Chapitre 4 : La convocation de Severus

Harry arriva dans le laboratoire, essoufflé d'avoir couru. La maison avait encore essayé de le perdre.

« Potter, vous êtes en retard ! » Snape l'attendait les bras croisés. Des fioles étaient alignées sur une table.

« Désolé! » Murmura-t-il du bout des lèvres.

« Demain vous aurez une heure d'exercice supplémentaire. »

Harry le regarda avec des yeux noirs et serra les dents. « Bien! »

« Nous allons voir ce que vous avez retenu du cours de Potions. Ne goûtez rien. Je veux que vous reconnaissiez les potions grâce à votre seul odorat. » Il lui jeta un sort d'aveuglette et lui fit sentir les potions.

Il étudiait certaines de ces potions depuis un mois déjà et il en avait étudié d'autres pendant ses cours de Potions à Poudlard. Il commençait à les connaître. Il connaissait déjà la plupart des poisons qu'ils avaient vus, il savait également reconnaître la potion contre la migraine, la potion de Sommeil sans Rêve, la potion calmante… toutes celles qu'il avait eu le plaisir ou le déplaisir de goûter. Il pouvait maintenant dire avec une certitude absolue de quoi elles étaient composées et pourquoi elles réagissaient ainsi. Il savait quel ingrédient entraînait quelle réaction.

Il parvenait même à reconnaître certaines potions qu'il n'avait pas encore testées, grâce à l'odeur.

Le cours s'arrêta plus tôt que prévu. Snape lui demanda de faire plusieurs potions. « Potter, je suis obligé de m'absenter. Je ne sais pas quand je reviendrai. Ce soir, demain, dans plusieurs jours. Je veux que vous fassiez vos exercices comme d'habitude. Aujourd'hui, je veux que vous fassiez la potion curative la plus puissante que vous connaissez. Quand vous aurez terminé, prenez un livre sur la magie noire et apprenez. A mon retour, je veux que vous puissiez me dire ce que vous avez appris et quel sort vous êtes capable de jeter. Est-ce compris ? »

« Oui. » Répondit Harry en soupirant, quelque peu énervé par le ton de son aîné. Il ajouta ensuite, un peu inquiet, « Est-ce que vous êtes convoqués par Lui ? »

Snape le mesura du regard et lui répondit. « Oui, Potter. » Et il tourna les talons.

Hpsshpss

Harry commençait à être inquiet. Il attendait Snape depuis déjà trois jours. Il avait fait tous ses exercices, comme si son mentor avait été là, mais c'était le troisième jour et il ne pouvait s'empêcher de rester près de la cheminée à l'attendre.

Il ne s'était pas rendu compte qu'il commençait à apprécier le maître des potions, même sa langue acérée ne le dérangeait plus, pire même, lui manquait, maintenant qu'il n'était plus là. Il avait appris à reconnaître ses sarcasmes comme des tentatives d'humour et avait remarqué que certains compliments étaient lancés comme des injures. Tout cela lui manquait.

Harry était dans le salon, lisant un livre de magie noire quand il entendit un bruit ressemblant au vrombissement d'un train. Quelqu'un arrivait par cheminée. Par réflexe, il prit sa baguette et la leva. Son cœur battait plus vite. Il espérait que ce soit Severus. Lui seul connaissait cet endroit. Enfin, Severus, lui et Sorka étaient les seuls à connaître cette maison.

Une silhouette sombre s'effondra au pied de la cheminée. Des cheveux noirs tombaient sur un visage pâle dont on ne voyait que le nez proéminent, ses vêtements étaient en loques et du sang tachait ses vêtements.

« Oh mon dieu ! » Harry se précipita vers l'espion. « Venez Snape, je vais vous aider. » Il se pencha vers lui pour l'aider à se relever.

« P-Potter ! Que faites-vous là ? » Parvint-il à cracher. « Ca a-aur-aurait pu être – dan-dangereux. » Harry écouta à peine la réprimande. Severus essayait de se débattre. Il ne voulait pas de son aide. Mais le jeune homme ne se laissa pas faire et le conduisit sur le canapé pour regarder ses blessures.

