Deux mois que je bossais comme une dingue pour ouvrir mon café et réaliser mon rêve. Deux mois que je passais une grande partie de mon temps avec Esmée à régler telle ou telle chose. En plus de tout le travail qu'elle devait effectuer avant l'ouverture, elle m'avait beaucoup aidé pour la publicité du café. C'est elle qui m'y avait fait penser. J'étais tellement plongé dans mes contacts avec mes fournisseurs et les formalités administratives que ça m'était passé au dessus de la tête. Avec l'aide de mon fils et de Démétri, j'avais créé des flyers que j'avais distribués dans les différentes boutiques du centre commercial. En échange de ce flyer, mes nouveaux clients pourront bénéficier d'une pâtisserie de leur choix à l'achat d'une boisson chaude. Deux mois que je faisais passer mon stresse sur mon petit ami, Démétri, qui ne m'en tenais pas rigueur et qui me soutenait en s'occupant de mon fils lorsque j'étais trop occupée. Deux mois que passais mon temps battre avec les fournisseurs pour tout avoir en temps et en heure. Nous n'avions que deux mois pour réaliser ce projet, un vrai challenge mais nous y étions arrivées. Après ces deux mois de dure labeur, nous étions enfin prêt pour l'ouverture du Twilight's café.
Durant ses deux mois, j'avais passé que de rare moment en compagnie de mon fils mais il me comprenait malgré son jeune âge. Il avait passé ses deux mois de vacances à faire « des trucs de mecs » avec Démétri. Chaque jour, ils trouvaient une activité différente. Démétri avait commencé par une mise à niveau au baseball. Il voulait faire de mon fils le meilleur joueur de l'équipe. Il l'écoutait jouer du piano, l'emmenait au cinéma, au zoo, à la fête foraine, au parc pour jouer au football, à la piscine … . Ils s'entendaient vraiment bien tous les deux. Démétri considérait Lucas comme son propre fils. Démétri m'avait avoué être stérile suite aux oreillons qu'il avait eut à l'âge de 15 ans. Il en était très affecté et la présence de Lucas lui faisait du bien. De mon côté, tout se passait bien avec Démétri. Il avait comprit, lors de notre entretien pour l'inscription de Lucas, que je ne lui parlerai pas de mon passé et il n'avait pas insisté. Nous sortions souvent tous les trois, du moins le weekend car j'avais une semaine surchargée. Démétri passait une nuit sur deux à la maison et s'en allait toujours avant que Lucas ne se lève. Mon fils l'acceptait peut être dans notre vie mais pas encore à la maison, c'était trop tôt pour nous deux. Nous avions toujours vécu ensemble et nous avions quelques habitudes.
Mon fils savait que son père biologique avait fait quelques choses de mal et que son acte était puni par la loi. J'avais été dans l'obligation de lui raconter une partie de mon passé car à l'âge de 6 ans, il a commencé à se poser des questions du genre : « Pourquoi j'ai pas de papi et de mamie ? », « T'as des frères et sœurs ? », « Il est où mon père ? », bref, toutes les questions que se pose un garçon de son âge. C'est donc après avoir parlé avec Karen et Chad que je lui ai dit se qu'il voulait savoir avec des mots simples et compréhensibles pour un enfant de cet âge là. Sa réaction m'a étonné. Il m'a écouté jusqu'au bout puis m'a dit :
« On n'a pas besoin de ta famille maman, on n'en a une bien à nous et on sait qu'il nous aime et puis si un jour je vois celui qui t'a fait du mal, je lui ferais passer un sale quart d'heure. On s'attaque pas à la super maman de Lucas Swan sans en subir les conséquences »
Il avait voulu détendre l'atmosphère et il avait réussi. Depuis ce jour, il n'a plus de grand père, ni d'oncle, ni de père. Il a juste sa maman, son parrain, sa marraine et tous nos amis.
Depuis ces deux mois, je n'avais pas croisé une seule fois Charlie, Emmet ou bien les Black. Seattle est une grande ville ou peut être ne vivent-ils plus ici ?
