Titre :La force du cobra
Rating : T (M au prochain chapitre)
Disclaimer : J.K. Rowling
Personnages : Harry P et Severus R.
Note : Troisième chapitre avec beaucoup de retard et en plus il est plus court... Merci aux reviewers et surtout aux revieweuses :D
(Se passe un an après la disparition de Voldemort. Ginny et Harry n'ont plus aucun lien.)
Enjoy !
Chapitre 3
Harry sentait une douleur poindre au sommet de son crâne. Encore une fois Rogue l'avait empêché d'être touché par un sortilège. Quand il reprit ses esprits, il vit Severus au dessus de lui, leurs visages à seulement quelques centimètres. Ses yeux d'un noir profond exprimaient une réelle inquiétude. Quand celui-ci sentit le cœur du gryffondor battre sous ses mains, un long soupir traversa ses lèvres.
« Harry tu vas bien ?
-Oui, je crois. »
Leurs regards si proche s'accrochèrent pour ne plus se lâcher. Rogue ne se l'avouerait jamais, mais les grands yeux verts de son cadet plantés dans les siens, son corps frêle en dessous du sien, tout cela lui plaisait. Son visage se pencha et captura les lèvres roses d'Harry elles étaient douces et sucrées. Sa main auparavant sur son cœur alla se perdre dans les cheveux en bataille du gryffondor. Du bout des doigts, celui-ci caressait la joue de Severus. Tout ceci ne dura qu'un instant. Un instant durant lequel leurs raisons avaient cessé de s'exprimer. Rogue se releva horrifié de ses propres actes et transplana, laissant derrière lui Harry, la main tendue vers le vide. Il se replia sur lui-même et une larme s'échappa d'un de ses yeux. Juste une. Severus le regardait de loin, appuyé à un chêne massif. Après des années d'espionnage, de jeu double, voilà qu'il suffisait d'un regard pour que son corps reprenne le contrôle. Pour expliquer sa fuite il dirait qu'il cherchait le lanceur du sort et tout redeviendrait parfaitement normal. Évidemment il savait que l'ennemi était déjà loin mais il n'aurait pu rester plus longtemps près d'Harry. Dans l'ombre du chêne, une larme s'autorisa à couler, allant se perdre à la commissure de ses lèvres. De toute façon personne ne la verrait.
Quand il revint vers la cabane, Harry continuait ses exercices comme si rien n'avait eu lieu. Un silence pesant s'installa entre eux tandis que Rogue l'aidait à corriger la position de sa baguette, ou à mieux prononcer les incantations. Parfois leurs mains se frôlaient, volant aux deux sorciers un violent frisson.
« Professeur ? »
La voix faible d'Harry cassa le silence en premier. Severus sursauta avant de vite reprendre ses esprits.
« Oui ?
- est-ce que je peux m'arrêter s'il vous…te plaît ? Je suis exténué.
-bien sûr. »
D'un hochement de tête le gryffondor le remercia et entra dans la cabane. Severus réprima un bâillement et, après avoir vérifié les sorts de protection, rentra lui aussi dans la bâtisse. Il vit Harry allongé sur son lit, ses vêtements gisant à terre, la couette à peine relevée sur son dos. Le jeune homme dormait déjà. Rogue leva les yeux au ciel et s'approcha pour couvrir le corps frêle de son cadet. Il allait devoir prendre partie dans une grande guerre, encore, alors si en plus il prenait froid ! Ses yeux se posèrent sur ses muscles, ses omoplates, ses épaules…
« Non. »
Une expression horrifiée tirant ses traits, Rogue recula, laissant tomber la lourde couette sur le corps du jeune homme. Harry se réveilla en sursaut. Il vit Severus quelques secondes, apeuré, avant que celui-ci transplane. Avant de replonger dans les bras de Morphée, il pria quelques dieux pour que ce soit un rêve sinon, pourquoi Rogue le regarderait avec peur et…dégoût ?
Severus avait eu assez de raison pour transplaner dans la salle adjacente. Il se rua vers ses grimoires, un en particulier. Quand il eut extrait Magie du siècle dernier de ses étagères, ses mains cherchèrent automatiquement la page concernant la force du cobra. Ses yeux relurent plusieurs fois une phrase écrite en gros caractères :
Lorsque le signe du cobra est apparu sur un des deux partenaires, aucun ne peut reculer et le lien doit être complété au plus vite, ou bien les sujets peuvent perdre leur puissance magique. Plus le lien est fort, plus vite il doit être terminé, sous peine de provoquer la mort rapide des deux individus.