Le maître des potions était à peine conscient quand ils arrivèrent sur le canapé. Harry l'allongea et essaya d'enlever la robe pleine de sang. « Ne-ne me –tou-touchez pas Potter. » Severus repoussa Harry avec toute la force qui lui restait.

Harry appela un elfe de maison et lui demanda de le surveiller et de le prévenir s'il se passait quoi que ce soit. Il courut jusqu'à son étude, prit plusieurs potions et redescendit.

Apparemment son aîné s'était évanoui. Harry essaya de le réveiller mais n'y parvenant pas, il l'obligea à avaler les trois potions. Une potion pour contrer le Doloris, une contre la douleur, et une pour réparer les dommages internes. Il savait qu'il ne fallait pas mélanger certaines potions, il lui donna donc une feuille de menthe entre chaque potion. Celle-ci devait permettre le mélange.

Son mentor était toujours inconscient. Il le transporta dans sa chambre et l'allongea sur son lit.

Sa robe était couverte du sang qui avait durci et collait à la robe. Harry devait la lui enlever, mais à chaque fois qu'il essayait de l'écarter, son mentor serrait des dents, malgré la potion anti-douleur qu'Harry lui avait donnée. Il la fit disparaître magiquement. De toute façon, elle était en loques. Il n'aimait pas ces méthodes, mais il n'avait pas le choix.

Harry fut horrifié : la peau nue était parsemée de coupures. Certaines saignaient abondamment, d'autres n'étaient plus que des cicatrices rougeâtres qui s'infectaient probablement. Des bleus. Des contusions. Des plaies. Des éraflures.

« Par Merlin, Snape vous n'avez pas intérêt à mourir ! »

D'une main tremblante, Harry déboucha une fiole de potion et en enduisit chaque plaie pour les désinfecter et enlever toute trace de poison. Son mentor grimaça légèrement. Il lança ensuite « Perducere Cicatricem» pour refermer les blessures. Il resterait des cicatrices, mais elles seraient petites et peu voyantes.

Harry le retourna doucement pour qu'il soit allongé sur le ventre. Son dos était pire que sa poitrine. Il y avait de longues traces rouges ensanglantées et suintantes de pus. On aurait dit qu'il avait été fouetté ou qu'il avait reçu un sort semblable au 'sectusempra' à de nombreuses reprises.

Harry nettoya son dos de la même manière que sa poitrine. Le sang avait arrêté de couler. A l'aide d'un linge fin et doux, il entreprit d'enlever le sang séché afin de voir s'il y avait d'autres plaies. Fort heureusement, Snape n'avait apparemment rien de cassé.

Harry soupira de soulagement lorsqu'il se rendit compte qu'il ne restait que des bleus et que l'homme respirait toujours régulièrement.

Il prit une pommade et enduisit la peau blanche de crème. L'homme avait la peau douce malgré ses cicatrices. Harry prit son temps pour l'étaler et la faire entrer, caressant en même temps le dos, les épaules, forçant le maître des potions à se détendre. La pommade soignerait ce qui avait échappée à sa vigilance.

Il le remit sur le dos maintenant qu'il était soigné et s'attaqua aux poignets lacérés, qui laissaient penser que Snape avait été longtemps et fortement attaché. Il ne savait pas exactement ce qu'on lui avait fait, mais son cœur se serra pour cet homme qui était si froid en apparence et qui avait probablement subi ce genre de situation bien trop souvent.

Quand il n'y eut plus de traces visibles, il remonta les couvertures jusqu'au menton. Il ne doutait pas de la réaction de son mentor quand il s'apercevrait qu'il avait dormi dans son lit et que 'Harry' s'était occupé de ses blessures. Il prévoyait déjà de nombreux exercices supplémentaires.

