Disclaimer: Tout l'univers de Harry Potter et tous les personnages appartiennent à JK Rowling.

Spoilers: Les 7 tomes de Harry Potter.

Bonne lecture, j'espère que ce chapitre vous plaira ! ^^

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Chapitre 4: Alors pars...

Quelques semaines ont passé depuis l'épisode de la forêt de Dean. Rogue reste fermé sur lui-même, je n'arrive toujours pas à le cerner. Je continue à tourner en rond dans ma cage dorée. Je m'affaire comme je le peux. Aujourd'hui, par exemple, je fais les poussières des rideaux du bureau du directeur. N'ayant pas ma baguette magique, je suis montée sur un escabeau et m'applique à la tâche. Je sursaute quand la porte s'ouvre.

"- Mais que fais-tu là-haut? S'étonne Rogue."

"- On dirait que vous n'avez pas touché à ces rideaux depuis des années ! Ils doivent abriter des colonies d'araignées et de mites depuis le temps ! Je réponds en m'acharnant avec le plumeau que j'ai trouvé tout au fond d'un placard."

J'entends Sev... Rogue qui se rapproche de mon escabeau.

"- C'est idiot, Lily, je peux lancer un sort de dépoussiérage, ce sera plus rapide !"

Je secoue la tête.

"- Non, non ! Je peux très bien y arriver toute seule comme une grande !"

Je me penche en avant pour atteindre une toile d'araignée un peu éloignée. Mais mon corps bascule un peu trop et fait balancer l'escabeau. J'essaie de me rattraper comme je peux mais tout se passe trop vite. Je tombe.

Et j'atterris dans les bras de Severus... enfin de Rogue.

Un long silence s'ensuit. Ni l'un ni l'autre n'osons rien dire tant la situation est embarrassante.

"- Je... Merci beaucoup. Finis-je par dire."

Rogue semble retomber sur terre.

"- Ah... Oh !"

Il me repose par terre et s'éloigne d'un pas, les joues en feu comme un adolescent.

"- De rien. Finit-il pas dire."

Il attrape le premier livre qui passe entre ses mains et fait mine de s'absorber dedans. Je préfère faire semblant de ne pas remarquer qu'il le tient à l'envers. Dans son tableau, Albus Dumbledore pousse un nouveau gloussement qui accentue les rougeurs sur les joues du nouveau directeur de Poudlard. Je me mords les lèvres pour ne pas rire à mon tour et sors discrètement de la pièce.

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Ce n'est qu'au bout de quelques minutes que je m'aperçois que mon livre est à l'envers. Je le retourne, lève les yeux pour vérifier que Lily ne s'est aperçue de rien... et je vois qu'elle n'est plus là. Je soupire et me laisse tomber sur mon fauteuil. Albus est encore en train de glousser dans son cadre. Je fais mine de l'ignorer. Je sens encore la chaleur de son corps dans le creux de mes bras. Son odeur m'enveloppe encore.

Je suis complètement fou. Je dois ressembler à l'un de ces héros torturés des romans que Lily aimait lire. Des personnages comme Fitzwilliam Darcy ou Heathcliff je crois... Quoique, si mes souvenirs sont bons, je dois plus être Heathcliff que Darcy. Ce dernier, le personnage d'Orgueil et Préjugés était trop arrogant à mon goût... mais il était le personnage préféré de Lily (et je m'étonne encore qu'elle ait choisi Potter...).

"- La situation semble s'améliorer entre vous deux, si je ne m'abuse..." finit par dire Albus.

Je soupire.

"- Vous n'avez rien de mieux à faire, Albus, que de nous espionner?"

Albus écarte les mains et fait une petite moue.

"- Et bien... Comme vous voyez, Severus, je suis légèrement coincé dans un cadre. Ca restreint légèrement mes activités."

Son éternelle lueur de malice brille dans ses yeux. J'aimerais l'assommer. Action légèrement dure à accomplir avec une peinture. Je crois que je le préférais de son vivant... Cependant, je ne sais pas pourquoi mais je me sens bien, étrangement bien. C'est une sensation que je n'ai pas ressenti depuis des années, depuis l'époque où une jolie rousse aux yeux d'un incroyable vert émeraude était mon amie. Alors peut-être que ce vieux fou a raison, peut-être que les choses sont en train de s'améliorer.