Severus referma le grimoire d'un coup sec et le laissa par terre avant de s'affaler sur un fauteuil proche. Ainsi le lien était entamé. Et bien entamé. Le serpent qui était apparu sur l'épaule pâle du gryffondor était presque complet : il ne manquait plus que les deux crocs dorés qui d'habitude ornaient la gueule du reptile. Plus qu'un lien et leur force sera complète. Le lien le plus dur à accomplir. Il ne devait rester que quelques jours avant que leurs pouvoirs magiques ne commencent à s'estomper. Rogue devait agir vite. Seulement Harry n'avait pas eu le temps d'entendre toutes les contraintes qu'imposait le lien, ils avaient été interrompus par l'attaque… encore un problème à régler : qui avait lancé l'éclair vert caractéristique d'un avada ? Était-ce vraiment le seigneur des ténèbres qui était revenu ? Pourtant sa marque sur le bras ne s'était pas réveillée. Rogue était exténué lui aussi, il s'endormit lentement sur le fauteuil, l'esprit hanté par ses chimères.
« Professeur ? Professeur ! »
Severus ouvra les yeux encore lourds de sommeil sur le visage tendu d'Harry. Il se releva brusquement, troublé par cette soudaine proximité et ne manqua pas sa chute sur le tapis. Le gryffondor n'esquissa pas même un sourire inhabituel.
« Que diantre se passe-t-il ?
-Dehors, la forêt, elle brûle ! j-je n'arrive pas à stopper les flammes. Vite ! »
Les deux hommes se ruèrent à l'extérieur de la bâtisse : le feu les avait encerclés, mais les flammes ne brillaient pas de la lueur rouge habituelle. Non, elles étaient d'un bleu nuit très profond, sans lumière, sans chaleur. « Des flammes magiques » grogna Severus avant de reculer.
« Harry, on ne peut pas les éteindre. Tu as ta baguette sur toi ?
-Oui mais…
-reste-t-il des choses dont tu as besoin dans la maison ?
-Oui, je vais les chercher ! »
Le gryffondor rentra dans la cabane et s'empara d'un de ses sacs. Dedans il mit le miroir de Sirius, sa cape d'invisibilité, certains vêtements pris sur le tas et quelques livres. Il retrouva Rogue dehors, luttant contre le feu qui s'étendait.
« Tu as tout ? Alors prend ma main vite ! »
Ils transplanèrent, encore plus loin, laissant derrière eux la maison en proie aux flammes. Ils atterrirent près d'un monticule de terre et de pierre, au sommet d'une colline sombre. Le soleil se couchait derrière les arbres.
« Où sommes-nous ?
-Sur la côte ouest de France.
-Si loin ? »
Tout de suite Rogue lança les sorts de protection autour d'eux. Harry le regardait faire comme la dernière fois, assis sur le sol, les genoux relevés sous le menton. Dans la pagaille, Severus avait perdu son éternelle robe noire, découvrant un pantalon droit noir et une chemise grise. C'était étrange de le voir habillé ainsi. Il lui inspirait beaucoup moins de crainte, plus de confiance. Harry le fixait de loin, feignant l'indifférence quand leurs regards se croisaient. Severus revint vers lui et s'assit à ses côtés, poussant un long soupir en étirant son dos courbaturé.
« Professeur ? Était-ce… la même personne qui nous a attaqués ?
-Oui, j'en suis presque sur.
-Le temps presse ! Faisons le lien dont tu m'as parlé ! Finissons-en rapidement.
-Écoute, Harry. Te souviens-tu de ce que je t'ai dit à ce propos ?
-Eh bien, nous serons à jamais liés, il y a plusieurs étapes…
-et surtout il est irréversible. Et il se trouve… que le lien entre nous a déjà débuté.
-Comment ? »
Harry se leva brusquement et fixa le professeur de potions dans les yeux. Une lueur presque menaçante le fit se rasseoir sans bruit.
« Je ne sais pas comment cela se fait, je sais juste qu'il faut que nous le finissions très vite, ou bien nous pourrions subir des dommages…
-alors finis-le !
-ce n'est pas si simple, Harry, il reste une étape, la dernière.
-explique-moi.
-La force du cobra est constituée de quatre liens différents : le lien du sang, du cœur, des larmes et… du corps. »
A cette phrase, Harry déglutit.
« Le lien du sang a du être fait lors de ma mort, continua Severus d'un ton monocorde et dont les yeux revivaient ses derniers moments douloureux, et pour les deux autres, j'ignore quand ils ont pu être effectués. Quoiqu'il en soit, le lien du corps doit être fait dans les prochains jours.
-ce qui signifie... ?
