Bonjour

Me revoilà avec un nouveau chapitre, un peu en avance mais bon... On est vendredi quand même ! Comme j'ai posté mon chapitre bonus de RDMC ce soir, je voulais en profiter pour poster celui-ci en même temps.

Un grand merci à tous pour vos encouragements et vos nombreuses reviews, je suis toujours aussi émerveillé de voir à quel point cette histoire vous plais.

Une nouveauté pour ce chapitre car j'ai trouvé une Beta, qui m'a beaucoup aidé pour les fautes, la syntaxe, les défauts de compréhension et plus encore, tout ça dans un temps record. Donc, un immense merci à MarysolCx pour son aide !

Voilà voilà... Je vais donc vous laisser lire mon nouveau chapitre qui sera peut-être un peu plus plat, que le précédent, mais pour mieux repartir ensuite :)


Chapitre 4 : Partir loin

La semaine passa beaucoup trop vite pour Harry. Il sortait tous les jours pour regarder la mer. Le temps était frais, mais il n'en était pas dérangé. Il s'habillait chaudement grâce aux quelques vêtements que Dobby était allé lui acheter en attendant d'être suffisamment remis de ses émotions pour faire du shopping. Il regardait pendant plusieurs heures les vagues s'écraser sur les rochers. Il entrait dans une sorte de méditation où il faisait le point sur sa vie, où il réfléchissait à son avenir.

L'île était connue dans le monde sorcier sous le nom de Léonis Gautier, un célèbre botaniste français ayant découvert les propriétés de l'aconit sur cette île. Elle était donc surnommée l'île de la plante bleue ou le rocher lune.

Les paysages de l'île Léonis étaient magnifiques et Harry adorait s'y promener. Il avait tout desuite adopté le maquillage magique de Dobby. Le troisième jour, Dobby lui avait aussi pris un rendez-vous chez une médicomage de l'île pour ses yeux. Il avait laissé ses lunettes très reconnaissables chez lui et avait fait le trajet à tâtons, aidé par Dobby. Il avait dit à la jeune médicomage qu'il avait perdu ses lunettes et qu'il venait pour les remplacer. Elle lui avait demandé son nom et Harry, pris de court avait dit Evans. Il était devenu pour tout ce qui était officiel, Orion James Evans. Dobby continuait à l'appeler Maître Harry en privé. Il restait Harry.

La médicomage lui avait assuré qu'avec une potion faite sur-mesure, il pourrait avoir une vue parfaite sans lunettes. Il mettrait par contre plusieurs mois à l'obtenir. Il fallait déjà qu'il passe un examen avec un spécialiste, puis il serait sur la liste d'attente pour les potions non-urgentes et la potion en elle-même mettrait du temps à être préparée. Elle lui avait donc pris rendez-vous avec le spécialiste et lui avait prescrit des lunettes provisoires que Dobby était allé chercher dans la matinée du lendemain. Il voyait d'ailleurs beaucoup mieux avec cette nouvelle paire. Les lunettes rectangulaires ne lui allaient pas très bien d'après lui, mais c'était provisoire...

Harry avait mis de nombreuses protections sur sa maison. Il avait eu la brillante idée de demander à Dobby d'être son gardien du secret. Personne ne penserait qu'un sorcier mettrait sa vie entre les mains d'un elfe et pourtant... Pour les sorciers, et surtout les Sangs Pur, cette idée était des plus absurdes. Et même s'ils venaient à l'apprendre, les elfes de maison avaient énormément de pouvoir, ils ne lui mettraient jamais la main dessus. Enfin, s'ils arrivaient à le faire, Harry savait que Dobby préférerait mourir que de le trahir. En d'autres circonstances, cette idée l'aurait mis mal à l'aise, mais maintenant qu'il était question de son enfant, il était heureux d'avoir un protecteur.

Son enfant... Il y pensait chaque jour. Tous les jours, il posait sa main sur son ventre, attendant un signe qui ne venait pas. Comme si ce petit être qui ne mesurait que quelques centimètres pourrait donner un coup de pied pour lui signifier "Eh papa, maintenant je suis là alors prends soin de moi". Mais évidemment, rien ne se passait. Il avait désespérément envie de le garder. De s'accrocher à ce petit être comme si sa vie en dépendait. De lui donner tout l'amour qu'il avait en lui et qu'il ne voulait pas perdre pour devenir un homme aigris et acariâtre. Pourtant... Il attendait toujours un signe du destin pour lui certifier que c'était ce qu'il devait faire. Malheureusement... Ce choix-là, il devait le faire tout seul.

Quoique... Dobby était particulièrement extatique quand il abordait sa grossesse. Il essayait de convaincre Harry, tout en restant discret et évasif. Mais le Gryffondor voyait bien son manège. Et malgré lui, il était heureux d'avoir du soutien.

Harry était dans son fauteuil, près du feu, le regard perdu dans les flammes. Il avait abandonné son livre depuis bien longtemps déjà. Dobby se plaça face à lui, les oreilles basses, se tordant les doigts.

«At-il Qu'y Dobby? »

« Maitre Harry... L'apothicaire va fermer dans une heure... Cela fait une semaine maintenant. Dobby doit aller chercher la potion ? »

Harry ferma les yeux en essayant de respirer calmement. Son cœur battait à toute allure alors qu'il allait prononcer les mots qui scelleraient son avenir.

