Changement de ton dans ce chapitre, je fais intervenir un personnage OC qui reviendra surement au cours de la période Azkaban. Il n'est pas réellement important mais permet d'aborder la vie de Sirius d'un point de vue externe et objectif. Il me permet en plus d'exprimer quelques opinions que j'ai vis à vis du ministère et du monde sorcier en général. Je sais que je suis très en retard, mais j'avais mal estimé la charge de travail en Terminal, et je ne souhaite pas non plus abandonner la lecture de fictions. Donc les chapitres arriveront moins rapidement que prévu. Mais aujourd'hui vous remarquerez que ce chapitre est plus long que les précédents !

Bonne lecture et n'oubliez pas les reviews !

Chapitre 4 : folie ?

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Sirius

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L'auror Philipp Lewinks posa sa petite valise de toile dans la barque qui l'emmènerait vers une île perdue en pleine mer, résigné. Il était jeune et sortait tout juste de l'école des aurors. A la fin de sa formation, fier et confiant, il avait attendu avec impatience d'être affecté à un poste qui lui garantirait un bel avenir. Il ne savait pas ce qui s'était passé, peut-être avait-il indisposé quelqu'un d'influent, peut-être était-ce une erreur, mais ce qui était sur, c'était que le major de la promotion 1982 des Aurors était en route vers Azkaban. Son poste : gardien numéro 6. Sa vie serait résumée par ce simple chiffre, car c'était bien connu, on entre plutôt facilement à Azkaban, c'est en sortir qui est compliqué...

Les flots faisaient tanguer dangereusement le petit esquif, perdu dans la Mer du Nord. L'embarcation délabrée avançait sans personne d'autre que la magie pour la guider. Le voyage solitaire du jeune homme lui rendait encore plus évidente sa déchéance. Il était seul, ses anciens camarades l'avaient abandonné dès son futur poste connu, et il se dirigeait vers l'enfer du monde sorcier britannique, la maison-mère des détraqueurs.

Le petit ponton de bois servant de débarcadère à la prison apparut au loin, entre les bans de brumes. Merlin ! Il n'avait pas envie d'aller là bas, au milieu de tous ces criminels à moitié fou ! Il voulait retrouver son petit appartement non loin du chemin de traverse, ses amis, sa famille et ses voisins querelleurs. Chaque coup de rame qui le rapprochait de sa destination le rendait de plus en plus nostalgique, effet visible des détraqueurs.

Le bateau s'arrima au quai tranquillement, et la silhouette vague du gardien en chef s'imposa dans son champ de vision. Les cernes sous ses yeux étaient impressionnantes, et s'il n'avait pas eu son insigne bien en place, on aurait pu le prendre pour un prisonnier évadé, ses vieux vêtements déchirés flottant autour de son corps squelettique. Le reste de son apparence n'était pas plus encourageant : sa peau était flasque et grise, son regard se perdait constamment à l'horizon et ses lèvres formaient un rictus mauvais. On aurait dit une chandelle à moitié fondue.

« Auror Lewinks ? Bienvenue à Azkaban. Je serai votre nouveau responsable jusqu'à mon...départ. Suivez moi, je vais vous faire visiter le bâtiment.

Sa voix était roque et réussissait à surpasser le roulis continuel de la mer et les bourrasques de vent, ce qui n'était pas chose facile. C'était une voix de fumeur, décharnée et éteinte.

Le futur gardien hocha la tête sèchement. Il se demanda vaguement pourquoi son supérieur avait hésité sur le terme ''départ'', avant de reléguer cette information au fond de son cerveau, cela ne le regardait pas songea-t-il. Il souleva sa valise, et emboîta le pas à son responsable.

La découverte de sa nouvelle maison fut aussi rapide qu'inintéressante. Les quartiers réservés au personnel étaient aussi gris et sinistres que le reste de la prison ; les couloirs de cellules sans fin ; et la végétation inexistante. Et les détraqueurs étaient partout. Il était effrayant de penser que le ministère faisait confiance à six malheureux gardiens pour contrer, si elles décidaient de se rebeller, les centaine de bêtes maléfiques et immortelles. La seule chose qui empêchait les détraqueurs de s'attaquer à eux était le petit et rare artefact que tous les gardiens portaient autour du cou, et qui rendait leurs âmes terriblement nauséabondes pour les créatures. Celles-ci ne les approchaient qu'en dernier recours.

