Dans le bureau du Pope, 15h
Shion était assis derrière une pile de dossier, pas franchement motivé. Il avait peu dormi cette nuit et se sentait fatigué. Peut-être s'offrirai-il une sieste coquine avec Dohko… Il avait ressenti la présence de ce dernier allant aux thermes. Où alors s'offrirait-il un bain coquin… Pour une fois que c'était lui qui avait envie et non pas l'inverse.
Le Grand Pope fut tiré de ses pensées par la sonnerie du téléphone. Pas content d'être dérangé en pleine « méditation », Shion décrocha le combiné et parla d'un air mou, affalé sur son fauteuil, l'air du type qui a pas envie de parler :
« Shion : Aaaaalooooo.
Saori (en furie) : Shion, mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
Shion (se relève brusquement) : Déesse Athéna.
Saori : Oui, c'est moi. Et c'est quoi ces manières de répondre au téléphone. Je sais que quand t'es né ça existait pas mais faut te moderniser mon vieux.
Shion (veine sur la tempe) : Oui Déesse. Pardonnez-moi, ça n'arrivera plus.
Saori : Bref, j'ai appris que hier soir, vous avez une fête au sanctuaire.
Shion : Oui Déesse. Une idée d'Angelo du Cancer, histoire de commémorer votre victoire contre Hades.
Saori : Ca je le sais. Julian Solo est venue me rendre visite ce matin et j'ai été étonnée de trouver Sorrente avec lui. Je lui ai demandé pourquoi il n'est pas avec Kanon et il m'a tout dit.
Shion (suant) : Ah oui…
Saori : Vous faites une fête en MON honneur, pour MA victoire et vous ne m'invitez même pas. Ni mes chers bronzes qui ont fait TOUT le boulot.
Shion (tout bas) : Tout le boulot, et le mur des lamentations, et l'armure d'Athéna, c'est les bronze ça peut-être ???
Saori : Tu disais ?
Shion : Non rien Déesse. Je comprends que vous soyez chagrinée. Nous allons faire quelque chose pour vous.
Saori : J'y compte bien. Prépare une autre fête pour ce soir.
Shion : CE SOIR.
Saori : oui, en apprennant ça ce matin, j'ai foncé dans mon jet et je ne suis plus qu'à quatre heures de la Grèce.
Shion (se ronge les doigts) : quatre heures…
Saori : Q'un buffet soit prêt d'ici là. Et je ne suis pas seule, j'ai amené mes cinq valeureux chevaliers, Shunrei, Sorrente et aussi Kiki que vous nous avez refourgués pour raison inconnue. Et je veux que mes douze golds et Kanon m'accueillent dignement.
Shion : …
Saori : EST-CE CLAIR ?
Shion (suant) : Oui Déesse.
Saori : Alors à tout à l'heure (raccroche au nez). »
Shion n'arrivait pas à raccrocher tellement il tremblait. Saori serait là dans quatre heures et rien n'était prêt. Tous les serveurs étaient occupés à nettoyer la salle de la veille et c'est sans compter que la plupart des chevaliers devaient avoir une mine épouvantable. Le grand Pope pouvait oublier son bain ou sa sieste, l'heure était grave et il ne voyait qu'une solution.
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Aux thermes
Après s'être entièrement dévêtu, Dohko s'approcha à pas lent de l'eau chaude. Il était sûr que Shion avait senti sa présence en ce lieu et il prenait son temps, espérant que son beau tibétain vienne le rejoindre pour avoir droit à un câlin bien mérité. Dohko était en manque, plus de vingt-quatre heures sans faire l'amour, il commençait à ressentir les effets du sevrage…
Il allait beaucoup mieux depuis qu'il avait bu ce remède. Par contre il ne se souvenait toujours de rien. Cela l'interpellait, qu'avait-il donc fait ? Il finirait bien par faire céder Shion.
