Disclamer : Chapitre 2

Voici le chapitre 4 et c'est presque honteusement que je vous le poste. Comme j'ai écrit toute ma fic d'une traite les chapitres ne sont pas fait au fur et à mesure alors je les découpe. Celui-ci va être affreusement court, mais je n'ai pas pu résister à l'idée de faire du délicieux suspens ! Navrée ! :P Promis, le prochain sera plus long.

Merci à tous ceux/celles qui suivent, mis des reviews et des favoris ! ça me fait plaisir !

Et je réponds ici à une partie de la review de Nynaeve A. Mandragoran, pour vous faire profiter de la réponse : Non, la bague qui attire autant Elenna n'est pas un Silmaril, même si j'avoue que cette idée m'avait effleuré l'esprit à une époque. Eux, je les laisse dans la terre, la mer et le ciel d'Arda.

Si vous avez la moindre question, ou si vous souhaitez me faire part de votre avis, n'hésitez pas ! :)

26.08.2018


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Elenna se réveilla en sursaut, le visage face contre terre et trempée par une pluie diluvienne. Elle battit des paupières, complètement hagarde et le corps légèrement ankylosé. Celui-ci la faisait tant souffrir, qu'elle avait l'impression d'être passée à la machine à laver. Elenna était frigorifiée et tremblante, trempée jusqu'à l'os. Un vent souffla dans les branches et elle tressaillit en craignant que la lumière ne revenait. Elle et son vent semblable au souffle de la mort. Mais l'air glacé fut simplement une bourrasque, gelant son corps et son âme. Alors qu'elle gigotait légèrement pour se replacer, une puissante douleur diffuse partit dans son dos jusqu'à ses omoplates.

Elle glapit de douleur, le souffle coupé et des larmes coulèrent le long de ses joues.

Avec toutes les peines du monde, elle se redressa en prenant appui sur son bras gauche, quand tout d'un coup une douleur fulgurante traversa celui-ci. Elle hurla à nouveau de douleur et son cri se répercuta dans la forêt, effrayant au passage plusieurs grives apeurés. Au prix d'un effort et d'une immense peine, elle parvint à s'asseoir sur ses fesses trempées. Les larmes aux yeux, elle fixa son bras avec effroi. Impossible de bouger sans que celui-ci ne soit traversé par une vive douleur.

Comment je me suis fait ça ?!

La panique commença doucement à monter. Comment s'était-elle retrouvée dans une situation pareille, aussi improbable ? Elle calma sa respiration, renifla misérablement ses larmes et tenta maintenant de remettre les choses en place dans son esprit embrumé par la terreur. Elle se remémora la soirée de la veille, riche en excès niveau de l'alcool ou même de la nourriture. Elle n'avait aucun souvenir d'une quelconque substance illicite ingurgité, ou fumé. Mais ce qu'elle avait vu ces dernières heures la faisait légèrement douter. Il lui était arrivée d'en fumer un peu, lorsqu'elle avait été un peu plus jeune. Mais cela faisait des siècles qu'elle n'y avait pas touché. Quand bien même, les effets se seraient estompés depuis des lustres, surtout au regard de la cohérence de sa discussion avec le brocanteur.

Avant même d'appeler à l'aide, elle vérifia d'abord les alentours. Hagarde, courbaturée et fatiguée, elle chercha en vain des repères. Mais aucun environnement familier et simplement des arbres aux troncs énormes, si hauts qu'ils caressaient la cime des nuages. Différents des bouleaux et des simples chênes du parc. Les haies semblaient sauvages et non taillées par la main de l'homme. Elle tendit l'oreille à l'affût du moindre bruissement de feuille agité, provenant de quelqu'un qui l'aurait entendu dans sa chute. Mais seul le vent glissa dans les branches, dans les buissons. Et pas même les bruits de la circulation dense de Paris, ne parvinrent à elle. La pluie commença à se calmer, tandis qu'un rayon de soleil traversa la canopée des arbres, lui apportant un peu de chaleur et de réconfort.

