Disclaimer: Les personnages ne m'appartiennent, encore et toujours pas!

Je suis désolée du temps qu'a pris cette suite à prendre vie. J'ai passé un mois de fou, peu amusant et je viens de détruire mon ordinateur portable, alors bon... Les difficultés se sont accumulées (j'ai toujours plein d'excuses), mais là, j'ai enfin terminé d'écrire alors sans plus tarder, voici le nouveau chapitre:


Je ne gardais du souper qu'un vague souvenir. Malheureusement, j'avais opté de me faire amie avec la carafe de sangria et mes bévues s'étaient accumulées jusqu'au point de non-retour: J'avais couché avec Ernie. Ernie Macmillan.

Eurg.

Il était de ces hommes qui restent longtemps, trop longtemps, soudés à votre corps. Il avait caressé mes cheveux pendant une longue heure, me divulguant ses plus obscurs secrets du temps de Poudlard et m'avouant qu'il avait eu un intense béguin pour moi - je le savais déjà -. Ce fut seulement à force de lui répéter une dizaine de fois qu'il me fallait me rendre au travail d'avance que je parvins à le faire sortir de mon appartement.

Normalement, je serais retournée me coucher, comme il était 5 heures du matin, mais l'alcool me donnait une migraine et mon corps en entier tremblait dès que je repensais à nos médiocres ébats. Il me fallait fuir, prendre un café, noyer mes erreurs de jugement; tout sauf rester dans ma chambre puant le sexe.

J'attrapai une robe noire moulante et un large manteau de laine, puis transplanai directement dans la ruelle d'un McDonald, une chaine de restauration moldue. Mes talons noirs encore aux pieds - Macmillan avait insisté, me laissant savoir qu'il était un fan de mes petits pieds parés de cuir brillant... - j'avançai en direction de la porte vitrée, voyant la fresque matinale s'étirer lentement, fade et crasse à la fois. Les néons puissants de l'endroit me tirèrent de ma léthargie, mais ne firent rien pour diminuer mon dégoût personnel.

« En quoi puis-je vous aider? s'enquit une jeune fille blonde dont les cernes gobaient presque la moitié de ses joues.

-Bonsoir, j'aimerais un Big Mac et un large café, noir.

-Bonjour. C'est le matin. Des frites avec ça? »

Je me sentis dans l'incapacité d'ouvrir la bouche pour répondre, alors je ne fis que hocher la tête. En me dirigeant vers le bout du comptoir après avoir payé, mon manteau s'ouvrit légèrement et un homme plus âgé me dévisagea longuement, un large sourire défigurant son visage.

« Hey, Mademoiselle! C'est quoi votre tarif de l'heure? »

Non. Non, je ne ressemblais pas à une prostituée. Je ne laisserais pas cet ignoble bougon me ruiner la joie d'avaler un hamburger graisseux. Il continua ses blagues salaces jusqu'à que je reçoive ma nourriture dans un sac brun huileux et je pris la fuite, reprenant vie lorsque le silence absolu me frappa de plein fouet.

Je marchais vaguement dans les rues, gobant mon hamburger, prenant une gorgée de café et essayant d'oublier tout ce qui s'était déroulé après mon arrivée chez Harry et Ginny. Mais mon cerveau était soudé aux souvenirs de ma nuit avec Ernie Macmillan, allant même jusqu'à me passer à nouveau le début de notre baise. Je m'arrêtai brusquement et fermai les yeux.

Tout allait bien avec Adrian. Pourquoi avais-je choisi de coucher avec ce gars là? Pourquoi lui? Pourquoi cette nuit? Ce n'était pas du tout mon style... Perdais-je la tête? Était-ce possible de changer complètement de personnalité en moins d'une semaine?

Je soupirai et continuai de boire mon café, maintenant adossée contre un mur de briques dans une rue inconnue. Soudainement, j'entendis deux voix qui se disputaient; un homme et une femme. Je baissai la tête et continuai de prendre des bouchées de mon hamburger, me sentant plus misérable à chaque minute. Puis, je me rendis compte que les voix s'étaient rapprochées.

« Tu n'écoutes jamais ce que j'ai à te dire! hurla la femme, d'un ton tremblant.

-J'ai toujours tout fait en sorte pour que tu sois heureuse.

-Comment peux-tu savoir que je suis heureuse si tu n'es jamais là?!

-J'essaie, d'accord. Je fais vraiment de mon mieux.

-Ce n'est pas assez, Blaise! »

Non. Ça ne pouvait être lui.

Je tendis l'oreille, le coeur battant et les mains moites.

« Tu me dis que tu seras là pour le souper... mais le travail t'accapares toujours. Si tu n'appelles pas pour annuler, c'est ton esprit qui est ailleurs... Vois-tu une autre femme?

-Il n'y a pas d'autre femme! Combien de fois est-ce que je vais devoir te le dire?

-Tous tes amis sont infidèles, alors je ne suis pas folle de penser que...

-Je ne suis pas mes amis, d'accord?

-Je sais bien, mais... Je ne suis plus capable de te voir. Je ne suis plus capable de vivre avec une moitié d'amour.