« Non... » murmura-t-il, les yeux toujours clos. « Non, Dobby, je n'ai pas besoin de cette potion... »

Ses genoux furent alors encerclés par des bras frêles et un petit corps, secoué de sanglots, se colla à ses jambes. Il sentit son pantalon s'humidifier alors que l'elfe pleurait comme un enfant.

« Dobby est tellement heureux, Maître Harry, monsieur. Dobby a tellement espéré que son Maître soit heureux, qu'il aurait une famille à lui, qui l'aimerait plus que sa tante et son oncle n'aurait jamais pu le faire. Dobby est heureux, monsieur... »

Après plusieurs minutes de douces paroles et de réconfort, Dobby reprit un air sérieux.

« Les grossesses mâles sont dangereuses, monsieur. Monsieur devrait être suivi et accompagné. Pour l'instant, le fœtus n'est pas grand, il n'a pas besoin de beaucoup de magie. Mais, vers le cinquième mois, il faudra consulter pour être sûr que tout va bien. »

« Je risque d'être reconnu Dobby. Nous réglerons ce problème plus tard... Je suis heureux que tu sois ici et que tu me soutiennes, mais... Je sens que j'ai besoin de ma sœur. Hermione. Je dois la voir et lui annoncer. »

« Dobby serait heureux d'aller chercher la sœur de Maître Harry. »

« Merci. Amène là ici. Mais discrètement d'accord ? Je veux que personne ne le sache, même pas le directeur. »

« Bien sûr, Maître Harry. Dobby va peut-être mettre longtemps, mais Dobby reviendra avec Miss Granger »

Dans un "pop" presque silencieux, Dobby disparus en laissant un Harry seul et emplit de doute.

Dobby revint en fin de soirée. La jeune fille étant à Poudlard, il avait dû la suivre très discrètement pour réussir à la voir seule. Il lui avait expliqué qu'Harry voulait la voir et ils avaient dû attendre le soir pour qu'elle emprunte un passage secret et sorte de Poudlard. Dobby avait ensuite attendu Hermione dans la cabane Hurlante et lui avait pris la main pour la faire transplaner.

Elle venait d'apparaître au milieu du salon alors qu'Harry fouillait dans la bibliothèque, maintenant bien garnie, à la recherche d'un livre qui pourrait lui faire passer le temps. Il observa les yeux de sa meilleure amie scruter les lieux avant qu'ils ne se fixent sur lui. Il vit les jolis yeux noisettes se remplir de larmes et fut ensuite enseveli sous une masse de cheveux châtains.

Ils restèrent un bon moment enlacé alors qu'Hermione marmonnait dans ses pleurs qu'elle avait retrouvé son frère, qu'il était là, bien là. Harry l'avait doucement repousséet ils étaient tous les deux tombéssur le canapé, toujours enlacés.

« Raconte-moi tout Harry. Pourquoi es-tu parti comme ça ? J'ai une totale confiance en toi et je te connais par cœur, tu n'es pas du genre à fuir. Je sais qu'il s'est passé quelque chose pour que tu agisses ainsi, » murmura doucement Hermione.

Harry réfléchit un instant, ne sachant pas comment expliquer, ni même par où commencer. Pour autant, il n'avait pas peur du jugement d'Hermione, elle serait toujours là pour lui.

« Tu sais que j'entretenais une relation avec le professeur Snape... Et tu sais que les choses ont un peu évolué au fil des mois... Eh bien... La veille de mon départ, je ne me sentais pas très bien, et en réalisant que ça faisait plusieurs semaines, j'ai décidé d'aller voir Madame Pomfresh. » Harry fit une pose avant de lâcher brutalement. « Elle m'a annoncé... Que j'étais enceint »

Hermione plaqua une main contre sa bouche, sous le choc, ne sachant pas si elle devait être heureuse ou triste pour son ami.

« J'étais totalement choqué, comme tu l'imagines. Heureux d'avoir un enfant à moi, perdu face à cette guerre et incertain par rapport à Se... Au professeur Snape... »

Harry baissa les yeux, réalisant que son lapsus n'était pas passé inaperçu. Il avait du mal à continuer son histoire, sachant parfaitement les émotions difficiles qu'elle lui rappellerait.

« J'étais confus et franchement paumé... » reprit-il. « Je n'ai pas pensé à vérifier mes boucliers d'occlumencie avant de m'endormir. J'ai eu une vision de Voldemort. Le professeur Snape rapportait qu'il avait bien fait sa mission : mettre le Survivant dans son lit. Il a raconté des choses horribles sur moi et s'est moqué de nos... Ébats... Me traitant de cul à fourrer ou de choses tout aussi méchantes. » La fin ne fut qu'un murmure, mais Hermione l'entendit parfaitement et elle en était choquée.

« Oh... Harry... » sanglota-t-elle dans son cou.

« Alors, je suis parti. J'ai pensé au plan auquel nous avions travaillé pour gagner du temps et je l'ai appliqué avec, néanmoins, quelques modifications et je suis venu ici avec Dobby pour me cacher. Je vais élever mon enfant et continuer de m'entraîner. Le jour ou Voldemort reviendra, je serais prêt et je le battrais ! Envoyant tous ses Mangemorts avec lui, six pieds sous terre ou à Azkaban ! »

Harry avait fini sa phrase avec conviction, et Hermione pouvait sentir en lui sa soif de vengeance, sa douleur, sa colère, ses regrets... Toutes ces émotions s'entassaient pour former une boule de haine enversVoldemort et les Mangemorts.

« Tu es sûr de toi, Harry ? » demanda doucement Hermione en prenant sa main entre les siennes en signe de réconfort et de soutien.

