Posté le : 15 Février 2014. C'est un petit pas pour Vector, un grand pas pour l'humanité.


Réponses aux reviews anonymes :

Coukie : C'est sûr et certain que si je pouvais faire autrement et ne pas avoir à courir à droite et à gauche, je le ferais. Mais bon, je suis toujours aussi heureuse d'écrire et c'est bien là l'essentiel. Je suis super fière que tu trouves le chapitre précédent à ce point réussi et ça me reboost davantage pour offrir une suite de qualité. Bonne lecture !

Liline : Il n'y a pas de souci pour le malentendu. Sache que tu n'es pas la première ni la dernière à me poser ce genre de questions. C'est juste que parfois, ça fatigue xD. Mais je peux comprendre que tu l'ai vu par la suite. Bonne continuation à toi aussi !

Constance : Tu as tout à fait raison : Hund est un gros incompris et crois-moi que j'ai eu mal dans mon petit cœur tout mou. Haha, ouais le pouvoir de Draco est une énigme pour pas mal de moooonde. Mais ceci obtiendra un fragment de réponse dans ce chapitre-ci et les suivants (oui, j'ai bien dit LES (voir la note d'auteur)).

Bambinette-sama : Oooh, trop d'amour, trop de sentiments ! Je te remercie !

Shishi-Sama : Et voilà la suite ! J'espère qu'elle t'emballera tout autant que les trois premiers chapitres de cette toute nouvelle histoire (oui, parce qu'elle est encore fraîche dans ma tête, LOL).

Megane : Je croise les doigts pour que ce chapitre te plaise. Bise.

Elora : C'est sûr que ne plus pouvoir copier/coller enlève beaucoup au site. Moi aussi j'avais pour habitude de citer les phrases qui m'avaient marqué dans un chapitre lors de ma review. Et même en tant qu'auteur c'est chiant quand on veut reprendre un passage exact de son histoire sans avoir à trifouiller dans ses dossiers... Mais bon, tant pis ! Je te remercie pour tout et à la prochaine !


Note : Je sais que j'avais dit que la fic ferait cinq chapitres, mais finalement je vais la prolonger de quelques-uns, donc j'imagine qu'elle s'approchera plutôt entre sept ou dix (Oui, parce que j'ai eu de nouvelles idées entre temps, donc voilà...). Mmh, sinon, j'espère que vous apprécierez ce chapitre et les petites intrigues qui commencent à se mettre en place tout doucement. J'ai déjà en tête le plot du prochain chapitre et je sais (bien évidemment) qui est le grand méchant. J'espère que vous n'avez pas oublié, hein. Beh oui, le gros méchant du second chapitre qui faisait entendre des cris à ses victimes. Eh bien il reviendra, donc gardez ça en tête pour la suite. On m'a aussi demandé si chaque chapitre serait indépendant les uns des autres par rapport à l'intrigue, et en fait non. Chaque chapitre suit le restant de l'intrigue et même s'il y a de nouveaux personnages, c'est important de tout lire dans l'ordre !


Chapitre IV : « La Pie Voleuse et le Dragon »

.

.

.

Aux alentours de midi, Draco s'avoua finalement vaincu et admit que Rogue ne viendrait pas. Ses autres camarades de fortune – Luna, Blaise, Neville, Dean et Harry – en étaient venus à la même conclusion deux heures plus tôt. La voiture de l'instructeur, désormais toute cabossée, ne s'était pas faufilée parmi les allées du parking, et la porte du bureau était restée désespérément close.

Draco avait toujours apprécié Rogue, même s'il ne le connaissait que depuis quelques semaines. Alors, c'est pour cette raison qu'il avait refusé de se laisser entraîner par les autres, préférant patienter toute la matinée s'il le fallait. Draco redéposa sa tenue orange de TIG dans son casier en soupirant. Il aurait sans doute mieux fait de rester tranquillement au chaud, sous sa couverture, ce matin. Il resserra les nœuds de ses lacets puis s'apprêta à quitter le centre social. Il s'arrêta net, réalisant quelque chose d'important.

Si Rogue n'était pas venu aujourd'hui, qui avait ouvert toutes les portes ? Jamais – ô grand jamais ! – Rogue aurait laissé le centre aux mains de ''jeunes délinquants'' dont il avait l'entière responsabilité. Donc quelques options s'offraient à lui : 1. Quelqu'un d'autre possédait le double des clefs. 2. Rogue était passé avant eux et reparti aussitôt. 3. … Eh bien, Draco ne préférait pas penser au 3.

Il fit volte-face et décida d'arpenter le centre. Draco passa d'abord dans la salle des fêtes, adjacente à une pièce lumineuse qui servait de lieu de réunion à toute sorte d'organismes ou associations. Ses pas résonnaient sur chaque dalle. Draco passa juste devant le bureau de Rogue puis consentit finalement à repartir. Dehors, le ciel était bleu.

Mais en franchissant les portes du centre, Draco ne se retrouva pas à l'extérieur. Il était dans une sorte d'église aux hautes fenêtres condamnées. Ce n'était pas une église ordinaire : celle-ci était remplie de véritables dunes de pièces et de billets. Assise sur une colonne de lingots d'or, une jeune fille semblait l'attendre.

– Pansy ?!, s'étrangla-t-il en la reconnaissant immédiatement sous son masque violet. Qu'est-ce que tu fiches ici ? Qu'est-ce que MOI je fous ici ? Où sommes-nous ?

– Une question à la fois, mon dragon. Si tu es ici, c'est parce que je t'ai fait venir.

Draco arqua un sourcil d'incompréhension.

– Comment ça ?

Pansy soupira et tendit négligemment la main. Cette dernière s'entoura d'un halo violet et, une poignée de secondes plus tard, se matérialisa une grande tasse de café encore chaude.

– Disons... Disons qu'il m'a suffi de le souhaiter, éluda Pansy.

Elle en but une gorgée, déposa sa tasse sur une statuette en bronze puis se laissa glisser le long de la vertigineuse pente de billets de banque encore neufs, comme s'il ne s'agissait que d'un vulgaire toboggan. Pansy lissa les plis de sa jupe et s'approcha d'une démarche assurée vers Draco.

