L'année avait avancé à pas de géant et déjà l'automne montrait le bout de son nez. Les jours raccourcissaient et étaient plus moroses. Les temps avaient changés mais pas les desseins de Sherlock. Un matin de novembre, il avait décidé de mettre son plan à exécution mis en marche.
C'est ainsi qu'il s'introduisit dans les appartements de la Diva, alors qu'il faisait sa toilette. Du moins, c'est-ce que le plus grand croyait. Ses yeux couleur océan parcourir rapidement l'ensemble de la pièce jusqu'à se poser sur la penderie de son ennemi. S'en était presque trop facile.
Il s'avança vers le meuble, l'ouvrit et étouffa un cris de surprise en découvrant Jim, les bras croisés sur son torse , un regard assassin rivé sur lui :
« Puis-je savoir ce que tu fais dans ma chambre, saleté de petite fouine ?» cracha-t-il
« Je cherche des preuves de ta faiblesse, monstruosité ambulante. C'est bien là-dedans que tu les cache non ?» rétorqua Sherlock en lui faisant face
« Je ne vois pas du tout de quoi tu parles et ce n'est pas ce que ton précieux John a pu me dire. »
Ce fut la goutte qui fit exploser le vase. Le plus jeune de la fratrie Holmes, en furie, se jeta au cou de Jim et tenta tout bonnement de l'étrangler. Alerté par tant de vacarme, Irène grimpa à l'étage, suivi de près par deux de ses gardes du corps. Lorsqu'elle entra dans la chambre et trouva les deux hommes en train de se battre.
Elle ordonna aux deux hommes qui l'entourai de les séparer. Après un semblant de retour au calme, Adler commença :
« Puis-je exiger de l'un de vous deux des explications ?»
« Il s'est introduit dans ma chambre. Je l'ai trouvé à fouiner à la recherche de... je n'sais trop quoi !» lui répondit Jim
« De Lettres. Je cherchais ses lettres qu'il échange depuis des mois déjà avec un de nos client, le Colonel Sebastian Moran» compléta Sherlock, de son débit hors normes
« Foutaises. Ta jalousie infondée te ronge jusqu'à la moelle, mon pauvre ami. Ton petit soldat de pacotille ne m'intérese nullement.»
« Des lettres ?» demanda Irène, soudain plus grinçante
« Tout à fait » lui répondit La Doublure, satisfait que sa réponse ait été prise en compte au détriment de la remarque cinglante de sa Némésis.
« Madame, ne me dites pas que vous allez croire à des…»
« Suffit, Jim. » cracha la brunette
Le brun afficha une mine déconfite alors que l'homme frisé devant lui affichait un semblant de sourire satisfait.
Dominatrix se tourna vers l'homme aux pommettes seyantes et lui demanda de lui montrer où cette hypothétique correspondance pouvait se trouver. Le grand aux boucles brunes désigna le haut de l'armoire de son ennemi d'un geste du menton. Les pupilles noircies par la colère, Irène se retourna vers Jim, statique et blême :
« Est-ce vrai ? C'est là que tu les cache ? aboya-t-elle
« Je ne répondrais pas. » lança la catin d'une traite.
Adler fronça les sourcils et fis un geste de la main, ordonnant à ses servants de fouiller la dites cachette. Alors, comme une mère voyant son enfant en danger, Moriarty hurla, implora, supplia que tout cela était faux, qu'ils devaient arrêter, qu'il allait mourir si on touchait à cette caissette.
La dite caissette se retrouva bien vite entre les griffe de La Femme qui fit sauter la fermeture et resta estomaquée devant le nombre incalculable de missives. Elle lança un regard encore plus froid à son employé qui, jadis, avait été si exemplaire et avait recueillis son honneur et ses louanges avant de prononcer très clairement, confiant la malle à un de ses servant :
« Brulez moi tout ça. »
Un cri perçant résonna dans la chambre. Moriarty, ou du moins ce qu'il en restait, se jeta au pied de Irène et continua à sangloté :
« Je t'en prie, je t'en supplies, je ne suis plus rien ça lui, je l'aime, je.. Irène...Je t'implore ! »
La brune détourna le regard et fit signe aux hommes qu'il pouvait verser le contenu du coffre dans les flammes de la cheminé. Il se précipita vers ses semblables, faisant une tête de plus que lui, et commença à les frapper, à les insulter à travers ses larmes. Puis il arriva à se frayer un chemin jusqu'au foyer où déjà, le papier flambait.