« Je dois le faire... Et je ne peux pas abandonner mon enfant, mais si son père est un monstre... Je le veux vraiment. Je sais que ça sera difficile et je sais aussi que j'aurais besoin d'aide. Je vais avoir besoin de toi. »

« Je serais toujours là pour toi, » assura-t-elle. « Que devrais-je faire ? »

« Toute la semaine, j'ai lu des livres sur les grossesses mâles. Mais je ne vais pas pouvoir m'occuper du suivi moi-même. Je vais avoir besoin que tu lises ces livres et que tu apprennes les sorts dont tu auras besoin pour moi. »

« Mais c'est de la folie ! » s'exclama Hermione en se redressant. « Je ne peux pas prendre la responsabilité de ta grossesse ou de la santé de ton enfant. Tu devras aller à l'hôpital ! »

« Je ne veux pas Hermione ! Si quelqu'un me reconnaît et vient à dire ou je suis. Je ne veux pas prendre le risque. »

« Le professeur Dumbledore comprendra et ne dévoilera pas ta position ! Il pourrait même t'aider à te cacher ! »

« Non, le professeur Dumbledore pourrait me convaincre que garder cet enfant n'est pas une bonne chose. Il est capable de beaucoup de choses pour le plus grand bien et il a une foi aveugle en Snape ! De plus, je pensais surtout aux Mangemorts. Si l'un d'eux apprend où je suis et que je suis enceint, ils pourraient s'en prendre à moi ou à mon bébé ! »

Hermione resta pensive un instant avant d'acquiescer.

« Je comprends... Mais je ne peux pas accepter cette charge qui est trop lourde pour moi... »

« Au moindre problème, j'irai tout de suite chez un médicomage ! Je te le jure, Hermione ! »

« Très bien Harry... Je vais essayer... Et commencer à me documenter et je te dirai ce que j'en pense. »

Harry lui sauta au cou et l'embrassa sur les deux joues sous les rires de celle-ci. Ça leur faisait du bien de se laisser aller un moment, être joyeux un court instant avant de revenir à la réalité.

oooooo

Un mois... Il était parti depuis un mois. Severus ne savait plus quoi faire ni où chercher. La semaine de sa disparition, il avait fouillé l'esprit de Miss Granger. Il avait vu qu'elle ne savait absolument pas où était son meilleur ami. Son attitude n'avait pas changé depuis, si ce n'est que Minerva disait qu'elle passait énormément de temps enfermé dans son lit à baldaquin où elle révisait sans cesse, au vu des valises qu'elle avait sous les yeux et de la tonne de livres qu'elle trimballait sans cesse. Elle s'était plongée dans les études, sans doute pour oublier le décès de ses parents et la disparition de son meilleur ami. Il avait aussi fouillé sans scrupules l'esprit des Weasley la semaine dernière et personne ne savait quoi que ce soit. Draco aussi ignorait où était passé son ami.

Un mois qu'il attendait un signe, un indice. Il avait harcelé Dumbledore qui avait l'air triste mais assez serein. Le directeur ne lui avait rien appris.

Minerva était dans tous ses états et cherchait partout son lionceau. Elle avait interrogé tout le monde dans la salle commune de Gryffondor et demandait sans arrêt des nouvelles au directeur qui lui répondait qu'il cherchait toujours. Le vieux fou savait-il quelque chose ? Même si c'était le cas, Severus savait qu'il n'obtiendrait rien de plus de lui.

De son côté, il avait scrupuleusement fouillé le Square Grimmaurd. Il avait même passé des heures à se rappeler du nom de ce stupide elfe de maison qui cirait les pompes de ce satané survivant. Dobby. Il s'appelait Dobby et il avait essayé de l'appeler, mais toutes ses tentatives avaient été des échecs.

Il ne cessait de penser à toutes ses émotions qui se bousculaient en lui depuis le départ d'Harry. Des émotions qu'il n'avait pas ressenties depuis fort longtemps. Il se savait déjà très attaché au Gryffondor, mais il n'avait jamais songé à plus. Pourtant, ses dernières actions prouvaient ce qu'il ne voulait pas vraiment savoir. Elles montraient qu'il éprouvait bien plus que de l'attachement ou de l'affection.

Parfois, après s'être mis au lit, il sortait de sous son oreiller le tee-shirt soigneusement plié. Il le faisait glisser entre ses doigts, essayant de se faire croire à lui-même qu'il n'essayait pas de détecter l'odeur d'Harry qui pouvait s'échapper du tissu. Il se perdait dans ses souvenirs pendant de longues minutes. Les souvenirs des cours particuliers où il avait découvert un garçon intelligent et réfléchit, qui avait l'esprit vif et le sang chaud. Leurs étreintes où il avait découvert un jeune homme passionné et tendre. Leurs soirées au coin du feu où il avait découvert quelqu'un de curieux et de calme.

Il se souvenait de l'adorable froncement de sourcil quand il réfléchissait. De la façon dont il mordillait sa plume en rédigeant ses devoirs. De son regard flamboyant lorsqu'il était en colère, de sa façon de se mordre la lèvre lorsqu'il s'empêchait de hurler sous l'extase.

Il connaissait le moindre de ses traits, le plus petit tic qui le caractérisait. La douceur de sa peau. Même ses joues imberbes, il les appréciait ; et pourtant, il avait l'impression de caresser celles d'un gamin. Ses muscles fins et développés. Son cou gracile. Ses cheveux indomptables.