Durant notre collaboration, à Esmée et moi, j'avais appris à la connaitre. C'était une femme remarquable et une mère aimante. Elle me parlait de sa famille et au fils de nos conversations j'avais appris qu'elle était mariée au Dr Carlisle Cullen, le meilleur neurochirurgien de tout l'état de Washington. Elle avait deux enfants, un fils ainé de 27 ans, beau comme un dieu (ce sont ses mots), Edward, interne en pédiatrie et une fille de 25 ans, Alice, une vraie pile électrique selon les dires de sa mère, qui elle était styliste. Edward était célibataire au grand désarroi de sa mère alors qu'Alice sortait depuis 2 ans et demi avec Jasper Hale, un brillant avocat de 27 ans. Celui-ci avait une jumelle, Rosalie, un ancien mannequin. Elle était fiancée au meilleur ami de Jasper et Edward, Nounours qui était inspecteur de police. Elle ne m'avait donné aucun nom, juste Nounours. Bref, je vous laisse imaginer la carrure de ce dernier. En résumé, elle avait une belle et grande famille et elle en était fière.
Pour ma part, j'avais réussi à taire mon passé. La seule qu'elle savait, c'était que me famille m'avait reniée à l'âge de 16 ans car j'étais enceinte, que le père de Lucas n'était pas un homme bien, que j'avais des amis sur lesquels je pouvais compter et qu'ils m'avaient beaucoup aidés. Elle avait compris que je ne lui en dirais pas plus et elle ne chercha pas plus loin. C'est ce que j'adore chez elle, sa discrétion.
Je passais ma dernière soirée tranquille, avant l'ouverture du café, en compagnie de mon fils. Démétri passait le reste de la semaine chez lui, fonction de directeur d'une école élémentaire oblige. La préparation de la rentrée lui prenait beaucoup de temps. Lucas passera donc ses derniers jours de vacances en ma compagnie au café. Tout comme moi, il ne tenait plus en place, tout comme moi, il avait hâte de retrouver cette ambiance qui avait bercée sa petite enfance. Je me souviens de Lucas à l'âge de trois ans, lors d'un de mes services au café de Karen. Chad lui avait mit un torchon blanc en guise de tablier et Beth lui avait donné un carnet de commande et un crayon. Il me suivait partout dans le café et prenait les commandes en même temps que moi sous le regard amusé des clients présents. Il était vraiment adorable et il adorait ça. C'est une des raisons pour lesquelles il s'est autant investit dans mon projet. C'est une partie de son enfance qu'il n'oubliera pas, j'en suis sûr. Ce soir là, nous nous couchions de bonne heure. Ce soir là, Lucas dormait avec moi. C'est un peu notre petit rituel. La veille de chaque grand évènement dans notre vie, nous dormions ensemble pour nous donner du courage.
BIP, BIP, BIP.
5h00, le réveil sonne. Je saute du lit, toute suite imitée par Lucas. Je l'embrasse sur la joue en guise de bonjour et il fait de même. Ce n'est pas mon fils pour rien. Nous dévalons les escaliers pour nous rendre dans la cuisine, dans 1h00 nous avons rendez-vous avec Ben, Angéla, Eric et Tyler. Je prépare le petit déjeuné de mon fils et celui-ci prépare le mien. Un notre de nos petits rituels.
« Dit maman, tu n'angoisses pas trop ? » Me demanda mon fils en posant ma tasse de café devant moi.
« Bien sûr que non. Je suis plus excitée qu'autre chose. Depuis le temps que j'attends que ce projet se concrétise et puis grâce à Esmée tout a été terminé dans les temps. Et puis, pourquoi angoisser ? Avec la publicité que Démétri, Esmée et toi m'avait fait, je suis persuadé que nous allons avoir plein de client. J'ai plutôt hâte que cela commence » Lui répondis-je en posant son bol de céréales en face de lui.
« Moi aussi. J'aime bien passer mes journées avec toi. Pas que Démétri me gène, j'aime bien passer du temps avec lui, « entre mec », c'est plutôt que je t'ai pas vu beaucoup en deux mois, nos petits moments tous les deux me manquent »
Je me levais de ma place pour aller le prendre dans mes bras et l'embrassais sur le haut de son crane.
« Je suis désolé de t'avoir délaissé durant ces deux mois. Qu'elle mère indigne je fais ? » Lui dis-je. Je me sentais coupable.
« Non maman ! Ne te m'éprends pas. Je te sens heureuse avec ton projet de café et avec Démétri aussi. Il est gentil avec toi et il m'accepte. Je l'aime bien »
« Nos petits moment ensemble me manque aussi. Maintenant que le café va ouvrir, j'aurai plus de temps à moi. Je sais que si j'ai besoin de passer une journée seule avec toi, je pourrais confier mon café à Angéla et Ben, ils ont toute ma confiance »
« Je n'en doute pas maman. Et puis je suis le fils de la patronne, il faut bien que j'en tire des avantages. En plus de passer du temps avec elle, j'aurai le privilège d'être le gouteur officiel de toutes les pâtisseries qui sortiront du four »
Il replongea le nez dans son bol de céréales tandis que moi je souris à sa réflexion.