Le soleil était en train de se lever, constata-t'elle avec effroi.

Est-ce que je viens réellement de dormir une foutue nuit dehors ?!

Comme pour souligner ses pensées, elle éternua, signe d'une nuit à la belle étoile. Elle aperçut alors son étui à guitare plus loin, barbouillé de feuilles mortes et de terre. Son sac à main était à l'exact opposé, ouvert et débraillé. Elle se dévissa alors la tête et vit une pente raide juste dans son dos.

Je n'ai pourtant pas descendu un truc pareil ! Le parc, c'est un terrain plat, pas vrai ?

- Pas vrai ? Elle demanda à voix haute, apeurée.

Elle pensait subir un rêve, un songe drôlement réel et douloureux. La panique monta un cran au-dessus et les larmes glissèrent le long de ses joues.

- Putain c'est pas vrai. Putain. Putain. Elle répéta dans un sanglot, en proie à une terreur grandissante jusqu'au point de rupture.

- HEHOOOO ! Y'A QUELQU'UN ?! Elle hurla à s'en casser la voix. À L'AIDE !

Innocemment, elle espérait sincèrement qu'un promeneur l'avait entendu et que les secours allaient arriver.

Mais personne ne vint. Ni maintenant, ni après cinq minutes d'attente.

Elle parvint à se lever avec douleur, marcha lentement en direction de son sac à main et s'écroula devant lui. Elle farfouilla dedans rapidement, sentit les clés de son appartement et enfin son portable. Elle le déverrouilla avec empressement, tandis que l'écran d'accueil lui indiqua onze heures. Une photo s'afficha. Une version antérieure de sa personne les cheveux noir de jais, à côté d'une Émilie, qui lui souriaient. Elle son cœur se serra, elle cligna des yeux et essuya ses larmes. Elle remarqua alors avec horreur le réseau inexistant. Lorsqu'elle tenta d'appeler le numéro d'urgence, elle n'entendit rien, seulement le sanglot qui s'échappa de ses lèvres. Elle réessaya plusieurs fois avant de s'avouer vaincue. Elle éteignit alors à contre cœur son téléphone pour économiser sa batterie. Le regard vide, elle rapprocha son sac à main de son flanc, comme une bouée de sauvetage et en secouant la tête. Elle se pensait folle à cet instant, autant que l'était Jon avec ses histoires farfelues et qui selon ses dires, aurait pu vivre une telle chose. Et c'est alors qu'un éclat rouge attira son attention et cette maudite bague sembla la narguer pendant quelques secondes. Cette foutue bague qui avait fait apparaître quelque chose d'étrange, tant, qu'elle était en train de remettre en cause sa santé mentale. Et elle devait loin d'être saine, vu comment elle commença à la maudire intérieurement.

C'est à cause de toi tout ça ! À cause de toi et de ce vieux fou !

Des larmes commencèrent à troubler sa vision, encore. Elle pleura de nouveau à chaudes larmes, en se sentant tout à coup très idiote et pathétique. Ce n'était pas la faute d'un stupide bijou, mais juste de la malchance. Elle aurait dû rentrer dès qu'elle avait ramassé l'anneau, ou le rendre à son propriétaire, sans tenter de le garder pour elle. Est-ce que dieu avait vu son larcin et avait décidé de la juger instantanément ?

Dieu ? Mon cul ouais ! Elle maugréa intérieurement, avant de se redresser sur ses jambes tremblantes.

Elle tira sur l'écharpe de Louis avec son membre valide et le passa en douceur autour de son bras lésé. Puis elle passa le nœud, qu'elle avait noué grâce à ses dents au préalable, autour de sa nuque. Son bras était collé contre son torse, dans un vain espoir de ne pas le bouger plus que de rigueur. Elle remercia sa mère, qui lui avait enseigné les gestes de premiers secours.

