Repost du 06/01/2017 : j'ai décidé de reposter tous les chapitres pour corriger quelques erreurs ou maladresses de traduction ! J'espère que la lecture sera plus fluide, et qu'il y aura moins de coquilles/erreurs de frappe.
SevLiLyHarry
Il y a une chose que l'on ne pouvait pas nier, c'est que l'Oncle Vernon était un homme de parole. Le lendemain, il y avait de nouvelles serrures installées sur la porte de la chambre d'Harry, avec une chatière pour que Tante Pétunia puisse y glisser à manger de temps à autre.
Et si cela ne suffisait pas pour donner à Harry l'impression d'être détenu dans une cellule d'une prison de haute sécurité, Oncle Vernon avait ensuite eu la brillante idée d'installer des barreaux sur sa fenêtre. Il avait été complètement excité quand l'homme qu'il avait engagé pour faire ce travail s'était présenté à la porte.
Et, de l'avis d'Harry, il n'y avait rien de plus terrifiant qu'un oncle Vernon excité.
Et les évènements lui donnèrent malheureusement raison plus tard ce jour-là, quand l'oncle Vernon avait tenu son autre promesse à Harry, et fini de lui donner le reste de sa «punition» pour l'incident avec les Mason.
Les sarcasmes et insultes de l'homme avaient presque été pires que les brulures de la ceinture. Mais ca n'était rien par rapport à ce qu'il avait ressenti en voyant ses photos déchirées sous ses yeux.
Non, rien ne pouvait ne serait ce que se rapprocher de cette douleur.
Le jeune sorcier grimaça quand il se retourna sur son lit, sentant comme si son dos était en feu. Ses doigts se refermèrent à nouveau autour de la seule photo qu'il n'avait pas lâchée du regard depuis que l'oncle Vernon avait quitté la pièce. Celle qui contenait deux jeunes enfants. Sa mère et un ami d'enfance.
Sa mère et Snape.
Il n'arrivait toujours pas à comprendre le sens de cette information. Sa mère et Snape avaient été amis?
Comment?
Quand?
Pourquoi?
Harry regarda et re-regarda la photo, cherchant désespérément des réponses qu'il savait qu'il ne pourrait jamais obtenir. Rien de tout cela n'avait de sens.
Il doutait même que cela puisse en avoir un jour.
Un peu plus tard, les pensées d'Harry furent interrompues par le bruit de quelque chose qui était poussé à travers la chatière. Il jeta un rapide coup d'œil vers la main de la tante Pétunia avant qu'elle ne disparaisse à nouveau, laissant derrière elle un bol de soupe.
Harry ne bougea pas immédiatement de sa place sur le lit. Il s'était passé trop peu de temps depuis la punition de l'oncle Vernon, se déplacer faisait juste trop mal.
Mais après quelques minutes de silence, Harry jeta un regard vers la cage où Hedwige était encore enfermée, encore plus piégée que lui actuellement, et il savait qu'il avait besoin d'obtenir de la nourriture pour son familier.
Harry se leva lentement, se soulevant délicatement de son matelas. Il traversa la pièce, serrant les dents pendant tout le chemin, déterminé à ne laisser aucun son de douleur s'échapper de ses lèvres. Même si seule Hedwige était là pour l'entendre.
Finalement, il réussit à ramasser le bol de soupe du sol, bien que se pencher s'avéra être une douleur atroce. Hedwige émis plusieurs hululements doux lorsque son propriétaire se dirigea vers sa cage. Harry se demanda si les sons de l'oiseau étaient de la préoccupation pour lui, ou si elle était juste affamée. Il craignait qu'elle ne soit déçue par ce qu'il avait à lui offrir.
Il apporta la coupe à ses lèvres d'abord, et se força à avaler le bouillon froid. Il savait que ca ne lui servirait à rien d'espérer plus.
"Voilà. Tu peux avoir les légumes," dit Harry quand il eu fini. Il laissa tomber les restes détrempés de la soupe dans la gamelle d'Hedwige, et regarda son familier détourner la tête avec dégoût.
"Ouais, eh bien, c'est tout ce que nous avons en ce moment. Donc, nous allons tous les deux devoir nous y habituer," dit fermement Harry.
Hedwige continua à l'ignorer.
Harry soupira. «Je suis vraiment désolé, Hedwige. Tu ne devrait pas être coincée ici avec moi."
Hedwige pencha la tête légèrement sur le côté, à l'écoute.
"Mais ce ne sera pas trop long jusqu'à la rentrée scolaire", poursuivit Harry. "Ma tante et mon oncle seront obligés de nous laisser sortir."
Le jeune garçon se détourna ensuite, et retourna vers son lit.
Mais, alors qu'il était sur le point de se rasseoir sur le matelas, un autre son sortit de la cage d'Hedwige. Un hululement doux qui envoya une vague de réconfort à travers tout le corps d'Harry.
Et l'instant d'après, la chouette commença à manger.
Au fil des jours, les Dursley ne montraient aucun signe laissant penser qu'ils avaient changé d'avis au sujet de garder Harry enfermé dans sa petite chambre, et le jeune sorcier eu beaucoup de temps pour la réflexion.
