Chapitre quatre
Beckett regardait le tableau blanc comme si la solution viendrait à elle toute seule. Cela se transformait déjà comme l'affaire de sa mère. Les cheveux et le sang sur les lieux appartenaient à la victime. Les voisins avaient été interrogés, ils ne se souvenaient de rien d'étrange, à part une personne qui se souvenait que Brian avait glissé sur une flaque d'eau qui se trouvait sur le sol quelques jours avant son meurtre, donc les fragments de peinture et c'est de ça que le sang et les cheveux provenaient. Les collègues de Brian avaient été interrogés, ils se souvenaient que ꞌꞌJessicaꞌꞌ et Brian avaient eu une dispute la semaine avant qu'il ne soit tué, mais il ne semblait pas y avoir de mauvais sang entre eux après la dispute. Certains avaient pensé que, peut-être, ils s'étaient remis ensemble, d'autres pensaient que le couple avait décidé de rester amis et seuls quelques-uns savaient que le couple était bel et bien séparé. Personne ne semblait savoir que ꞌꞌJessicaꞌꞌ était en réalité Alexandra et ils ne savaient pas qui aurait voulu faire du mal à Brian. Beckett priait pour avoir une nouvelle piste, mais partout où ils avaient regardé s'était fini par une impasse.
Beckett regarda l'endroit où Castle était assis. Il était penché sur les enregistrements téléphoniques tandis que Ryan et Esposito passaient au peigne fin les finances personnelles de Watson. Beckett se retourna lorsque l'ascenseur sonna. Alexandra entra avec une lourde boite. On aurait dit qu'elle avait entassé le plus de notes possibles à l'intérieur.
Beckett se retourna vers les Gars.
- Esposito, vous pouvez lui donner un coup de main ?
Il leva les yeux.
- Qui ?
Beckett hocha la tête vers l'ascenseur.
- J'y vais.
Esposito se leva de son bureau et se dirigea vers l'endroit où se tenait Alexandra. Il prit ensuite la boite et fit un geste vers la salle de conférence. Beckett reprit, fixant le tableau blanc. Castle se leva du bureau de Ryan et rejoignit Beckett. Il était sur le point de lui demander si elle allait bien, quand Alexandra passa à côté et aperçut les photos détaillées.
- Oh, mon Dieu, qui pourrait vouloir lui faire du mal comme ça ?
- C'est ce que nous essayons de savoir.
Beckett remarqua qu'elle portait un sac d'ordinateur portable.
- Est-ce que vos notes sont là-dedans ?
Alexandra baissa les yeux sur le sac.
- La plupart. J'ai traduit la plupart de mes notes à l'intérieur. Les deux dernières semaines ne sont pas encore traduites, mais cela ne devrait pas prendre trop de temps.
Elle regarda par-dessus l'épaule de Beckett. Ryan et Esposito avaient commencé à déballer ses notes quand ils remarquèrent qu'ils ne pourraient pas tout lire.
- On dirait qu'ils sont confus, je devrais aller traduire le reste.
Alexandra se précipita dans la salle de conférence et se mit au travail, installant son ordinateur portable. Beckett retourna une nouvelle fois au tableau blanc, posant ses mains sur son bureau alors qu'elle s'appuyait contre celui-ci. Castle s'éclaircit la gorge pour parler mais Beckett l'interrompit.
- Rick, non. Je sais que tu vas me demander si je vais bien. Je ne vais pas bien, c'est comme si toute l'affaire de ma mère recommençait.
- Kate, je suis juste inquiet pour toi. Je ne veux pas te perdre de nouveau dans ce trou à rats.
Castle posa sa main sur la sienne sur le bureau.
- Je t'aime.
- Je sais. Et j'essaie de ne pas me perdre, soupira Beckett. Allez, mettons-nous au travail sur ces finances. Peut-être qu'on aura une piste.
Beckett entra dans la salle de conférence et Castle la suivit. Alexandra conseillait Ryan et Esposito sur la façon d'empiler les fichiers alors qu'elle se hâtait de traduire plusieurs fichiers.
- Alexandra...
- Vous pouvez m'appeler Alex.
- Alex, qu'avons-nous jusqu'à maintenant ? J'aimerais savoir par où commencer.
Alex semblait avoir l'air distrait.
- Bien, euh, eh bien, la pile ici a été traduite. Le problème, c'est que j'ai besoin de cet ordinateur pour traduire, mais tout ce que je traduis est sur cet ordinateur. Oh je pourrais vous envoyer les fichiers que j'ai finis. Ensuite, vous pourrez commencer.