C'est vrai que Lily n'est plus agressive, elle me parle poliment. Elle ne me regarde plus avec haine, seulement avec curiosité.

Je souris.

Oui, je suis fou.

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J'ouvre les yeux. Le Soleil est déjà haut dans le ciel, comment ais-je pu dormir aussi longtemps? Depuis que je suis revenue à la vie, mon sommeil a toujours été perturbé... Mais cette nuit, aucun cauchemar, aucune angoisse ne m'a réveillé. Je me redresse et ne peux m'empêcher de sourire...

A côté de la fenêtre, dans un vase, est posé un bouquet de lys blancs. Je m'approche, le parfum est enivrant. Je ferme les yeux. Un instant, je revois James, devant mon appartement d'étudiante, rouge comme une écrevisse, le visage masqué partiellement caché par un immense bouquet de lys et de roses blanches mêlés. Pendant quelques secondes, j'imagine qu'il est juste derrière moi, que je sens son souffle près de ma nuque, qu'il va poser ses mains sur ma taille.

Et j'ouvre les yeux.

Une seule personne a pu déposer ici ce bouquet, et c'est Rogue.

Je ne ressens plus de haine pour lui, plus depuis l'épisode de la forêt de Dean. Je suis juste confuse, intriguée aussi, et ce bouquet de lys n'arrange rien. J'ai l'impression de retrouver un peu de la tendresse que j'éprouvais pour lui lorsque nous étions enfants et amis, meilleurs amis.

J'entre dans le bureau du directeur. Il n'est pas là. J'entends des clameurs dans le château, je sors. Ca vient de la Grande Salle. Je m'y précipite en courant. De toute façon, personne ne peut me voir. Un garçon se tient debout sur une table et les Carrow ont bien du mal à l'en faire descendre. Il hurle à pleins poumons.

"- Harry Potter et ses amis ont réussi à cambrioler Gringotts ! Ils se sont enfuis sur un dragon !"

La salle est en liesse, les élèves hurlent, tapent sur les tables en rythme. Beaucoup ont le regard braqué sur Rogue tandis qu'ils enlèvent leurs chapeaux de sorcier et les jettent en l'air en lançant des hourrah.

Je tremble. Harry? Sur un dragon? Mais ce n'est pas ce qui m'émeut le plus. C'est leurs regards: à presque tous les élèves (même quelques Serpentards), à certains professeurs... Ils brillent, comme si le simple fait d'énoncer le nom de mon fils les remplissaient d'espoir.

"- Potter va réussir !" Hurle une fille.

"- Harry est le meilleur, il va nous sauver !" Ajoute une jeune fille à la table de Gryffondor.

"- Il va venir, j'en suis sûr !" Hurle un autre jeune homme, celui qui me fait tant penser à Franck et Alice Longdubat...

Le jeune homme qui a annoncé le cambriolage de Gringott est finalement attrapé par Carrow qui le descend brutalement de la table et le frappe violemment. Le silence se fait dans la salle. Un silence glacé d'effroi.

A la table des professeurs, Rogue m'aperçoit. Il se raidit mais ne dit rien.

Je m'aperçois alors que je suis en larmes.

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La nuit est tombée. Des tremblements incontrôlables secouent mon corps. J'essaie au mieux de les maîtriser pour que personne ne s'en aperçoive… même si là, maintenant, je suis seul dans mon bureau, je sais que bientôt je ne le serai plus. Le Seigneur des Ténèbres nous a envoyé un message : Potter devrait venir ce soir et tenter d'entrer dans la tour de Serdaigle. Pourquoi ? Comment ? On ne se pose pas de questions. Le Seigneur des ténèbres ne se trompe que rarement et lorsque c'est le cas, mieux veux ne pas « l'irriter ».