Le jeune homme resta quelques temps sur la chaise à côté du lit à regarder l'homme dormir. C'était la première fois qu'Harry le voyait aussi mal en point. Il avait été impressionné par la manière dont Snape avait réagi. Jamais il ne s'était plaint. Il n'avait pas crié de douleur. Non, il était revenu et s'en était pris à lui. Peut-être que dans quelques temps, il en sourirait mais pour l'instant, il était encore inquiet.

Snape était humain. C'était nouveau pour lui. Jusqu'à présent, il avait représenté pour Harry le paradigme de la méchanceté. Une personne ne sachant que rabaisser les autres, les humilier, les torturer mentalement.

C'était la première fois qu'il était confronté à une telle violence. Snape avait essayé de l'endurcir, mais entendre des remontrances, imaginer la douleur et la vivre était complètement différent.

Il venait de se rendre compte que si Snape était ainsi, froid et dur, c'était pour montrer à ses élèves que le monde extérieur est cruel et que l'on souffre. Il ne voulait pas les laisser partir en leur faisant croire que leur vie serait facile, parce qu'elle ne l'était jamais. Et d'après ce qu'Harry pouvait voir, cet homme avait beaucoup souffert, mentalement et physiquement.

Sans y penser il enleva une mèche qui tombait sur les yeux de Severus. Sa main resta sur son front et descendit sur sa joue. Il avait encore chaud. Il faudrait certainement plusieurs jours pour que la fièvre baisse et qu'il se rétablisse.

Mais Severus était fort et il s'en remettrait. Et Harry avait décidé de prendre exemple sur lui. Il ne se plaindrait plus de ses 'petites douleurs' -même s'il le faisait rarement- il accepterait ses punitions sans rechigner et ferait tous les exercices que Snape lui demanderait d'effectuer sans même grimacer. Il devait grandir. Il avait un monstre à tuer.

Seul un monstre pouvait faire ça à un de ses partisans. Et c'était à lui de le tuer et à personne d'autre.

Il soupira, se leva et se dirigea dans son salon, à côté de la chambre et lut son livre

Hpsshpss

Severus se réveilla en sursaut. Le soleil traversait les volets et l'éblouissait. Il n'était pas certain de savoir où il était. Il était sûr d'une chose : il n'était plus enfermé dans une des prisons de Voldemort. Il n'était plus attaché par les poignets, obligé de ramper devant son soit-disant maître pour une erreur qu'il n'avait pas commise. Trois jours dans cet affreux cachot à être torturé pour une information qu'il n'avait pas. Voldemort voulait savoir pourquoi Poudlard ne rouvrait pas ses portes. Il voulait savoir où était Potter (bon, ça il le savait, mais il n'était pas censé le savoir) et il voulait connaître les plans de l'Ordre du Phœnix.

Mais Severus ne pouvait pas connaître ces réponses puisqu'il avait tué Dumbledore. Pour l'Ordre, il faisait maintenant parti des traîtres. Il ne pourrait plus jamais les approcher et les regarder dans les yeux. Plus jamais, pas après ce qu'il avait fait.

Il avait finalement accepté quelque chose et c'est la raison pour laquelle il avait été libéré. Mais cette nouvelle mission ne le réjouissait guère.

Severus se leva finalement. Il n'avait plus de blessures. De petites cicatrices, très légères, pas de bleus, rien. La personne qui l'avait soignée avait réellement fait du bon travail. Il se demandait qui Potter avait fait venir pour l'aider dans cette tâche. Peut-être la fille Weasley, il avait entendu dire qu'elle voulait devenir médicomage. Hum. Il lui en était reconnaissant, mais il ne le lui dirait pas. Il ne pouvait pas se permettre de s'attendrir sur cet enfant. Etre gentil avec lui ne l'aiderait pas dans sa mission.

Il devait le rendre fort, impassible, et si possible insensible pour résister aux intrusions du Seigneur des Ténèbres et avoir une chance de le vaincre. Il devait le tuer.

Il bougea lentement, cherchant la douleur qui ne vint pas et se leva prudemment. Le sol était froid sous ses pieds.