-je te laisse deviner. »
Un lourd silence tomba entre les deux hommes. Harry venait d'apprendre beaucoup de choses en très peu de temps. Le lien avait débuté et il ne pouvait plus faire marche arrière. Il n'en avait pas l'intention, mais sa fierté en prenait un coup. De plus, deux liens avaient été crées sans qu'aucun des deux sorciers ne se rendent compte de rien. Et pour finir, dans moins d'une semaine, il devrait finir la Force en... non Harry ne pouvait résolument pas faire ça. Son esprit refusait d'imaginer ne serait-ce qu'un peu ce qu'il pouvait bien faire avec le professeur. Dans une tentative vaine et peu subtile, il changea de sujet.
« Comment le lien du sang a-t-il pu être fait à ta mort ?
-Tu étais blessé, moi aussi, je ne vois pas d'autres explications. Maintenant Harry je veux savoir ce que tu choisis de faire.
-Je... Je ne sais pas. Et puis ce n'est pas comme si j'avais le choix. Est-ce que seulement...
-Oui ? L'encouragea Rogue doucement.
-et bien... peux-tu te charger du...lien ? »
La voix du plus jeune était réduite à l'état de murmure et son visage arborait une magnifique teinte pivoine. Severus articula un vague « d'accord » et se leva, étirant ses muscles, évitant de regarder le jeune gryffondor. Il essaya de détourner ses pensées de la conversation plus que gênante qui venait d'avoir lieu quand un problème de taille s'imposa : Ils n'avaient nul lieu où dormir. Du bout de sa baguette il attira à lui un rocher qui devait être planté dans la terre depuis plusieurs siècles et, à l'aide de plusieurs morceaux d'écorce arrachés à même le tronc, il bâtit une sorte d'abri primaire, rendu plus chaleureux par un feu et un sort isolant. Harry le regardait, ébahi. La puissance du sorcier était immense. D'un signe de tête, Severus l'invita à rentrer se mettre à l'abri et à manger un ou deux sandwichs invoqués sur le tas. Le simili-repas se fit en silence, parfois rompu par un soupir tendu du gryffondor. Les flammes vertes du feu magique projetaient sur les murs les ombres dansantes des deux hommes, rajoutant à la situation une atmosphère presque irréelle. Tout s'y prêtait pour l'esprit d'Harry : son professeur récemment ressuscité se trouvait en face de lui, traqué par le mage noir le plus puissant du siècle lui aussi récemment revenu à la vie, et il venait d'apprendre que d'ici peu de jours il allait purement et simplement devoir coucher avec le dit professeur. De quoi chambouler l'esprit du survivant.
« Professeur ?
-Hmmmm. Répondit Rogue, étonné que ce soit Harry qui amorce la conversation.
-Quand le lien sera fait, (Harry déglutit à cette pensée) comment allons-nous trouver Voldemort?
-comme tu le vois, il nous traque, il sera facile de trouver l'ennemi, il viendra à nous de son propre chef. La difficulté sera de le combattre.
-mais nous aurons le lien !
-L'intensité de la force du cobra varie selon les duos. Bien sûr nous avons de grandes chances de le vaincre, mais qui sait, peut-être aura-t-il lui aussi trouver une énième source de puissance. »
Harry resta muet. Il avait cru qu'avec la force du cobra, il pourrait vaincre Voldemort aisément. Grande désillusion. Les deux sorciers restèrent ainsi une bonne heure à fixer le feu, avant qu'un bâillement étire la bouche du gryffondor. En silence Severus invoqua deux chaudes couvertures sombres. Le survivant ne se fit pas prier. Il s'allongea à terre, le dos au feu et par la même occasion à Rogue. Celui-ci attendit un moment avant de lui-même se coucher.
La lumière vive du soleil réveilla Harry aux aurores. Il était installé confortablement dans sa couverture, un poids chaud contre son dos. L'esprit encore brumeux il se colla contre cette source de chaleur bienvenue alors que le vent froid soufflait par les interstices de la cabane. Le sort isolant faiblissait un peu.
Severus de son côté était réveillé depuis une bonne heure mais il n'avait osé bouger lorsqu'il avait senti le corps du plus jeune appuyé au sien. Le nez dans les cheveux brun de son cadet il se détendit peu à peu, profitant du sommeil du gryffondor pour baisser sa garde. Comme dirigée par une force supérieure, sa main redressa la couverture sur le corps frêle du survivant et alla se perdre dans la toison brune. L'odeur musquée d'Harry envahit ses poumons et il huma avec encore plus de ferveur le parfum enivrant qui s'offrait à lui. Ce qui eut pour effet de réveiller complètement l'adolescent.