J'attends. Mon cœur bat un peu plus fort. Dois-je espérer que le garçon vienne ou non ? Je dois lui dire, je l'ai promis à Dumbledore : il doit savoir pour son sacrifice… mais en même temps j'espère qu'il ne viendra pas, retarder l'échéance. Pour elle.

Soudain je sens une brûlure au niveau de mon avant-bras gauche. Ce doit être Alecto qui, depuis la tour de Serdaigle me prévient.

Il est là.

Je ferme les yeux.

« C'est l'heure, Severus. » me dit d'une voix basse le portrait de Dumbledore.

Automatiquement, mon regard se tourne vers la porte qui mène à la chambre où dort Lily.

« - Elle doit savoir. » Je réponds à Albus.

Celui-ci hoche la tête, son demi-sourire éternel collé aux lèvres. J'amène la baguette à ma tempe. Une substance argentée en sort. D'un autre mouvement de baguette, j'attire la Pensine jusqu'au milieu de la pièce et y dépose mon souvenir.

Je dois la réveiller. Timidement, je pose ma main sur son épaule. Ses yeux verts m'hypnotisent.

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Rogue me regarde, hésitant. Pourquoi me réveille-t-il à une heure pareille ?

« - Je dois te montrer quelque chose… »

Sa voix est pressante, je crois même y entendre une note de désespoir. C'est sûrement pour cette raison que je le suis sans poser de question. Il me désigne la Pensine sans un mot. Il est encore plus pâle que d'habitude… voire cadavérique.

J'avance prudemment mon visage vers la surface de la substance argentée et, très vite, je me sens plonger en avant.

(Cf, Harry Potter et les reliques de la mort, chapitre 6 « Le récit du Prince »)

Lorsque je me redresse, je suis dans le parc désert de Poudlard. C'est le crépuscule, le ciel se teinte de différentes teintes de rose et d'orange mais petit à petit ces couleurs s'assombrissent pour laisser de plus en plus place au bleu nuit. A quelques mètres devant moi, Rogue et Dumbledore marchent côte à côte. Mon cœur fait un bond lorsque je reconnais l'ancien directeur qui a été aussi un ami cher…

« Albus » je murmure.

Je hâte le pas pour me retrouver à leur hauteur.

« - Qu'est-ce que vous faites avec Potter pendant toutes ces soirées où vous êtes enfermés tous les deux ? demanda brusquement Rogue.

Albus a vieilli depuis la dernière fois je l'ai vu, il y a un peu plus de dix-sept ans. Dans la lumière du crépuscule, il ne m'a jamais semblé aussi fatigué, aussi las.

« - Pourquoi ? Vous voudriez lui infliger encore plus de retenues, Severus ? Ce garçon aura bientôt passé plus de temps en retenue que dehors. »

Rogue se renfrogne encore plus. Alors Harry était souvent en retenue ? Etait-ce à cause de Rogue ? Ca ne m'étonnerait pas qu'à cause de son ancienne rivalité avec James, il ait voulu se venger sur Harry… A moins que mon fils ait hérité de son père ?

« - On dirait que c'est son père qui est revenu… » Grogne Rogue.

Visiblement il a hérité de son père… A moins que Rogue ait décidé cela ?

« - Dans son apparence physique peut-être, lui répond Albus d'une voix douce, mais sa nature profonde est plus proche de celle de sa mère. »

Rogue fait une grimace. Donc c'est bien lui qui a décidé de voir Harry comme la réincarnation de James… Albus fait mine de n'avoir rien vu et continue dans sa lancée.

« - Je passe ces soirées avec Harry car je dois m'entretenir de certains sujets avec lui, lui donner des informations avants qu'il ne soit trop tard. »

Albus semble pressé, comme s'il savait que ses jours étaient comptés. Pensait-il déjà qu'il serait bientôt tué par la personne qui était à côté de lui ?

« - Des informations, répète Rogue. Vous avez confiance en lui… Vous n'avez pas confiance en moi. »

Et à raison puisque Rogue est son assassin !