Il ouvrit une armoire et trouva les robes de Potter. Ainsi, le gamin l'avait emmené dans sa chambre. Intéressant. Et où pouvait-il être maintenant ?

Il agrandit la robe, la mit et sortit de la chambre. C'est là qu'il vit une forme endormie sur la table, la tête sur un livre de magie noire. Severus sourit légèrement. Ainsi le gamin n'avait pas voulu se coucher pour le veiller et vérifier qu'il allait bien ?

Severus en étant bizarrement touché. Ca ne lui ressemblait pas. Mais les potions avaient dû le ramollir, ainsi que les séances de tortures, certainement. Il grimaça et son regard se voila. Il ne devait pas s'appesantir sur les tortures. Il s'en était sorti, il était vivant, le reste n'avait pas d'importance.

Dormir sur sa table de travail devenait une habitude pour Potter apparemment. En un mois c'était la deuxième fois qu'il était obligé de le mettre au lit.

Il s'approcha de Potter, lança un rapide sort pour qu'il reste endormi, dégagea ses cheveux de son visage, lui enleva gentiment ses lunettes, toucha la cicatrice en forme d'éclair, la suivit du doigt, puis soupira. Il prit le garçon dans ses bras et le mit à sa place dans le lit. Il avait besoin de dormir et Severus n'allait pas le réveiller.

Il récupérerait les heures d'entraînement plus tard. Il lui donnerait une punition, par exemple pour avoir trop dormi ou pour avoir fait venir une médicomage dans leur maison.

'Leur' maison. C'est la première fois que ça le frappait. Effectivement. Cette maison était bien la leur. Dumbledore la leur avait léguée à tous les deux. C'était risible. A quoi pensait le vieux fou.

Il regarda Potter quelques minutes supplémentaires et sortit. Il lui fallait retourner chez lui, de son côté. Il avait besoin d'un bon scotch, ou d'un verre de firewhiski et surtout de son piano. Il n'y avait pas touché depuis si longtemps….

Hpsshpss

Quand Harry se réveilla, il fut pris de panique. Il se leva rapidement, se prit les pieds dans le drap et tomba. Il se releva rapidement et se dirigea dans son salon puis descendit vers la salle à manger et la cuisine, mais ne le vit pas. Il allait appeler un elfe de maison quand il entendit une mélodie, une mélopée, un déversement de haine, de tristesse, d'injustice. Cette musique criait, hurlait la rage et le désespoir.

Le jeune homme ne put que suivre la musique, se rendant à peine compte de l'endroit vers lequel il se dirigeait. Avant d'arriver, il sut que c'était Snape, ça ne pouvait être que lui. Mais il ne savait pas que cet homme si froid pouvait contenir en lui tant d'émotions. Il ne savait pas que l'on pouvait ressentir autant de douleur. Et cette musique lui donnait des frissons. Non pas parce qu'elle était ténébreuse, mais à cause de la douleur qu'elle véhiculait.

Harry s'assit sur le canapé, face au dos de l'ancien directeur des Serpentards, ferma les yeux et écouta. Il ne voulait pas rester et écouter une musique qui lui déchirait le cœur, mais il ne pouvait pas partir, il ne pouvait pas, c'était comme si la musique l'obligeait à rester, lui ordonner d'écouter. Alors il s'assit et écouta. Il n'entendit bientôt plus qu'elle, perdant la notion du temps, de l'espace, de ce qu'il se passait dans le monde extérieur. Il oubliait tout en dehors de la sensation que lui procurait la musique.

Il regardait les doigts glisser sur le clavier, les mêmes doigts graciles qui faisaient des potions avec tant de méticulosité.

Perdu dans la musique, il ne se rendit pas compte du temps qui passait. Ce n'est que lorsque le pianiste s'arrêta qu'il reprit ses esprits.

« Potter, que faites-vous là ? » Lui demanda-t-il d'une voix épuisée, comme si la musique lui avait pris l'énergie qui lui restait.