– Dis-moi que je rêve, balbutia-t-il en constatant l'étendue de la richesse l'entourant. Tu n'as quand même pas... volé toutes ces choses ? C'est comme ça que tu as décidé d'utilisr ton pouvoir ? Comment se fait-il que tu en aies un d'ailleurs ? Tu ne pouvais pas être radiée par la pierre puisque tu n'étais même pas là !

– Tu deviens trop faible, Draco, rétorqua-t-elle en jouant avec un énorme saphir, et trop borné. Je sais très bien que je n'étais pas à la fête, ce soir-là, puisque ni toi, ni Blaise n'aviez pris la peine de m'inviter, dit-elle d'un air pincé. Vous avez refusé que je vienne sous prétexte que c'était une soirée entre mecs. Alors... Alors j'ai décidé de vous offrir une belle leçon en me plaignant à mon père. Ce que je ne pouvais pas deviner, c'est qu'il balancerait l'info à la police pour discréditer ton père. (Draco avait la bouche entrouverte de stupéfaction) La pierre m'a affectée à distance, conclut Pansy. J'imagine qu'elle... qu'elle a affecté toutes les personnes qui avaient un lien avec elle de près ou de loin, et pas seulement Blaise et toi. Nous ne devons pas être les seuls en ville (Elle fit une petite moue innocente). Ne fais pas cette tête, mon dragon !

– Je ne suis pas ton dragon.

Pansy le regardait, perplexe.

– Il me faut un dragon pour protéger mon trésor. C'est ainsi que les choses doivent se dérouler. C'est écrit.

Draco eut un petit rire cynique.

– Tu es complètement folle, Pansy. Plus qu'avant en tout cas. Bon, maintenant, laisse-moi partir. Renvoie-moi au centre social.

Pansy eut un sourire sordide et, dans sa main, apparut une longue chaîne. Draco se redressa.

– Alors là, n'y pense même pas...

Trop tard, les chaînes s'étaient solidement enroulées autour de lui. Pansy le tira vers un des piliers de pierre de l'église et l'y attacha.

– Pansy ! Détache-moi ! Tu ne peux pas me garder ici !

Elle ne l'écoutait pas et déposa trois lingots d'or devant lui.

– Voilà tes repas de la journée, mon dragon, dit-elle en lui caressant les cheveux. J'essaierai de ne pas revenir trop tard. J'ai encore plein de trésors à débusquer.

Avant même qu'il put ouvrir la bouche, Pansy disparut grâce au même halo violet que tout à l'heure. Draco rejeta sa tête en arrière et grommela un juron.

Ooo

Harry jeta un coup d'oeil à sa montre. Il était devant un coffee-bar, attendant la venue de Draco. Ils s'étaient discrètement donné rendez-vous lors des TIG, pendant que les autres étaient occupés à jeter les sacs dans la benne à ordures. C'était Draco qui avait choisi l'endroit et Harry avait éprouvé pas mal de peine à le trouver. Mais il était là, un peu en avance, à regarder à droite et à gauche que l'autre arrive.

Quand Draco lui avait donné rendez-vous, Harry avait d'abord rétorqué : « Non ». Sa réponse avait été ferme. Il savait exactement comment ce genre de rencontre se déroulait : une phrase après l'autre il passait du gars à peu près sympathique au vrai crétin qu'on avait envie de tabasser. Harry ne voulait pas se décrédibiliser tout seul. Rien que de penser qu'il passerait ses prochaines heures seul à seul avec lui le rendait anxieux.

Forcément, il allait dire un truc débile. Ça lui pendait au nez comme chacun de ses rendez-vous. Il y a quelques années, il avait même réussi à faire pleurer une fille sur qui il craquait. Harry n'avait jamais compris pourquoi Cho s'était mise à fondre en larmes. Elle avait sans doute réalisé tardivement qu'il était excessivement laid. Est-ce que Draco allait pleurer en le voyant de si près, en tête à tête ? Très certainement.

Quelque temps plus tôt, alors qu'ils allaient combattre Hund, Draco lui avait clairement dit : « Et puis, avec ta tronche, c'est évident que tu ne peux plaire à qui que ce soit ». Harry soupira. Pourquoi rien ne pouvait être simple lorsqu'il s'agissait de Draco ? Pourquoi ne pouvait-il pas simplement admettre qu'il le trouvait craquant ?

Parce que... Parce qu'à certains moments, comme celui où Harry lui avait rendu visite à l'hôpital, Draco s'était blotti dans ses bras. Ce contact n'avait pas eu l'air de le déranger. Ok, il y avait ses dons d'empathie et d'extrasensibilité derrière tout ça... Pourtant, Harry ne pouvait s'empêcher de penser que tout ceci était bel et bien réel, qu'il existait un truc – une sorte de connexion – entre eux.

Harry regarda une nouvelle fois l'heure. Draco était en retard. Ce n'était pas son genre. Il arrivait même toujours en avance lors des TIG. Un curieux sentiment lui tordit les entrailles tandis qu'un couple entrait dans le restaurant, se tenant respectivement par la taille.

Est-ce que Draco s'attendait à ce qu'il manifeste ce genre de... d'émotions avec lui ? Est-ce qu'ils finiraient par faire ce genre de choses ? Devrait-il lui tenir la porte ? Draco le prendrait-il mal s'il se montrait trop galant ? Par mesure de précaution, Harry appela Blaise. Le téléphone sonna au moins cinq fois avant qu'il ne daigne répondre.

– Euh, je dérange ? amorça Harry.

Ouais, tu déranges, Potter, soupira Blaise d'une voix rauque. J'espère que c'est un truc totalement important parce que j'ai une bite sur le feu. (Harry regarda ailleurs, le visage cramoisi, chassant l'image mentale qu'il avait en tête) Bon, qu'est-ce qu'il se passe ?

– R-Rien de particulier, je...

Oh, non, ne me dis pas que tu viens aux nouvelles, coupa-t-il. J'ai très bien vu dans ton jeu et je suis désolé de te le dire, mais je ne suis clairement pas intéressé. J'ai déjà mon brun aux yeux clairs. (Harry entendit nettement Théodore pouffer de rire) Je plaisantais, Potter. Allez, balance.

