Chapitre 3
Lira venait d'arriver chez les Malefoy, et, déjà, Narcissa ne cessait de la sermonner :
- Lira, je sais que les Sang de Bourbes ne devrait rien avoir à faire dans un monde comme le nôtre, mais ce n'est pas une raison pour y laisser tes études. Lucius était un mangemort, et nous essayons de rester aussi discrets que possible.
- Je ne pense que le Seigneur des Ténèbres approuverait, répondit Lira
- Peut-être, mais le fait est qu'il n'est pas là…
- Pas encore, du moins.
- On croirait entendre ta mère, soupira Narcissa. En parlant d'elle, comment crois-tu qu'elle aurait-réagie, en apprenant cela ?
- Cissy, vous la connaissez mieux que moi : croyez-vous que cette question va être très utile, à ta cause ?
- C'est exact… mais essaye au moins de comprendre que…
- Je sais exactement ce que vous voulez me dire, seulement, lorsque le maître reviendra, je tiens à faire partie de ceux en qui il fera toujours confiance.
- Mais, réfléchis, tu…
- De toute façon, je ne vais pas vous déranger plus longtemps, vous n'êtes pas sans savoir que Bella a laissé une demeure avant de partir à Azkaban. Et qu'elle devait m'appartenir dès que j'aurais atteint l'âge de dix-sept ans. Je suis majeure, je vais vivre là-bas.
- Lira, je ne te demande pas de…
- Je partirais demain.
Lira avait pris sa décision déjà au début de l'année scolaire, sans savoir, à ce moment-là, que cela se réaliserait si tôt. Mais, elle s'en irait le lendemain.
Lorsque Narcissa s'en fut allée, un hibou apparu à la fenêtre de Lira. Il lui laissa deux lettres avant de repartir. L'une venait du ministère, l'autre d'un inconnu. La jeune sorcière l'ouvrit et lut :
Mlle. Lestrange Lira,
Vous êtes priée de vous présenter au ministère de la Magie le 15 janvier prochain, avec votre avocat, si vous le désirez. En effet, une moldue prénommée Dina Ariane Martinez, accompagnée de son second fils, Lewis Jonathan Martinez, ont déposés une plainte contre vous pour agression physique et verbale, avec utilisation de Doloris (sortilège étant, nous vous le rappelons, Impardonnables), sur leur fils et frère Aaron Matthias Martiner, actuellement dans le coma.
Merci de votre coopération.
Alexander Smith
Lira relu la lettre plusieurs fois avant de se rendre compte de ce qui lui arrivait. Elle savait que cela arriverait, seulement, elle ne savait pas que cela se ferait à cet instant, ici. Mais elle décida tout de même de se lancer dans la lecture de la seconde lettre :
Mlle. Lestrange,
J'ai eu vent de l'affaire qui vous oppose à la famille Martinez, et, ayant toujours eu une profonde admiration pour votre mère, je voulais m'assurer que vous auriez une défense digne de ce que vous êtes. Je vous propose de nous rencontrer au plus vite afin de parler de cette affaire.
Mon bureau est au ministère de la Magie, j'y suis tout la journée, vous n'aurez aucun mal à me retrouver, j'en suis certaine.
Avec mon profond respect.
Kate Johnson
Cette rassura Lira, d'autant plus qu'un plan avait germé dans son esprit pendant cette lecture. Elle était presque assurée qu'il fonctionnerait. Il lui manquait quelques détails, mais elle trouverait les informations manquantes dès qu'elle rencontrerait cette Kate, elle en était sure.
Plus tard dans la journée, alors que Lira réfléchissait, on frappa à sa porte. Elle répondit d'entrer et Lucius apparu devant elle. Elle se releva et reprit, alors, l'air hautain qu'elle adoptait en présence de « noble Sang Pur ».
- Lira, j'ai appris que tu avais tenté de tuer un Sang de Bourbe, c'est exact ?
- « Tuer » est un bien grand mot pour qualifier un simple Doloris.
- « Un simple Doloris »… Bellatrix serait fière de toi. Je suis sûr que, lorsqu'il reviendra, le maître saura qu'il peut t'accorder sa confiance.
- Il n'y aurait pas plus grand honneur, à mes yeux.
- Bien sûr, seulement, je m'interroge : comment as-tu appris à lancer les Impardonnables ? J'imagine que ce n'est pas le genre de choses que vous apprenez dans cette école, il me semble.
- Bella m'avait appris les bases, de plus, le maître m'avait déjà envoyée en mission. Il m'a suffi de continuer à m'entrainer ici, sur des animaux.
- Bien.
Lira ressentit un élan de fierté. Le fait qu'un mangemort qui avait connu Voldemort mieux qu'elle lui dise qu'elle méritait sa confiance était, par les temps qui couraient, une des meilleures choses qu'on aurait pu lui dire.