Il lui manquait beaucoup trop pour une simple affection.

oooooo

Le mois s'était plutôt bien passé pour Harry. Hermione venait au moins une fois par semaine grâce à Dobby, pour prendre de ses nouvelles. Elle avait grimacé au début, lorsqu'elle avait appris qu'il l'avait lié à lui mais, ensuite, elle avait discuté avec l'elfe qui lui avait expliquer comme fonctionnait leur magie, leur besoin de réguler leur magie. Il lui avait aussi expliqué que Maître Harry était un bon sorcier et qu'il le laissait complètement libre de ses décisions. Il lui avait même montré sa chambre sous l'œil amusé d'Harry.

Hermione avait donc baissé les bras et acceptait maintenant de lui demander des services, sachant qu'il était payé ensuite comme tout employé. Harry avait réussi à le convaincre d'accepter une rémunération, même s'il était beaucoup moins payé qu'un sorcier. Hermione était toujours extrêmement polie et prévenante avec lui.

Elle avait également, dévoré les livres de la bibliothèque de la petite maison. Dobby avait rassemblé beaucoup d'ouvrages sur les grossesses mâles, et elle s'acharnait à tous les lires. Elle avait aussi emprunté quelques livres de médicomagie à la bibliothèque de l'école et avait demandé un stage sur quelques week-ends à Mme Pomfresh. Elle voulait être plus que prête pour son ami, mais surtout elle en était devenue passionnée. La médicomagie était pour elle un domaine surprenant et merveilleux. Elle se faisait un plaisir de l'étudier et de se renseigner.

Néanmoins, au bout des trois mois et demi de grossesse, elle était convaincue qu'elle ne pourrait pas tout gérer. Elle était bien décidée à lui expliquer le problème. C'était trop de travail, entre ses visites chez lui, les cours, les devoirs, les recherches personnelles et le suivit de la grossesse de son ami, elle ne dormait plus. C'est donc décidée, qu'elle franchit la porte de la maisonnette.

« Harry, il faut qu'on parle ! » dit-elle d'entrée de jeu, une lueur déterminé au fond des yeux.

« Bonjour, Hermione, je vais bien, merci, » ironisa le survivant sans redresser la tête de son livre.

« Je suis en train de me tuer à la tâche. Tout ça, c'est trop... Je ne peux pas concilier les études, mon apprentissage en médicomagie et les potions pour les grossesses mâles en même temps. » Hermione s'affala dans un fauteuil en prenant sa tête dans ses mains.

« Je sais que je t'en demande beaucoup... Je suis désolé, » souffla Harry. « Et si j'enlevais les potions de la liste ? »

« Comment ?! Tu m'as dit que tu ne voulais pas les acheter, car elles étaient trop rares et pourraient mettre quelqu'un sur ta piste. »

« Je sais, mais j'avais une autre idée... » marmonna Harry. « Je pensais peut-être faire appel à Dray... »

« Malfoy ?! » s'exclama-t-elle en se redressant.

« Il est doué en potion et sans vouloir te vexer, frangine, il est plus doué en défense que toi et s'y connaît en magie noire. Il pourra m'aider à m'entraîner. »

« Il est aussi le filleul de celui que tu cherches à fuir... » murmura Hermione en levant les yeux vers Harry dont le visage, c'était assombrit.

« Toi ou Dobby lui demanderez un serment de sorcier. Celui de ne jamais révéler à qui que ce soit où je suis et ce qu'il apprend sur moi. Et je lui demanderai aussi de ne pas me parler de son parrain. Pas un mot, » répondit sombrement le garçon aux yeux verts. « Mais j'ai besoin de sa présence. Tu es la tendresse et le réconfort dont j'ai besoin. Il est le coup de pied au cul qu'il me faut... » grogna-t-il.

« Je vois... Je comprends et je te soutiens encore une fois. S'il le faut j'irais chercher Malfoy moi-même. »

« Je me rends compte que je suis égoïste, je ne pense qu'à mes besoins et tu m'aides à t'en user la santé... »

« Et tu as été là pour moi Harry... Quand j'ai perdu mes parents, combien de nuits m'as-tu veillée pour éviter les cauchemars ? Alors que toi-même, tu n'arrivais pas à gérer ton deuil... Tu t'entraînais sans relâche la journée et pourtant le soir, tu venais encore sécher mes larmes... »

« Je ferais n'importer quoi pour toi. »

« Moi aussi Harry et c'est maintenant que je vais le prouver. Je vais prendre soin de toi et de ton bébé. D'ailleurs, tu es au cours du troisième mois et je dois vérifier si tout va bien, enlève ta chemise ! »

oooooo

Ce fut une semaine plus tard qu'Hermione réussit à coincer Draco. Malheureusement pour elle, ce fut dans les toilettes pour homme qu'il se retrouva seul. Bien décidée à lui parler, elle souffla un bon coup et entra dans les toilettes d'un pas conquérant. Draco était dos à la porte, face aux urinoirs, sifflotant, une main sur la faïence du mur d'en face, l'autre hors de portée des yeux d'Hermione, l'aidant à viser très certainement. Pas très noble comme posture pour un Malfoy. Il tourna un peu la tête en entendant la porte se refermer et se figea lorsqu'il vit une femme dans les latrines. Ni une, ni deux, il referma son pantalon à pinces et laissa retomber sa robe par-dessus avant de se retourner pour lui faire face en retrouvant sa posture princière.

« Je peux savoir ce que tu fous ici, Granger ?! » siffla-t-il dangereusement.