Harry ouvrit les yeux. Quelque chose lui chatouillait le crâne, et il n'était plus à la place à laquelle il s'était endormi la veille. Le poids chaud dans son dos n'était pas un rocher et encore moins un pli de couverture. Il tourna la tête, doucement, et croisa deux iris noirs qui le fixaient avec un mélange d'appréhension et de… bonheur ? Non, il devait juste être mal réveillé. Il se retira brusquement et se confondit en excuses. L'absence soudaine de la chaleur de son partenaire le fit frissonner et il s'emmitoufla dans sa couverture. Couverture qui était en fait celle de Severus, la sienne étant restée sagement à sa place depuis le soir. Rogue se leva et calma les excuses du plus jeune en posant une main légère sur son crâne. Puis il sortit de la cabane, laissant Harry pantois et bien seul.
Par Merlin qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que je fais ? J'en étais presque à souhaiter rester sous les couvertures…Non, ce n'est pas vrai !
Harry chassa très vite ses pensées et profita de l'absence de son professeur pour se changer avec les affaires qu'il avait pris le temps d'emmener. Il tenta de se repeigner et sortit de l'abri. Dehors, Severus consolidait les boucliers magiques pendant que deux lièvres cuisaient au dessus d'un feu émeraude. Quand Harry s'approcha Rogue lui lança un regard méfiant et fut presque soulagé de voir que le gryffondor préférait oublier les événements du matin. Il y eut encore un silence, coupé bientôt par le survivant.
« Je t'ai pris des vêtements avec les miens avant que la maison ne brûle. Si tu les veux... où est-ce que je pourrais me rafraîchir ?
-Descends le flan nord de la colline. Mais ne traîne pas : notre ennemi ne mettra pas longtemps à nous repérer. »
Harry se dirigeait vers le nord quand la voix de son aîné fut portée jusqu'à ses oreilles.
« Merci, pour les vêtements. »
-arrêt sur image-
Severus lui avait dit merci. Sans aucune raison valable, le cœur du gryffondor s'emballa pour ne plus ralentir. Une légère rougeur lui montait au joue, résistante aux jets d'eau froide sur son visage. Le bain ne dura pas plus de cinq minutes, gâché par la température avoisinant les dix degrés. Grelottant et se maudissant de ne pas avoir pris de serviette, il remonta le flan de la colline. Ce bain lui avait quand même éclaircit certaines idées.
Il devait terminer le lien.
Ils pourraient vaincre Voldemort à jamais.
Il avait une peur effroyable de comment leur dernier lien pourrait se passer.
Le fait de coucher avec Severus Rogue, le monstre des cachots, ex-mangemort et espion de son état ne le rebutait pas, en fait, il avait juste peur de l'acte en lui-même. C'est vrai, comment deux hommes pouvaient-ils bien faire ?
L'esprit plein d'idées très pures et innocentes, Harry se redirigeait vers leur abri de fortune, ne faisant même pas attention au regard insistant du professeur sur lui. Ce fut seulement lorsque celui-ci toussa à s'en décrocher les poumons que le gryffondor se tourna vers lui.
« Harry, peux-tu me montrer ta marque ? »
Le susnommé releva ses cheveux de son front découvrant sa vieille cicatrice en forme d'éclair. Severus leva les yeux au ciel.
« Pas celle-là, la marque du lien.
-il y a une marque ?
-Oui, sur ton épaule gauche, tu ne l'avais même pas remarquée ? »
Le ton presque déçu de la voix de Rogue dérangea moins le jeune sorcier que le fait qu'il avait pu voir son épaule nue sans qu'il le sache. Il se tourna vers la plaine et enleva son tee-shirt, sa peau frissonnant sous l'assaut du vent. Attentif, rogue lui demanda s'il ne préférait pas aller au chaud à l'intérieur, son examen risquant d'être long. Harry acquiesça.
Quand il entra dans l'abri, il eut le souffle coupé : il y régnait une atmosphère bien plus chaude que ce matin : des tissus avaient été tendus tout autour, bouchant les courants d'air et donnant à la seule pièce un air de cocon. Un beau feu vert brûlait au milieu de la salle désormais plus grande. Six personnes auraient pu facilement y coucher sans se gêner le moins du monde. Le gryffondor s'assit face au feu et attendit. Les longs doigts fins du professeur effleurèrent un instant son omoplate, lui arrachant un long frisson. Puis plus rien. Quand Harry se retourna, Severus avait l'air pensif et concentré.
« Que se passe-t-il ?
-ce n'est pas bon, le lien réclame son achèvement.
-est-ce que je peux la voir aussi ? Ta marque ? »
Levant un sourcil de surprise, Rogue enleva le pan gauche de sa chemise et tourna le dos au gryffondor. Celui-ci vit un serpent rouge le regarder, son corps formant quelques arabesques compliquées. Presque automatiquement, ses doigts retracèrent les formes abstraites sur l'épaule forte du maître des potions. La peau blanche frissonnait sous ses doigts. A partir de ce moment, Harry perdit pied.
Un nouveau chapitre de fait. Dans le prochain retrouvez nos deux héros dans un joulie piti lemon ^o^
