Hey ! Voici le nouveau chapitre ! Désolée d'avoir mis du temps j'ai été très prise ces temps-ci. Je bosse énormément sur une autre fiction en parallèle et elle me prend beaucoup de temps. Bonne lecture !
PS : PDV signifie point de vue, selon le point de vue du personnage que j'écris. (PDVE = Point de vue extérieur, aucun personnage ciblé en particulier)
My Villain Academia
Chapitre 3 : la proposition
Recovery Girl devait parler de ce qu'elle avait vu au proviseur. Elle ne comprenait pas ce que c'était, mais devinait que c'était important. Elle soupira en se tournant vers sa patiente, faisant coulisser sa chaise roulante. Les sourcils froncés et la respiration rapide de la jeune fille donnaient l'impression qu'elle faisait un cauchemar.
PDV ? Lieu et temps inconnus
J'ai lentement ouvert les yeux. Il n'y avait pas de plafond au-dessus de moi. Juste un ciel gris et sombre. En baillant, j'ai fouillé dans mon sac et j'ai repêché mon sandwich d'hier. Les tomates avaient pris une vilaine couleur, alors je les ai jetées, puis j'ai mangé le reste. J'ai soulevé mon corps ankylosé et j'ai marché sans jeter un regard à l'impasse morbide où j'avais dormi. Super. Il était cinq heures du mat', il pleuvait et en plus je sentais les poubelles. Encore une belle journée qui s'annonçait !
-Fait froid, ai-je marmonné en relevant la capuche de mon sweat sur mon visage.
Ma bouche était sèche et ma langue râpeuse comme du papier de verre. Ma tête me lançait. Les rues étaient complètement vides ; j'étais la seule personne éveillée de tout le quartier. On n'entendait ni le chant des oiseaux, ni le brouhaha des conversations entremêlées, ni le moindre bruit d'un moteur ou d'un pot d'échappement. J'ai marché quelques minutes en silence, appréciant la solitude, quand soudain, une voix a brisé ma tranquilité.
-Eh, toi. Comment t'appelles-tu ?
Je me suis retournée, vive comme l'éclair. Deux personnes se tenaient face à moi. La première était une femme de petite taille, avec des cheveux blancs coupés au-dessus des oreilles, dont la frange cachait les yeux. Sa bouche était fine et maquillée d'un rouge vif qui tranchait avec la couleur morne des immeubles. Elle avait une parka camouflage et un pantalon large qui détonnaient avec son allure très féminine. Le second était un homme. C'était lui qui m'avait parlé. J'ai failli pousser un cri de surprise en voyant son visage, couvert de cicatrices. Il portait une chemise cloutée et une casquette d'enfant bicolore sur la tête, qui contrastait avec son apparence sinistre. Ses yeux bleu pâle paraissaient vidés de toute émotion.
-Pourquoi est-ce que je vous le dirais ? ai-je fait, méfiante.
J'ai observé la rue. Aucun témoin. Je ne connaissais pas leurs alters, ni leurs intentions, et ils étaient plus que louches, alors je me suis préparée à prendre la fuite si jamais la situation dérapait.
-Nous ne te voulons aucun mal, jeune fille, a assuré la femme en levant les mains pour montrer qu'elle n'était pas armée. Simplement te parler. Tu veux bien nous dire ton nom ?
J'ai hésité un court instant, puis je ne leur ai finalement donné que mon prénom. La femme a souri. Sa dentition était en dents de scie, comme celle d'un requin ou d'un crocodile. Je me suis demandé si je n'avais pas commis une grosse bourde. Ça ne serait pas la première fois.
-Nous te cherchions, jeune fille.
-Moi ? ai-je relevé en haussant un sourcil. Qu'est-ce que vous me voulez ?
J'ai bandé mes muscles, prête à battre en retraite.
-Nous voulons juste te soumettre une proposition, a affirmé l'homme, qui avait finalement l'air plus jeune que je ne l'aurais cru.
-Ok. C'est quoi, cette proposition ?
Si elle ne m'intéressait pas, je déguerpirais immédiatement. Ceux-là ne m'inspiraient pas confiance. Qu'ils connaissent mon nom était déjà une aberration.
-Aurais-tu envie d'avoir un toit ?
Je suis tombée des nues. Un toit ? Comment ça ?
-Pardon ?
La femme a encore souri. Elle a compris qu'elle avait réussi à capter mon attention.
-Je te propose d'être nourrie, logée et même de pouvoir aller à l'école sans problème.
Je n'y comprenais rien. Aller à l'école ? Cela faisait des années que je n'avais pas mis les pieds dans une salle de classe. Qu'est-ce que j'allais bien pouvoir foutre dans une école ?
-Expliquez-vous.
-Je te le répète : tu pourras avoir une chambre pour toi toute seule, manger à ta faim, et pouvoir suivre des cours.
-Ok, très bien. J'ai compris. Vous faites partie d'une association de réhabilitation des SDF, ai-je craché avec hargne. Qu'est-ce que vous voulez que je fasse dans une école ?
