Ma coéquipière semblait elle aussi avoir remarqué les écailles affaiblies, et ses coups d'épée se concentraient au niveau de la nuque du Garuga, sans toutefois réussir à approfondir la blessure pour l'instant. Le monstre semblait conscient de la précarité de sa situation, mais il paraissant cependant ne connaître comme stratégie que l'attaque. Ce qui portait pour l'instant ses fruits, ni Sania, ni moi, n'étant capables de contre-attaquer. Toutefois, la bête s'essoufflait à vue d'œil, ses attaques se faisant de plus en plus lentes et espacées.
- La fin approche, murmurai-je, épuisé moi aussi.
Ma coéquipière acquiesça silencieusement, incapable de formuler une réponse. Il fallait en finir, et vite.
Je chargeai le Wyvern, ma hallebarde en avant, puis roulai sans dévier de ma trajectoire pour esquiver une boule de feu. Je plantai ma lame dans l'aile du Garuga puis frappai son cou, avant que son bec ne m'envoie valser. Le monstre tenta aussitôt de me plonger dessus, mais un cri sur sa gauche le déconcentra. Siana l'avait contourné, et sa lame menaçait la gorge de la bête. Celle-ci se tourna vivement, et, me relevant d'un bond, je fichai mon arme dans sa nuque, à la localisation de l'écaille fissurée. Celle-ci se brisa, et le Wyvern se figea, son œil me fixant étrangement, avant qu'il ne s'affaisse. Il profita de sa chute pour m'envoyer un dernier coup de queue en pleine tête, m'envoyant voler jusqu'à l'arbre le plus proche. Je m'effondrai à mon tour, entendant à peine les cris paniqués de mon alliée.
Je me réveillais dans le confort d'un lit inconnu, la chaleur d'une main dans la mienne. Je levai les yeux sur le visage souriant de Siana.
- Je t'ai cru mort, murmura-t-elle.
Je soupirai.
- Pas encore, répliquai-je, même si je l'ai cru aussi. Mais je suis là.
Son sourire s'élargit, et elle posa ses mains sur mon torse, se penchant pour m'embrasser, lorsque le chef du village fit son entrée. Je lis d'abord la surprise sur son visage, puis un fin sourire se dessina sur ses lèvres. Nous nous séparâmes rapidement, mais pas assez, et il se racla la gorge avant de prendre la parole.
- Je tenais à vous remercier, chasseur, commença-t-il. Autant pour avoir éliminé ce monstre que pour m'avoir ramené Siana vivante. Je vous remettrai les récompenses plus tard mais, pour le moment, je vais vous laisser tranquilles, sourit-il, avant de quitter le pièce.
Je me laissai retomber sur le lit, tandis que la jeune fille me rejoignit en sous-vêtements. Je commençai par l'embrasser, avant d'enlever son soutien-gorge. Le reste de nos habits suivit bientôt, et nous nous plongeâmes dans une exploration mutuelle qui se prolongea au cœur de la nuit...