- J'espère juste que tu sauras t'en sortir lors du procès. J'imagine qu'il y en aura un.
- En effet, mais ne vous en faites pas, mon oncle, j'y ai déjà pensé. Je ne connaitrais pas le sort que Bella a connu.
- Je l'espère pour toi.
Ils eurent un regard entendu, et Lucius s'en alla.
Lira et lui s'était toujours parlé avec cette distante proximité. Le fait qu'il soit tout deux mangemorts et qu'ils méprisent les nés-moldus avaient installé ce climat entre eux, et cela convenait parfaitement à l'un, comme à l'autre.
Puis, il y avait aussi Drago. Celui-ci partageait déjà les convictions de son père à, à peine, 10 ans. (Il rentrerait dans quelques mois à Poudlard.) Pourtant, Lira était une des rares personnes qui lui inspiraient un minimum de crainte, et cela depuis le jour où il l'avait surprise en train de torturer la seule moldue sur laquelle elle s'était entrainé depuis la disparition de son Seigneur des Ténèbres : c'était une petite fille de 4 ans, peut-être 5. L'âge de Drago quand cela c'était produit. Lira le savait et lui avait appris, dès qu'elle s'était rendue compte de l'effet qu'elle avait sur lui, une chose : « Tu es un Sang-Pur, lui avait-elle dit, tu es au-dessus de ceux qui n'en sont pas, et même de certains qui en sont : parce que tu descends de la famille Black. De ce fait, tu ne dois jamais montré que quelque chose t'effraie, que tu peux avoir des faiblesses. Tu dois absolument caché cela à tous. Ils doivent te craindre, toi, et pas l'inverse. C'est capital, pour des gens comme nous.» Drago avait hoché la tête et avait appliqué ces conseils autant qu'il l'avait pu.
Le soir suivant, au repas, Drago fut étonné de la voir, mais n'en montra rien. Personne ne souffla un mot, sauf pour réprimander les elfes de maison de temps à autre. Lira et Lucius échangeait souvent des regards, sans que personne n'en connaisse la signification, ce qui fit ressentir un certain soulagement à Narcissa. En effet, elle était persuadé que son mari la trompait, et, chaque femme avec qui il avait une complicité différente de son habitude la faisait douter à son sujet. En cela, elle était soulagée que sa sœur soit en prison car elle savait qu'elle aurait certainement suivi la tradition familiale et imposé un mari à sa fille, malgré qu'elle en est, elle aussi, souffert.
Ce fut là le dernier repas que Lira fit ici en tant qu'habitante.
Lira avait lancé un sortilège sur ses valises dont le contenue se rangeait dans les divers meuble se trouvant dans la nouvelle habitation de la sorcière. C'était une maison tout en hauteur se trouvant dans la rue des embrumes. Elle comprenait trois étages, Lira avait du dernier sa chambre et laissée le reste tel qu'elle l'avait trouvé. Elle y avait magiquement fait le ménage et avait entendu que tout se réalise en regardant par les fenêtres. Elle donnait toute sur la rue des embrumes, sauf une qui se trouvait dans sa chambre et qui occupait presque toute la place du toit. Elle avait dû être ensorcelée pour résister aux intempéries.
Quand tout fut bien ordonnée, Lira fit un autre tour des lieux. Elle s'arrêtait sur chaque meuble en pensant à Bellatrix. Elle n'habitait plus ici quand elle était partie à Azkaban, mais l'avait gardée à l'intention de Lira, d'après ce que disait sa tante. Etrangement, les souvenirs qui revenaient à elle ne l'attristaient pas. Ils lui faisaient du bien. Lorsqu'elle arriva dans la chambre, sous le lit, elle trouva une petite malle. Piquée de curiosité, elle l'ouvrit et y trouva des dizaines de photographie : de sa famille, de mangemorts. Sur les photos de familles, elle d'étonna de voir que les visages d'Andromeda et de Sirius n'avaient pas été brulés ou découpés, comme sur celle qu'on lui avait montré jusqu'à présent. Il y avait même des portraits d'eux, seuls. Elle scruta attentivement chaque photo. Elle ressentait toute sorte d'émotions qu'elle n'aurait pu nommer. Il y avait des visages qu'elle arrivait à identifier plus facilement que d'autre, certains qui lui rappelaient de vagues souvenirs, et puis, il y avait les portraits de sa mère. Elle dégageait quelque chose qu'elle avait toujours admiré. Lira aurait aimé inspirer la même crainte, avoir un tel pouvoir.