À présent que j'avais pigé qui étaient ces gars, ils ne m'intéressaient plus. Encore un de ces débiles qui pensaient que donner des cours allaient aider des gens comme moi. Même si il fallait avouer que ceux-là avaient des looks assez spéciaux. Agacée par ce dérangement inutile, j'ai tourné les talons.
-Réponds juste à cette simple question. Que penses-tu des héros ? a retenti la voix de la femme derrière moi.
-Je les déteste, ai-je répondu sans réfléchir ni me retourner.
-Dans ce cas, que dirais-tu de les détruire ? Si tu acceptes notre offre, tu seras avec d'autres personnes comme toi, exclues de cette société, et qui veulent anéantir ce système discriminatoire. Tu peux faire changer les choses, au lieu de vivre dans le caniveau comme un déchet.
J'ai cessé de respirer.
-Quel genre d'école c'est ?
Cette fois, je me suis retournée. Devant moi, l'homme aux cicatrices et la femme aux lèvres rouges.
Nouveau sourire en dents-de-scie.
-Une école très, très spéciale.
Derrière moi, la rue vide. Elle me disait de fuir, de ne pas écouter ces mensonges. Que ce n'était qu'une entourloupe. Qu'il fallait que je m'éloigne au plus vite.
Puis il y avait cette femme, avec sa voix douce, avec sa voix ensorcelante, qui m'appelait comme une sirène cherchant à noyer un marin dans les flots, faisant miroiter un rêve que je croyais impossible.
-… Je pourrai vraiment ? Vraiment… changer les choses ?
Mon sang battait à mes tempes comme un tambour. Plus rien d'autre n'existait que cette bouche écarlate, qui me donnait un nouvel espoir.
-Tu pourras, a affirmé la femme, qui savait déjà qu'elle avait gagné la partie.
-C'est la seule chose que vous me demanderez ? Vous aider à détruire le système ?
-Tu as ma parole. Alors, ta réponse ?
Mes mains tremblaient. La rue vide m'hurlait de refuser, mais j'avais déjà pris ma décision.
-Oui, ai-je dit avec la sensation de me noyer dans un puits de ténèbres sans fond. J'accepte.
Retour au présent, PDVE
Izuku mâchonnait distraitement son riz en faisant tourner ses baguettes dans son bol. Le cuisinier était excellent et leur mitonnait toujours de bons petits plats qui ne lui faisaient pas regretter la cantine de son ancien collège, mais aujourd'hui, il n'avait pas vraiment la tête à manger. Comme tous les élèves, en particulier la seconde A. Le sujet de conversation était le même que celui de ce matin.
-Moi, je pense qu'il s'agit d'un vilain, affirma Hanta, l'élève qui pouvait faire jaillir du scotch de ses coudes. Il n'y a aucune raison qui prouve le contraire.
-Tu dis n'importe quoi ! répliqua Minoru. Je parie que c'est une fille super sympa !
-Je ne pense pas que tu sois très objectif, fit Shoto avec son air blasé habituel.
-De toute façon, personne ne sait qui elle est, fit Ochaco en portant à la bouche une rondelle de carotte. Et si elle tentait la moindre chose, elle serait tout de suite arrêtée par les professeurs !
-Vous oubliez l'état dans lequel elle est arrivée, rétorqua Tenya, le délégué de classe, qui essuyait ses lunettes avec un chiffon. Elle était gravement blessée ! Si c'était un civil, elle serait allée à l'hôpital, ce qu'elle n'aurait pas pu faire si elle était une super-vilaine. Mais si elle est une ennemie, dans ce cas, c'est encore plus étrange d'aller dans un lycée de super-héros…
Personne ne put contredire ses paroles. Effectivement, il n'y avait aucune logique. Finalement, leur échange d'hypothèses ne leur avait rien apporté, sinon une autre équation sans solution. Izuku préféra garder le silence sur la théorie de Sansa. Rien n'indiquait qu'elle soit véridique.
-Au fait, Izuku, reprit Tenya, tu te sens mieux ? Tu es resté aux toilettes un bon moment.
Izuku sursauta et se rappela de l'excuse qu'il avait utilisée tout à l'heure. Il décida rapidement de parler de sa visite à l'infirmerie quand il serait seul avec Ochaco et Tenya. Il ne se sentait pas de cacher ça à ses plus proches amis, du moins. Quant à Kacchan, qui était hors catégorie, il valait mieux éviter pour le moment…
-Tu te sentais mal ? demanda Shoto en inclinant la tête.
-J'avais quelques vertiges, mentit l'étudiant. Mais ça va mieux maintenant que j'ai bu et mangé.
-Tant mieux alors.
Le repas se poursuivit, et ils durent bientôt retourner en cours. Izuku se concentra sur sa leçon d'anglais dispensée par Present Mic pour oublier l'évènement de ce matin. Focalisé sur ses verbes irréguliers, il ne remarqua pas que son ami d'enfance, Katsuki, le fixait, sourcils froncés et moue pensive.