-Une moitié d'amour... Tu sonnes comme un roman écrit par Gilderoy Lockart.

-C'est fini Blaise! Va retrouver tes amis. Va coucher avec toutes les femmes qui te courent après. Vis ta vie, moi j'en ai marre. »

Le silence revint. Mais je ne pus croire que je venais d'assister à une telle scène. Je me sentis soudainement comme Rita Skeeter et ne pus vivre avec autant de dégoût de moi-même. Je pris une dernière gorgée de café et sortis de la ruelle, cherchant à trouver un point de repère pour rentrer chez moi, quand mon regard croisa celui de Blaise.

Son visage était fermé, presque cruel, mais ses yeux démontraient une ample tristesse. Mon cerveau oublia soudainement comment filtrer l'air se rendant à mes poumons et je sentis mon corps en entier se liquéfier.

« Comment as-tu su que je serais ici? gronda le jeune homme, maintenant furieux.

-Je... je ne savais pas...

-Je sais que tu es une journaliste, Granger. Que tu travailles pour la Gazette. Qui t'a prévenu que je vivais dans ce quartier?!

-Je... non... J'étais...

-Qui?!

-Personne... Je traite ma brosse avec... du McDonald... J'ai... couché avec Macmillan... »

Et avec la gracieuseté d'une ballerine, je me mis à vomir au sol devant lui. Mes cheveux tombaient sur mon visage et j'avais échappé mon café brûlant, qui se mit à couler le long de la ruelle. Lorsque je relevai la tête, Blaise semblait s'être calmé et refrénait un rire.

Heureusement que mon malheur faisait son plaisir, sinon j'aurais probablement été transformée en cafard.

« C'est vrai ce qu'ils disent... que tu ne sais pas mentir, Granger?

-Je... ne mentirais pas là-dessus... »

Un nouveau haut-le-coeur me pris, mais je forçai mon corps à conserver tout fluide à l'intérieur. Mieux valait ne pas m'humilier davantage, je ne pourrais le supporter...

« Un Poufsouffle, hen? Macmillan?

-Certes.

-Tu as entendu ma dispute avec ma fiancée?

-Je suis désolée.

-Promets-moi que tu n'en parleras pas à personne.

-Je te le promets... et toi, promets-moi de ne pas divulguer à personne que j'ai couché avec Macmillan... et qu'il a un fétiche de pieds...

-Promis. »

Ce que je ne savais pas à l'époque, c'est qu'il y avait quelqu'un d'autre dans cette ruelle et que cette personne avait elle aussi tout entendu.

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Toute la journée, j'avais attendu le retour de Monsieur Cuffe au travail, mais nous ne reçûmes pas même un hibou pour expliquer son état de santé. Était-il toujours inconscient?

J'avalai une gorgée de mon latte à la vanille, puis me levai pour contempler la vue s'offrant à mes yeux. La rue était emplie de vie: des sorciers couraient en tous sens, tenant parfois de lourdes valises de cuir, d'autres se saluant d'un geste de la main. Pourtant, cette vue qui normalement me remplissait de calme ne fit qu'ajouter à l'amas d'angoisse qui s'accumulait en moi.

Notre monde était gigantesque et pourtant, je me sentais prise dans les confins de mes erreurs. Comme si, en réalité, Londres était une minuscule petite boîte où tout se savait toujours et où mon nom apportait indéniablement le dégoût. Je savais, bien sûr, que je divaguais, mais la vitesse accélérée à laquelle ma vie s'était déployée lors des derniers jours me donnait le tournis.

Un claquement sourd me fit sursauter. On venait de transplaner à même mon bureau, chose qui n'aurait normalement pu se passer compte tenu des sortilèges de protection entourant le périmètre de la Gazette du Sorcier. Je dégainai rapidement ma baguette, pointant en direction du nouveau venu, mais reconnaissant aussitôt Barnabas Cuffe, je l'abaissai de quelques centimètres.

« Monsieur Cuffe?! »

Ma voix s'étrangla de surprise et je réfrénai une toux.

« Je n'ai pas beaucoup de temps Miss Grenier.

-Granger...

-Oui, désolé... Granger...

-Désolée de vous avoir interrompu. Continuez.

-Quelqu'un essaie de m'empoisonner. On veut me tuer.

-Avez-vous une idée de... qui?

-Blaise Zabini. Ça ne peut être que lui.

-Pardonnez-moi? fis-je d'une demi-voix.

-Il sait que nous approchons de lui. Nous sommes à ses traces. Le grand scandal va éclater sous peu. Il... il sait... »

À la présente seconde, mon patron ressemblait fortement à Sybille Trelawney lorsqu'elle hurlait ses mauvais présages. Ses yeux étaient exorbités et il passait son regard d'un côté puis de l'autre, incapable de trouver un point fixe lui convenant pour plus d'un instant.

« Qu'est-ce que vous attendez de moi, Monsieur Cuffe?