« - Ce n'est pas une question de confiance. Comme nous le savons tous les deux, le temps m'est compté. Il est essentiel que je fournisse à ce garçon suffisamment d'éléments pour qu'il puisse accomplir la tâche qui lui incombe. »

« - Et pourquoi ne puis-je prendre connaissance de ces mêmes éléments ? »

« - Je préfère ne pas mettre tous mes secrets dans le même panier, surtout dans un panier qui passe autant de temps accroché au bras de Lord Voldemort. »

« - Ce que je fais sur votre ordre ! »

Je déglutis. Je n'en crois pas mes oreilles. Rogue, un double espion ? Mais enfin… de quel côté est-il à la fin ?

« - Et vous le faites très bien. Continue Albus. Ne croyez pas que je sous-estime le danger permanent dans lequel vous vous placez, Severus. Transmettre à Voldemort des renseignements précieux tout en lui cachant l'essentiel est un travail que je ne confierais à personne d'autre que vous. »

« - Pourtant, vous révélez beaucoup plus de choses à un garçon incapable de pratiquer l'occlumancie, un garçon dont les capacités magiques sont médiocres et qui aune connexion directe avec l'esprit de Lord Voldemort ! »

Quoi ? Harry a une connexion directe avec l'esprit de Voldemort ? Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire? Un mauvais pressentiment m'envahit. J'ai peur de ce que vais apprendre, mais je sens qu'il le faut. Je presse à nouveau le pas pour suivre les deux hommes.

« - Voldemort redoute cette connexion, dit Dumbledore. Il n'y a pas si longtemps, il a eu un avant-goût de ce que pouvait signifier pour lui le fait de partager véritablement l'esprit de Harry. Jamais il n'avait connu de telle douleur et je suis sûr qu'il ne tentera plus de le posséder. Pas de cette manière, en tout cas. »

« - Je ne comprends pas. »

« - L'âme de Voldemort, mutilée comme elle l'est, ne peut supporter un contact étroit avec une âme comme celle de Harry. Telle la langue sur l'acier gelé, ou la chair dans le feu… »

« - L'âme ? Nous parlions d'esprit ! »

« - Dans le cas de Harry et de Lord Voldemort, quand on parle de l'un, on parle aussi de l'autre. »

Les deux hommes s'arrêtent. Je m'aperçois que des tremblements incontrôlables secouent mon corps entier. J'ai l'impression de ne pas comprendre, ou plutôt je ne veux pas comprendre. Comment Harry peut être relié à ce monstre ? Une voix insidieuse murmure dans ma tête… « C'est de ma faute… C'est de ma faute ». Dumbledore s'assure qu'ils sont bien seuls et se retourne vers Rogue. Ils sont proches de la Forêt interdite. Tout est désert. Albus reprend la parole.

« - Après m'avoir tué, Severus… »

« - Vous refusez de tout me dire, mais vous voulez quand même que je vous rende ce petit service ! gronde Rogue. »

En regardant le visage brûlant de colère de Rogue, je reste un moment étourdie. Il ne l'a pas assassiné… il n'a pas assassiné Albus ! Il l'a tué car il lui a demandé de le faire ! Je n'en reviens pas. Je pense à Harry, à la scène dans la forêt de Dean… Sev… Rogue serait donc de notre côté finalement ? Je sens une vague de soulagement m'envahir, sans vraiment savoir pourquoi…

« - Vous considérez beaucoup de choses comme acquises, Dumbledore ! Continue Rogue. Mais peut-être que j'ai changé d'avis ! »

« - Vous m'avez donné votre parole, Severus. Et puisqu'il est question de services que vous me rendez, je croyais que nous nous étions mis d'accord pour que vous teniez à l'œil notre jeune ami de Serpentard ! »

Rogue paraît furieux, révolté. Dumbledore soupire.

« - Venez dans mon bureau ce soir, Severus, à onze heures, et vous ne pourrez plus vous plaindre en disant que je n'ai pas confiance en vous… »

Le décor change et je me retrouve dans le bureau d'Albus. Rogue est assis, immobile, tandis qu'Albus fait les cent pas devant lui.