– J'ai... Enfin, je devais rejoindre quelqu'un pour le dîner, tu vois.

Quelqu'un que je connais ?

Harry préféra évincer la question.

– Il est en retard, et c'est pas trop son genre. Et je me demandais si cette personne se faisait désirer et si elle attendait de moi que je me batte pour elle... (Harry entendit très distinctement Blaise s'avachir dans ce qu'il imaginait un matelas et soupirer) Je ne sais pas quoi faire. Et vu que t'as l'air de t'y connaître en matière de, euh, séduction, j'avais imaginé que tu étais le mieux placé pour répondre.

Potter, si tu veux choper Draco, il va falloir la jouer tout en finesse.

Harry devint plus rouge que tout à l'heure, si cela était possible.

– Je ne... Je ne parlais pas de Malfoy !

Ouais, à d'autres, charria Blaise. Tout le monde sait qu'il y a du feeling de malade entre vous deux. On n'est ni aveugles ni bouchés, hein. Mais vous êtes trop adorables à vous faire la misère l'un et l'autre... si adorables que je vais te filer un coup de main : Draco adore les mecs sûrs d'eux, qui en ont dans le froc, quoi... (Harry tira un stylo-feutre noir de la poche intérieure de sa veste et nota sur son avant-bras : « Mec avec des bowls ») Mmh, à part ça il adore les films d'action, surtout ceux où y'a des sabres, des arts martiaux... (Harry ajouta « Kung-Fu ») Il aime bien manger italien, avec du parmesan sur ses pâtes. (Il sembla utile pour Harry d'écrire « Parmesan ». Sait-on jamais). Et sa série du moment c'est Breaking Bad. Il est en gros love sur Jesse Pinkman. Je crois qu'il aimerait bien avoir une relation sexuelle avec lui, d'ailleurs. (Harry écrivit alors : « Pinkman » et constata avec tristesse qu'il n'y avait pratiquement plus de place sur son avant-bras). Bon, c'est vraiment cadeau tout ça, ajouta Blaise en se donnant un air important. Et t'as intérêt à me sauver la vie pour avoir sauvé ton rencard.

– Ce n'est pas un rencard, rétorqua Harry, les lèvres extrêmement pincées.

Ouais, c'est ça. Et moi je suis Raiponce. Allez, ciao.

Blaise raccrocha sans autre forme de procès. Harry se sentit à la fois triste et envieux : triste d'être là, seul, sur un bout de trottoir à attendre que Draco se pointe, et envieux que Théodore et Blaise puissent partager une relation aussi fusionnelle et palpitante. La vie était pavée d'injustice.

Harry fixa sa montre. Déjà une demi-heure que Draco aurait dû être là. Harry se sentait presque gêné d'attendre ici. Tous les passants voyaient bien qu'il poireautait comme le dernier des idiots.

– Je n'aurai pas dû venir, songea-t-il.

C'était peut-être un test après tout. Peut-être que Draco voulait voir s'il était suffisamment stupide pour penser qu'il lui avait sérieusement donné rendez-vous. Peut-être même qu'il était avec Blaise et Théodore, en ce moment même, en train de rire sur son compte.

Harry fit demi-tour et grimpa dans le premier bus venu. Il regarda les stations défiler d'un air morne puis descendit à la sienne. Il s'apprêtait à composer le code de son immeuble lorsqu'il entendit une petite voix dans sa tête, une petite voix ressemblant étrangement à celle de Draco.

Potter !, disait la voix.

Harry se retourna, par simple réflexe.

Potter !

– D-Draco ?

Harry se sentait débile de prononcer son nom à voix haute en pleine rue, alors que ses voisins pouvaient le voir. La première idée qui lui effleura l'esprit fut que Draco partageait désormais son pouvoir d'invisibilité. Il tendit les bras, dans l'espoir d'entrer en contact avec quelque chose. Mais... S'ils partageaient le même don, Harry pourrait l'apercevoir, non ?

Je ne suis pas invisible, répondit la voix de Draco avec lassitude. Je... Disons que je pense avoir débloqué un nouvel aspect de mon pouvoir. Ça doit être une sorte de projection mentale, dans l'esprit des autres. J'arrive à voir... ce que tu penses, comme si j'étais toi sans réellement l'être. Et pas seulement tes pensées, mais tes appréhensions, tes sentiments. J'ai également tes sens. Je crois que ça vient de mon côté empathe et extrasensible.

– Donc... On partage le même corps ? répondit Harry, réalisant avec horreur qu'il se parlait à lui-même. Attends une seconde, je vais dans mon appartement m'isoler. Cette histoire est trop dingue et on me prend pour un fou !

C'est tout à fait normal ! répondit Draco tandis qu'il montait les escaliers quatre à quatre. Tu parles tout seul, de vive voix, je veux dire. Tu n'en es pas obligé puisque je lis dans tes pensées. Tu peux tout aussi bien... te faire une réflexion et ça sera pareil pour moi, j'arriverai tout autant à te comprendre.

Essoufflé, Harry parvint finalement à son appartement et enleva sa veste.

– Alors, c'est quoi cette histoire ? demanda-t-il. Comment ça se fait que tu sois dans ma tête ?

Une... mmh, amie, me retient captif quelque part, et j'avais besoin de contacter quelqu'un. Et j'avais pensé que commencer par toi semblait être une bonne idée, répondit Draco comme si cette question était d'une affreuse banalité.

– Tu... Tu es en ce moment même en train de hanter mon corps et je devrai trouver ça normal ?

Oh, ça va, je ne suis pas venu dans un moment embarrassant, non plus. J'ai attendu que tu retrouves ta dignité dans le bus...

– Parce que tu savais que je t'attendais devant ce foutu restaurant ?!, s'égosilla Harry. Et tu m'as laissé sans rien dire ?

Draco eut un petit rire suffisant.

Je dois dire que c'était jouissif, rigola-t-il. Surtout la conversation avec Blaise.

Harry pâlit considérablement et s'assit lentement sur son canapé.

– Est-ce que tu pourrais me dire où tu es en ce moment ?

