Il est grand, plus d'un mètre 80. Sa peau a la couleur du cuivre, ses cheveux noirs sont courts et partent dans tous les sens, ses yeux sont brun sombre, chaleureux.

Je ressens...une violente attraction, comme si il n'y avait que lui et moi, tout le reste disparaît. Une seule corde me rattache sur terre...et elle se trouve devant moi.

L'Apollon me regarde, l'air aussi surpris que moi.

Nous restons là à nous dévisager pendant ce qui me semble une éternité, puis, il semble se ressaisir et se penche pour ramasser mon crayon, me tirant de mon étrange fascination.

« Désolé, je ne voulais pas te faire peur. »

« Ce n'est rien. »

« Je m'appelle Seth Clearwater. »

« Luna Crane, enchantée. »

Il s'assied à coté de moi.

« Je ne t'avais jamais vu auparavant, tu viens d'emménager ? »

« Oui et non, en fait j'ai vécu ici de ma naissance à mes 13 ans, puis j'ai emménagé à Seattle après la mort de mes parents, et aujourd'hui me revoilà. »

« Oh...et tu as quel âge ? »

« J'aurai 17 ans en décembre, et toi ? »

« 17 ans depuis peu, tu habites seule ? »

En temps normal, je ne suis pas vraiment du genre à parler facilement avec des inconnus, mais Seth transpire la sympathie et...je ne sais pas, je sens que je peux lui faire confiance.

« Non, je vis avec ma tante dans une maison à l'entrée de la réserve. »

« Tu veux dire avec la cingl...hum... »

Il s'interrompt, gêné. Je ne peux pas m'empêcher de rire :

« Oui, je suis la nièce de la cinglée. »

« Ce n'est pas méchant, mais elle ne sort jamais, ne parle à personne, et si on a le malheur de s'approcher de la maison, elle nous jette des regards noirs derrière les rideaux. »

Je savais que ma tante était devenue spéciale, mais alors là…

« On ne sait même pas comment elle s'appelle, alors qu'elle est là depuis 4 ans. »

« Marian McGowan. »

« Et elle a emménagé là après la mort de tes parents ? »

« Oui, elle du mal à faire son deuil. »

« Et toi ? »

« Ca fait 4 ans… ça reste douloureux mais je m'y suis habituée. »

« Je comprends. »

« Et toi, tu vis à la Push aussi j'imagine. »

Il rit :

« Oui, au cas où ça ne se verrait pas, je suis de la réserve, je vis avec ma mère et ma sœur. »

« Grande ou petite ? »

« Grande, elle a 23 ans. Elle emménage cet été avec son compagnon. »

« Et ton père ? »

Son visage s'assombrit légèrement.

« Mort. Une crise cardiaque i ans et demi. »

« Je suis désolée. »

Il me sourit :

« Ne t'en fait pas, je m'y suis fait, c'est pour ma mère que ça a été le plus dur, mais maintenant elle va mieux, et elle est presque avec un mec. »

« Presque ? »

Il lève les yeux au ciel :

« Charlie Swan, le shérif de Forks. Ca crève les yeux qu'ils ont envie de se mettre ensemble, mais comme Charlie était un des meilleurs amis de papa, elle a peur que leur relation nous choque, donc pour l'instant ils sont « juste amis ». »

« Et ça ne te dérange pas ? »

« Non, franchement Charlie est un type bien, il a divorcé il y a des années et il ne s'est jamais intéressé à personne à part le bien de sa ville et de sa fille. Et puis ce n'est pas comme si il avait dragué ma mère quand mon père était encore là. Ils ont simplement fait leur deuil ensemble et ça les a rapproché. »

« Je vois. »

« Et sinon, tu vas fréquenter le lycée de Forks ou celui de la Push ? »

« Aucun des deux, ma tante a décrété qu'elle me donnerait cours à domicile. Et elle ne veut pas que je quitte la maison »

« Pas cool. »

« Pas cool du tout...alors j'ai profité de sa sieste pour m'évader un peu... »

Je lui montre mon carnet de croquis. Il le feuillette.

« Tu dessines vraiment très bien. »

« Merci. »

Nous continuons à faire connaissance, jusqu'à ce que je jette un œil à ma montre.

16h. Cela fait déjà presque 2 heures que je suis partie, si ma tante se réveille, elle va me passer un savon.

« Il faut que j'y ailles. »

« Je te raccompagne si tu veux. »

« Pourquoi pas. »

Nous discutons encore pendant les 30 minutes du trajet. J'apprends ainsi que Seth suit les cours au lycée de la Push le matin uniquement, qu'il mesure 1m83, qu'il voudrait être guide de randonnée ou moniteur d'escalade et qu'il adore les pancakes chocolat-crème fraîche (je ne sais même plus comment nous en sommes venus à parler de ça.), quand enfin nous arrivons devant chez moi.

« J'aimerais beaucoup te revoir. » dit Seth.

« Moi aussi. »

« Demain même endroit même heure ? »

« Ca marche. »

« A demain alors. »

« A demain. »

Il me fait un petit signe avant de faire demi-tour et de disparaître dans les bois.

En rentrant, je découvre Marian toujours endormie. Le mot que je lui ai laissé est toujours sur la table. Je le récupère vite-fait, tant mieux si elle ne découvre pas que je suis sortie.

Elle finit pas s'éveiller dix minutes plus tard.

Je suis assise dans le canapé en face d'elle, en train de lire « Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur » comme si de rien n'était.

« Bien dormi ? »

« Oui. » répond elle en s'étirant.

« Tu ne dors pas bien la nuit ? »

« Pas vraiment non. »

« Tu veux un thé ? »

« Volontier. »

C'est une tradition dans la famille depuis que mes grands-parents (les parent de maman et Marian) sont arrivés d'Irlande dans les années 60, on ne boit jamais de café, que du thé.

Ils étaient très british si je puis dire, la seule qui ce soit vraiment américanisée, c'est Marian, mais elle a gardé l'amour du thé caractéristique de la Grande Bretagne.

Pendant que nous buvons notre thé, face à face dans la salle à manger, je guette un quelconque signe indiquant que Marian s'est réveillée et a constaté mon absence cet après midi. Mais elle ne semble pas s'en être aperçue.

Après cela, je monte dans ma chambre, prend mon second carnet, celui réservé aux portraits, et je redessine chaque trait du visage qui, depuis cet après-midi, ne quitte plus mes pensées.