Maintenant, plus de larme, il fallait retrouver la civilisation coûte que coûte.


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OoOoOo000oOoOoO

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Quatre heures.

Quatre heures de marche avec le dos en compote, chargé comme un mulet.

Quatre heures qu'elle marchait avec lenteur sur un chemin de terre sans avoir entendu, ne serait-ce que le moindre bruit d'un monde civilisé. Tout ce qui l'avait accompagné, c'était le chant des oiseaux qui glissaient sur le vent et inconscients de ses déboires. Pas même un seul avion avait troublé leur joyeuse mélodie.

Pas un ! Peut-être une grève ? Pourquoi ils sont toujours en grève ceux-là ?!

Pendant tout ce temps, des milliers d'arbres centenaires avaient défilés devant ses yeux pleins de désespoir. Ses bottes étaient pleines de terres, lourdes. Ses jambes lui faisaient terriblement mal, commençaient à se raidir. La dernière fois qu'elle s'était sentie aussi mal physiquement, ce fut pendant les maudites heures de sport au lycée. Son bras bougea un peu, et elle sentit un pic électrique dans celui-ci. Lui aussi était mal en point. Elle donnerait n'importe quoi pour soulager cette douleur, n'importe quoi pour qu'un beau gosse médecin du genre de la série « Urgences » vienne la sauver. Mais pas de beau médecin sortant tout droit d'un buisson en vue, à son plus grand désespoir. Elle était à deux doigts de compter les feuilles pour s'occuper l'esprit. Prête à tout pour détourner ses pensées, qui étaient principalement concentrées sur le fait que son corps était douloureusement à sa limite.

Mais il fallait continuer, sortir de ce foutu parc qui faisait la taille de Paris même.

Elle suivait le même chemin de terre du début, formé naturellement par le passage des animaux. Plus tôt, elle avait rencontré une bifurcation et le choix s'était décidé grâce au fameux « plouf, plouf ». Elle changea son sac de position, essayant de lui faire prendre une place confortable. Pourquoi elle ne voulait pas les abandonner, lui et son étui ? Parce que sa guitare, elle y tenait plus que tout au monde, c'était son premier instrument. Et son sac contenait au moins de quoi survivre un peu. Le chemin continua, alors que les ombres de ce début soirée se firent plus présentes. Elenna s'étonna du climat, le temps était un peu plus froid, comme si l'hiver s'était endurci en une nuit. Plus frigorifiant que celui qui lui avait sauté à la gorge, lorsqu'elle était sortie de chez Louis, il y a maintenant ce qui lui semblait être une éternité.

Louis et Émilie.

Comment réagiront-ils quand ils apprendront sa disparition ? Et surtout lorsqu'elle les reverra ? Ils se moqueraient d'elle pendant des décennies, au moins. Par contre, s'il y avait bien une personne au monde qui risquait de moins rire, c'était sa mère. Elle qui pensait que sa fille chérie était rentrée après son passage chez le brocanteur, comment elle réagira quand elle verra qu'Elenna n'était pas allée à son travail et ne donnait plus de nouvelle ? Elle deviendra morte d'inquiétude et remuera ciel et terre. Et avec son téléphone qui ne fonctionnait toujours pas, chose qui l'énervait plus que tout vu son prix.

- Quelle merde. Elle sanglota et shoota dans une pomme-de-pin.

Son souffle était erratique, alors elle s'arrêta pendant de longues minutes.

Des larmes coulèrent et des soubresauts secouèrent son corps à chaque sanglot. Depuis quatre heures, Elenna ne comptait plus les fois où elle s'était arrêtée pour chouiner comme une gosse. Plus le temps passé, plus la jeune femme mature et adulte laissait place à une enfant apeurée. Elle perdait pied, son self-control s'était brisé en mille morceaux et sa terreur était incontrôlable. Elle se mit à penser à qu'elle point elle était maudite et ce, depuis sa naissance. Il lui était arrivé des mésaventures un nombre incalculable de fois, mais jamais elle n'avait subi pareil acharnement. Pareille situation aussi incontrôlable et incompréhensible. Ne pouvait-elle pas avoir le repos ? Ne pouvait-elle pas vivre sa vie, enfin en paix et en bonne santé ? Pourquoi est-ce que le monde lui même, semblait s'acharner sur elle ? Maudit soit-elle, maudite bague et maudite forêt !