Sans réfléchir un instant, le brun plongea les mains dans le feu et tenta d'en sauver quelques-unes mais il ne parvint à récolter que des brulures. Le courtisant ne pouvait contenir ses larmes et son profond désespoir en regardant sa passion partir en fumée. C'est alors que les deux servants le saisirent par les bras et le soulevèrent puis le mirent face à Irène.
« Tu disais n'être plus rien sans ses morceau de parchemin ? Soit, je te prends aux mots.»
Parce que tu as trahis l'éthique de la maison, parce que tu t'es joué de ma confiance et du reste, je te puni et te condamne à vivre dans l'ombre de Holmes. Tu n'es plus dignes d'être le favoris de quiconque ici. Tu deviens alors second de la maison close. Mais crois-moi sur paroles, tu ne seras pas traité aussi bien que l'a été la Doublure. Tu as trop de talent pour être mit parmi les débutants mais crois-moi, tu es un criminel Jim. Et tu seras traité comme tel. Qu'on l'emmène au Trou.
« Non... Non Irène, je t'en conjure … Non …. Pas le Trou... tout mais pas le Trou... Rétrograde-moi, Fouette-moi … Ou même MIEUX ! TUE-MOI SUR LE CHAMPS ! JE NE VEUX PAS Y RETOURNER ! » Se mis à hurler Jim, les larmes roulant sur ses joues pales
« Dire que je voyais en toi un fils, quelqu'un qui aurait pu marcher sur mes traces. J'ai été dupé. »
Le brun commença à se débattre, hurlant à travers le couloir qu'il était désolé, qu'il avait été ensorcelé que ce n'était pas du tout sa faute, mais rien ne fit changer Adler.
Tourmentée mais n'oubliant pas son sens inné des affaires, elle se tourna vers Holmes :
« Tout ce qui es ici est à toi dorénavant. Mais sache que... Sache que tu ne seras JAMAIS Jim. Tu ne seras JAMAIS la Diva qu'il a était.»
« J'en suis certain, madame. Car je suis sûr que … je le surpasserai. Je ne serai pas une diva mais une Duchesse. » Lança Holmes de sa voix grave, un petit sourire en coin se dessinant sur ses lèvres
Dominatrix se retourna vers la sortie et ne pipa mot, le cœur trop lourd pour ajouter quoi que ce soit.
La gérante sortie dans le couloir dans lequel on entendait encore les hurlements de l'ancienne Diva retentir. En effet, on venait de le jeter dans le fond de cette pièce qu'on appelait le Trou. On avait tourné le verrou quatre fois, pour être sûr et certains qu'il ne s'enfuirai pas. Aussitôt que la porte fut refermée sur lui, Moriarty se précipita vers les barreaux et avait commencé à frapper le fer de toutes ses forces. Jusqu'a s'en faire saigner les points, il hurla jusqu'à n'en avoir plus de voix qu'il aurait la peau de Sherlock, qui lui ferai payer.
Soudain, il entendit des pas, des pas lourds et pressés.
Ils arrivaient.
Tous ses hommes que personne n'avait voulu, tous ses assoiffés de chair, toutes ses bêtes sans foi ni loi.
Le brun se recula rapidement vers le fond de sa cage comme un animal apeuré et plaqua ses mains contres ses oreilles, rendant son ouïe hermétique au glas qui annonçait la fin.
Sa fin.
Pour la première fois de toute sa vie, Jim se mit à prier. A prier de toute ses forces qu'on oublie d'ouvrir le verrou, que ses gens s'en aillent, qu'il ne ressente rien entrer en lui de force.
Sans succès.
