Réponse à Matrix97121 : Contente que ça te plaise toujours. Evidemment, je tente de respecter au maximum les personnalités des persos. Je m'éclate de plus en plus d'ailleurs. Ce chapitre est de loin mon préféré, plus court mais plus marrant.
Au fait avez-vous remarquez mon clin d'œil à la série ? Maya est le prénom que Jérémie avait donné à Aelita avant de connaître sa véritable identité. Et Lyoko, ben pour Lyoko ! Je me suis dit que ça serait drôle de donner ce nom à Yumi, pour le temps où elle joue incognito. Mais avant de trop en dire je vous laisse à votre lecture !
Chapitre 4 : Espionnage
Tout cela lui était intolérable. Il lui était impossible de vivre dans cette maison. Les meubles avaient été couvert de tissus blancs. Les souvenirs qui habitaient leur villa sur la plage lui collait à la peau. C'était comme respiré un air vicié. A chaque pas dans la maison, ses poumons aspiraient son parfum, causant une profonde douleur dans sa poitrine. Une plaie qui ne se refermerait jamais.
Alors qu'il marchait le long de l'allée de sable et de planches de bois, tentant de prendre l'air pure et iodée de l'océan, son pied nu tomba sur un morceau de verre. Jurant entre ses dents, il s'appuya à la barrière en retirant le morceau de verre de la plante de son pied. Tandis que ses doigts pressaient la plaie, ses yeux se posèrent sur les débris coupants dans le sable. Cherchant d'où ils pouvaient provenir, ses yeux se levèrent vers le lampadaire. Il constata alors que les ampoules étaient brisées.
« Curieux » pensa t'il.
Yumi passa le reste de la semaine à arranger la maison. Si l'héritage de ses parents n'était plus, elle avait encore ses propres économies. Avoir travaillé en temps que bibliothécaire ne rapporter pas grand-chose, elle n'avait cependant jamais eu à dépenser quoique ce soit. William avait toujours mis un point d'honneur à combler ses besoins. Raison pour laquelle il n'avait pas compris son envie d'avoir un travail. Pour lui, l'image d'une femme indépendante allait très peu avec son idée de la parfaite femme au foyer.
Yumi secoua la tête, forçant William à sortir de ses pensées. Son mari était loin et – à son grand espoir – elle ne le reverrait jamais. Bien décidé à ne plus se morfondre et à redevenir la jeune femme belle et forte qu'elle avait été, elle attacha ses courts cheveux en une couette, se munit du rouleau et commença à peindre les murs de la cuisine en jaune. Elle avait passé la matinée à préparer les meubles et à enlever la tapisserie vieillotte et brunit par le temps. Petit à petit et jour après jour, la maison reprit des couleurs et une touche de convivialité que Yumi voulait apporter.
C'était mercredi, alors qu'elle avait creusé un trou dans son jardin pour y planter un érable japonais, Yumi entendit un bruit étrange. Elle leva la tête cherchant l'origine de ce bruit avec son ouïe fine. C'était un sifflement dans l'air suivi d'un grognement sourd. Ces sons semblaient revenir à répétitions. Elle tourna son regard vers les buissons épais qui marqué la limite entre son jardin et celui de son voisin. Avec lenteur, elle se leva.
Ses mains gantées et couvertes de terres écartèrent les branches. Regardant par le trou ainsi formé, Yumi vit son voisin de dos en train de s'entraîner au sabre. Elle écarquilla les yeux en le voyant bougé au rythme d'attaques ennemies inconnues. Ses gestes étaient fluides, précis. Les muscles de ses épaules et de son dos mis à nu jouant au fil de ses mouvements. C'était comme regarder une danse, Yumi était totalement hypnotisée. Le sabre tenu à deux mains, le jeune homme comme pris dans son étrange transe, fit un soudain demi-tour sur lui-même, la lame en biais tranchant l'air. Yumi lâcha un cri de surprise et recula subitement. D'un geste vif, elle se cacha derrière le tronc d'un arbre, son avant bras devant la bouche – faute d'utiliser ses mains terreuses – pour maintenir sa respiration silencieuse.
Elle avait reconnu le jeune homme quand il s'était retourné. Il ne s'agissait de personne d'autre qu'Ulrich Stern, le garçon renfrogné qu'elle avait rencontré quelques jours plus tôt. Yumi retint son souffle alors que le silence se faisait oppressant de l'autre côté de la haie. Elle attendit, le corps tendu que son voisin s'éloigne. Elle eut un soupir de soulagement quand elle entendit la baie vitrée coulisser et se refermer derrière lui. Un rire nerveux franchit ses lèvres. Elle avait vraiment agi comme une gamine. Elle secoua la tête devant sa propre bêtise et se remit au travail, oubliant pour le moment son mystérieux voisin.
Deux jours plus tard, elle s'était rendu jusqu'au marché du village. Elle se trouvait devant un stand de légume, humant le parfum de tomates fraîches lorsqu'une voix la tira de ses reflections :
-Maya ! Hey, Maya !
