C'était le soldat qu'il avait tant aimé emmerder, sa tête d'andouille s'était transformer en tête de mort quand il le reconnu.
-Tiens, voilà le plus doué des médecins...
House tenta une sourire, tandis que son cœur se brisait en mille morceaux, la grimace qu'il réussi à obtenir laissa échapper un rire sadique à son ex victime qui était en train de devenir son bourreau.
Il se répéta qu'il n'avait rien fait de mal, techniquement, il n'était ni résistant, ni un pauvre bougre juif, juste un toubib qui n'appréciait pas la collaboration avec les occupants...
Le premier SS demanda en allemand quelque chose à ce dernier qui répondit par un ja sadiquement heureux. Ils parlèrent rapidement, en lui jetant des regards mauvais de temps en temps.
A ce moment, il sentit plus fort que jamais la présence de Cuddy a ses côtés, elle avait comprit toute la conversation des deux hommes. Elle ne put s'empêcher de faire un imperceptible mouvement dans la direction de celui qui avait promit de la sortir de là.
House avait surtout peur qu'ils ne découvrent qui elle était pour lui, il aurait voulu la pousser violement pour qu'elle ne se trahisse pas, mais il ne pouvait détacher son regard d'avec celui de l'officier. Il s'efforçait de garder toute sa fierté dans ses yeux bleus, y glissant même une fausse lueur de malice tout à fait convaincante, maintenir une position de politesse tellement feinte qu'elle en devenait impolie, tandis que son cerveau fonctionnait à pleine vitesse.
Comment réussir à la faire sortir de là ? Si jamais il n'y arrivait pas, devait il suivre le train ? Devait-il essayer de prendre contact avec Wilson et ainsi demander un coup de main à la Résistance ? Travailler avec ces gens écœurant de trop plein d'idéaux* qu'étaient ceux de l'armée de l'ombre ? House s'en foutait tant qu'ils lui donneraient la parole de sortir Cuddy de là… Et puis leur héroïsme qu'il trouvait trop poussé avait fait ses preuves jusqu'ici.
Avait-il vraiment une chance de la faire passer pour une mourante ? Ils n'étaient pas si cons que ça tout de même…
Le jeune officier chauve regardait House et son excitement visible donnait au diagnosticien un sentiment d'insécureté grandissante. Il ne devait pas avoir plus de 30 ans. Lorsqu'il était venu se faire soigner chez lui, le médecin avait pu remarquer qu'il était allé au front et qu'il avait même été décoré pour ça. Aujourd'hui sous ce soleil de plomb, ses décorations semblaient briller plus que jamais et l'éblouissaient presque.
-Montez, murmura calment le SS sous le regard réjouit de son comparse.
-Quoi...?
House s'était attendu à tout, sauf à ça. Abasourdis, il perdit son masque d'insolence.
-Vous êtes soupçonné d'être en contact avec la Résistance... lança le chauve.
Comme quoi, cet andouille pouvait parfaitement parler français quand il fallait enfoncer un être humain dans la misère. On pouvait sentir sa délectation à la façon dont il prononça cette phrase.
-Je monterais de mon plein gré si vous évacuer les agonisants.
-Ce n'est pas fou qui décidez.
House aurait pu rire de son accent revenant au galop lorsqu'il s'énervait, mais il n'avait pas le temps, son cœur battait à tout rompre, il sentait la sueur perler le long de son front.
-Nan, mais quand je serais mort de ce putain de typhus, le virus viendra vers vous et le seul médecin compétant sera six pieds sous terre !
Il avait parler vite, essayant d'éviter le ton suppliant qu'il sentait venir, l'urgence le gagnait, après tout, il s'en foutait si il partait là, mais Cuddy, la Cuddy vivante qu'il aimait, il fallait qu'elle parte, qu'elle quitte ce triste convoi rempli de morts et roulant vers la mort, Cuddy était la vie et par conséquence, elle allait vivre.
-Vous voyez ce bébé ? Il a choppé une balle dans le ventre, une balle aussi grosse que son petit ventre et ses boyaux à l'air sont de un dégoutant à voir et de deux, infestés du microbe, vous êtes déjà en contact la...
Ils reculèrent d'un pas sans même s'en rendre conte, House lui, était monté dans le wagon et poussait déjà les agonisants dehors.
-Vous l'affreux ! Vous puez la mort, vous sortez ! Et vous la vieille ! Prenez votre marmaille avec… Waw, je n'aimerais pas épouser votre petite fille… Quand à son jeune frère, je veux bien mourir s'il arrive à séduire une fille ! De toute façon, ajouta t'il d'un air convaincant, ils ont 0 chance de survie.
La grand-mère jeta un regard désespérée au toubib mais il n'essaya même pas de lui faire comprendre que, bien qu'il disait vrai pour la question beauté, il mentait sur leur état et leur espérance de vie.
Une infirmière arriva, il la connaissait et ils échangèrent un rapide regard, lourd de sens. Aujourd'hui à eux deux, ils sauveraient quelques vies. Elle s'appelait Cameron et elle mettait déjà une Cuddy qui se débattait comme une démente sur une civière. Rapidement, elle lui fit une piqure et House lui sourit. C'était la première fois qu'elle le voyait sourire. Elle le regarda s'agiter et l'aida au mieux qu'elle pouvait.
Une fois Cuddy mise dans les "pour vous plus d'espoir", House sentit un grand calme l'envahir. Bien que férocement athé, il bénit la jeune Cameron.
Une demi-heure plus tard, les cadavres avaient tous été évacués, ainsi que les blessés les plus graves et quelques autres qui avaient malencontreusement attraper ce fichu typhus.
Ce jour là, Grégory House sauva avec l'aide d'une jeune infirmière complice 7personnes complètement saines de l'enfer, dont Lisa Cuddy.
Ce jour là, Grégory House partait pour l'inconnu.
Lorsque la porte du wagon se referma sur l'homme qu'elle admirait, un des seuls qui malgré ses méthodes peu orthodoxes qu'elle désapprouvait, arrivait à des résultats, Cameron du se retenir pour ne pas demander de partir avec eux. Sa nature était d'aller vers les plus mal au point et c'était donc naturellement qu'elle voulait se tourner vers ceux qui n'avaient quasi plus d'espoir. Mais beaucoup aurait besoin d'elle, et besoin d'elle ici.
* J'ai bien sur un immense sentiment de reconnaissance envers tous les résistants. Je tiens à le préciser !
C'est juste que je me suis éfforcée à rester le plus fidèle possible aux personnages, mais mettre House face à eux est assez difficile et je pense que c'est possible qu'il les considère comme "écoeurant de trop plein d'idéaux".
En ésperant lire vos avis dans des petites reviews... :)
A très vite !