Finalement au bord de l'épuisement, elle décida de se reposer sous un grand arbre. Elle posa sommairement ses affaires à ses côtés et s'installa contre celui-ci, en douceur. Le moindre de ses mouvements étaient douloureux et faisaient trembler son bras blessé, alors elle devait y aller doucement. Ravie de pouvoir reposer ses jambes douloureuses quelques instants, elle soupira d'aise. Ce moment d'accalmie lui permit de retrouver ses esprits et elle arrêta de penser à des choses aussi sombres. Quelque chose ne tarda pas à attirer toutes ses pensées. La faim tirailla ses entrailles, tordant ses boyaux dans tous les sens. Sa main s'engouffra dans son sac, à la recherche de quelque chose à se mettre sous la dent. Lorsque le bruit familier du sac en papier kraft de la boulangerie se fit entendre, un sourire sincère naquit sur ses lèvres. Elle le dévora avec un plaisir non dissimulé, gémissant goulûment. Le « repas » fut maigre et frugal. Pour passer le temps et occuper son esprit qui commençait à imaginer un steak imaginaire, elle fouilla dans son sac. Sa robe de la veille rejoignit ses chaussures et sa trousse de maquillage, aux côtés de ses jambes. La suite, ne fut que des babioles. Plus tôt dans la journée, elle avait enlevé tous ses bijoux et les avaient balancés au fond de son sac. L'idée de faire Petit Poucet l'avait effleuré, mais elle avait vite abandonné. Elle n'aurait jamais eu assez de bijou. Le seul qui était encore sur elle, dans sa poche de son jean, c'était cette bague rouge. Combien de fois l'avait-elle observé avec colère, sans pouvoir se résoudre à la jeter, alors qu'elle en mourrait d'envie. Même si la haine lui avait susurré de rejeter inutilement sa rancœur contre cet anneau, une partie de son âme l'en avait empêché.

Et elle ne s'était jamais pensée aussi folle qu'à cet instant.

Des écouteurs entremêlés ainsi que son baladeur, rejoignirent le tas qu'elle venait de former. Avec une joie immense, elle aperçut deux barres de céréales. Celles-ci auraient dû être englouties pendant ses pauses déjeuners. Elle contint à grande peine son envie de les dévorer sur-le-champ. Pour la première fois depuis longtemps un sourire naquit sur son visage, même s'il fut pâle et fatigué. Si jamais sa mésaventure durait plus de vingt-quatre heures, elle aura de quoi manger un petit peu. Combien de temps un être humain pouvait rester sans manger avant de mettre en péril sa vie ? Et de boire ? Elle espérait ne pas être obligée d'autant se rationner et que les secours la trouveront avant de mourir comme une idiote. Elle était un ventre sur patte, et n'avait jamais aussi peu manger de sa vie, en autant de temps.

Quelle histoire de dingue ! Personne ne me croira, si je leur raconte que j'ai vu une lumière blanche avant d'être tombée comme une merde ! Direction l'asile !

Un maigre sourire moqueur apparut sur ses lèvres desséchées, avant de s'évanouir. Elenna essayait de se cacher derrière un semblant d'humour, mais elle se voilait la face pour cacher son inquiétude. Car pour la première fois de toute sa foutue vie, elle avait peur de l'inconnu, de son avenir. Pire que tout autre sentiment, elle était surtout terrifiée à l'idée de mourir seule dans cette forêt incompréhensible. Un frisson la parcourut, lorsqu'un vent hivernal s'insinua sous ses vêtements et la fit éternuer. Elle pressa un peu plus ses bras autour d'elle, en tremblant comme une feuille. Ses vêtements étaient encore légèrement trempés, mais c'était supportable. Le bois était-il encore mouillé depuis ce matin ? Les branches non loin d'elle semblaient l'être en tout cas. Incapable de faire un feu même si elle possédait un briquet, soudainement accablé d'une grande fatigue. Elle n'avait plus la force de faire le moindre mouvement, le moindre soupir.