Lorsque le bruit du verrou retentit, le brun ne put s'empêcher de pousser un cri avant que l'un des deux clients ne pose sa main sur sa bouche. Le prostitué savait pertinemment comment ça allait se passer : ils allaient lui attacher les bras avec la première chose qu'ils trouveraient et cette fois se fut un morceau de sa tunique qu'ils avaient déchiré. Puis ils allaient lui ouvrir les jambes et les maintenir bien ouvertes. Puis … Puis viendrait le moment le plus atroce, le moment où, sans ménagement ils le pénétreraient.
Pour les plus chanceux, les hommes y allaient un par un. Mais La Diva était une personne spéciale, ils se devaient de la traiter comme tel. Lorsqu'il les sentit entrer en lui en même temps, le cri du brun resta bloqué dans sa gorge, seules les larmes se mirent à tomber en flot continue le long de ses joues. Et puis vinrent leurs voix. Leurs voix graisseuses, insupportables, qui ne cessaient de lui balancer un flot d'insanités. Ce fut plutôt rapide mais si douloureux qu'ils semblaient l'avoir violé pendant des jours entiers.
Le prostitué n'eut pas le temps de reprendre ses esprits que déjà une flopé de « clients » arrivèrent à grandes enjambées, non content de prendre leur revanche sur cette foutu starlette qui avait osé les refuser pendant son règne.
Et ça dura pendant des semaines et des semaines. Des hommes rentraient, le prenait et repartaient. Et lui, lui qui avait était si beau, si magnifique, si grand, lui à qui on baiser la main autre fois on ne faisait que le baiser, le baiser comme un chien. Le courtisant se disait « objet de jouissance » avant ? C'est au fond de ce trou, de cette pièce sans air pur ni lumière, de ce cachot qui le privait de tout mais surtout de l'être qu'il aimait le plus au monde, qu'il comprit alors au combien il s'était trompé lorsqu'il était encore bien au chaud dans ses draps, entouré de ses étoffe et de ses pierres précieuses. Le brun se recroquevilla sur lui-même et se remit à pleurer à chaude larmes quand soudais on tapa à sa porte. Jim sursauta et eu pour réflexe de ramener le peu de tissus qui hier encore était un magnifique peignoir de soie, comme si cela empêcherait ces malfrats de passer leur main sur son corps jadis adulé.
« N'ayez craintes Monsieur ! C'est moi ! Votre Molly ! » Chuchota une petite voix, sonnant pour Jim comme celle de la Vierge en personne.
Il réunit le peu de force qu'il lui restait et vînt se coller contre les barreaux de la porte :
« M-Molly... Oh seigneur, Molly … Si tu savais au combien tu me rends heureux … le son de ta voix. Dis-moi que c'est vrai. » lui dit Jim de sa voix faiblesse
La châtain étouffa un sanglot lorsqu'elle aperçut dans quel état son maitre était. Elle tacha de reprendre ses esprits.
« Oui Monsieur, c'est bien moi. Je n'ai pas beaucoup de temps, j'ai ici avec moi des lettres pour vous. » dit-elle en lui faisant passer deux enveloppes par les barreaux de sa cellule .
Le brun s'empressa de les décacheter et une larme roula sur sa joue lorsqu'il reconnut ses mots.
Mon cher et tendre amour
Voilà des semaines que tu ne m'adresses plus aucun mot.
Ai-je fait commis une erreur ?
Je t'en supplie mon adoré, je suis transis de peur devant ton silence et ton refus de me voir. Je suis passé il y a de ça quelques semaine et tel ne fut pas mon horreur lorsque, de tes quartiers, j'ai vu ce grand homme frisé que j'ai déjà croisé. Watson, mon compagnon, en fut tout à fait étonné bien que ce sentiment disparu sous la luxure.
Que se passe-t-il, mon amour ? Que t'arrive-t-il Jim ?
Me renies-tu ? N'ai-je donc rien n'était pour toi ? Ai-je confondu ce qui me paraissait comme de la sincérité avec un jeu d'acteur ? Je ne puis te cacher que je me sens comme victime d'une fourberie. Un seul mot, un seul geste. Adresse moi donc ce que tu veux pour me faire mentir et me faire retrouver la raison.