Elle y passa trois heures, aux termes desquelles elle se souvint qu'elle devait se rendre au ministère pour rencontrer cette Kate Johnson. Elle sortit donc de son nouveau chez elle et transplana jusqu'au ministère. Il y avait foule là-bas. Elle demanda donc au premier employé qu'elle vit s'il savait où se trouvait le bureau de l'avocate. Il la somma de le suivre et la conduit devant une porte. Une petite porte au fond du quartier avocat. Elle remercia l'homme et celui-ci s'en alla.
Lira frappa à la porte. Une jeune femme, qui devait avoir un peu plus de vingt-cinq ans lui ouvrit. Elle était grande, toute fine mais pas frêle, aux cheveux d'une teinture grise et aux grands yeux orangés.
- Lira Lestrange, j'imagine ?, dit la jeune sorcière.
- Et vous, Kate Johnson ?
- Exact, entrez je vous en prie, mon dernier client vient juste de partir.
Lira s'exécuta et se rendit vite compte que le bureau était tout à fait l'inverse de la porte : grand, imposant, mais pas lumineux. Tout y était en bois. Il y avait un bureau de taille normale ainsi qu'une table basse entourée de deux canapés.
L'avocate s'assit derrière son bureau, et Lira lui fit face.
- Puis-je vous proposer un thé ?
- Non, je vous remercie.
- Bien. Dans ce cas, commençons à parler de ce qui vous emmène.
- Dites-moi déjà ce que vous en savez.
- D'après ce que l'on m'en a dit, déclara Kate Johnson, vous étiez à l'école de Poudlard lorsque cela s'est produit. Vous auriez lancé un Doloris sur un jeune homme du nom d'Aaron Martinez, avant que votre geste soit interrompu par un professeur, – attendez que je relise mes notes - Severus Rogue. Après quoi vous auriez crié, je cite « Vulgaire Sang de Bourbe ». Est-ce cela ?
- Oui, c'est exact.
- Il me serait donc utile de savoir quelles étaient vos motivations…
- Pour cela, il faudrait que je vous raconte toute l'histoire depuis le départ. Voyez-vous, Martinez m'a séduite, en me faisant croire que, comme moi, il défendait la supériorité du sang et m'as fait croire qu'il était lui-même né de Sang-Pur. Ce jour-là, il m'a, entre autre, demandé de l'épousé. Je me suis donc plus ou moins enfuie. C'est après cela que sa meilleure amie m'a appris qu'il était un Sang de… qu'il était né moldu. Je lui ai demandé confirmation, et vous connaissez la suite.
- Vos motivations étaient, à mes yeux, des plus nobles, seulement, ce n'est pas du goût de ceux qui nous gouvernent.
- Effectivement…
- Je ne sais ce que nous pouvons plaider. Une légitime défense ne serait pas vue de la meilleure façon par les jurés. Cependant, nous pourrions rejeter la faute sur une enfance difficile, sur le fait que vous ayez toujours été entourée de mangemorts et tout le baratin.
- Je tiens à assumer toutes responsabilités.
- Bien que je vous comprenne parfaitement, je ne veux pas vous voir partir pour Azkaban. Le monde serait en manque de sorciers comme vous.
- Justement, la plupart des sorciers comme moi utilise une autre forme de défense : la corruption, et si cela ne marche pas : la magie.
- Mettons-nous d'accord. Nous sommes déjà le 13 janvier. Disons que vous n'avez qu'à aller à la rencontre des jurés et, si nous n'aurons qu'à plaider…
- La légitime défense, coupa Lira
- Ce serait du suicide.
- Ca m'est égal. J'aurais au moins p choisir ma mort.
- Vous finirez votre vie à Azkaban, ce serait…
- Je n'y passerai pas plus de dix. Je sais déjà que le Seigneur des Ténèbres me libèrera avant que je n'ai pris une ride.
- Comprenez-moi bien, certain n'y survivent même pas une année. Et ceux qui survivent sont presque rendu fous à force de recevoir les baisers des Détraqueurs, il n'est pas possible de vous laisser…
- Laissez-moi décider de ce que je veux faire du reste de ma vie, même si cela doit me tuer.
- Bien, se résigna Kate en ouvrant un tiroir. Dans ce cas je vais vous donner la liste des jurés que vous aurez à corrompre. Elle est normalement ultraconfidentielle mais, étant donné que nous n'avons que demain avant votre procès, j'imagine que cette aide ne vous sera pas de trop.
- Je vous remercie, dit Lira en se saisissant du papier. Je suis persuadée que nous pourrons nous en sortir. Seulement, je ne vois que deux noms sur cette feuille ?
- Oui, ici, nous avons un fonctionnement particulier. Mais ne vous en inquiétez pas cette liste est complète.
- Bien.
Il y eut un silence après lequel Kate déclara :
- Dans ce cas, laissez-moi vous raccompagner…
- Attendez, interrompis Lira, j'ai une question à vous poser. Pourquoi avoir tant insisté pour me défendre ?