La vérité, admit Draco, c'est que je n'en ai pas la moindre idée. Pansy me retient dans une église abandonnée aux fenêtres placardées. Je suis arrivée là-bas par téléportation, ou un truc dans ce goût-là. J'aurai besoin d'un cerveau pour cette énigme alors... Je dois partir.

– Quoi ? Pourquoi ?

Pansy revient !

Et, dès lors, la présence de Draco s'évanouit dans son esprit. Harry resta un long moment silencieux, comme s'il s'attendait à le voir réapparaître puis saisit son téléphone portable pour composer un message groupé :

« Draco a développé son pouvoir et peut maintenant se projeter dans l'esprit des autres. Il est venu dans le mien pour me dire qu'il était retenu de force dans une église par une fille qui s'appelle Pansy. Il a besoin de notre aide. Rejoignez-moi dans mon appart au plus vite ». Neville répondit par un simple « OK. », Dean par : « Draco l'a mérité, mais je viens quand même pour les chips », Luna par : « Qui est Pansy ? Mon bébé licorne me trompe » et Blaise – trois-quarts d'heure plus tard – avec : « Tu fumes trop de weed, vieux. Ton cervelet va rester coller au plafond. »

Harry supposa – ou espéra de tout son être – qu'ils allaient tous venir. Les indices fournis par Draco étaient bien trop minces pour qu'il parvienne à le retrouver seul.

Ooo

En voyant son groupe de TIG et Théodore arriver, Harry se fit la réflexion qu'il n'avait jamais vu autant de monde dans son si petit appartement. Il resta décontenancé pendant un long moment en constatant qu'il n'avait qu'un seul endroit où s'assoir. Blaise palpa le dossier du fauteuil en lui lançant un regard torve :

– Donc on va jouer aux chaises musicales c'est ça ?

Luna fit un fabuleux bond et se retrouva sur le fauteuil tandis que Dean, Théodore et Neville se tassaient sur le sofa deux places qui faisaient également office de canapé-lit. Harry s'assit par terre tandis que Blaise se hissait sur le plan de travail de la cuisine, toisant les autres dédaigneusement.

– Bon, reprenons à zéro, dit Théodore en sortant un calepin comme s'il était psychothérapeute, que t'a dit précisément Draco ?

– Qu'il était retenu contre son gré dans une église, par une fille qui s'appelait Pansy.

Blaise explosa d'un rire idiot.

– Non mais, je vais vous dessiner le background les gars : Pansy est raide dingue de lui depuis le collège. Et il a toujours refusé de sortir avec elle. Elle a certainement dû péter son câble comme plein d'autres nanas.

Luna lui envoya un digne doigt d'honneur tandis que Théodore prenait des notes.

– Comment a fait Pansy pour le faire venir là-bas ?

– Il m'a parlé de téléportation.

– Pardon ? s'étrangla Dean avec une poignée de chips. Elle a le pouvoir de téléportation ? Mais elle n'était pas dans la cave avec nous !

– Je suppose que c'est un mystère à éclaircir, supposa Neville.

– Attendez une minute, interrompit Luna. Le type qui avait le pouvoir de faire entendre des cris, celui qui t'a agressé Harry, lui non plus n'était pas avec nous. Alors... Alors ça veut dire que d'autres personnes à part nous ont été affectées, mais à distance. Peut-être même que leurs pouvoirs sont plus puissants que les nôtres...

– Je ne pense pas, non, contra Blaise. Nous étions à l'épicentre du phénomène.

– Euh, mec, faire entendre des cris de douleurs et de peine à quelqu'un est un phénomène bien plus puissant et dangereux que... que de se transformer en clebs, fit remarquer Dean.

– Vous allez croire que j'ai été acheté, répondit Théodore en cessant d'écrire, mais je suis de l'avis de Blaise. Je suis persuadé que, d'une manière ou d'une autre, vous êtes plus puissants que les autres de par la proximité avec la pierre lors de la radiation, mais aussi parce que vous étiez en groupe. Draco et Harry développent en ce moment même un lien psychologique encore jamais vu. Peut-être que tous les six vous êtes liés les uns aux autres et que vos pouvoirs prennent en force lorsque vous êtes ensemble. Sans oublier une chose importante : vos pouvoirs eux-mêmes changent de nature. Ils ne sont pas uniformes. Vous avez progressé. Blaise pouvait simplement faire voler des objets à un mètre et demi au-dessus du sol, au départ. Maintenant il peut créer des boucliers magnétiques, voler, et il commence tout juste à repousser des choses par sa force mentale. (Théodore se tourna vers Luna) Et toi, au début tu ne pouvais faire que les métamorphoses humaines, et dernièrement on a vu que tu pouvais également maîtriser les transformations animales ! Chacun d'entre vous n'évolue pas avec le même rythme et je pense que c'est parce que... parce que Luna et Blaise ont toujours été plus enclins à croire au surnaturel. Et Draco, parce que j'imagine qu'il est un peu plus débrouillard. Il a donc trouvé un moyen de s'échapper de sa prison.

Blaise quitta le confort du plan de travail de la cuisine, prit le visage de Théodore entre ses mains et l'embrassa :

– Je ne te répète pas à quel à point je t'aime, bon sang.

– Je sais, je suis quelqu'un d'intelligent. C'est pour ça que tu couches avec moi. Pour que je fasse tes devoirs.

– On n'était pas obligé de tout savoir, je vous signale, maugréa Dean. Et si nos pouvoirs évoluent, en considérant que nous sommes tous sur un pied d'égalité, je me demande bien quelle tournure va prendre le mien. Non parce que là, je vois pas.

– Quoi qu'il en soit, reprit Théodore en déposant sa main sur son carnet, il va falloir qu'on se concentre sur le problème de Draco. Est-ce qu'il a dit autre chose à propos de l'église, qui pourrait nous aider ?

– Mmh, non, hormis qu'elle était abandonnée et que les fenêtres étaient condamnées.

– C'est du grand Draco ça, soupira Blaise qui tournait en rond dans l'appartement étriqué.

Théodore sortit sa tablette tactile de son sac à dos et fit une rapide recherche.