« Tu es bien comme ton parrain. Tu tiens le même discourt que lui avec Karen. Une discussion s'impose avec lui »
Il me fit un grand sourire, signe qu'il était fier d'imiter son parrain.
« Et en plus, tu en es fière ? »
Son sourire s'agrandit encore plus. Chad avait toujours agit comme un père avec Lucas. C'est son modèle. Même lorsque nous étions en France, Chad s'arrangeait pour venir nous voir deux weekends par mois et communiquait tous les deux ou trois jours via la Web Cam. Leurs Visio conférences pouvaient durer des heures. Ils continuent à le faire depuis notre retour aux Etats Unis. D'ailleurs, Chad doit passer par Seattle pour faire la promotion de son dernier livre très prochainement et Lucas lui a déjà concocté tout un programme pour les quelques jours où il va rester avec nous.
Notre petit déjeuné terminé et la vaisselle faite, chacun s'éclipsa dans sa salle de bain pour se préparer. J'avais opté pour une tenue simple et confortable, un jean et une tunique bleue accompagnée de ballerines de la même couleur. Pas besoin de mettre des talons sachant que j'allais courir toute la journée. Une douche plus tard, nous étions enfin prêts. Le trajet jusqu'au café se fit dans un silence quasi religieux. Seule la douce musique de Debussy, claire de lune plus précisément, envahissait l'habitacle de la voiture. C'est mon fils qui m'avait fait découvrir ce compositeur à travers ses cours de piano avec Beth. C'était l'un de ses préférés. Lucas commençait à somnoler sur le siège passager. Le pauvre, qu'elle mère indigne je pouvais être ? Lever son fils à 5h du matin ? Heureusement que j'avais demandé à Esmée d'équiper mon bureau d'un canapé et que j'avais stocké une couverture bien chaude dans le placard. Mon fils pourra finir sa nuit.
Lorsque je stoppais la voiture devant la devanture du café, il se réveilla :
« On est arrivé ? » Me demanda t-il d'une voix ensommeillé.
« Oui mon cœur, tu va pouvoir finir ta nuit sur le canapé du bureau pendant que je prépare l'arrivée des autres »
« Mais avant je veux voir la décoration du café. Depuis que les travaux ont commencé, tu nous as interdit, à Démétri et moi, de nous approché du café sous peine de représailles » Me dit-il d'une voix plus réveillée.
En un rien de temps, il avait reprit du poil de la bête.
« C'était juste pour garder l'effet de surprise. Tu me connais ? »
Une fois devant la porte d'entrée, je soufflais un bon coup. A l'instant où je franchirais le pas de la porte, ma vie prendra un nouveau tournant. Que dis-je, NOTRE vie prendra un nouveau tournant. La porte ouverte, je désactivais l'alarme. Simple précaution, on ne sait jamais. J'allumais les lumières de la salle et observais la réaction de mon fils qui était un peu en retrait. Il restait bouche bée devant ce qu'il voyait. Le changement était flagrant et ne ressemblais en rien à l'ancienne décoration.
En rentrant dans mon café, on était immédiatement transporté par l'ambiance. Esmée avait gardé l'ambiance Irlandaise de l'ancien bar. Un petit clin d'œil aux origines de son mari et celle-ci collait bien avec mes idées pour ce lieu. Elle avait rénové le comptoir en bois pour qu'il retrouve sa couleur d'origine et avait trouvé le même genre de bois pour les murs. Le sol d'origine, était recouvert d'un parquet imitation bois de couleur crème qui s'accordait parfaitement avec tout le reste. Le comptoir se trouvait sur notre gauche en entrant. Les différentes machines à café, flambant neuve, ressortaient bien.
On pouvait distinguer les portes, types saloons, qui menaient à la cuisine. Ses portes étaient l'une de mes idées. Je voulais que les clients puissent sentir la bonne odeur de nos pâtisseries et c'était un moyen caché d'avoir l'œil sur mes employés. C'est l'argument que j'ai avancé à Esmée quand elle m'a posé la question. Au début, elle m'a regardée bizarrement et à la vue de sa tête, je me suis mise à rire. Bien sûr que je rigolais, je ne suis du genre à surveiller mes employés.