Il pensait à Poudlard, à tous ses amis. Il se demandait ce que Ron et Hermione faisaient, et si jamais ils pensaient à lui ou pas du tout. Et il pensait à la façon dont son été avait été avant l'arrivée de Dobby, avant qu'il ne gâche tout. Il avait certainement été malheureux, mais ca avait été cent fois mieux que cela.
Harry secoua la tête alors que son esprit errait à nouveau sur ce sujet. Il n'aimait pas penser à sa situation actuelle. C'était beaucoup trop déprimant.
Mais il supposait que ca valait mieux que de penser à la photo.
La photo qui allait très probablement le rendre fou.
Le mystère qui entourait sa mère et Snape avait pour seul effet de devenir de plus en plus frustrant avec chaque jour qui passait, et Harry ne pouvait penser à aucune explication à la photographie qu'il avait trouvé.
Il ne savait même pas ce qu'il devait faire de l'information. En supposant qu'il retourne à Poudlard, devrait-il montrer l'image à quelqu'un? Ron et Hermione? Que diraient-ils? Que penseraient-ils?
Harry ne savait pas ce qu'il voulait lui-même en penser.
Le garçon gémit et roula sur le côté de sorte qu'il était face au mur. La douleur aiguë dans son dos avait commencé à disparaître il y a quelques jours pour ne devenir plus qu'une douleur sourde. Il guérirait bien un jour, comme toujours.
Et l'été serait bientôt fini.
Ce ne fut que la dernière semaine des vacances d'été qu'Harry fut finalement autorisé à sortir de sa chambre pour autre chose que l'utilisation des toilettes.
Des corvées.
Beaucoup de corvées.
Harry nettoya toute la maison de fond en comble tous les jours de la semaine. Il balaya et nettoya et passa l'aspirateur dans les étages. Il fit la vaisselle et essuya toutes les surfaces des meubles jusqu'à ce que pas un seul grain ou particule de poussière ne reste.
Et puis il y avait le travail à l'extérieur. Il tondit la pelouse et tailla les haies, s'occupa du jardin de la tante Pétunia sous la chaleur torride du mois d'août.
Et maintenant, le dernier jour avant que l'école ne doive commencer, il rangeait la cabane de jardin.
Harry se retrouva à penser qu'il aurait préféré être laissé seul dans sa chambre à l'étage.
Il essuya la sueur de son front alors qu'il essayait de réfléchir à comment il allait organiser tous les outils ainsi que le matériel de jardinage afin que les Dursley soient satisfaits.
Il n'avait pas beaucoup de temps non plus. Oncle Vernon rentrerait du travail bientôt, et Harry était censé finir toutes ses corvées avant son retour, et à nouveau dans sa chambre au moment où il rentrait.
Mais aujourd'hui, il aurait besoin de parler à Tante Pétunia pour retourner à l'école demain.
Ce n'était pas une conversation qu'il attendait avec impatience.
"Alors, tu vas retourner dans cette école de monstres?" une voix fit sursauter Harry de ses pensées.
En se retournant, le jeune sorcier vit Dudley debout juste à l'extérieur de la cabane, les yeux sur lui avec un sourire mauvais sur son visage, un sac de bonbons, comme toujours, serré fermement dans une main.
Harry haussa les épaules. Dudley n'était pas très effrayant quand il n'était pas entouré de sa bande d'amis. "Ouais," répondit-il. "Ca vaut mieux que d'être coincé ici toute l'année."
Et avec cela, Harry dépassa son cousin, en décidant qu'il voulait avoir sa conversation avec la tante Pétunia le plus tôt possible.
Mais alors le bras de Harry fut soudainement bloqué dans une poignée de fer: Dudley l'attrapa avant qu'il ne puisse faire plus de quelques pas loin de la lui.
"Tu es un menteur." Dudley siffla. «Papa a dit que tu n'y retourneras pas. Il ne le permettra pas."
"Ca montre que tu n'en sais pas tant que ca, non?" Rétorqua Harry, arrachant son bras hors de la portée de son cousin. Puis il continua à marcher vers la maison.
«J'en sais plus que ce que tu crois," Dudley lui cria après lui.
Harry l'ignora.
«Tant pis pour toi, alors," continua Dudley. "Je pensais juste que tu souhaitais savoir ce qui est arrivé à ce stupide album photo que papa a pris de ta chambre."
Harry se figea dans son élan, ses deux poings serrés fermement à ses côtés.
Dudley sourit et fit quelques pas de plus près à son cousin, jusqu'à ce qu'il se tienne juste derrière Harry.
"Ca devait être très important pour toi," continua le garçon avec sarcasme. "Dommage qu'il soit détruit."
«Tu mens», déclara Harry, gelé sur place.
Le sourire de Dudley s'élargit alors qu'il regardait Harry. "Non, je ne mens pas. J'ai vu papa le faire. Je l'ai vu le jeter dans la cheminée-"
A ces mots, Harry ne put se retenir. Il se retourna brusquement et lança aveuglément un bon coup de poing dans la direction du visage de Dudley.