« Je voudrais te parler, » répondit Hermione en essayant de garder un air de défit malgré les joues rosies par la scène qu'elle venait de voir bien malgré elle.

« Et tu penses que le meilleur endroit pour ça est quand je me soulage ? » demanda hargneusement Draco en se lavant les mains, la fusillant du regard dans le miroir.

« Non, le meilleur moment est quand nous sommes tous les deux seuls ! »

« Bien, alors, maintenant que tu es là, je peux savoir ce qui t'amène, » grommela le jeune homme.

« J'aimerais que tu me rejoignes dans la cabane hurlante ce soir... »

À ces mots, Draco ricana en arborant un air sombre et grave.

« Et tu penses que je vais y aller ? Severus m'a raconté ce que des Gryffondors ont fait à un Serpentard dans cette même cabane. Je n'irais pas là-bas pour me faire humilier ou blesser pour un de vos plans tordus ! »

Hermione le fixa avec un air incrédule, se souvenant parfaitement de ce qu'Harry lui avait raconté au sujet des Maraudeurs et de leur professeur de potions.

« Non, non ! Tu n'y es pas du tout, je ne ferais jamais rien de pareil ! J'ai à te parler seulement et je peux te faire le serment maintenant que ce n'est pas un plan pour t'humilier, te blesser, te faire chanter ou qu'importe ce que tu peux penser. » Elle le regarda un moment dans les yeux avant d'ajouter. « Juste parler. »

Draco la fixa un instant.

« Et tu peux aussi me faire le serment qu'il n'y aura que toi et moi ? » demanda-t-il avec un sourire vicieux qui devint victorieux lorsqu'il la vit hésiter. « Tu vois ! Tu veux me mener en bateau ! »

« Ce n'est pas ça... C'est juste que je ne peux pas te le promettre, car il y aura un elfe de maison également. » Cette réponse eue le mérite de surprendre l'héritier Malfoy qui haussa un sourcil.

« Un elfe ? Pourquoi ? »

« C'est compliqué... Mais je ne tenterai rien contre toi, je te le promets. »

« Nous sommes seuls maintenant, pourquoi ne pas me dire ce que tu as à me dire ? » Demanda Draco septique.

« C'est long et j'ai besoin de l'elfe pour tout t'expliquer, car je n'en connais pas tous les morceaux, » mentit-elle.

« Très bien, et comment je me rends dans la cabane hurlante ? » Hermione fut soulagée de le voir finalement obtempérer.

« Tu connais le sort pour fixer le saule cogneur ? » Draco hocha la tête en repensant à la formule que son parrain lui avait apprise le jour où il avait failli se faire aplatir. « Alors tu le figes et tu vas jusqu'au tronc, en tournant un peu vers l'est, tu trouveras un passage, il te conduira à la cabane hurlante. »

« Je veux une garantie ! » affirma le jeune homme tout à coup.

« Une garantie ? »

« Oui ! Tu me donnes un objet de valeur ou me dis un secret. Si tout ce passe bien ce soir, je te rends ton objet ou je te jure de ne pas divulguer ton secret. »

Hermione resta bouche bée un instant. Elle ne savait pas quoi répondre à ça.

« Et qui me dit que tu respecteras ta part du contrat ? »

« Personne. »

Après une minute de silence, Hermione reprit la parole.

« Très bien... Je vais te faire confiance cette fois... » Elle pencha la tête vers le bas et leva les bras pour détacher la chaîne qu'elle avait autour du cou. « Ce pendentif est tout ce qu'il me reste de ma mère qui a été tuée cet été. Elle l'avait emmenée chez le bijoutier pour le faire réparer et Harry a remué ciel et terre pour le retrouver après l'attaque et le récupérer. Tout le reste des affaires de mes parents ont brûlé dans l'incendie de leur maison, » continua-t-elle en lui tendant le bijou.

Draco déglutit bruyamment en se rendant compte de la responsabilité qu'il avait entre ses mains. Il était désormais sûr que la Gryffondor ne mentait pas

« Ce soir, 23h, » dit-elle avant de quitter les lieux sans un regard en arrière.

oooooo

Draco se glissa par la trappe de la cabane, le cœur battant. Il ne savait même pas pourquoi il était venu ici... La curiosité était un des traits de caractère qu'il haïssait par-dessus tout et pourtant, il en possédait une bonne part.

Il passa dans le hall en suivant le son de la voix qu'il reconnaissait comme étant celle de Granger, pour arriver dans un salon miteux et poussiéreux. Au milieu de celui-ci, il y avait deux fauteuils et un tabouret. La Gryffondor était enfoncée dans l'un des sièges rapiécés alors que sur le tabouret, il y avait...

« Dobby ?! » s'exclama-t-il, surprit.

Les deux autres tournèrent la tête vers lui et il vit très bien la mine soulager de la jeune fille. D'ailleurs en la regardant bien, il pouvait voir les grosses cernes sous ses yeux et ses joues creusées. Il n'avait jamais remarqué son air fatigué avant. Il fallait dire aussi qu'il ne l'avait jamais vraiment regardé. Il s'avança dans la pièce en essayant de ne pas trébucher sur les débris de meubles qui se trouvaient par terre.

« Je peux savoir ce qu'il se passe ici ?! » demanda-t-il en regardant dédaigneusement le fauteuil restant, refusant de s'asseoir dans ce tas de saleté.

« Bonjour, héritier Malfoy, » dit respectueusement Dobby en inclinant légèrement la tête, en signe de salut.