– En éliminant toutes les églises reconverties en propriété atypique, les domaines rachetés par l'État et ceux devenant des musées, il nous en reste pas moins de 178 à visiter. (Blaise se cogna la tête contre le mur), Mais, il y a une petite lueur d'espoir. Je peux observer plan par plan sur image satellite toutes celles condamnées. Ça en éliminera sûrement certaines.

– Et entre temps, cette Pansy le castrera, minauda Dean. Super !

– Pansy n'est pas folle à ce point. Elle le tuerait d'abord avant de le découper en morceaux, contra Blaise.

– Tu la connais ? demanda Luna.

– On était dans la même classe, ouais.

– Et si tu l'appelais directement ? proposa-t-elle.

– Euh, et pourquoi je ferais ça ?

– Pour sauver Draco ! Elle ne peut pas savoir que tu sais qu'il est en ce moment avec elle. Parce qu'elle n'a aucun moyen de savoir ou de vérifier que même si elle le détient physiquement, il s'échappe psychiquement.

– Je vote pour l'idée de Luna, déclara Théodore. Ça m'a l'air plus simple et moins prise de tête.

Blaise leur envoya une oeillade à la fois supérieure et sceptique.

– Cette fille, cette Pansy, est clairement dérangée. Je lui propose quoi ? De la rencontrer ? On ne connaît même pas la véritable nature de ses pouvoirs. Je peux me retrouver piégé là-bas moi aussi.

– Pour le moment, tu es le plus fort d'entre nous, fit remarquer Luna.

Blaise avait l'air partagé entre se gonfler d'orgueil, et penser à sa propre protection. Prévisible comme il l'était, il opta pour l'orgueil : il sortit de sa poche son téléphone portable.

– Je lui dis quoi ?

– J'en sais rien, formula Théodore. Invente un truc. Invite-la à une fête !

Blaise attendit seulement une sonnerie avant que Pansy ne réponde. Il prétexta faire une fête du tonnerre chez lui ce soir, et avoir pensé à elle. Pansy avait l'air enchanté et quand Blaise raccrocha, ils enfilèrent tous leur veste et manteau pour se rendre chez lui. Sa mère – qui n'était toujours pas revenue de son voyage – avait laissé suffisamment de course pour un régiment et Luna s'activa à créer un buffet de dernières minutes.

– On devrait inviter du monde, suggéra Dean. Si elle arrive et qu'elle voit que c'est vide, elle se doutera forcément de quelque chose. Elle repartira aussitôt si elle peut se téléporter, non ?

– C'est la seule piste que nous ayons, soupira Luna.

– Oui mais si on la gâche en se précipitant ? Et pourquoi Draco n'est tout simplement pas entré dans l'esprit de cette Pansy pour savoir où il était exactement ? Ça aurait été plus rapide, plus pratique.

– Je pense qu'il ne peut pas encore entrer dans l'esprit de quelqu'un sans que cette personne ne s'en rende compte, intervint Harry. Et vu que tous les deux on partage, euh, une sorte de connexion, j'imagine que c'était nettement plus simple pour lui de me contacter. En ce qui concerne le monde, vu ce qu'on prépare, il ne vaudrait mieux ne pas prendre le risque que quelqu'un nous voie.

– Je continue de penser que ce n'est pas une bonne idée..., formula Dean.

– Théodore a un plan, justifia Luna. Et je fais confiance en Théodore.

Dès lors, on sonna à la porte. Tout le monde se cacha quelque part, hormis Blaise qui alla ouvrir et Luna qui disparut quelque part. Pansy semblait rayonner de joie, une bouteille de vin à la main. Elle claqua deux bises sur ses joues.

– Euh, où est passé le monde ?

– Je crois qu'on doit avoir une petite conversation, Pansy, dit-il sans prendre de gants.

Elle regarda autour d'elle et eut l'air de réaliser qu'elle avait passer de longues heures dans sa salle de bain pour rien. Pansy envoya à Blaise une oeillade emplie de dégoût et de haine. Une mouche virvolait autour d'elle et se posa sur le bas de sa robe.

– Je t'écoute.

– Viens par ici, ajouta-t-il en lui désignant le vaste living-room.

– Non, je suis très bien là. Si tu as quelque chose à me dire, je t'écoute, répéta-t-elle d'un ton bien plus ferme. Qu'est-ce que tu as de si important à me dire ?

– D'abord, je tenais à te dire que je ne voulais pas que cette histoire gâche notre amitié. Je t'ai toujours beaucoup apprécié...

– Garde ton baratin pour plus crédule que moi. Va droit au but.

Blaise prit une profonde inspiration.

– Je sais que tu retiens Draco quelque part, et j'aimerai que tu le fasses revenir.

– Comment est-ce que tu le sais ? demanda Pansy, stupéfaite. Draco est ici ?

– Ne sois pas stupide, souffla Blaise, s'il était là, je n'aurais certainement pas fait toute cette mise en scène pour le récupérer. Tu veux que je te prépare une Tekila ?

Pansy eut un adorable rire clair.

– Zabini : l'art ou la manière de dévier chaque sujet de conversation par une attention délicate... Sache que Draco est en sécurité là où il est, et je te déconseille de te dresser sur mon chemin.

– Pansy, soupira-t-il, je peux te maîtriser en un quart de seconde, alors ne te la joue pas trop.

Accroupis derrière le canapé, Théodore et Harry échangèrent une oeillade alarmée.

– Vraiment ? provoqua-t-elle d'une voix dont suintait le mépris.

– Oui, vraiment. (Silence) Pansy, il n'est pas trop tard pour revenir en arrière.

– Très bien. Je n'aime pas perdre mon temps, Zabini. Et là, c'est ce que tu es en train de faire car je ne te rendrai pas Draco. Vase !, s'écria-t-elle.

Dès lors, le vase – qui trônait sur une étagère – quitta sa place pour être entour d'un aura violet menaçant. Il voltigea droit vers Blaise. Ce dernier l'évita de justesse en créant un bouclier magnétique contre lequel il se fracassa.

– Mais t'es complètement folle ! C'était un cadeau de mon père, putain !

Pansy se mit à ricaner.

– Lequel de père ?