Beckett et les Gars lui donnèrent leurs emails professionnels, saisirent leurs ordinateurs portables et se mirent au travail. Après avoir passé quelques heures à étudier les finances, Castle se leva et se dirigea vers la salle de pause pour faire du café à tout le monde. Une fois qu'ils furent tous faits, Castle posa les cinq tasses sur une porte-bloc que quelqu'un avait laissé là. Avançant doucement, il réussit à tout amener dans la salle de conférence sans en renverser une goutte. Tout le monde le remercia sauf Alex.
Alex secoua la tête.
- Non merci, je ne bois pas de café.
Castle fut stupéfait.
-Vous êtes la première personne que j'ai rencontré qui n'en boit pas. Pourquoi ça ?
Alex répondit par une question.
- Pourquoi vous n'avez pas rencontré quelqu'un qui ne boit pas de café ou pourquoi je n'en bois pas ?
- La deuxième.
Alex haussa les épaules.
- Je déteste l'odeur du café. Mais, c'est bon, profitez-en. Je survivrai.
Après une heure, il fut évident que la seule personne qui pouvait comprendre les notes était Alex. Ryan fixait simplement les journaux avec une expression frustrée. Esposito examinait en détail les pages traduites, Beckett s'en sortait lentement avec ses fichiers et Castle jouait à Angry Birds sur son téléphone. Finalement, Beckett leva les yeux vers l'horloge.
- Allez, les Gars, rentrez chez vous. Alex, une chance que tout ça soit complètement traduit demain soir ?
Alex hocha la tête alors qu'elle tapait.
- Eh bien, ils ont tous été traduits. Maintenant, je les organise par employés. Je devrais avoir fini ça d'ici demain. Même heure ?
Beckett acquiesça.
- Ce serait bien.
Ryan remettait déjà les piles de notes dans la boite. Esposito attrapa son manteau et la boite d'Alex et l'aida à sortir du bâtiment. Ryan attrapa sa veste et ses clés et appela sa femme Jenny pour lui faire savoir qu'il était en chemin. Castle attrapa à la fois sa veste et celle de Beckett et l'aida à la mettre sur elle alors qu'elle jetait un dernier coup d'œil au tableau. Elle prit un marqueur sur le plateau en bas et écrivit la note ꞌꞌregarder les finances de la victime et de la ꞌꞌsociétéꞌꞌ avant d'éteindre son ordinateur et la lampe de son bureau.
Le diner se composa de restes. Martha était sortie interpréter une pièce de théâtre, à l'extérieur de Broadway, qui espérait obtenir des critiques élogieuses et être transféré au ꞌꞌLegitimate Stageꞌꞌ. Alexis était partie à Stanford, et aux vues des choses, serait bientôt fiancée à son petit ami, Ashley. Kate s'assit au bar pour finir le poulet du déjeuner pendant que Castle chauffait quelques pâtes qu'il avait fait deux soirs auparavant. Lorsque le four à micro-ondes sonna, Castle amena son assiette jusqu'au bar, ouvrit une bouteille de vin et s'assit à côté de Kate. Maintenant qu'ils étaient à la maison, seuls, il estima qu'il était temps de poser la question qu'il s'était silencieusement posé toute la journée.
- Tu vas bien ? Je veux dire vraiment bien, pas seulement le ꞌꞌje-vais-bien-pour-le-moment-s'il-te-plait-laisse-tomber-la conversationꞌꞌ mais le vraiment bien ?
Kate réfléchit à la question, pensant un moment alors qu'elle mâchait sa nourriture.
- Non, je ne vais pas bien. Comme je l'ai dit au commissariat, j'ai l'impression que toute l'affaire de ma mère recommence. Au moins, cette fois, je sais que je t'ai, toi et les Gars, pour m'empêcher de retomber dans ce trou.
Elle se retourna et fit un sourire forcé à Rick.
- Écoute, je sais que tu es inquiet pour moi. J'aime que tu sois si bienveillant, doux et attentionné. Il m'a fallu beaucoup de temps pour le voir et encore plus longtemps pour te laisser entrer, mais sache juste que je sais maintenant. D'autre part, s'il te plait, ne me tourne pas autour. Je suis toujours une femme indépendante et t'avoir à mes côtés à me tourner autour comme si j'étais faite en verre est insultant. C'est peut-être un moment difficile pour moi et je vais avoir besoin de ton soutien, mais, s'il te plait, ne sois pas collant.
Rick rit.
- J'essaie toujours d'arranger les choses pour les personnes que j'aime et depuis qu'Alexis a été au lycée, on m'a dit de faire marche arrière. Kate, je m'excuse d'être collant. J'espérais juste qu'il y avait quelque chose que je pourrais faire pour rendre ça plus facile pour toi.
Son visage s'éclaircit alors qu'il pensait à quelque chose.
- Oh, peut-être que je pourrais parler au Dr. Frankenstein, obtenir de lui qu'il le ramène à la vie et on pourrait lui demander qui est son apprenti !