Sur la droite, en entrant dans le café, se trouvait le coin bibliothèque. Il y avait deux petites tables rondes en bois, du même style que le bar, entourées de 4 fauteuils en imitation cuir de couleur marron. Les différentes bibliothèques étaient apposées contre le mur. Les livres étaient rangés comme Lucas l'avais exigé, par thèmes et ordre alphabétique des auteurs. Malgré son jeune âge, mon fils était aussi maniaque que sa mère.
Le juke box était placé à l'opposé de la bibliothèque pour que mes futurs clients lisent dans la calme. Lucas m'avait aidé à trouver le style de musique à intégrer dans la machine. Il y en avait pour tous les goûts.
L'estrade et le piano était visible dés l'entrée des clients dans le café. Les ouvriers d'Esmée avait fait un travail formidable. Le bois était le même que celui du comptoir et s'accordait parfaitement avec le reste de la décoration. Le piano était de couleur noir et laqué. C'est Lucas qui l'avait choisi le jour où nous avons fait les magasins avec Esmée. Il avait flashé sue celui-ci dés son entrée dans le magasin de musique. Je me souviens encore des étoiles qui dansaient dans ses yeux à la vue de l'instrument et de l'émotion qui nous submergea Esmée et moi lorsque mon fils s'installa devant celui-ci pour nous jouer un morceau de Debussy. Résultat des courses, nous en avions prit un deuxième identique pour la maison.
Les tables du café étaient différentes les unes des autres. Certaines étaient carrés, d'autres rondes ou encore rectangulaires. Mes stocks étaient pleins, les fournisseurs m'avaient livrés la semaine dernière. Ma comptabilité était à jour et les fournisseurs déjà réglés. Heureusement qu'avec mes connaissances en France, j'avais pu placer une partie de mon argent en bourse. Grâce à ce placement et aux conseils de mes amis, j'avais triplé mon capital de départ et c'est cet argent qui m'avait servi à payer la totalité des travaux de rénovations et les fournisseurs. Il me restait encore assez d'argent pour envisager l'avenir.
« Alors mon fils, qu'en penses-tu ? »
« C'est génial maman. Esmée a fait du bon travail. C'est exactement comme ça que je le voyais »
« Ravis que ça te plaise. Maintenant que tu as vu à quoi ressemblait mon café, tu files te reposer dans mon bureau. Les autres ne vont pas tardé à arriver et nous avons du boulot »
« OK maman »Répondit-il en baillant.
« Je viendrais te voir un peu plus tard dans la matinée si jamais tu ne te réveilles pas avant »
Je le laissais se diriger vers mon bureau tandis que je pris la direction de la cuisine pour mettre les fours en marche. Je ne voulais absolument pas perdre de temps, le temps c'est de l'argent. Pendant que j'étais dans la cuisine, mon portable sonna. Le temps pour moi de mettre mon tablier autour des hanches et je me précipitais sur mon sac. C'était un message de Démétri :
Hey mon ange !
Un petit message pour te donner du courage et te dire que je penserai à toi aujourd'hui.
Attends-toi à voir débarquer ton plus fidèle client.
Je t'aime.
Démétri.
« Je t'aime » Démétri me le disait tous les jours depuis plus d'un mois et demi mais moi j'avais du mal à dire ces trois petits mots. La seule personne qui pouvait en profiter c'était mon fils. Depuis mon histoire avec Jacob et ma rupture avec Julian, ces trois petits mots étaient impossibles pour moi à prononcer. Peut être qu'un jour ….
Des rires venant de la salle me firent sortirent de mes réflexions. Je reconnu sans problème les voix de mes employés. Je sortis de la cuisine une fois mon portable rangé dans mon sac.
« Salut tout le monde » Dis-je pour leur souhaiter la bienvenue.
« Salut toute seule » Me répondirent Tyler et Eric ensemble.
« Ah ! Ah ! Ah ! Vous avez fait l'école du rire avant celle de cuisine ? »
« Non, ils ont mangé un clown ce matin. Où est Lucas ?» Me dit Angela avant de s'avancer vers moi suivi des trois autres pour me faire la bise.
« Dans mon bureau, il finit sa nuit »
J'aime la bonne humeur dés le matin. Travailler dans une bonne ambiance est primordiale.