« - Il faut que Harry continue d'ignorer jusqu'au dernier moment, jusqu'à ce qu'il lui soit nécessaire de savoir, sinon comment pourrait-il avoir la force d'accomplir ce qui doit être fait ? »

« - Et que doit-il accomplir ? »

« - Ca reste entre Harry et moi. Maintenant, écoutez-moi attentivement, Severus. Le moment va venir, après ma mort – ne discutez pas, ne m'interrompez pas ! Le moment va venir où Lord Voldemort semblera s'inquiéter pour la vie de son serpent. »

« - Nagini ? »

Rogue paraît stupéfait.

« - Exactement. Si un jour, Voldemort cesse d'envoyer ce serpent exécuter ses ordres et le garde à l'abri auprès de lui, sous protection magique, alors je pense qu'on pourra sans risques tout révéler à Harry. »

« - Lui révéler quoi ? »

Dumbledore respire profondément et ferme les yeux. Le mauvais pressentiment revient, il me serre les entrailles. J'ai peur de ce qu'il va dire.

« - Lui révéler que le soir où Voldemort a essayé de le tuer, lorsque Lily a dressé entre eux deux sa propre vie comme un bouclier, le sortilège de la mort a ricoché sur le Seigneur des Ténèbres et qu'un fragment de son âme lui a été arraché. Ce fragment s'est accroché à la seule âme vivante qui restait dans la maison dévastée. Une partie de Lord Voldemort vit ainsi à l'intérieur de Harry. C'est cela qui lui donne le pouvoir de parler aux serpents et qui établit avec Lord Voldemort une connexion dont il n'a jamais compris la nature. Et tant que ce fragment d'âme, à l'insu de Voldemort, reste attaché à Harry et protégé par lui, Lord Voldemort ne peut mourir. »

A présent j'ai l'impression que mes entrailles se glacent. Je sais ce qui va suivre, je sais ce qu'Albus va dire. Mes jambes cèdent, je tombe au sol.

« - Alors, ce garçon… ce garçon doit mourir ? interroge Rogue d'une voix calme, trop calme. »

« - Et Voldemort devra la tuer de sa main, Severus. C'est essentiel. »

Un long silence s'installe. J'essaie de reprendre mes esprits… de calmer les battements de mon cœur… Rogue reprend :

« - J'ai cru… toutes ces années… que nous le protégions pour elle. Pour Lily. »

Pour moi ? Alors Sev… Ro… non, Severus le protégeait pour moi ?

« - Nous l'avons protégé parce qu'il était fondamental d'assurer son enseignement, de l'élever, de lui permettre d'éprouver sa force, répond Dumbledore, les paupières toujours étroitement closes. Pendant ce temps, la connexion qui existait entre eux s'est développée, comme une excroissance parasitaire : parfois, j'ai pensé qu'il le soupçonnait lui-même. Si je le connais bien, il aura fait ce qu'il faudra pour que, le jour où il ira à la rencontre de sa propre mort, ce soit aussi la fin véritable de Voldemort. »

Dumbledore rouvre les yeux, Rogue paraît horrifié. J'ai envie de disparaître.

« - Vous l'avez maintenu en vie pour qu'il puisse mourir au bon moment ? »

« - Ne soyez pas choqué, Severus. Combien d'hommes et de femmes avez-vous vus mourir ? »

« - Récemment, seuls ceux que je n'ai pu sauver, dit Rogue. »

Il se lève.

« - Vous vous êtes servi de moi. »

« - Que voulez-vous dire ? »

« - Que j'ai espionné pour vous, menti pour vous, que j'ai couru des dangers mortels pour vous. Tout cela devait assurer la sécurité du fils de Lily Potter. Et maintenant, vous m'annoncez que vous l'avez élevé comme un porc destiné à l'abattoir... »

Alors Severus est bien de notre côté, il a protégé mon fils durant toutes ces années ? En le voyant fulminer, le regard plein de reproches dirigé vers Albus, une vague de tendresse m'envahit... Alors mon ami, mon meilleur ami n'a pas disparu finalement...