Kate prit une gorgée de son vin alors qu'elle levait les yeux au ciel.
- Ça pourrait aider à accélérer l'enquête, mais vu que le Dr. Frankenstein est un personnage fictif, je ne pense pas que ça marcherait.
Elle fit une pause puis devint séductrice.
- Que dirais-tu de simplement te racheter avec moi ?
Rick se pencha et embrassa doucement Kate sur les lèvres. Elle répondit en mettant ses bras autour de son cou et se pressant contre lui. Le diner fut vite oublié alors que Rick prenait Kate dans ses bras et la portait à leur chambre.
Beckett regardait les informations sur le tableau blanc. Les photos de la scène de crime, l'empreinte de chaussure et les résultats de l'autopsie de Lanie étaient tous là. Elle avait reçu un appel des techniciens un peu plus tôt, la carte SIM avait directement été touchée et aussi difficilement qu'ils avaient essayé, ils avaient été incapables de récupérer les données utilisables. Les numéros de téléphone qui se trouvaient sur la carte n'avaient que la moitié de leurs chiffres, donc il n'y avait aucun moyen de savoir à qui appartenaient les numéros. Pour aggraver les choses, la trace du couteau qui se trouvait dans le trou du téléphone revenait à un standard lot de couteaux Wingwalk qu'on pouvait facilement acheter sur les sites web d'experts de survie et il n'y avait pas d'ADN étranger ou de traces de particules dans le mélange. L'empreinte de chaussure correspondait à une chaussure de course, mais il était difficile de déterminer qui aurait pu la porter, le modèle du pas ayant été fortement usé. L'empreinte partielle n'était pas encore revenu du labo parce qu'ils étaient surchargés. Beckett soupira et était sur le point d'aller en salle de pause pour se faire un café quand Castle apparut à ses côtés avec un café.
- J'ai pensé que tu aurais besoin de ça.
Castle tendit une tasse à Beckett.
- Merci, je m'apprêtais à aller en chercher un.
Elle prit une gorgée et fit un geste vers le tableau.
- C'est vraiment un tueur professionnel. Les coups de couteau, le manque de preuves, les caméras éteintes, la dissimulation.
Castle l'interrompit.
- La médiocre dissimulation.
- Ouais. Mais je ne pense pas qu'ils aient vraiment essayé de le cacher. Ils voulaient juste nous écarter un peu de leur chemin.
Beckett prit une autre gorgée de son café alors qu'Esposito les abordait.
- J'ai une piste pour les cartes de crédit de la victime. Les uniformes nous l'ont amené. De plus, on a une piste pour l'empreinte partielle.
Il tendit un dossier à Beckett.
- Rencontrez Gerald Miller et il a tout à fait la côte. Arrêté deux fois comme délinquant pour agression lors d'intrusion dans des maisons, arrêté cinq fois pour larcin et quatre fois pour cambriolage. Seulement une condamnation pour cambriolage mais il a réussi à passer outre une des accusations pour agression. Il est en chemin pour venir ici.
L'intérêt de Beckett atteignit le sommet.
- Voyons voir ce qu'ils ont à dire.
Une demi-heure plus tard, Beckett sortit de la salle d'interrogatoire après avoir interrogé l'homme qui avait utilisé les cartes de crédit de la victime. C'était un SDF qui prétendait les avoir trouvées en faisant les poubelles pour de la nourriture ou autre chose qu'il pourrait utiliser. Les cartes et les empreintes de l'homme avaient été envoyées au labo. Beckett espérait qu'ils allaient tirer des empreintes du tueur sur les cartes mais étant donné les précautions qu'il avait eu sur la scène, c'était peu probable. Castle la rejoignit alors qu'elle sortait de la salle d'observation et ensemble, ils retournèrent au tableau blanc. Beckett le mit à jour avec le peu d'informations dont ils disposaient.
Beckett se tourna vers Ryan.
- Hé, Ryan, j'ai besoin que vous vérifiez un alibi pour moi. Vérifiez et voyez si notre SDF était au refuge le 22, la nuit du meurtre de notre victime.
Ryan attrapa son téléphone.
- Je suis dessus.
Castle se tourna vers Beckett.
- Tu penses vraiment qu'il l'a fait ?
Beckett leva les yeux au ciel.
- Non, mais j'ai besoin de l'éliminer. Allons, Castle, tu sais comment on travaille.
Esposito entra dans l'espace.
- Hé, Beckett, Miller vient d'arriver. Il est dans la salle d'interrogatoire deux.
- Merci, Esposito.
Beckett attrapa le dossier de Miller.
- Voyons si notre cambrioleur a ajouté meurtre à son casier.
- Gerald Miller, je suis le lieutenant Kate Beckett, voici Rick Castle. Nous voulions simplement vous poser quelques questions.
Beckett voulait s'assurer que Miller savait qui était en charge.