… … …

Sa première ronde fut une des plus grandes épreuves de sa vie d'auror. Les prisonnier hurlaient à s'en déchirer la voix, et lui jetaient de temps à autre leur écuelle. Certains l'insultaient, le maudissaient, d'autres lui juraient qu'ils étaient innocents, qu'il fallait les sortir de là, qu'ils avaient une famille et des enfants. Leur visage décharné, leurs grands yeux globuleux pleins de larmes et de haine, leurs lèvres grimaçantes et baveuses, leur voix grinçante et brisée, tout cela l'oppressaient, et il fuit vers un quartier plus calme, celui de haute sécurité. Là, reprenant son souffle, il s'efforça de chasser de sa mémoire les instants précédents. Un son lui fit tourner la tête d'un mouvement brusque. Dans la cellule 423, quelqu'un chantonnait une comptine que lui-même avait appris quand il était jeune.

« ...la petite sorcière attrapa le rat,

dans sa marmite elle le plongea,

de petit cris il poussa,

et en souriant elle le regarda.

Elle tourna la louche trois fois,

du méchant rat elle fit un beau plat,

dans son assiette elle le plaça,

et d'un coup de fourchette elle le mangea. »

Il s'approcha d'un pas chancelant de la grille et regarda à travers les barreaux. Un homme, qui avait du être très beau dans sa jeunesse, lui faisait face. Des cheveux épais et noirs, bien que très sales, de beaux yeux gris, une peau pâle, un corps qui avait du être athlétique il y a quelques années, l'homme était attrayant, malgré les traces privations évidentes sur son corps maigre et décharné.

Après quelques instants de doute, il le reconnu comme Le Traître, Sirius Black. Celui-ci était assis tranquillement à même le sol de béton et jouait avec ses mains comme le font les jeunes enfants. Il fit tout à coup une roulade sur le sol et s'écria face au mur :

« Tu vois James, tu ne m'aura jamais ! Je suis trop fort pour toi ! »

Il donna quelques coups dans le vide puis commença à se chatouiller lui même tout en hurlant à une certaine Lily d'arrêter.

Quand les yeux de Black se posèrent sur le gardien, l'homme à la crinière noire eut un mouvement de recul, puis se précipita dans un coin de la cellule et se roula en boule. Le jeune auror se demanda à quel traitement pouvait bien le soumettre ses collègues pour qu'il ait cette réaction, et ne put empêcher la pitié de l'envahir devant le spectacle que lui offrait l'homme qui était censé être la personne la plus dangereuse d'Angleterre. Les détraqueurs avaient complètement détruit son esprit, il ne restait plus rien du criminel que l'on décrivait pour faire peur aux enfants.

Il s'obligea à faire demi-tour et à abandonner l'homme à son sort. Dans un frisson, il quitta le quartier de haute sécurité en songeant que, au moins, il avait accordé une pause au prisonnier en empêchant les détraqueurs d'accéder à sa cellule le temps de sa ronde. Le quartier de haute sécurité était celui où les gardiens noirs avaient un accès libre 24 heure sur 24, pourvu qu'ils n'absorbent aucune âme.

… … …

[ POV Sirius]

Le nouveau gardien est enfin parti. Il a l'air très jeune, et surtout, il n'est pas encore sadique comme ses confrères. Sirius espère un court instant qu'il ne sera pas influencé par l'atmosphère d'Azkaban, comme ceux qui l'ont précédé. Mais il n'est pas convaincu, et ce n'est pas seulement du aux détraqueurs qui approchent.

D'un mouvement rapide que confère l'habitude, il se met à quatre pattes, puis se transforme en Patmol. C'est l'unique solution qu'il a découvert pour retrouver certains de ses souvenirs et être moins atteint par les monstres noirs, comme il les appelle. Sa forme canine et la pensée de son innocence le protège de la démence, mais pas de ses sadiques gardiens. Devant eux il feint la folie et la peur. Il ne faut pas qu'ils sachent, car s'ils le voulaient, ils pourraient vraiment le rendre fou à force de tortures. Alors, il joue le petit garçon qui ne comprend pas ce qu'il fait là, et il les laisse faire, bien que cela le rebute. Et il ne comprend vraiment pas ce qu'il fait encore là. Pourquoi personne ne tente de le faire sortir ? L'ont-ils tous abandonné ? Pendant son premier mois, il s'était résigné à rester là, il avait fait ce qu'il pensait le mieux pour Rémus et était prêt à purger sa peine pour avoir trahi James et Lily. Mais maintenant, il veut à tout prix que cela cesse. Il veut retrouver son amant et ses amis, il veut quitter cette endroit infâme. Il ne pensait pas que ce serait si dur.

La résignation l'emplit peu à peu, les détraqueurs sont arrivé. L'animagus trompe leurs sens : ils savent qu'il est là, ils le sentent mais ne peuvent pas l'atteindre directement. Alors, ils envoient leurs attaques de façon diffuse, et Sirius ne peut s'empêcher de hurler de détresse. Son cri ressemble aux hurlements des loups, et c'est sur la pensée de son ancien amant qu'il s'évanouit avec soulagement, malgré de nouveaux souvenirs arrachés. Pendant son sommeil, il ne pense pas, il ne se souvient pas.