« Je suis contente que tu sois venu, Malfoy. Assieds-toi. »

Draco plissa les yeux en regardant à nouveau le fauteuil. Hermione soupira en grognant quelque chose à propos des abrutis prétentieux. Dobby fit un petit sourire et en claquant des doigts de fauteuil devint propre. Bien sûr, il ne pouvait pas non plus faire des miracles et il restait taché et troué, mais au moins il était sain. Hermione remercia poliment Dobby tout en fusillant Draco du regard. Celui-ci leva les yeux au ciel et s'assit, les fesses au bord du fauteuil, prêt à prendre ses jambes à son cou.

« Bon... Si je t'ai demandé de venir, c'est pour te parler d'Harry. »

Draco se redressa d'un coup avec sur le visage une expression qu'elle ne lui avait jamais vue : de l'inquiétude.

« Sais-tu où il est ? »

« Oui... » murmura-t-elle. « Et je vais te mettre au courant de tout si tu me fais un serment. »

Draco haussa un sourcil.

« Un serment ? Et tu me révèles l'endroit où il se trouve ? Et si je refuse ? »

« Dobby te jettera un Oubliette tu ne te souviendras plus de cette conversation. »

« Tu m'as promis que tu ne me ferais rien ! » grogna Draco.

« Ce ne sera pas moi ! Je t'ai dit que Dobby te jetterais le sort, » répondit Hermione avec un petit sourire de triomphe.

« Serpentard... » maugréa Draco. « Bon très bien. Que dois-je jurer ? »

« Tu dois jurer que tu ne révéleras rien de ce que tu apprendras sur Harry ce soir et dans un futur proche ou lointain, à personne qui ne soit pas déjà au courant. Ni oralement, ni par écrit. »

« Très bien, je le jure. » Une lumière partit de son cœur et se propagea un instant avant de se résorber. Le serment était fait. Le visage de la jeune fit se fit plus sérieux encore.

« Je sais que tu trouveras certainement un moyen de contourner ce serment, mais je t'en prie, respecte les choix d'Harry, même si tu n'es pas d'accord avec lui. Un rien pourrait le faire sombrer. »

« Raconte-moi, » ordonna Draco.

oooooo

Harry se réveilla en sursaut lorsqu'il sentit un poids conséquent lui tomber dessus. Il commença à se débattre avant d'entendre un ricanement qu'il ne connaissait que trop bien.

«Dray? »

« Lui-même ! Alors comme ça Potty est en cloque ?! Je savais bien que pour avoir un aussi petit gabarit, tu devais avoir des attributs féminins, » ricana à nouveau Draco toujours assis sur le bas ventre de Harry, prenant soin, malgré les apparences, à ne pas écraser son ventre.

« La ferme Malfoy, » grogna Harry en essayant de se relever, en vain.

« Oh non Potter ! Avant de venir, j'ai pris soin de préparer une bonne dizaine de blagues sur ta condition de femme et je ne partirai pas avant de te les avoir toutes racontées. Ça va, je n'appuie pas trop sur ton utérus au fait ? »

Bien malgré lui, Harry ne put s'empêcher de sourire face aux piques de son ancien ennemi. C'était leur façon d'être ensemble.

« C'est toi qui me dis ça, espèce de blondasse décolorée. »

« Ceci mademoiselle, » répondit Draco en désignant ses cheveux, « est un héritage des Malfoy, héritage venant de certains ancêtres Veela... Sang pur, tu parles... Mais pour en revenir au sujet important, ça tombe bien que je sois avec toi, car j'ai toujours besoin de lait le matin dans mon thé, je suis sûr que tu pourras m'en fournir. En plus avec un peu de chance, tu changeras de taille de bonnet et tu auras enfin quelque chose de regardable... »

Avant que Draco ne finisse sa phrase, Harry c'était écroulé de rire sous les yeux joyeux de son ami. Hermione, restée à la porte, était absolument choquée par les propos des deux garçons qu'elle regardait comme s'ils avaient deux têtes. Et en même temps... Elle était heureuse de voir son frère rire ainsi. Ça faisait longtemps qu'elle ne l'avait pas vu comme ça.

oooooo

Les choses se passèrent plutôt bien ensuite. Harry avait reçu sa potion pour corriger sa vue. Il sortait chaque jour prendre l'air, essayant de ne pas sombrer en pensant à sa relation avec Severus, ou plutôt l'absence de relation.

Son professeur lui manquait beaucoup. Il se détestait pour ça. Pour cette faiblesse. Mais il savait que maintenant qu'il avait donné son cœur, bien qu'à la mauvaise personne, il serait dur de le reprendre.

Il se demandait encore comment il avait pu tomber aussi bas. Entretenir une relation avec un professeur, Mangemort de surcroît, et en tomber amoureux, tomber enceint de cet homme avant de se rendre compte de sa trahison. Il était pathétique.

Heureusement, il avait le soutien inconditionnel de ses deux amis qui lui rendait visite plusieurs fois par semaine, bravant les couvres feu imposé par Poudlard et se fatiguant énormément en apprenant tout un tas de choses qui étaient loin du programme scolaire.

Draco avait pris son rôle à cœur, et s'il avait essayé au début de lui parler de Severus, il avait vite abandonné quand il avait vu Harry se mettre dans des colères noires, rien qu'à l'évocation de son prénom. Il avait donc respecté sa décision et n'en parlait plus, se contentant de taquiner Harry autant que possible, de le faire rire et de lui faire tout un tas de potion pour l'aider dans sa grossesse.