Miller n'était pas sur le point d'être un lâche.
- Hé, qu'est-ce qui se passe ici ? Pourquoi je suis encore là ? Je n'ai rien fait de mal.
Beckett sourit. Ils pourraient tout les deux jouer à ce jeu.
- Vraiment ? Vous voulez partir, c'est ça ? Parce qu'en regardant votre dossier, je ne crois pas vraiment.
Miller était déjà prêt à mordre.
- Hé, écoutez, je suis rentré directement après mon dernier arrêt. Et c'est la pure vérité.
Beckett se pencha en avant et posa ses bras sur la table.
- Alors, vous voulez bien m'expliquer comment vos empreintes digitales ont fini sur une scène de crime ?
- Quelle scène de crime ?
Maintenant, Miller était nerveux.
- Une unité dans le sous-sol d'un bâtiment sur la 34ème Ouest. Elle appartenait à un homme du nom de Brian Watson. Il a été retrouvé mort dans son appartement.
- Quoi, vous pensez que j'ai fait ça ?
Castle parla pour la première fois depuis qu'il avait passé la porte.
- Vous êtes connu pour agresser les gens.
Miller essaya d'agir durement, mais il échoua lamentablement.
- Ouais, mais je n'ai jamais tué personne. Et je n'ai jamais été chez ce gars, non plus. Vous recherchez la mauvaise personne.
Beckett se pencha en arrière sur sa chaise.
- Vous savez que c'est drôle, parce que nous avons vos empreintes sur une scène de crime, un casier judiciaire plein d'arrestations pour cambriolage et une histoire de violence. Donc, que s'est-il passé, Gerald ? Parce que voici ce que je pense. Vous avez coincé la grille de la fenêtre pour la laisser ouverte, vous vous êtes faufilé dans l'appartement et c'est alors que Brian vous a surpris. Il allait appeler les flics, donc il fallait le faire taire. Comment je me débrouille jusque là ?
Finalement, Miller s'effondra.
- Vous avez tout faux. Ouais, j'étais là. J'ai été repéré la charnière pendant quelques semaines, vous savez, pour apprendre son calendrier. Cette nuit-là, je suis passé par la fenêtre, mais je vous jure, je n'ai pas coincé la grille, elle était déjà ouverte. J'ai pensé qu'elle était cassé ou quelque chose dans le genre. Je suis entré à l'intérieur, commencé à fouiner et c'est là que j'ai vu le mec. Il était déjà mort. J'ai jeté un coup d'œil et j'ai fichu le camp de là.
Beckett leva les yeux au ciel.
- Et vous voulez me faire croire ça ?
- C'est la vérité.
Castle décida qu'il était temps de connaitre son alibi.
- Où étiez-vous entre une heure et quatre heures, il y a deux nuits ?
- Dans un club, à deux pâtés de maisons. J'étais assis au bar jusqu'à trois heures trente. C'est quand je suis parti pour aller chez ce gars. J'y étais vers trois heures quarante-cinq.
Castle posa la question suivante.
- Quelqu'un peut confirmer ?
- Demandez au barman. Il devrait se rappeler de moi.
Castle haussa les épaules et demanda :
- Les barmans doivent avoir beaucoup de clients. Pourquoi se rappellerait-il de vous ?
- Parce qu'il n'arrêtait pas de demander si je voulais faire quelque chose et j'ai continué à lui dire non.
Gerald jeta un coup d'œil autour de la pièce.
- Je peux y aller maintenant ?
Beckett commença à rassembler ses papiers.
- Vous avez admis être entré par effraction dans une résidence et vous pensez que je vais vous laisser partir ? Aucune chance, Gerald.
Elle fit un signe au miroir et un homme en uniforme entra dans la salle d'interrogation.
- Votre prochain arrêt est la prison.
Beckett raccrocha le téléphone et gémit. Lanie avait raccourci l'heure du décès entre une heure trente et trois heures. Esposito et Ryan avait traqué le barman et avait confirmé que Gerald Miller était resté au bar jusqu'à trois heures trente. Et l'empreinte de chaussure correspondait aux chaussures que Miller portait, donc ce n'était pas l'empreinte de chaussure du tueur. Le refuge avait confirmé que leur SDF y était resté toute la nuit. Donc, le SDF, Gerald Miller et Alexandra ꞌꞌJessicaꞌꞌ avait été éliminés. Sans aucune preuve pointant le meurtrier, cette affaire allait très bientôt devenir une affaire classée. Castle était parti chercher le déjeuner pour l'équipe et tout le monde faisait la même chose, manger et regarder le tableau blanc. Jusqu'à ce que le téléphone sonne.
- Beckett. O.K, on arrive dans quinze minutes.
Elle raccrocha le téléphone et se tourna vers l'équipe.
- On a un autre corps.