Ce fut sur un sentiment de soif âprement mêlé à du désespoir, qu'elle réussit par miracle à s'endormir.

L'aube pointait le bout de son nez et ce fut épuisée qu'elle reprit sa route. Elle était épuisée par cette nuit, durant laquelle des bruits d'animaux, de hibou hululant comme dans les films d'horreurs et des insectes grouillant l'avaient réveillé. Elle n'était même pas certaine d'avoir dormi plus de quelques heures d'affilées. Mais elle était forte d'une nouvelle détermination, elle qui ne voulait pas mourir seule et savoir son corps dévorer par les animaux sauvages. Surtout pour finir par être retrouvée vingt ans plus tard et finir dans la rubrique « fait divers ». Elenna observa avec attention à son environnement, et prit garde à ne pas trop faire de bruit dans le but de ne pas manquer quelqu'un qui l'appellerait. La forêt était calme et même si elle tendait l'oreille pour entendre le moindre petit bruit de circulation, aucun son ne lui parvint. Seulement le bruissement du vent et les gazouillis des oiseaux qui s'éveillaient pour cette nouvelle journée.

À force de concentration, elle parvint à entendre un bruit qui fit bondir son cœur.

Le chant de l'eau parvint à ses oreilles, comme une mélopée salvatrice. Elle marcha dans sa direction, pria pour ne pas rater ce miracle, jusqu'à atterrir devant un maigre ruisseau. L'herbe sauvage parcourait la berge et était parsemée de grosses pierres saillantes. Elle s'agenouilla devant ce miracle et plongea sa main dans l'eau fraîche. Elle but autant que son estomac le lui permettait, sans s'inquiétait des quelques saletés qui flottaient sur l'eau. Elle passa ensuite une gerbe d'eau sur le visage, tout en frottant légèrement. L'eau glacial la revigora et les résidus de sommeil la quittèrent enfin. Elle exalta un soupir profond et remercia la chance qui l'avait emmené jusque-là. Elle regarda son bras blessé en soupirant.

Il faut que je vérifie son état.

Avec douceur, elle retira son écharpe de fortune. Celle-ci était mouillée de transpiration, due à ses efforts. Ses cheveux commençaient à être gras et collants sur son crâne. Et impossible de s'attacher les cheveux avec un bras en moins. Elle qui vouait un culte à ses longs cheveux, elle ne souhaitait qu'une seule chose dorénavant ; se raser le crâne. Elle les plaça sur le côté, là où ils ne pouvaient pas la gêner, avant d'enlever avec douceur sa chemise. Malgré toutes ses précautions, un faux mouvement provoqua une douleur sourde irradiant de son dos et dans son bras. La souffrance ne tarda pas à irradier dans son avant-bras gauche, qui avait bleui. Une étrange nuance de violet qui détonnait sur sa peau blanche, mais aucun os ne sortait.

C'est déjà ça, je serais tombée dans les vapes sinon.

Ce n'était pas une fracture, mais une entorse. Enfin, elle en déduisait cela, elle n'était pas médecin. Elle gémit encore de douleur et balança sa chemise sur son sac en tirant une grimace de dégoût. Elle plaça sa main en coupe et déversa de l'eau qu'elle venait de recueillir sur sa peau. Elle entendit presque sa peau brûlante et douloureuse qui lui hurla des remerciements. C'était inutile, elle le savait qu'il lui fallait une atèle, un diagnostic. Le monde moderne quoi.