Il resta pétrifié, complètement sous le choc, alors qu'il regardait son cousin surdimensionné amener un de ses grandes mains à son visage, les yeux écarquillés de surprise.
Une seconde plus tard, Dudley déplaça sa main à nouveau, et Harry pouvait voir le sang à travers les doigts de son cousin qui coulait de son nez.
Il n'y avait rien d'autre que le silence entre eux, chacun des garçons regardait juste l'autre.
Et puis Dudley retrouva sa voix.
"Maman!" cria t'il.
Harry sortit alors de sa transe, et se tourna vers la maison, se mettant à courir quand il entendit Dudley le suivre.
Il courut à travers la cuisine, contourna sa tante Pétunia, qui cria d'abord en signe de protestation, puis en colère en voyant l'état de son fils.
Mais Harry ne s'en souciait pas. Il couru dans le salon, et alla directement à la cheminée.
Il savait qu'il ne trouverait rien. Il avait nettoyé le foyer déjà plusieurs fois au cours des derniers jours. Il n'avait jamais été plus propre qu'il ne l'avait jamais été auparavant.
Ce qui signifiait que si l'oncle Vernon avait vraiment brûlé son album photo, alors elles avaient vraiment, vraiment disparu. Toutes ses photographies, tous ces clichés de ses parents, vivants et heureux, avaient disparu.
Il ne savait pas combien de temps il resta là, juste à regarder la cheminée vide. Ce ne fut que quand Tante Pétunia fit irruption dans la pièce, criant et hurlant et s'égosillant, qu'il sortit finalement de son hébétude et se tourna pour lui faire face.
"Comment ose-tu?!" elle avait pratiquement crié. "Comment oses-tu frapper mon fils ?!"
Et soudain, Harry fut en colère. Ignorant complètement la question de sa tante, il ouvrit la bouche pour parler. «Je pars demain," déclara t'il fermement. Il n'était plus question de demander la permission.
"Que viens-tu de dire?" siffla Pétunia.
"Je dis que je pars pour l'école demain," Harry refusait de faire marche arrière. "Et à moins que vous ne vouliez un sorcier très puissant à votre porte, vous n'essayerez pas de m'en empêcher."
Tante Pétunia fit quelques pas en avant jusqu'à ce qu'elle fut juste en face de son neveu. Puis, rapide comme un serpent, elle se pencha et frappa Harry dur à travers le visage. La main du jeune garçon se rendit immédiatement à sa joue cuisante et il brisa finalement le contact visuel avec sa tante.
«Très bien», dit la femme. «Je vais demander à Vernon de t'emmener à la gare demain matin."
Le front d'Harry se plissa de confusion. C'était tout? Elle allait le laisser partir?
"Mais," continua Tante Pétunia méchamment. "Après cela, tu n'es plus le bienvenu dans cette maison. Je ne veux plus jamais te revoir à nouveau, ni pendant les vacances d'été ni jamais. J'en ai fini avec toi. Je ne vais pas te permettre de faire du mal à Dudley à nouveau, ou de porter atteinte à ma famille plus longtemps. Est-ce clair? "
Harry ne pouvait pas tout à fait identifier l'émotion qui traversait son corps à ce moment. Il se sentait malade, vide, trahi.
Mais cela n'était pas possible, n'est ce pas? Il détestait les Dursley. Et ils le haïssaient. Comment pouvait-il se sentir trahi par les paroles de sa tante? Cela n'avait pas de sens.
«Est-ce clair?" répéta Pétunia, en lançant un regard noir à Harry.
Tout ce que le garçon pouvait faire était d'acquiescer, les yeux fixés sur le sol.
"Monte dans ta chambre" dit Pétunia avec dédain. "Et attend que ton oncle rentre à la maison."
Harry quitta la pièce aussi rapidement que possible et se dirigea vers sa chambre.
Hedwige le salua doucement quand il entra, et Harry se dirigea droit vers sa cage.
«Nous allons enfin sortir d'ici" dit-il doucement, et il mit ses doigts à travers les barreaux de la cage de sa chouette pour qu'il puisse lui caresser les plumes. "Je te l'avais dit, non?"
Hedwige semblait sentir que tout n'allait pas bien avec son maître, cependant, car elle laissa échapper un autre hululement doux et mordilla les doigts de Harry.
Le jeune sorcier soupira. «Je suis à nouveau en difficulté avec les Dursley" confia t'il à son familier. "Je suis sûr que l'oncle Vernon va être vraiment en colère contre moi quand il rentrera à la maison."
Harry trouva qu'Hedwige semblait plutôt préoccupée par les nouvelles. Il décida donc de coller un sourire sur son visage dans l'espoir de leur remonter le moral à tous les deux.
"Mais, au moins on retourne à Poudlard demain", dit-il, en continuant à caresser sa chouette.
Hedwige pencha la tête sur le côté en réponse, et tout à coup le sourire d'Harry se retrouva authentique, même si ce n'était que pour un bref moment.
"Oui. Demain, nous rentrerons à la maison."