« Bon, trêves de bavardages, on a du pain sur la planche. Le café ouvre à 7h30, nous avons à peine une heure et demi. Allez, tous au boulot » Leur dis-je sur un ton qui se voulait autoritaire mais qui ne l'était pas.
« Oui chef !». Il avait dit ça en même temps avant d'éclater de rire.
« Je ne veux en aucun cas que vous m'appeliez chef, je déteste être le centre d'attention alors, plus de chef. Comprit ? »
« Oui chef ! »
« Vous êtes exaspérant. Bon, chacun sait ce qu'il a à faire et moi je m'occupe de la mise en place. Je viendrais vous aider quand cela sera terminé jusqu'à ce que le service commence. Là vous ne serez plus que trois les mecs, Angéla passera en salle avec moi. Bien si tout le monde est d'accord, au boulot »
Et tout le monde partit effectuer ses tâches. Il me restait à faire la mise en place avant l'arrivée des clients. Remplir les stocks derrières le comptoir, nettoyer et préparer les emplacements pour les pâtisseries, descendre les chaises et nettoyer les tables, mettre la carte des pâtisseries sur chaque table, mettre les affiches pour promouvoir mon service de traiteur à domicile et enfin vérifier une nouvelle fois mon catalogue illustré pour que les clients puissent choisir le type de pâtisseries qu'ils souhaitent commander. Au fur et à mesure, Angéla ou Ben venaient apporter les pâtisseries qui étaient prêtes. Une légère odeur appétissante flottait déjà le café. Mon travail terminé, je passais en cuisine. Mes petits cuistots étaient concentrés dans chacune de leurs tâches. Ils ressemblaient aux abeilles ouvrières, chacun accomplissait sa tâche à la perfection.
Lucas fit son apparition vers 9h00, les yeux à moitié ouvert et les cheveux en batailles. Le café était plein et ceci depuis l'ouverture. Il vint nous saluer chacun notre tour avant d'aller s'assoir au niveau de la bibliothèque, son havre de paix. Il ne perd pas le nord celui-là et prend déjà ses marques. Je lui préparais un chocolat chaud et une assiette avec deux muffins à la myrtille, ses préférés. Une fois le tout posé sur la table, il me remercia sans lever le nez de son livre, typique chez lui quand il est absorbé par un livre.
La matinée se passa rapidement et le café ne désemplissait pas. A 12h, j'avais donné une pose d'une heure à Eric et Tyler pour déjeuner. Et à 12h30, c'était au tour de Ben et Angéla, Lucas et moi attendions leurs retours pour pouvoir déjeuner à notre tour. J'avais commandé des plats chinois pour 13h30 que nous dégusterons au calme dans mon bureau. J'avais hâte de me retrouver seule avec mon fils pour recueillir ses premières impressions. Notre pause déjeuner arriva vite. Lucas était fier de moi et de cette première matinée. Malgré le fait que les clients présents avaient un flyer pour une pâtisserie gratuite, ils commandaient d'autres à emporter. Lucas me parla d'un homme qui est arrivé en milieu de matinée. Ce même homme que j'avais servi et qui m'avait tapé dans l'œil et pas qu'à moi d'ailleurs. Il était incroyablement beau malgré les cernes violettes sous les yeux, grand, un visage d'ange, le nez droit, la mâchoire carrée, les yeux verts et des cheveux indomptables de couleur brun avec des reflets cuivrés. Une vraie gravure de mode, qui avait fait sensation côté cuisine. Tyler et Eric avait passé cinq bonnes minutes à le mater au dessus de la porte. Je me souviens avoir eu les joues en feu lorsqu'il m'a tendu un billet de 10 dollars pour un triple expresso et trois muffins aux chocolats et m'a dit d'une voix de velours de garder la monnaie avant de partir s'assoir en face de mon fils. J'ai bugué quelques secondes avant de reprendre mes esprits. Lucas avait eut une conversation avec lui au sujet du livre qu'il était entrain de lire, puis ils ont dévié sue le sport pour finir leur conversation sur la musique. A aucun moment, ils n'ont échangé leur prénom.