La voix se trouvant très proche d'elle, Yumi se retourna. Elle vit alors Odd secouait les bras dans l'air à quelques mètres d'elle, lui offrant son plus beau sourire. Elle lui en offrit un en retour tandis qu'il s'approchait d'elle :
-Et ben, ça fait plusieurs fois que je t'appelle et tu réponds pas, dit-il, on est rêveuse aujourd'hui ?
Yumi sentit un mélange de panique et de gêne l'envahir.
-Euh, oui oui, c'est ça, j'étais perdue dans mes pensées, répondit-elle un peu vite, désolée.
-Tu fais tes courses ? Lui demanda t'il.
-Oui, sourit-elle, et toi ?
-On est là pour visiter un ami, répondit Odd de son ton naturellement enjoué. Il est toujours coincé derrière son ordinateur, mais aujourd'hui on s'est décidé à le sortir de son monde informatique.
On ? se demanda t'elle et presque sans réfléchir son regard passa par-dessus l'épaule d'Odd pour croiser le regard perçant et indifférent d'Ulrich. Sa gêne s'accrue soudain. Depuis qu'elle l'avait vu s'entraîner dans son jardin, Yumi avait plusieurs fois songé au jeune homme, sans vraiment savoir quoi penser de son air renfrogné. Elle mit quelques secondes à se rendre compte qu'Odd continuait à lui parler et semblait avoir déjà posé trois fois une question :
-Bon alors, t'es en location dans le coin ou tu crèches à l'hôtel ?
Yumi se secoua mentalement, et revint dans la conversation.
-Ni l'un ni l'autre, répondit-elle, j'habite ici.
-Vrai ? S'exclama Odd apparemment ravi. Et moi qui croyais que tu étais une touriste ! C'est super ! On va se voir plus souvent alors.
Encore une fois, il lui offrit un grand sourire charmeur. Yumi sourit en retour, elle voyait venir les tentatives de dragues d'Odd longtemps à l'avance. Mais le jeune homme était sympathique et de très loin pas assez sérieux pour qu'elle se sente offensée.
-D'ailleurs en parlant de ça, continua Odd, ce soir on va tous voir le concert d'une amie ça te tente ? C'est de la techno, mais elle a un style qui accroche, c'est d'enfer !
-Et bien oui, pourquoi pas, répondit Yumi cachant mal son enthousiasme.
-Super ! Tu vas voir on va s'éclater. Tu veux qu'on passe te chercher ? Enchaîna t'il.
-Euh, oui, ça m'arrangerait, dit-elle en réfléchissant rapidement.
Elle fouilla un instant dans son panier et en sortie un stylo et un papier. Elle écrivit dessus sous l'œil attentif d'Odd et celui désintéressé d'Ulrich. Ce dernier n'avait d'ailleurs pas prononcé un mot depuis le début de la conversation. Yumi se demanda sérieusement ce qui n'allait pas avec lui, lorsqu'elle lui jeta un coup d'œil en tendant le papier à Odd.
-C'est mon adresse, dit-elle.
-Ok, cool, on passera à dix-neuf heures, lança Odd. Salut !
-Salut ! Sourit Yumi.
Lorsqu'ils se séparèrent, Yumi ne manqua pas de remarquer la froideur du jeune brun. « Oui, moi aussi je suis contente de t'avoir revu » Ironisa t'elle en pensée. Secouant la tête comme pour chasser son énervement soudain, elle revint à ses courses.
Plus loin, Odd s'extasiait devant le petit bout de papier qu'il tenait dans ses mains.
-Ha ha ! S'écria t'il à l'intention de son ami avec un air vainqueur. Je t'avais dit qu'elle était dingue de moi.
-Mais oui, Odd, soupira Ulrich en tentant de retenir un sourire moqueur – tentative à laquelle il échoua lamentablement. Tu es un tombeur, tu es un tombeur.
-Hey Ulrich, fit soudain Odd en s'arrêtant de marcher.
Ulrich s'arrêta à son tour, surpris par le ton soudain sérieux de son ami.
-Quoi ? S'étonna t'il, un sourcil levé.
Odd lui mit le papier devant les yeux.
-Ҫa se trouve pas dans ta rue ?
Ulrich se saisit vivement du papier et le lut attentivement.
-T'as raison, souffla t'il encore étonnée. Je savais pas que la maison était à nouveau habitée. J'ai vu aucun camion déménageur ou quoique ce soit de ce genre.
« Mais alors, l'autre jour… » songea t'il. « Non, ça devait être un chat ».
Yumi rentra chez elle le panier plein. Avant de se mettre au fourneau pour le repas de midi, elle rangea ses provisions dans ces placards. Alors qu'elle avait fini, elle se figea devant ses étagères. Elle eut un sourire alors qu'une envie subite la parcourait. Du bout des doigts, elle donna des coups rapides dans les boîtes et paquets à l'intérieur de son placard, mettant en désordre les objets. Ayant un petit rire, elle ferma les portes du placard, satisfaite. Oui, pour sûr, cela faisait du bien d'être libre.
