Le lendemain lorsque Colby se réveilla il jeta un regard sur le réveil posait sur sa table de chevet, déjà 12 H, il jura, il ne se réveillait jamais aussi tard, après avoir attrapé un tee-shirt, il se transféra sur son fauteuil et alla dans le salon pour trouver Don devant la télévision.
-Salut.
-Salut, la marmotte. Lui répondis-je taquin, il me fit les gros yeux.
-T'aurais dû me réveiller.
-Pour quoi faire ? Tu dormais bien, et on n'a rien de prévu ce matin.
Colby hocha la tête, mais il semblait toujours gêné.
-T'es réveillé depuis longtemps ?
-Non. Mentis-je, je n'avais aucune envie qu'il se sente plus mal qu'il ne l'était déjà.
Un court silence suivit cette déclaration.
-T'as faim ? Lui demandais je et il hocha la tête en réponse.
-Ton frère est là ?
-Oui, au garage, il fait des math.
Colby hocha la tête, et alla jusqu'à la porte du garage, il l'ouvrit et entra, en voyant la grande pièce rempli de tableaux noirs il se dit que ce n'était certainement pas l'idée qu'il de faisait d'un garage.
-Eh petit géni on peut manger si t'as faim.
Charlie tourna la tête vers Colby surprit, trop prit dans ses maths il ne l'avait pas entendu.
-Arrête de m'appeler comme ça.
Colby rigola à l'accusation dans la voix de Charlie.
-Impossible, petit génie, il va falloir t'habituer, allez viens manger je suis sûr que ça doit être fun de regarder Don faire à manger.
-Don, prépare le repas ?
-Oui, pourquoi ?
- On ne va rien manger, il est vraiment nul.
-Entre toi et lui, je ne sais pas qui il vaut mieux pour nous préparer le repas.
Charlie rigola quelques instants, la seule fois où enfant ils avaient voulu préparer un gâteau ils avaient presque faillit mettre le feu à la maison.
-Je ne saurais pas répondre.
Colby rigola et ils allèrent dans la cuisine, ou Don semblait un peu désarmé face à la casserole qui se tenait posé devant lui, se demandant comment il s'en sortirait avec ses béquilles.
-Tu sais Don, il n'y a aucune chance qu'elle se mette à t'attaquer.
Je sursautais en entendant la voix de Colby, je me tournais pour lui faire face, la lueur maligne dans ses yeux était constamment là, c'est comme si jamais rien ne pourrait lui retirer son sourire et j'espérais sincèrement que ce serait le cas.
-Ouais je sais.
Colby sentant qu'ils n'étaient pas près de manger si il laissait faire Don, il se mit devant la gazinière prit la casserole et les œufs pour les préparer.
-T'es sur que tu sais ce que tu fais ?
-Mieux que toi en tout cas. Se moqua gentiment Colby. Alors, petit génie, tu passes vraiment tes journées à faire des maths ?
-Oui, toujours.
-Tu sais tu pourrais sortir dehors, faire du sport, rencontrer des gens. Dis Colby tout en battant les œufs pour faire une omelette.
Les yeux de mon petits frères exprimaient la peur face à cette idée et je ne pus m'empêcher de rigoler, je savais que Colby n'était pas méchant et qu'il plaisantait.
-Tu peux commencer simplement par le jardin, vous avez un super bassin à carpes.
-C'est ennuyeux tout ce qu'elles font c'est tourner en rond. Répondis calmement Charlie.
-Et tes math ce n'est pas ennuyeux peut être. Dis-je, un peu plus accusateur que ce que j'avais prévu au départ une lueur de colère passa dans les yeux de mon frère.
-T'aimais pas l'école qu'est-ce que tu en sais de tout ça, de toute façon tu t'en fous de moi, et se sera toujours comme ça, je te déteste !
Je restais scotché après ses paroles, j'étais allé trop loin et je le savais, face à mon absence de réaction, il partit en courant s'enfermer dans le garage comme il le faisait toujours quand il était en colère.
Colby, lui semblait complètement abasourdi, il y avait tellement de haine dans les paroles de Charlie, il pensait pourtant que les deux frères s'entendaient bien, en apparence en tout cas s'a avait l'air, et il se sentit le besoin de s'excuser après tout c'est lui qui avait abordé le sujet sensible.
-Je suis désolé, je ne savais pas que c'était un sujet sensible.
- Tu ne pouvais pas savoir, ça fait des années qu'on ne se supporte plus.
Colby hocha la tête et reconcentra son attention sur l'omelette qui était presque cramée, cependant il avait bien l'intention de faire en sorte que les deux frères se réconcilient, il aurait donné n'importe quoi pour que son petit frère soit encore en vie aujourd'hui, alors il n'était pas question que ces deux-là ne se parle plus sous prétexte d'un manque de compréhension mutuelle et surtout d'après lui d'un manque de communication.
Lorsque je vis que Colby avait fini avec l'omelette je sortis deux assiettes pour qu'il puisse nous servir sachant très bien que de toute façon mon frère ne mangerait pas.
Le début du repas se passa en silence avant que finalement je prenne la parole.
-Mon père est allé t'inscrire au lycée ce matin, s'il y a des papiers à remplir il a dit qu'il les ramènerait ce soir.
-Merci.
Il sembla sincère mais pas plus enthousiaste que ça à l'idée d'aller au lycée.
-Le proviseur a refusé que tu visites le lycée avant la rentrée, donc tu ne pourras pas y aller.
-C'est quand la rentré ?