Cela semblait être le mot de trop car une véritable bataille s'était engagée dans le living-room, ponctuée d'explosions et d'éclats lumineux violets. Blaise se débrouillait plutôt bien, mais Pansy avait pour l'instant l'ascendant grâce à sa grande agilité. La nature unique de son pouvoir lui avait sans aucun doute permis de s'en approprier bien plus rapidement et efficacement. Pansy cria :

– Canapé !

Celui-ci s'illumina, englobé d'une sphère violette, puis fonça droit vers Blaise qui dût faire une roulade sur le côté afin d'éviter la colision. Mais le pire avait été fait : désormais Harry et Théodore étaient à découvert. Pansy blêmit.

– P-Pourquoi sont-ils là ? beugla-t-elle. Je croyais que nous étions seuls !

Harry se mordilla la lèvre, se fustigeant de son manque de réactivité. S'il avait activé son invisibilité, ils ne seraient pas dans telle situation. Les deux jeunes hommes se redressèrent tandis que Pansy semblait exulter de rage.

– Personne ne devait savoir que nous avions des pouvoirs ! C'était entre Draco, toi et moi !

– Potter a un grand pouvoir, et moi aussi. Un pouvoir qui pourrait t'intéresser et permettrait de régler toute l'affaire, mentit Théodore en s'avançant.

Pansy sembla hésiter, comme si elle ne les jugeait pas dignes d'avoir été radiés par la pierre.

– Montrez-moi ça.

– Je... euh, moi je peux devenir invisible, dit Harry.

Aussitôt, il se voltalisa, imperceptible à la vue de tous. Il finit par réapparaître et Pansy semblait se battre avec elle-même pour ne pas paraître impressionnée.

– Et le tien ? argua-t-elle en pointant un doigt menaçant vers Théodore.

– J'ai un pouvoir très, mmh, particulier. Disons qu'il me suffit de toucher un homme pour qu'il ait très envie de moi.

Derrière Pansy, Blaise avait la bouche légèrement entrouverte. Il retrouva un visage parfaitement impassible quand celle-ci se retourna pour vérifier sa version des faits.

– C'est vrai ça ?

– Totalement.

– Je veux que tu me montres ça. Touche-le, ordonna-t-elle en désignant du menton Harry.

Celui-ci redoutait ce qu'il allait se produire. Théodore s'avança avec aplomb et lui toucha le bras. Harry – qui espéra que son petit numéro serait convaincant – se mit à gémir de plaisir. Brutalement, il empoigna Théodore et commença à le caresser tout en l'embrassant tandis que Pansy observait le spectacle, à la fois curieuse et réjouie. Théodore interrompit le baiser en levant les mains et recula légèrement tout en évitant avec soin le regard de Blaise.

– Bien... Si je ramène Draco. Tu pourrais, le faire tomber amoureux de moi ?

– Il a réussi à me faire tomber amoureux de lui, rétorqua Blaise. Il pourra très bien le faire pour Draco. Le truc, c'est que même en l'ensorcelant, il restera conscient. Il ne pourra juste pas te trahir et fera passer tes intérêts avant les siens.

Pansy eut un grand sourire.

– C'est drôle. Vous vous êtes vraiment bien démenez pour me faire croire tout ça. J'ai adoré le baiser, Théodore. On devrait te donner le Golden Globe, un de ces jours. Mais je ne mange pas de ce pain-là. Les filles connes, vous irez les trouver ailleurs. Je garde Draco. C'est mon dragon. Et si tu t'avises de te remettre sur ma route, Blaise, je t'assure que je te réduirai en miettes.

Sur ce, elle disparut, téléportée par son halo violet. Blaise soupira, comme s'il avait retenu sa respiration lors de tout leur échange. Dean et Neville immergèrent de la cuisine.

– Je vous avais bien dit que le plan ne fonctionnerait pas, grogna Dean.

– Oh, non. Il a fonctionné, répliqua Théodore avec un large sourire. Il n'y a plus qu'à attendre...

Ooo

Pansy réapparut dans l'église, d'humeur exécrable. Elle s'approcha de Draco, toujours accroché au pilier. Il semblait endormi. Elle lui caressa tendrement la joue puis repartit vers l'aile ouest, où se trouvait l'ancien couvent qu'elle avait réhabilité en appartement depuis quelques jours.

Dès qu'elle fut suffisamment éloignée, Draco rouvrit les yeux, amer. Il était partagé entre l'envie de nuire à Pansy, et celle de comprendre quel mal la rongeait. Il en était venu à la conclusion que son nouveau pouvoir avait exacerbé tout ce qui était mauvais en elle. Une mouche se mit à tourbillonner autour de lui.

– Putain. Tout, mais pas ça.

Brusquement, l'insecte se métamorphosa en Luna juste sous ses yeux. Il faillit pousser une exclamation réjouie, mais se retint de justesse.

– Fais-moi voir la serrure de tes chaînes, chuchota-t-elle. Très bien, dit-elle après avoir jeté un coup d'oeil. Je vais me transformer en clef, tu crois que tu pourras m'utiliser comme il faut ?

– Oui, elle n'a pas trop serré mes liens.

Luna s'exécuta et très vite, Draco se retrouva libre. Il se leva et tous les deux se mirent à courir vers une porte dérobée de l'église que Pansy utilisait pour aller et venir depuis le jardin. Draco fit la courte échelle à Luna pour sauter le grillage et ils détalèrent à travers le petit village.

– Je crois que son pouvoir l'a rend folle, déclara Draco entre deux enjambées. Elle n'est plus dans son état normal.

– Tu veux dire qu'elle n'avait jamais eu l'idée de séquestrer avant ça ?

– Si, mais c'était une blague. Là, c'est simplement glauque. Et elle a volé plein de trucs. Tout un tas de trucs ! Il faut qu'on retourne au centre social. Je suis sûr qu'elle y est pour quelque chose dans la disparition de Rogue !

Luna acquiesça et ils prirent le premier bus pour Londres.

– Elle est peut-être tarée, mais son don pour la téléportation, ça c'est un truc cool.

Ooo

Quand Draco arriva finalement au Manoir Zabini, ses camarades de TIG rugirent de joie. Stupéfait de cet accueil, l'empathe arbora un sourire en coin.

– Je sais, je sais, vous étiez tous perdus sans moi.