Je commence à douter de tous ses mots, de toutes ses caresses. Te serai tu joué de moi car tu étais trop las de ton existence répétitive et ennuyeuse? Ô grande Diva au drapés colorés, n'ai-je étais pour toi qu'un pantin que tu as jeté dans le coin d'un grenier après t'en être lassé comme un enfant trop gâté ? Ô fabuleux inconnu au regard sombre et ensorceleur, que décides-tu d'être à présent ? L'amant ou la bête sanglante ? Ton silence parle pour toi, animal infâme pourrissant dans son propre ego.
Ces mots dépassent plus que ma pensée mais, mon cher ange, mon tout, mon essence même, je me meurs.
Je me meurs loin de toi et de ta voix et de tes prunelles, ô tes prunelles qui me plaisent tant. Sort de ta cachette, n'est plus peur. Où que tu sois, plonge dans mes bras, je te protègerai de ceux qui te veulent du mal, mon amour. Je mettrais ma vie en péril pour toi et ton amour.
Ô mon prince, sans toi je ne suis rien qu'une âme errante alors... S'il restait en toi ne serai ce que les braise encore rougeâtre d'une passion éteinte, Répond moi. Reprend moi. Reviens-moi.
Je t'aime.
Tu me manques.
A toi pour toujours, enfin si tu le veux encore
Sebastian Moran
De nouvelles larmes inondèrent son visage pâle et amaigri. Qu'avait-il fait au Seigneur pour mériter pareil sort ? Il essaya de se contenir et passa à la lettre suivante. Celle-ci, il n'en reconnu pas l'écriture, ou du moins pas celle de son cher et tendre amour.
Non celle-ci était un peu plus féminine, beaucoup plus pointue.
Mycroft.
Il enleva la cire qui fermait l'enveloppe et commença à lire la missive :
Ma chère et irremplaçable Diva
Je suis horripilé au plus haut point ! Comment on-t-il pu te faire ça ? Je n'en reviens toujours pas et m'excuse le plus sincèrement possible pour le comportement inqualifiable de ce que je considérai hier encore comme un parent, mon petit frère.
Crois-moi que j'ai tout fait pour te sortir de cette mésaventure, mon tendre et délicieux ami, mais malheureusement, Je suis un homme qui à ses secrets qui, comme toi, on était révélé par le cerveau calculateur et sournois de Sherlock. Comme tu dois t'en douter, je n'ai pas un passé très glorieux et aujourd'hui, mes cadavres sortent de leurs placards par le bien de mon perfide benjamin.
Tu me vois sincèrement désolé et profondément attristé. Je suis impuissant face à un tel chantage. Je m'en veux terriblement, tu sais. J'ai l'impression d'assister à une exécution de sang-froid, avoir des preuves de ton innocence et ne pouvoir les livrer car la foule en délire ne me permet pas d'élever ma voix.
Je ne sais même pas si tu pourras lire ce court billet mais je suis persuadé que la courageuse et non moins patiente Molly s'en chargera. Cette petite t'apprécie beaucoup, Diva, tache de ne pas la blesser de trop.
Il ne me reste plus qu'à prier. Prier que tu t'en sortes et qu'en jour je puisse revoir ses yeux magnifiques et ce sourire radieux. Je n'abandonne pas mes efforts mais, Diva, les Hommes sont faibles.
Accepte mes plus plates excuses et mes sentiments les plus sincères, merveilleuses créature
Mycroft Holmes.
Il resta un instant silencieux avant de cacher les lettres dans une planche du mur et de retourner près de la porte :
« Molly, te sent tu prêtes à rendre un service à ton maitre plus qu'épuisé par sa condition ? » chuchota-t-il
« Évidement Maitre ! » répondit elle aussitôt
C'est ainsi que Jim se mit à lui dicter à voix basse un semblant de réponses aux missives. Une fois tout prit en note, la jeune femme se risqua à déposer un baiser sur la joue mouillée de Jim et s'enfuit. Ce petit geste de tendresse fit tellement de bien à l'homme meurtri qu'un sourire que l'on croyait éteint à jamais se redessina sur ces lèvres l'espace d'un instant.