- Voyez-vous, nous partageons les mêmes convictions, ceci est la première raison, la seconde est que mon père était lui aussi avocat et il avait lui-même défendu vos parents et votre oncle, j'ai pensé que mon devoir était de…
- Où puis-je trouver votre père ?
- Il habite une demeure à Bristol qui n'a pas vraiment d'adresse. Vous n'aurez qu'à y trouver le quartier sorcier et vous l'y trouverez dans la plus grande bâtisse de la ville.
- Maintenant, nous pouvons nous quitter, dit Lira avant de s'en aller, je passerais vous voir avant le procés.
Lorsqu'elle fut à l'extérieur, Lira examina la liste des jurés. Il y avait un homme : un certain Joey Carlson, et une femme : Chanelle Anderson. Il y avait aussi le fameux juge Alexander Smith.
Lira avait entendu parler des deux jurés, le premier était un ami de Lucius Malefoy, elle savait donc qu'il était inutile de lui rendre une quelconque visite puisqu'il avait les même convictions qu'elle. Quant à la sorcière : elle travaillait au ministère et c'était elle qui s'était occupée de la jeune Lestrange au cours de quelque semaine suivant la condamnation de ses parents. Elle alla donc la voir tant qu'elle se trouvait au ministère. Elle n'eut aucun mal à se souvenir de l'emplacement de son bureau. Elle frappa donc à la porte, et une voix, celle de Channelle, lui pria d'entrer. Lira s'exécuta, et lorsqu'elle croisa son regard, reconnu tout de suite la sorcière.
- Bonjour, je suis Lira Lestrange, je pense que vous vous souvenez de moi.
- Bonjour Lira, répondit Channelle, qui ne semblait ressentir aucune émotion. Que me vaut ta visite ?
- J'imagine que vous savez que vous avez été nommée jurée à mon procès, dans deux jours et…
- Tu me demandes de me ranger en ta faveur. Pourquoi ferais-je cela ? Je te sais coupable.
- Parce que vous n'avez aucune envie de me voir gâcher ma vie, comme tout le monde.
- Lira, tu as tenté de tuer quelqu'un ou du moins tu l'as agressé. Et c'est à cause de gens comme toi que ma famille a été détruite.
- Comment cela ? demanda Lira, comme toujours piquée par la curiosité.
- Vois-tu, ma famille était comme la tienne, une famille pensant que le sang déterminait tout ce que nous étions et qui faisait l'apologie des mariages forcés. Seulement, ma sœur n'était pas satisfaite par son mari. Elle s'est donc trouvé un amant sans savoir qu'il était né moldu. Elle l'a appris quand elle est tombée enceinte de lui. Elle ne voulait pas garder l'enfant, sauf qu'il n'était pas dans les traditions de la famille d'avorter. Alors, un peu avant l'accouchement, elle m'a retrouvée, m'a demandé de prendre le bébé et elle a fait croire à son mari qu'il était mort-né.
- Elle a fait une erreur que j'ai aussi faite. Vous ne savez pas ce qu'est ce sentiment de trahir son sang.
- Lira, cet enfant, tu le connais.
- Et qui est-ce ?
- Logan Williams.
- Ce traître est donc un batard, fils de traîtresse.
- Je t'interdis de le qualifier par ces termes, et je vais donc de demander de sortir d'ici.
- Bien, siffla Lira. On se reverra dans deux jours.
Elle sortit, non sans claquer la porte au passage.
Une fois dehors, elle prit une profonde inspiration et pris la direction du bureau de cet Alexander Smith. Elle avait décidé de suivre son plan initial, cela la fatiguerait moins et elle était au moins sûre que cela fonctionnerait. Elle entra donc sans frapper, par chance, le juge était seul. Elle ne prit pas le temps de lui dire quoi que ce soit : Lira ferma la porte, sortit sa baguette et en quart de seconde eut lancé « Impero ». Voyant que ce sort avait réussi, elle verrouilla la porte et s'approcha du juge. Elle mit ses lèvres près des oreilles d'Alexander Smith et lui murmura : « Dans deux jours, nous serons au procès. Vous allez prendre parti pour moi. Vous allez leur donner tous les arguments que vous aurez à l'esprit qui pourront me défendre. Et vous trouverez le moyen de me déclarer innocente. Pour n'éveiller aucun soupçon, vous ferrez tout comme d'habitude jusqu'au procès, mais toujours en me défendant, dès que vous en aurez l'occasion.» Elle s'éloigna alors du juge et reparti avec l'assurance qu'elle serez innoncentée.
Lira, sera-t-elle vraiment innocentée ? Réponse au prochain chapitre...