Mais au moins la morsure du froid calma la douleur.

Elle replaça son écharpe en atèle, faute de mieux, bien plus doucement que la première fois. Reprenant ses fardeaux et avec une énergie nouvelle, Elenna était déterminée à trouver enfin la sortie de ce bois de malheur. Elle commença tout d'abord par remonter cette rivière, rassurée d'avoir enfin de l'eau, quand bien même elle aurait été croupie, à ses côtés. Mais au bout de quelques minutes de marche, elle eut le déplaisir de voir que la rivière terminer son chemin. Elle était traversée par des cailloux aussi acérés que des lames de rasoir et des arbres couchés par une tempête. Elle ne pouvait poursuivre ce chemin alors que la rivière continuait plus loin à travers ce mur de ronce infranchissable. Et alors que l'eau s'écoulait paresseusement à travers les pierres qui lui barraient la route, Elenna perdit espoir. Que fallait-il faire ? Rester là, près de cette eau salvatrice et infinie à attendre les secours, ou bien trouver une autre porte de sortie, car la première solution comptait trop sur la chance pour elle ? La brune mit du temps à prendre sa décision, mais ce fut le cœur lourd qu'elle décida à regret de reprendre la route.

Plus rapidement qu'elle ne le pensait, elle retrouva un chemin fait de terre battue. Il y avait même quelques pierres, érodées par le temps et les intempéries, mais si éparses et en si mauvais états, qu'elle sut au fond d'elle que ce passage était abandonné depuis des siècles. Elle n'eut même pas la force de ressentir le moindre espoir de trouver une civilisation non loin.

Et puis c'est à ce moment là qu'elle se rappela les jeux grandeurs nature des adultes, comme des enfants. Ces grands rassemblements qui regorgé de personne, vêtus comme à l'époque du Moyen-âge et qui s'imprégnaient de leur rôle, devenant des Seigneurs, des paysans ou même des moines à la coupe au bol. Ces gens là aimaient ce regroupés dans les forêts, dans d'immenses et joyeuses réunions, et souvent dans des lieux remplit d'histoires. Peut-être que ces pierres étaient le chemin vers une ancienne ruine et repaire de grands enfants, qui aimaient vivre à nouveau des époques particulières ?

À en juger par la hauteur du soleil, il devait être midi et cela faisait longtemps que le sentier naturel s'était terminé, ainsi que son espoir de tomber sur des rôlistes. Une suite d'arbres et de petits buissons qui se ressemblaient les uns les autres, l'accompagnaient dorénavant. Trouvant la fraîcheur sous un arbre dans une minuscule clairière après quelques nouvelles heures de marche, elle s'affala par terre. Elle regrettait de ne pas avoir pu emmener de l'eau avec elle, faute de récipient, car sa gorge était sèche et en feu. Elle ferma les yeux quelques secondes, profitant de sa petite pause. Dire que ses pieds étaient en compote, était un euphémisme. Un bruissement de feuillage et des craquements de branches qui venaient de sa droite, la firent sursauter. Elle se redressa lentement, aux aguets, dans l'attente d'un autre bruit.

J'ai dû rêver ?

À force de vouloir être retrouvée, voilà qu'elle imaginait des sons. Cependant, l'agitation du buisson reprit de plus belle. Elle aurait été incapable de deviner la cause du bruit, qu'elle soit animale ou bien humaine. La seule chose dont Elenna était certaine, c'était qu'elle était morte de trouille. Sa vie partait en vrille depuis plus de quarante-huit heures déjà et elle n'était plus sûre de rien. Elle essaya de se rassurer en se disant que les meutes de loups étaient loin d'être monnaie courante dans une ville. Puis elle se dit qu'il n'y avait pas forcément de bête féroce dans des parcs, mais le doute s'empara alors d'elle. Et si un chien errant allait lui sauter dessus pour la dévorer vivante ?

Et merde, je savais que j'aurais dû rester couché.