Dear Alice... Come in my Nightmare
Partie I
I. Un destin donné pour un passé pardonné
Le passé est l'essence même de l'avenir... Mais lorsque que notre passé est douloureux, à quoi bon se le remémorer si l'on veut aller de l'avant ?
" Mesdames et Messieurs de la Cour, Sa Majesté la Reine de Cœur. "
Les trompettes jouaient gracieusement, accueillant la Reine qui gagnait son trône. D'un signe de main, elle interrompit la fanfare et prit la parole.
" Suite à de nombreuses distorsions et accidents courants notre pays, voire le monde entier, je déclare cette séance ouverte.
_ Faites entrer l'accusé ! "
Les imposantes portes s'ouvrirent sur un jeune homme. Il s'avança vers le piédestal, faisant ainsi virevolter son long manteau rouge.
Il s'agenouilla devant la Reine et posa son arme à terre.
" Alice, condamné au Drop Land pour l'éternité, est prié de formuler ses vœux.
_ Votre Majesté, j'implore votre bienveillance et votre pardon.
_ Bien. Relevez-vous ! Je vous libèrerai si vous acceptez ma requête...
_ Tout ce que vous voudrez, Votre Majesté. "
La femme prit le rouleau qu'un des Valets lui présentait. Elle se leva et intima au prévenu de s'approcher.
" Vous devrez affrontez votre passé et anéantir le mal qui ronge ce monde. Le Prince, mon fils, vous accompagnera et vous aidera.
_ Il se fera selon vos désirs. "
Elle lui donna le rouleau et retourna s'asseoir, tandis que l'homme s'agenouilla à nouveau.
" Mesdames et Messieurs de la Cour, Son Altesse royale, le Prince Eliott. "
La fanfare retentit une nouvelle fois.
A l'entente de ce nom, l'homme se releva brusquement. Sa respiration s'accélérait.
Ce nom... Il lui rappelait de lointains souvenirs...
" Tu est plutôt timide, dis-moi... Je plaisantais... Je ne t'abandonnerai pas... Alice... "
Il secoua légèrement la tête. Il ne devait pas penser à son passé, il ne devait plus...
Le Prince fit alors son entrée et, lorsque son regard croisa celui du cendré, il ne put que se jeter à ses bras, sous les regards abasourdis de tous les témoins. L'ex-inculpé était, lui aussi, stupéfait. Alors, c'était bel et bien vrai ? La personne qu'il avait en face de lui et qui l'étreignait était bien cet Eliott, celui qu'il connaissait depuis sa dure enfance ? Bien qu'il se forçait à repousser ce vécu si atroce, les larmes lui montaient aux yeux, le contraignant à ne pas négliger ces instants. Les pleurs d'Alice se firent plus forts et il hoquetait vivement.
La Reine leva la séance, étant donné que les évènements avaient pris une tournure assez… inattendue. Elle se dirigea ensuite vers les deux hommes.
« Eliott ! Quel est ce comportement ? Tu ne m'as même pas dit que vous vous connaissiez.
_ Pardonnez-moi, Mère.
_ Ce n'est rien. Alors, tu es donc cet Alice dont mon fils me parlait si souvent ? »
Ledit Alice restait interdit. Son seul ami parlait donc de lui à sa mère ? Et puis, cette femme semblait vraiment tendre, malgré son rang. On disait souvent que les reines étaient toutes d'exécrables belles-mères voulant régner pour l'éternité. Enfin, c'est ce que disaient les contes de fée…
« Je vois que tu ne te trompais pas en me disant qu'il était timide.
_ Je… Euh… Je suis navré, Votre Majesté… Je…
_ Allons, ne soyez pas aussi formel, appelez-moi Katherine. Vous êtes un ami de la famille, après tout. »
Le jeune homme hocha la tête.
« Je pense que vous allez bien vous entendre. Mère s'est beaucoup intéressée à toi !
_ Vraiment ?
_ Allons, allons… Pas plus que toi, mon cher ! Je te signale que c'est toi qui me narrais toutes sortes de choses concernant Alice.
_ Quels genres de choses ?
_ Euh… Rien de bien méchant… Ne me regardes pas comme ça, s'il-te-plaît… »
Un Valet les interrompit, priant la souveraine de se rendre à son prochain lieu d'entretien.
« Veuillez m'excuser, je dois vous laisser.
_ Je vous en prie.
_ À ce soir, Mère !
_ C'est cela, à ce soir. Ah… Que cela est difficile d'être reine… »
La femme s'éloigna des deux plus jeunes, les pants de sa longue robe pourpre traînant sur le sol dans un lent glissement. Quand la reine sortit de la salle, Eliott se tourna vers son ami et reprit tout son sérieux.
« Alice… Tu es sûr de vouloir faire… ça ?
_ Oui.
_ Mais, c'est plus que dangereux !
_ C'est le seul moyen que j'ai pour être libre.
_ J'aurais… J'aurais pu…
_ Ce n'est pas de ta faute, tu n'avait pas à faire quoi que ce soit.
_ Ce n'est même pas de la tienne !
_ Je sais… Mais je sais me défendre et… je veux savoir pourquoi j'ai acquis ce… pouvoir… »
Le cendré fixait avec tristesse et curiosité sa faux. Le prince fut surpris de le voir une arme à la main, surtout que cette arme était bien plus grande que lui. Il n'avait jamais vu une arme aussi particulière. Plus il l'admirait, plus il se posait des question sur l'obtention de la lame. Alice avait été enfermé trop longtemps pour avoir eu l'occasion de se procurer quoi que ce soit. Il avait été enfermé pendant de si longues années… Pendant neuf ans… Instinctivement, le roux enlaça une nouvelle fois son cadet.
« Eliott ? »
Pour seule réponse, le plus âgé resserra l'étreinte et enfouit sa tête dans le cou de l'ancien inculpé. Ce dernier pouvait sentir la forte respiration et le léger tremblement d'Eliott.
« Alice… J'aurais pu t'aider… J'aurais du ! »
Alice en fut touché. Son seul et meilleur ami culpabilisait de sa peine. Il ne put que poser délicatement une de ses mains sur la nuque du roux et caresser son dos de l'autre.
« Vraiment, tu n'y pouvais rien. Ne t'en sens pas coupable. »