Dean roula des yeux tandis qu'à ses côtés, Neville mangeait un plat mexicain particulièrement épicé.

– Tu es plutôt propre pour un mec qui a été kidpanné.

– Pansy me laissait me doucher, rétorqua-t-il en haussant des épaules. Elle acceptait que je me lave si elle avait le droit de regarder.

– Quelle perverse, maugréa Blaise.

– Tu fais la même chose avec moi, je te ferai dire, répondit placidement Théodore en levant dédaigneusement la tête de sa tablette tactile. Qui est le pervers ici ?

Blaise balaya ses propos d'un vague geste de la main.

– On devrait préparer un plan d'attaque, proposa Harry, ou cas où Pansy reviendrait.

– Oh, mais elle va revenir, assura Théodore. Peut-être pas au moment où on s'y attendra le plus, sinon ça ne serait pas drôle...

– Ah, vraiment ? s'écria une voix haut perchée juste derrière son épaule.

Il fallut un quart de secondes à Théodore pour comprendre l'horreur de la situation : Pansy venait de se téléporter juste derrière lui. Elle invoqua le tisonnier de la cheminée et celui-ci alla droit se fendre contre le bois d'une armoire tandis que Luna se couchait à plat ventre. Pansy commença à jeter divers objets à travers la pièce, créant un capharnaüm incroyable. Draco glissa au sol, se retrouvant tout près de Harry derrière une colonne.

– On fait quoi ? s'écria-t-il.

– On ne peut pas l'attaquer, prononça Draco. Pas comme ça. Elle a besoin de notre aide. Son pouvoir est en train de la bouffer. Il est trop puissant pour elle.

– Et tu veux qu'on ne fasse rien ? Qu'on se contente d'attendre qu'elle dévaste tout sur son passage ?

Draco soupira, ferma les yeux et se concentra. S'il y était parvenu une fois avec l'esprit de Harry à des kilomètres de là, il pouvait bien pénétrer dans l'esprit de Pansy qui n'était qu'à quelques mètres... Le bruit du conflit s'estompa peu à peu, les objets qui se fracassaient au sol n'étaient plus que de discrets crépitements et les voix semblaient être faites de brumes.

Pendant un instant, Draco se retrouva par erreur dans l'esprit de Dean et fut brièvement envahi par sa panique atroce tandis que le sol du Manoir tremblait. Draco s'arracha à cette vision et fut, cette fois-ci, dans l'esprit de Pansy. Ce dernier était tout aussi chaotique que le reste. Son don était en train de la dévorer de l'intérieur.

Pansy ! s'écria Draco.

D-Draco ? répondit une toute petite voix. Aide-moi. Je ne sais pas ce qu'il se passe. Ce n'est pas moi qui fais tout ça. C'est cette fille morte.

Quoi ?!, s'étrangla-t-il.

Il y a une fille morte qui a pris possession de mon corps !

BAISSE-TOI !

Blaise leur envoyait une salve d'objets contondants qui allèrent percuter le mur opposé du living-room. Draco, qui était physiquement auprès de Harry, mais inconscient, et psychiquement dans le corps de Pansy, réfléchissait à vive allure. Pourrait-il ressentir la présence de cette fille morte ? Pansy ne délirait-elle pas ?

– Arrêtez !, c'était la voix de Draco qui parla à travers la bouche de Pansy. Il se passe quelque chose de grave. Pansy n'y est pour rien. Je crois que... qu'elle a été envoutée.

Blaise abaissa le bras et une foule de couteaux de cuisine tombèrent par terre. Pansy se recroquevilla, prise de spasmes tandis que l'esprit de Draco tentait désespérément de chasser celui de la fille morte qui s'était logée dans son corps contre sa volonté.

Tout à coup, un long filament argenté se détacha de la silhouette de Pansy et une sorte de spectre apparut, flottant dans les airs. À l'autre bout de la pièce, Draco reprit ses esprits en respirant bruyamment contre Harry. Pansy également semblait être revenue à un état normal. Le spectre eut un ricanement moqueur.

– Qui êtes-vous ? rugit Harry.

– Oh, qu'il est mignon, dit-elle. Moi, je m'appelle Mimi. Je suis morte dans les toilettes de mon lycée il y a des années de ça (Blaise s'abstint très difficilement d'éclater de rire)... Enfin, de nôtre lycée, vu que Pansy le fréquente aussi.

– Vous... Vous avez été radiée par la pierre ? supposa Luna. Mais vous êtes... morte ?

– Je sais ! s'emporta Mimi. Mais j'ai toujours été là. Toujours ! À attendre ma vengeance ! La pierre m'a donné le pouvoir de me matérialiser, voilà tout. Je ne pouvais prendre possession uniquement du corps de quelqu'un ayant aussi des pouvoirs, alors j'ai dû patienter.

– Vous... Vous y êtes pour quelque chose dans la disparition de Rogue, n'est-ce pas ?, déduisit Théodore.

– Il se moquait de moi quand nous étions ensemble à l'école ! hurla-t-elle. Il l'a mérité.

– Où est-il ?

– Parmi mes bibelots, dit-elle évasivement.

Mimi s'approcha dangereusement de Harry puis fondit sur sa proie. Elle essayait de prendre possession de son corps. Neville s'interposa et voulut crier quelque chose. À la place, un long jet de flamme sortit de sa bouche et transperça Mimi de part en part. Celle-ci se tordit sur place en sanglotant de douleur puis disparut en un filament de fumée.

– … Je crois que tu éviteras de manger épicé à l'avenir, déclara Blaise tandis que Neville avait ses deux mains plaquées contre sa bouche.

Dean tendit une main à Luna pour qu'elle se lève. Théodore s'approcha de Pansy :

– Comment tu te sens ?

– Mieux, avoua-t-elle. Beaucoup mieux.

– Tu nous a foutu la trouille... Et ça, dans tous les sens du terme, dit-il. Tu as encore ton pouvoir ou... ou elle est partie avec ?

Pansy tendit la main et appela une fourchette qui était encore par terre. Sa paume s'illumina d'un halo violet et le couvert apparut dessus.

– Je crois bien que je suis restée extraordinaire, malheureusement. Oh bon sang, quelle histoire de dingues !