Hermione effectuait les sorts de diagnostic et repérait la moindre carence. Elle faisait des sortes d'échographies qui lui indiquaient si le bébé était bien formé et s'occupait de donner à Harry des conseils en cas de maux de dos, de ventre, etc... Elle passait ensuite commande à Draco qui faisait tout un tas d'onguents, de crèmes et de potions dans le labo au sous-sol. Dobby se chargeait de l'intendance.

Draco avait largement le niveau pour tout ça. Il étudiait cet art avec son parrain depuis son plus jeune âge. Il était doué et comptait bien, dès l'année prochaine commencer son apprentissage de Maître des potions avec Severus. Il en savait déjà bien plus que la plupart des troisièmes années de l'institut de potion. Il préparait les mixtures demandées bien plus rapidement que Hermione et ça ne le fatiguait pas autant qu'elle qui avait besoin d'être très concentrée. C'était pour lui un passe-temps.

De plus, son nouveau jeu, depuis qu'Harry n'avait plus de nausées, était de les rendre les plus écœurantespossible. Ils avaient eu d'énormes fous rires sous l'œil blasé d'Hermione qui, au bout d'un moment, ne pouvait plus s'empêcher de sourire, cachée derrière sa main, alors qu'Harry prenait des teintes vertes ou violettes inquiétantes.

Ses petits moments de rire et de complicité égayait la vie d'Harry qui ne vivait que pour les moments ou ses amis venaient le voir. Le reste du temps, il se promenait, réfléchissant encore et toujours à sa vie, à ce qu'il voulait en faire, une fois qu'il aurait son bébé. Il réfléchissait sérieusement à prendre un travail dans le monde Moldu. Pour changer d'air.

Le reste du temps, il lisait. Les théories de la magie, magie ancienne, magie noire et tout un tas d'autres formes de magies. Il ne pouvait pas pratiquer pour le moment. Le bébé lui pompait de plus en plus d'énergie et de magie. Hermione lui avait trouvé une petite anomalie dans la poche qui protégeait le bébé. Une partie était trop fine et il ne devait faire aucun effort sous risque qu'elle se rompe.

Dobby s'occupait de tout à la maison. Ménage, repas, linge. C'était la première fois de sa vie qu'il était aussi assisté, et même s'il pensait qu'il ne pourrait pas rester trop longtemps comme ça, c'était agréable de se laisser aller pour une fois. Il se recentrait sur lui-même et sentait le changement opérer en lui.

Il en était maintenant à six mois de grossesse et c'était le dernier jour qu'il passait seul -Dobby était tellement discret qu'il avait parfois l'impression d'être vraiment , le Poudlard Express ramènerait ses deux amis sur le quai 9 ¾ et ils se rendraient au ministère pour prendre un Portoloinlégal. Ils auraient pu venir comme d'habitude, grâce à Dobby ou à un Portoloin illégal, mais il devait officiellement venir en France pour ne pas être inquiétés au cas où le ministère chercherait à les joindre et retrouverait leurs traces en France. Par chance, les deux avaient de la famille là-bas et ils avaient donc pu aisément justifier leur voyage. Draco disait rendre visite à son cousin Raphaël qui, bien qu'il le déteste était une excellente couverture. Et Hermione disait rester chez sa famille pour se familiariser avec le pays avant d'entrer à l'université Delange en médicomagie où elle avait été acceptée.

Depuis qu'elle avait commencé ses recherches, elle s'était trouvé une passion, mais surtout un futur métier. Elle était véritablement douée pour ça et avait travaillé très dur pour être admise dans la plus prestigieuse école de médicomage. Elle avait parlé de son rêve à Harry, lui avouant qu'elle ne pourrait jamais y entrer car elle n'avait pas les moyens, cette école était très chère.

Après beaucoup de négociation entre eux, Hermione avait postulé, car Harry avait décidé de la rémunérer, pour son suivi d'une part, et d'autre part parce qu'il lui prêtait l'argent pour sa formation. Il aurait voulu lui donner, mais la lionne était trop fière pour ça. La rémunération ne s'élevait pas à grand-chose, mais c'est tout ce qu'il avait pu en tirer sans la vexer.

Draco avait râlé, quand Harry avait proposé de le payer pour toutes les potions qu'il lui faisait, il avait dit que lui permettre de jouer avec des ingrédients rares comme il le faisait était bien suffisant. Il avait ajouté, qu'en plus, s'il le payait, il ne pourrait plus ajouter les ingrédients les plus mauvaisqui soientdans ses potions et que c'était son seul plaisir dans la vie.

Draco lui entamerait au mois de septembre sa formation pour être Maître des Potionsau côté de Severus, à Poudlard. Le sujet étant sensible, ils n'en avaient pas beaucoup parlé ensemble et ça convenait très bien à Harry.

Donc, Hermione et Draco arriveraient ensemble le lendemain pour deux mois de cohabitation. Cela risquait d'être assez explosif. Même s'ils s'entendaient mieux maintenant, ils n'hésitaient pas à se lancer des piques qui dégénéraient parfois en vraie dispute.

Bizarrement, Harry aimait beaucoup ces moments. Il demandait parfois son seau de glace à la menthe et aux copeaux de chocolat à Dobby et se calait confortablement dans un fauteuil pour suivre le match Lion VS Serpent. Bien sûr, c'était toujours un match nul. Les deux étaient plus têtus que des hippogriffes et les combats duraient longtemps. Harry avait même appris plusieurs insultes en les écoutant. Il intervenait parfois pour calmer les choses, évitant qu'ils n'en viennent aux mains, mais le plus souvent, il les laissait gérer leurs disputes.