Le déjeuné terminé, je repris le travail et Lucas nous a aidé. Il aidait les garçons en cuisine ou encore Angéla et moi en salle lorsque nous étions submergé de client. Vers 17h, le café se vidait peu à peu. J'étais entrain de prendre une autre commande pour mon service traiteur quand Démétri montra le bout de son nez. Depuis le début de la matinée, j'en étais à ma quatrième commande. Les quatre pour des anniversaires d'enfants. Les pâtisseries avaient fait fureur et mon catalogue de produit donnait l'eau à la bouche. Le bon de commande rempli, je décidais de faire une pause et de rejoindre mon homme qui discutait avec mon fils assis sur un des fauteuils près de la bibliothèque.
« Alors M Volturi, on est venu faire son curieux ? » Lui demandais-je avant de l'embrasser et de m'assoir sur ses genoux.
« On ne peut rien te cacher. Je suis passé voir comment se passait ta première journée et j'ai pu constater que tu commences plutôt fort ? » Me répondit-il en passant un de ses bras autour de ma taille pour me rapprocher de lui.
« Effectivement, depuis ce matin on n'arrête pas. Lucas nous a même donné un coup de main »
« D'ailleurs, je vais continuer. Maman, prend une pause, tu le mérites depuis ce matin tu n'arrêtes pas, je demande à Angéla de vous emmener un café »
« Merci mon cœur » Lui dis-je en l'embrassant sur le front « Alors, tu as fini de préparer la rentrée » L'interrogeais-je une fois qu'Angéla est posée deux cafés et une assiette de cookies au chocolat devant nous.
« Oui, enfin ! Tout est prêt pour lundi. J'ai eu une réunion toute la journée avec les professeurs »
« Donc tu ne dors pas à la maison ce soir ? » Demandais-je à tout hasard.
« Désolé mais je passe la soirée avec mes frères, James et Félix »
A l'annonce du nom de ses frères, je fis une grimace. J'avais rencontré James et Félix durant une de nos sorties à trois. C'était tout au début de notre relation. Je me souviens encore du regard que m'a lancé James ce soir là. Un regard pervers, comme celui de Jacob quelques années plus tôt. Un regard qui m'avait fait dans le dos. Démétri avait rapidement expliqué que j'étais sa petite amie car il avait sentit mon mal aise fasse à son frère et lui avait clairement fait comprendre en un regard que s'était chasse gardé. Il me fit sortir de mes réflexions en m'embrassant dans le cou :
« Tu sais que du haut de ses sept ans, ton fils est un sacré dragueur ? »
Je le regardais dans les yeux pour qu'il continu et il me fit un signe de tête pour que je regarde en arrière. Ce que je vis me fit rire intérieurement. Lucas était entrain de parler et faire rire deux jeunes femmes, une brune et une blonde, toutes les deux très belles.
« Et d'où tient-il ce côté dragueur ? » Demandais malicieusement à mon petit ami.
« Et bien, je pense qu'il suit à la lettre les conseils que je lui ai donné »
« C'est donc ça que tu fais avec mon fils pendant vos moments « entre mec », tu lui apprends comment draguer ? »
« Non, je lui ai donné des conseils pour la petite Lili, je lui ai jamais demandé d'essayer d'utiliser son charme sur tout ce qui bouge »
« Lili ? »
« Oui, ton fils en pince pour elle. Il ne te l'a jamais dit ? »
« Non »
« C'est normal, ce n'est pas une conversation que l'on a avec sa mère »
« La petite Lili, j'aurai du m'en douter »
C'est donc ça son secret. Je savais depuis un moment que mon fils me cachait des choses mais je ne pensais pas qu'il était amoureux de la petite Lili. Je comprends mieux toutes ses visioconférences avec Chad et Lili. Tous les jours, à 17h30 précise, Lucas se connecte sur internet pour parler à Lili. Tous les signes étaient là mais je n'ai rien vu. Démétri me sortit une nouvelle fois de mes réflexions :
« Bon mon cœur, j'y vais. J'ai rendez-vous dans une demi-heure avec mes frères »
Nous nous levions puis il m'embrassa. Il me promit de passer nous voir demain après midi et que l'on passerait la soirée ensemble tous les trois. En passant devant Lucas, il lui glissa quelques mots à l'oreille. Mon fils me regarda rouge comme une écrevisse avant de disparaitre vers mon bureau. Je regardais ma montre, 17h30. La visioconférence avec Lili. Je pris sa place auprès des deux jeunes femmes avec qui il discutait.
« Bonjour, je suis Bella et je vais prendre la suite de mon fils qui a du partir précipitamment. Avez-vous fait votre choix ?»