« - Voilà qui est très émouvant, Severus, remarqua Dumbledore d'un ton sérieux. En êtes-vous venu à éprouver de l'affection pour ce garçon ? »

« - Pour lui ? S'écrit Rogue. Spero Patronum ! »

Je connais déjà, pour l'avoir vue dans la forêt de Dean, la forme du patronus de Rogue. Pourtant, lorsque la biche argentée jaillit de l'extrémité de la baguette, l'émotion me saisit à la gorge. J'avais occulté ce détail, j'avais toujours évité de me poser des questions sur ce patronus. Mais après la conversation que je viens d'attendre, en voyant l'émotion qui teinte le visage de Severus, les questions se bousculent dans ma tête. Lorsque la lueur d'argent s'évanouit, Albus se tourne vers Severus, les yeux pleins de larmes. Il a compris. Moi aussi.

« - Après tout ce temps ? »

« - Toujours. Dit Rogue. »

L'image se brouille. Je suis à nouveau dans le bureau du directeur sauf que je suis dans la réalité et que je suis seule avec Severus. Il n'a jamais été aussi pâle. Il me fixe. Il attend. Il faut que je parle, je le sais. J'ouvre la bouche pour parler. Aucun son n'en sort. Je prend une profonde inspiration... et je m'effondre. Severus se précipite vers moi, il tend la main vers moi, hésite.

« - C'est ma faute. » Je finis par dire.

Severus me fixe, sidéré.

« - Mais non... tu... »

« - En voulant le protéger, en voulant préserver sa vie, je l'ai condamné à mort... »

C'est la vérité. L'énoncer à voix haute me soulage et en même temps je me sens complètement vide. Severus continue à secouer la tête.

« - Non, bien sûr que non... ne cesse-t-il de répéter. Tu as juste voulu protéger ton fils... comment peux-tu te reprocher de t'être sacrifiée par amour ? »

Sa voix tremble légèrement puis se brise. D'un coup je m'agrippe à lui, laissant libre court à mes émotions, libérant mes larmes. Puis je réalise... je comprends ce que je dois faire... et je m'éloigne de lui.

« - Je dois aller retrouver mon fils. Il faut que je vois Harry. »

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D'un coup, elle est dans mes bras, elle s'accroche à ma robe de sorcier. Je n'ose plus bouger, de peur de briser ce moment. Que dire à une mère qui vient d'apprendre que son fils était condamné à mort ? Et a-t-elle compris que je l'aimais ? Je me gifle mentalement. Comment puis-je me poser une telle question alors qu'elle vient d'apprendre cette terrible nouvelle ?

Puis elle s'éloigne de moi... J'ai l'impression d'avoir froid d'un coup, j'aimerais la ramener à moi mais je n'en ai pas le droit.

« - Je dois aller retrouver mon fils. Il faut que je vois Harry. »

Je secoue la tête.

« - Non... C'est impossible, Tu Sais Qui va t'utiliser pour... »

Elle se tient immobile, le regard fixé sur moi, l'air déterminé. Elle ne changera pas d'avis. Je ferme les yeux. Je pourrais la séquestrer, la retenir près de moi. Je soupire.

« - Harry est ici mais... ce n'est peut-être pas une bonne idée. »

« - Il va mourir, Severus, je veux le voir. »

Je tressaille en l'entendant dire mon prénom. Elle a raison. Elle doit partir... et je ne la reverrai sûrement jamais. Je serre les dents, les poings...

« - Alors pars. Je finis par dire. »

Un instant, elle semble surprise, puis un sourire se dessine sur ses lèvres. Elle avance vers moi comme si elle allait me prendre dans ses bras et se retient.

« - Merci Severus. »

Elle s'apprête à partir quand je la retiens. Je lui donne une potion lui permettant de redevenir visible... seulement lorsqu'elle retrouverait son fils.

« - N'oublie pas : ce sera lorsque le Seigneur des Ténèbres s'inquiétera pour son serpent qu'il sera temps... »

Elle acquiesce. Un dernier sourire et elle sort.

La porte se referme.

Je me retrouve seul dans la pièce.