En prévision de ces vacances, Harry avait demandé à Dobby de faire quelques arrangements. Déjà, le grenier avait été aménagé en chambre avec une salle de bains et une kitchenette. Ça serait le petit studio d'Hermione. En temps qu'étudiante de l'école Delange, elle avait demandé à être externe. Elle pourrait donc rentrer tous les soirs et s'occuper du bien-être d'Harry et de ses soins.

Il avait aussi demandé à Dobby d'ajouter une piscine dans le jardin. Elle n'était pas immense, mais c'était bien assez pour eux trois. Elle était creusée dans le sol et entourée de transats. Il y avait un endroit ou l'eau remuait et massait la peau, c'était très agréable.

Bien sûr, Dobby n'avait pas fait ça tout seul. Il avait fait venir des ouvriers sorciers qui avaient travaillé pendant plusieurs jours et qu'il avait payésd'une somme conséquente par le billet de Dobby. De toute façon, il n'y avait pas grand-chose qui pouvait épuiser la fortune des Potter... Il avait assez d'argent pour trois ou quatre vies.

Draco et Hermione n'allaient pas en croire leurs yeux quand ils verraient le havre de paix dans lequel il passerait l'été. Lui-même profitait de son jardin, caché aux yeux du monde. Il passait des heures dans la piscine, soulageant son dos qui commençait à être douloureux. Effectivement, le bébé commençait à bien grandir et Harry avait maintenant une bosse conséquente sur le ventre. Les premiers mois, il avait profité de son état encore discret pour se balader, rencontrer des gens de façon anonyme et apprendre le français.

Entre 4 et 5 mois de grossesse, il pouvait cacher son ventre sous une parka ou un sweat large, maintenant il ne tiendrait plus avec les températures d'été. Même si la côte était sujette aux intempéries. Il ne sortait plus que sous sa cape d'invisibilité quand il quittait sa propriété.

Il se terrait donc chez lui. Apprenant le français en lisant et en se documentant sur ce beau pays qu'il pourrait bientôt visiter avec son enfant dans les bras. Il avait hâte de s'immerger dans la vie. Surtout la vie moldue d'ailleurs. Il voulait s'éloigner un peu du monde sorcier, sans pour autant le quitter. Il avait tout aussi hâte d'immerger Draco dans la vie moldue.Ça allait être une magnifique aventure et il sentait qu'il allait bien rire.

oooooo

C'était le dernier jour de classe. Severus regardait la bande d'ados surexcités entrer dans la grande salle. Pathétique... Même les Serpentards avaient du mal à se contenir.

La table des professeurs aussi était plus animée qu'à son habitude. Si les autres professeurs s'extasiaient sur leurs futures destinations de vacances, Minerva parlait avec Filius de sorts de traçage et de localisation. Ils n'avaient pas abandonné, mais paraissaient devenir de plus en plus pessimistes.

Severus aussi, cherchait encore un moyen de trouver le Gryffondor fugueur mais il savait très bien qu'eux ne le dénicheraient pas. Après tout, c'était lui qui avait appris à l'Élu du monde sorcier comment se cacher. Lui seul pourrait le trouver. Du moins... Il l'espérait.

Son regard passa sur les traits tirés de la Miss-Je-Sais-Tout, qui avait réussises examens haut la main. En tête du classement, elle dépassait de peu son filleul, Draco. Elle avait l'air fatiguée et comme à chaque fois qu'elle entrait dans la salle, elle jeta un regard profond à la table des professeurs, comme pour savoir s'il y avait du nouveau. Il avait d'ailleurs remarqué que son regard s'arrêtait plus longtempssur lui. Était-elle au courant de sa relation avec Harry ? Sûrement... Elle devait même penser que tout était sa faute. Et elle avait raison.

Malgré tout, il ne comprenait toujours pas la réaction du Gryffondor. Il aurait pensé qu'il l'attaquerait de front, qu'il engageraitun duel ou même qu'il le regarderait pendant les cours avec cet air meurtrier qui faisait frissonner Severus de bonheur des pieds à la tête, tant il était synonyme de fougue.

Cette année encore, il passerait les vacances seul, à l'impasse. Il savait que Bellatrix viendrait à nouveau le voir pour lui commander des potions pour le Maître. Ils étaient deux à savoir où il se trouvait. L'un de ses laquais était Bella, mais le deuxième... Personne ne savait de qui il s'agissait au cas où quelqu'un s'en prenne à Bellatrix pour que Voldemort n'ait plus de soins. Ce qui l'empêchait d'agir. Bella ne voulait rien lui dire et il ne pouvait la tuer, car cela révélerait sa position sans pour autant tuer Voldemort. Il ne pouvait qu'attendre en préparant les potions qui redonnait la santé peu à peu la santé à ce sale serpent.

Il pensait qu'il aurait au moins la compagnie de Draco pendant les vacances, mais celui-ci lui avait dit qu'il rendait visite à son cousin... De toute façon, avec Bella passant à l'improviste, il était impossible de le loger chez lui. Il avait déjà dû insister sur le fait qu'Albus l'avait obligé à le prendre comme apprenti.

Le regard de Severus se posa sur Draco qui venait d'entrer dans la Grande Salle. Lui aussi avait l'air fatigué. Comme Miss Granger, Draco s'installa seul et au calme pour picorer son repas, l'air plongé dans ses pensées.

Les deux personnes les plus proches d'Harry avaient l'air perdu sans lui. Tout comme Severus...