Après deux mois passé à l'hôpital il était complétement déphasé.
-Dans deux jours. Répondis-je.
Il me fit les gros yeux, je suppose qu'il ne pensait pas que ce serait si tôt.
Un nouveau silence s'installa, il semblait un peu perdu dans ses pensées.
-Su tu veux tu peux appeler tes parents pour leur dire ce qui se passe.
-Non, de toute façon, elle s'en fout.
J'avais remarqué qu'il avait seulement dit elle et supposa rapidement que son père était probablement mort, mais je ne tentai pas de creuser, il sembla vraiment triste et je ne voulais pas que ce soit ma faute.
Finalement le repas se termina en silence, on était sur le canapé devant la télé lorsque je me suis endormi, enfin je pense, parce que c'est la seule chose que me rappelle avant de m'être retrouvé de nouveau dans cet enfer qu'était l'accident du pont, je ne savais pas pourquoi j'avais cette sensation que ce n'était pas vraiment réel et que je rêver, ou plutôt cauchemarder, je me souviens sentir de nouveau, la douleur dans ma jambe, et le sentiment de peur alors que je me rendis compte que j'étais incapable de bouger, et je vis de nouveau la panique des gens autour de moi, les hurlements, les sanglots, la peur qui envahissait totalement les lieux, je me remémorer d'avoir pensé à mon frère et mon père me demandant qu'est ce qu'ils faisaient, si ils étaient au courant de ce qui se passait, je n'en pouvais plus j'étouffais la panique s'installais peu à peu en moins, mais au milieu de ce brouillard je perçu une voix que je connaissais.
-Don, Don réveille-toi ! Disait-elle, il me semblait qu'elle criait.
Quelqu'un me secoua et soudainement j'ouvris les yeux, le souffle court et les images de l'accident passant encore devant mes yeux, je tournais la tête pour me trouver face à Colby, ses yeux joyeux d'ordinaire exprimaient l'inquiétude, il me laissa un peu reprendre mon souffle avant de parler.
-Ça va ? Demanda-t-il
Je fus tenter de répondre que non ça n'allait pas du tout mais je me retins et hocha la tête à la place, je n'avais aucune envie de monter ma faiblesse même face à quelqu'un que je connaissais.
Il m'observa peu convaincu mais ne fit aucuns commentaires.
-Tu veux un verre d'eau ?
J'hochai une nouvelle fois la tête, le temps qu'il aille chercher de l'eau je pourrais reprendre mes esprits, enfin c'est ce que je pensais avant de le voir faire signe à mon petit frère qui était juste à côté de lui, et merde, même mon frère m'avait vu faire ce cauchemar, et c'était sûr qu'il en parlerait à mon père, ce que je ne voulais pas, il avait déjà à s'occuper d'assez de chose comme ça, depuis la mort de maman.
-Ton cauchemar, c'était à propos de l'accident du pont.
Ce n'était pas une question, lui aussi en avait peut-être eut.
-Oui.
Je parlais pour la première fois depuis que je m'étais réveillé et ma voix tremblait encore sous le coup de l'émotion.
-Si tu veux en parler.
J'appréciais qu'il ne m'oblige à rien, et soudain je sentis le besoin d'en discuter avec quelqu'un il faudrait bien un jour de toute façon.
-J'étais terrorisé, complétement tétanisé, pour la première fois je n'avais aucune idée de ce que j'étais censé faire, et personne ne pouvait m'aider, tout ce que j'entendais c'était des cris et je doute que ça aurait été d'une grande aide. Ma voix tremblait toujours et j'avais du mal a exprimé de façon cohérente mes pensées mais Colby ne semblait pas en tenir compte.
Colby ne disait rien, attendant de voir si Don voulait rajouter quelque chose, mais lorsque le silence se prolongea il prit la parole.
-On était tous terrorisés.
Il ne savait pas si c'est ce qu'il fallait dire mais de toute façon maintenant c'était trop tard.
-Tu fais des cauchemars de l'accident ?
-J'en ai fait mais plus maintenant.
-Pourquoi ?
Colby hésita, devait-il dire la vérité ? Il faisait toujours des cauchemars, mais pas de l'accident de choses plus anciennes et bien plus douloureuse, finalement il décida de dire seulement une partie de la vérité.
-J'en ai parlé à quelqu'un depuis ça va mieux.
Je hochai la tête, j'espérais que ce serait pareil pour moi, j'avais fait de nombreux cauchemars à l'hôpital et à chaque fois ça me foutait autant la touille, et je n'en pouvais plus de flipper comme ça.
Je l'observais ses yeux semblait s'être voilé de tristesse mais se sentant observer il sourit, je n'étais pas convaincu et savait depuis un moment qu'il y a des choses qu'il ne me disait pas mais je le comprenais il ne me connaissait pas depuis longtemps, j'espérais juste qu'il finirait par avoir suffisamment confiance pour m'en parler.
La dispute avec mon frère avait un peu refroidit l'ambiance l'après-midi, je m'en voulais, sachant très bien que j'avais était un peu dur avec lui, mais comme d'habitude je n'avais pas réfléchit avant de parler et maintenant mon frère était resté enfermé toute l'après-midi dans la garage à cause de moi.
Colby ne comprenait pas comment deux frères pouvaient être autant en conflit, son frère était mort quand il avait dix ans, et il se souvient que comme tous les frères et sœurs ils s'étaient souvent disputé mais jamais comme ça, ce dont il était sur c'est qu'il devait connaitre la source de ce problème pour espérer pouvoir réconcilier les deux frères.