Harry revint lentement à lui. « Je- Je voulais savoir si vous alliez mieux et j'ai entendu la musique et -»

Severus leva une main pour le faire taire. « Retournez dans vos quartiers, faites ce que vous voulez, mais laissez-moi ! » C'est à peine s'il tourna les yeux pour le regarder.

Il était sur le point de partir quand Severus le rappela, « Oh et Potter, je ne sais pas qui vous avez fait venir pour me soigner, et je ne veux pas le savoir, mais la prochaine fois, je m'en passerai. Si nous sommes ici, c'est d'abord pour des raisons de sécurité. Vous ne pouvez pas faire venir ici qui vous voulez. Même si c'est pour ma santé. » Railla-t-il.

« Mais je n'ai fait appel à personne ! » Harry se redressa légèrement. Snape venait de le piquer au vif.

« Alors qui m'a soigné Potter ? Pas vous j'espère. »

« Et bien si, moi. Et je pense que j'ai fait du bon travail. Sinon vous ne seriez pas là. » Il mit la main sur la poignée de la porte. « Oh et en passant, ce que vous avez joué était vraiment très beau. Vous avez vraiment beaucoup de talent. »

Il était déjà sorti quand il le rappela, « Potter ! »

Il se retourna, « Quoi ? »

« Merci » Le visage de son ancien professeur était illisible.

« De rien. » Harry referma la porte, un petit sourire sur le visage. Il avait l'impression d'avoir gagné une bataille.

Hpsshpss

Harry ne revit pas l'autre homme avant le dîner. Ils étaient tous les deux restés dans leurs quartiers respectifs. Le jeune homme avait essayé de visiter le Manoir, mais apparemment, sans escorte, il ne parvenait à rien. Il tournait autour de ses quartiers et finissait toujours dans les mêmes pièces. Il devrait demander à son mentor de lui faire faire le tour du propriétaire.

Le maître des potions avait l'air d'aller un peu mieux quand il vint manger. Il avait repris des couleurs et les cernes sous ses yeux étaient moins visibles. Il avait probablement dormi un peu.

Aucun d'eux ne parla pendant la durée du repas. Le silence et la tension qui émanaient d'eux ne facilitaient pas la prise de parole et il fallut attendre la fin du repas pour que Severus se décide à parler.

« Potter, suivez-moi ! Nous devons discuter ! »

Harry acquiesça simplement et le suivit dans la bibliothèque. Snape prit un scotch et donna au jeune homme une bièreaubeurre. Ce dernier grimaça mais ne commenta pas.

Ils s'assirent tous deux dans un fauteuil et Snape tourna son verra dans sa main, cherchant visiblement ses mots. Le jeune homme était surpris, ça ne ressemblait pas à son professeur d'être indécis. « Pourquoi Vol -» Il s'arrêta quand l'autre homme le menaça du regard. Le Gryffondor s'éclaircit la gorge et reprit,

« Pourquoi vous a-t-il torturé et gardé aussi longtemps ? »

Snape ne leva pas les yeux vers lui quand il répondit, « Il voulait des informations que je ne pouvais pas lui donner et il- il veut que j'entraîne Drago, que je lui donne des cours de potions, d'épée, de duel comme je le fais avec vous. »

« Que-que lui avez-vous dit ? »

« A votre avis Potter ? Que pouvais-je répondre sous la torture ? Bien sûr que j'ai accepté. Mais je lui ai dit qu'il me fallait du temps pour faire les potions qu'il m'a demandées. J'espère gagner assez de temps d'ici là pour vous entraîner. »

Il leva les yeux vers son jeune disciple et le transperça du regard. « Il va falloir que vous appreniez plus rapidement encore que je ne l'avais pensé. Dans six mois, vous devrez être capable de vous débrouiller tout seul. Je pourrai toujours vous entraîner, mais vous serez beaucoup plus livré à vous-même. »

Harry regardait dans sa tasse, incapable de croiser les yeux de son professeur. « Est-ce- Est-ce que vous pensez que Malfoy pourrait passer du côté du -»