« Salut Bella, je suis Alice, la fille d'Esmée et je te présente Rosalie, ma meilleur amie. Nous sommes venues sur recommandation de ma mère. Elle nous a parlé de toi et on avait envie de faire ta connaissance. Ton café est super génial et j'adore l'ambiance. Et toi tu en penses quoi Rose ? Ne me réponds pas, je sais que tu adores »
Elle s'arrêta de parler car son portable se mit à sonner. Elle se leva et s'excusa avant de sortir par la porte pour prendre son appel.
« Désolé pour Alice, une vrai pile électrique » Elle me regardait avec un grand sourire et c'est à ce moment là que je remarquais qu'elle était enceinte « Alors, voilà donc la fameuse Bella d'Esmée. Elle m'a beaucoup parlé de toi. Tu lui as fait une sacré impression »
« Merci, elle aussi m'a fait une sacrée impression, elle est incroyable dans tout ce qu'elle fait »
« Elle dit la même chose de toi. Ton fils est adorable, tout comme Esmée nous l'avais dit »
« Oui et j'espère qu'il ne vous a pas dérangé tout à l'heure ? »
« Du tout, il a été très mignon. Il avait commencé à nous présenter les différentes pâtisseries quand il a subitement disparu »
« Oui, rendez-vous vidéo avec son amoureuse mais je vais prendre sa suite si cela ne vous dérange pas »
« Pas de vous avec nous Bella, on a pratiquement le même âge. Bon, je me laisserai bien tenté par un double expresso et un muffin au chocolat, un à la myrtille, un cookie au chocolat et un autre aux raisins secs et pour finir, un morceau de tarte aux citrons »
« C'est tout, tu es sur qu'il ne te restera un peu de place pour un morceau de gâteau aux chocolats » Alice était revenu de sa conversation téléphonique.
« Non ça ira »
« Je prendrais la même chose que la demoiselle mais à la place du double expresso, je prendrais un chocolat viennois et Rose prendra la même chose »
« Quoi ! Mais je veux du café !!! »
« Rose, Rose, Rose !!! Tu es enceinte de huit mois, pas de café pour toi, un point c'est tout et tu ne discutes pas »
Leur petite dispute me fit rire et je partis préparer leur commande. Elles continuaient à avoir une discussion animée. Elle parlait du mariage de Rosalie et d'après les brides de conversations que je pouvais entendre, c'est Alice qui organise tout. Pauvre Rosalie, je la pleins. Alice est totalement hystérique. La commande servie, je m'occupais des autres clients. Une fois terminée, Alice vint régler la note et prit quelques pâtisseries supplémentaires à emporter pour leurs hommes respectifs. Lorsque je lui rendis la monnaie, elle fit quelques choses d'insensée pour une personne normale :
« Oh faite Bella, samedi prochain tu es invitée à la maison pour la fête du bébé de Rose » Elle me tendit un morceau de papier « Tiens, c'est mon numéro de portable et mon adresse et je n'accepte aucun refus. Je t'attends à 19h tapante »
« Mais on ne se connait pas » Lui dis-je abasourdit par sa réflexion.
« Tu connais ma mère, c'est suffisant et puis quelques choses me dit que nous allons devenir de grandes amies »
Elle repartie vers l'entrée en sautillant comme une petite fille. Rosalie me fit un signe de tête avant de suivre Alice vers la sortie. Cette fille est vraiment incroyable, tout comme ça mère, on ne peut rien lui refuser.
J'accueillis la fin de journée avec un grand plaisir. Cette journée m'avait épuisée mais elle avait été riche en évènement. J'avais fait un bon chiffre d'affaire et j'avais déjà quelques commandes traiteurs, j'ai vu le plus bel homme que je n'avais jamais rencontré et j'avais rencontré la fille d'Esmée qui m'avait invité à la fête du bébé de sa meilleure amie mais surtout j'avais apprit que mon fils avait une certaine complicité avec mon petit ami et cela me fit chaud au cœur. Lucas lui faisait confiance. Je pouvais moi aussi lui faire confiance et pourquoi ne pas imaginer un avenir avec lui.
Alors ? Verdict ?
Ne m'en voulez pas trop pour l'attente mais j'ai beaucoup de boulot. J'essaye d'écrire durant le weekend et mes jours de RTT mais ce n'est pas évident.
J'espère que ce chapitre vous aura plu. Dîtes-moi ce que vous en pensez, votre avis comptes. Merci beaucoup pour toutes vos reviews. Elles m'encouragent à continuer.
Biz.
Adeline.