– Tu devrais dormir un peu. Nous en reparlerons demain, conseilla Blaise. Mmh, au fait, tu pourrais juste nous dire où se trouve Rogue ? Il ne faudrait pas qu'il reste absent trop longtemps. Enfin, pas que les TIG me manquent vraiment.

Pansy sourit.

– Je peux même t'y accompagner. (Elle attrapa son bras) Prêt ?

– Prêt.

Pansy et Blaise se téléportèrent tandis que Draco se laissa tomber sur un grand fauteuil en se massant les tempes face au désordre.

– La mère de Blaise rentre quand ?

– Oh, dans quelques jours, j'imagine, supposa Théo en remettant une chaise à l'endroit. Elle risque d'être enchantée.

– Il y a un truc que je ne comprends pas, poursuivit-il. Pansy, ou ce... ce spectre, n'arrêtait pas de parler d'un dragon pour garder son trésor. Mais je ne suis pas un dragon !

– Je suppose qu'elle s'est simplement trompée de personne, suggéra Théodore en lançant un regard en biais à Neville qui se mit à rougir.

– Du coup, il se passe quoi ? demanda Dean. Pansy rejoint l'équipe ?

– On procèdera par vote à mains levées quand Blaise sera revenu, bâilla Harry. Bon, eh bien, bonne nuit. Ah, et Malfoy tu me dois un rendez-vous.

– Et pourquoi pas une partie jambe en l'air pendant que t'y es, grommela le concerné.

– Pourquoi pas, ouais, répondit Harry. Ça te rendrait sans doute plus aimable.

Draco lui envoya un doigt d'honneur tandis que Dean explosait de rire.

.

.

.

Bonus : Bilan pour le lecteur

Liste des « superhéros » connus à Londres et leurs pouvoirs à la fin de ce chapitre

pour certains, leurs dons sont susceptibles d'évoluer –

.

.

.

Harry Potter, dit « L'Homme Invisible » : est capable de se rendre entièrement invisible, ou de rendre une personne ou un objet indécelable par contact tactile ou par projection mentale. En se concentrant sérieusement, Harry est désormais capable de rendre un objet invisible à distance, du moins qu'il maintient un contact visuel. Néanmoins, son don demande énormément de contrôle et Harry est pour l'instant restreint dans ses actions. Il ne peut rester invisible plus d'un quart d'heure sans ressentir de vives douleurs.

Draco, dit « Le Mentaliste » : est capable de deviner les émotions et sentiments des autres comme étant siens, de les apaiser par contact tactile (empathe / extrasensible), de transférer son esprit dans un autre pendant une longue période afin d'entretenir un dialogue mental.

Luna, dit « La Métamorphe » : est capable de se métamorphoser à loisir en être animé ou inanimé de toutes sortes pendant un très court laps de temps. Plus elle reste dans une forme physique étrangère à la sienne, plus son métabolisme en souffre et s'inflige lui-même des blessures. Elle est la première du groupe a avoir pris conscience de ses pouvoirs, grâce à sa grande ouverture d'esprit et ses croyances pour le surnaturel.

Dean, dit « Lupowolf » ou « Lupo » : est capable de se transformer en chien à loisir. Sous sa forme canine, son odorat se développe et il est capable de traquer quelqu'un même en ayant une piste olfactive très mince. Lors de sa mutation, Dean – bien que animal – garde sa conscience humaine et l'esprit clair.

Blaise, dit « Zion » : est capable de télékinésie, c'est-à-dire de mouvoir, lever, faire vibrer, engloutir, déformer, retourner, ou briser des objets de toutes sortes en se servant uniquement de sa force mentale ou d'autres moyens non physiques. Blaise a également le pouvoir de voler et de créer des boucliers magnétiques.

Neville, dit « Le Dragon » ou « Le Pyromane » : est capable de mettre le feu à n'importe quel objet ou personne en le pointant du doigt. Que cela soit de simples flammèches, des torrents de flammes ou même la foudre, Neville ne parvient pas encore à canaliser cette énergie démentielle qui le parcourt dès qu'il utilise son pouvoir. Le feu étant quasiment indomptable, Neville en est effrayé et craint de perdre le contrôle de ce brasier. Il n'utilise son don qu'en cas d'extrême urgence et lorsqu'il sait tout le monde hors de portée. Neville peut, à ce jour, créer des flammèches au bout de ses doigts, encercler quelqu'un d'un cerceau de flammes, invoquer la foudre et la rediriger vers une cible et même cracher du feu après avoir bu de l'alcool ou mangé quelque chose de particulièrement épicé.

Pansy, dit « La Pie Voleuse » : est capable d'obtenir quelque chose ou quelqu'un en le souhaitant simplement. Il lui suffit de tendre la main. Celle-ci s'illumine d'un halo violet puis l'objet apparaît. Elle se sert de ce don pour rafler toutes sortes de choses qui l'intéressent et attaquer des personnes en repoussant de lourds objets. Pansy a pu rapidement développer son don et en a déjà découvert toutes les formes : invocation et téléportation. Elle dispose donc d'un pouvoir très utile, mais qui est sujet à de nombreuses convoitises. Aussi, il est difficile de résister à la tentation en ayant de telles facultés.

Mimi Geignarde, dite « Le Spectre » : est capable de prendre uniquement possession du corps d'une personne ayant des pouvoirs surnaturels. Sa présence exacerbe ses talents jusqu'à les rendre démoniaques et phénoménaux.

?, dit « Le Mélomane » : est capable de faire entendre des cris de douleurs, de tristesse ou de peur à sa victime en maintenant un contact visuel. Il préfère s'attaquer à des personnes ressentant énormément de choses afin de se délecter de leurs peurs enfouies en les faisant violemment ressurgir. (rencontré dans le second chapitre)

.

.

.

J'espère que cette petite liste vous aura permis de mieux être au clair dans votre petite tête de lecteur affamé. Je connais déjà l'identité de la personne qu'il faudra affronter dans le prochain chapitre. Je ne peux pas vous en dire plus, mais sachez que je sais encore où je vais et que je fais mon possible pour vous offrir des délais décents. Je vous aime, D.