-Changez votre rubrique. Ne prononcez plus mon nom. Je... je dois partir... quelqu'un vient à la porte... »

Et il disparut aussitôt, me laissant penaude au beau milieu de cet Enfer loufoque. Monsieur Cuffe avait perdu la tête. Comment pouvait-il croire que quiconque tentait de le tuer? Une bouffée de sympathie monta en moi. Il ne serait pas le premier à craquer sous la pression...

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J'avançais, sans but, dans les rues de Londres. L'heure du midi avait attiré une masse monstre autour des différents bistros, m'empêcher de trouver le semblant de calme dont j'avais tant besoin. Tout juste après la fuite de Barnabas Cuffe, nous nous étions tous attablés pour discuter de la direction que la Gazette devrait prendre, comme nos abonnements ne cessaient de chuter. Bien entendu, j'avais proposé un angle un peu plus politique, moins satyrique et moins porté vers les scandales, mais toutes mes idées furent refusées.

Il y eut une longue discussion à propos de nos concurrents qui semblaient gagner l'intérêt de la population sorcière; nous parlâmes des sujets les plus populaires, des récents sondages et aussi rapidement que l'éclair, la décision fut portée: la Gazette du Sorcier perdrait ses entrevues d'actualité sur la magie internationale et une rubrique sur le sexe et la romance serait ajoutée pour compenser.

J'étais encore abasourdie lorsque je pris un tournant sur la grande artère et me retrouvai devant Weasley, Farces pour sorciers facétieux. Mon coeur se serra. George rirait probablement en sachant que j'avais été élue pour écrire la toute nouvelle chronique sexuelle sorcière... Fred aussi se serait esclaffé et cette pensée ne fit qu'alourdir un peu plus ma tristesse.

Décidément, cette semaine ne pouvait s'achever assez rapidement.

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Adrian s'était mis à me chatouiller les côtes, sachant pertinemment que je détestais cela et que je m'effondrerais au sol sous peu.

« Arrête, tu es cruel avec moi! »

Et il riait, conservant son emprise sur moi en m'embrassant le cou et en laissant couler ses doigts partout où j'étais sensible. Je tentai de reprendre contrôle, mais il se positionna au-dessus de moi, regardant mon visage longuement en cessant de me chatouiller. Ses yeux étaient doux. Je me sentais femme quand il prenait le temps de me contempler ainsi.

« Ginny m'a dit que Potter avait invité Macmillan pour te le présenter.

-C'est malheureusement vrai. Harry est... comment dire...

-Il ne m'aime pas, trancha Adrian.

-Pour le moment, non, rajoutai-je en cherchant à le réconforter.

-Ce n'est pas grave. Je sais que Ginny approuve et ça me suffit. »

Il avança son visage pour m'embrasser, mais je plaçai un doigt contre ses lèvres.

« Tu sais, Adrian, si tes amis ne m'aimaient pas, ça serait important pour toi.

-Certains d'entre eux t'en voudront d'avance, à cause de ton statut de Gryffondor. Mais quand ils vont enfin te rencontrer, ils tomberont sous ton charme.

-Tu sembles certain de cela.

-Oui, je le crois. »

Alors, ses lèvres s'écrasèrent contre les miennes, sa large main agrippa ma taille pour me ramener davantage contre lui. Et nous nous embrassâmes longtemps, à perdre l'haleine, jusqu'à ce que je le supplie d'enfin me faire l'amour comme il savait si bien le faire. Son regard vira au noir, son sourire coquin ne fit que s'agrandir et encore une fois, je perdis le Nord.

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Je venais de finaliser la première copie de ma nouvelle rubrique et j'eus un haut-le-cœur. Soudain, violent et inattendu. Aussitôt, mon cerveau se riva à la seule possibilité : j'étais enceinte.

Mon esprit choisit de me torturer en me passant en reprise mes nombreux ébats de la semaine avec Adrian. Tous sans protection. J'étais d'une imbécillité flagrante. Cet homme avait un pouvoir sur moi qui dépassait l'entendement; comment avais-je pu oublier de prendre ma potion? Comment avait-il pu sauter l'étape où il utilisait un sort pour diminuer les risques de fécondation? C'est un putain de médecin!

J'attrapai ma tête à deux mains et contemplai le reflet luisant du bois de mon bureau. Il me fallait aller à Ste-Mangouste voir Ginny. Je refusais d'utiliser le Plan B moldu qui allait me laisser affaiblie pour quelques jours.

En vitesse, j'attrapai ma cape couleur prune et pris la fuite de mon bureau. En chemin, Timothy m'arrêta.

« Hermione, as-tu approuvé le sujet de ma rubrique?

-Timothy, je suis pressée, fis-je un peu trop brusquement.

-Oui, mais Cuffe ne répond pas à aucun hibou alors c'est toi qui est en charge jusqu'à ce que...

-Je reviens en après-midi. Pardonne-moi Timothy. »

Et je passai la porte, sachant qu'il serait fâché. Mais en ce moment même, il y avait peut-être de la vie s'épanouissant dans mon ventre et je ne pouvais passer une seconde de plus au bureau, sans quoi je craquerais moi aussi sous la pression.


Désolée de l'attente immense. Vraiment. J'espère que ce chapitre vous plaît tout de même et la suite arrivera sous peu!