Severus se leva et se mit à faire les cent pas dans la salle. « Je ne sais pas. Je ne sais pas ce que ce gamin a dans la tête. Il n'a pas été capable de tuer Dumbledore, c'est une bonne chose, il y a peut-être de l'espoir, mais pour arriver à savoir où il se situe, il va me falloir du temps, beaucoup de temps, surtout si je ne veux pas griller ma couverture. Mais ce garçon a toujours eu la tête sur les épaules. »

Il parlait comme s'il était tout seul, qu'il avait oublié la présence de Harry. C'était probablement ce qui s'était passé parce que lorsque Harry reprit la parole, son aîné sursauta légèrement et se rassit.

« Je ne crois pas que Malfoy soit vraiment méchant. J'ai beaucoup réfléchi à ce qui s'était passé sur la tour de Poudlard et je pense qu'il est mal influencé, mal guidé. Il veut suivre les traces de son père sans savoir à quoi ça mène. Je pense qu'il peut passer du bon côté, avec une bonne influence et avec la vôtre, je pense qu'il pourrait être un allié précieux. »

Snape éclata alors de rire, un rire sans joie, railleur, sarcastique. « Alors vous me faites maintenant confiance Potter ? »

Harry le regarda dans les yeux et répondit avec assurance. « Oui. » Effectivement, pendant ces quelques semaines passées en sa compagnie, Harry s'était rendu compte, petit à petit, qu'il faisait confiance à cet homme. Il aurait pu le tuer depuis longtemps s'il l'avait souhaité mais il ne l'avait pas fait et était toujours là pour l'aider et le soutenir.

Pour l'instant, il était son plus puissant allié et peut-être la personne en laquelle il avait le plus confiance. Il ne savait pas encore pourquoi, mais il le sentait au fond de lui. Et qui pouvait vouloir rester au service d'une personne qui vous torturait ?

Non, Dumbledore avait confiance en lui et Harry suivrait ses traces.

C'est beaucoup plus calme que Severus répondit, « Merci Potter. »

« Euh, je dois vous faire une confession. Dumbledore m'a laissé une boite pour vous, contenant des objets qu'il voulait vous laisser, ainsi qu'une lettre.

Severus le regarda avec des yeux menaçants et Harry dit rapidement, « Non, non, je n'aurais jamais fait ça. Je vous promets que je ne l'ai pas ouverte. » Quand il vit que ses yeux étaient toujours aussi soupçonneux et qu'il allait répliquer, il ajouta, « Je sais ce que j'ai fait en cours d'occlumencie et j'en suis désolé. Ca m'a servi de leçon et je n'ai jamais recommencé. Je ne pouvais simplement pas vous le donner, c'était -»

Severus leva une main pour calmer le flot de parole. « Potter, calmez-vous. Je savais que vous possédiez quelque chose pour moi. Sorka me l'avait dit et Dumbledore m'avait fait parvenir une lettre me disant que, lorsque vous seriez prêt, vous me donneriez ce qui me revient. La vieille chouette savait qu'un jour vous auriez confiance en moi. »

Harry ne put que le regarder bouche bée, « Mais pourquoi -»

« Ne vous l'ai-je pas demandé ? Simplement parce que ce n'était pasce qu'il voulait. » Répondit-il en serrant les lèvres.

« Restez-là, je reviens. » Harry partit en direction de ses appartements et revint quelques minutes après avec une petite boite à chaussures, semblable à celle qu'il avait laissée au jeune homme.

Il lui tendit, « Voilà et excusez-moi encore. Je n'avais pas à garder ça pour moi. Ca vous revient de droit. » Harry lui tourna le dos et s'apprêtait à ressortir quand il entendit son nom, « Potter ! »

Le Gryffondor se retourna et regarda son professeur qui, d'une voix un peu plus rauque qu'à l'ordinaire répondit, « Merci ! »

Harry le gratifia d'un sourire et dit, « De rien ! » puis partit.