Alors qu'il trempa un orteil dans l'eau, il entendit dans sa tête :
« Shion (par télépathie) : ALERTE ROUGE. SAORI SE RAMENE AVEC LES BRONZES ET ELLE VEUT QU'UNE SOIREE SOIT ORGANISEE. DEMERDEZ VOUS, BOUGEZ VOS FESSES ET QUE TOUT SOIT PRET DANS QUATRE HEURES. EXECUTIOOOOOOOON. »
Dohko crut qu'il allait tomber dans l'eau tellement il fut surpris par la tonalité du Pope et par la nouvelle. C'était quoi cette plaisanterie ? Athéna ou pas, elle allait pas le priver de son câlin avec son Pope préféré. Dohko sortit des thermes et courut dans le bureau de Shion. Quand il arriva complètement essoufflé devant le bélier, ce dernier fronça ses points de vie :
« Dohko : Shion mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
Shion : Ah non, pas toi aussi.
Dohko : Je peux savoir qu'est-ce qui a pris Athéna pour nous imposer ça ?
Shion : Et moi, je peux savoir qu'est-ce qui t'a pris de te promener nu dans le palais ? »
Dohko réalisant soudain, baissa les yeux là où il ne fallait pas, puis regarda de nouveau Shion :
« Dohko : Woh ça va. Tu m'as déjà vu comme ça un bon nombre de fois.
Shion : Oui, mais les domestiques dans les couloirs, je ne crois pas. »
Et sur ce, Shion ouvrit légèrement la porte pour voir se qui s'y passait en dehors de son bureau. Il put constater qu'il n'y avait plus un rassemblement de domestique mais plutôt un champ de piquet de tomate bien mûre. Dohko s'en contre ficha, après tout il n'avait rien à cacher et il était content de voir le regard jaloux que posait Shion sur les serviteurs :
« Dohko : Bon, revenons-en au fait, tu disais qu'Athéna serait bientôt là ?
Shion : Elle a eu vent de notre soirée et n'a pas apprécié de ne pas avoir été invitée. Donc elle veut une autre soirée ce soir. Elle sera là dans quatre heures donc faut tout organiser.
Dohko : Ok, je suppose qu'on a pas le choix. Si tout le monde s'y met, on devrait pouvoir faire un truc pas mal. Moi je peux faire des petits plats chinois.
Shion : Moi, je vais essayer d'appeler un traiteur et préparer un discours d'excuses.
Dohko (l'air très sérieux) : En revanche, je ne pourrai rien faire tant que…
Shion : Tant que quoi ?
Dohko (yeux de chien battu) : Shioooon. Je suis en manque.
Shion : Dohko, c'est pas le moment. »
Mais la Balance ne l'entendit pas de cette oreille et il passa agilement sous la large et longue robe du Pope :
« Shion : Dohko… Ah Dohko arrête, c'est pas le moment.
Dohko (tapote la virilité de Shion) : Regardez moi ça, t'en a autant envie que moi.
Shion : Dohkooooooo… D'accord mais fais vite. »
Fallait croire que le Pope était aussi en manque car ce fut bref mas intense. Dohko sortit de sous la robe satisfait. Il embrassa passionnément Shion et commença à partir en direction de son temple quand Shion l'arrêta net et lui mit une tenue de Pope sur le dos, bien trop grand pour le plus petit des chevaliers mais au moins qui couvrirai son corps le temps de retourner aux thermes cherches ses propres fringues :
« Shion : Fait gaffe à pas trébucher en te prenant les pieds dedans.
Dohko : Comment tu peux porter ça tous les jours ? J'aurai pu rester comme j'étais.
Shion : Personne à part moi n'a le droit de te voir en entier. »
Dohko sourit, il aimait quand son puissant bélier devenait un mouton jaloux.
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Au temple des Poissons
Aphrodite était agenouillé devant ses roses coupés comme s'il s'agissait d'une pierre tombale et coupait le reste des plantes millimètre par millimètre.
Pendant ce temps, Angelo était allongé sur le canapé du salon, une boite d'aspirine bien entamée à coté de lui, toujours avec son mal de tête. Depuis le hurlement du poisson, il ne s'en remettait pas. Et en plus, il ne l'avait toujours pas eu son baiser matinal. Bien décidé à faire bouger le suédois de devant ses rosiers, il se leva d'un pas décidé et se dirigea en direction du jardin où il découvrit Aphro en train de sangloter :
« Angelo : Pffff, tout ça pour des roses.
Aphro : Tu ne comprendras jamais. Mes roses et moi… c'est un pur bonheur de les semer et les voir pousser, éclore. C'est un pur bonheur que ce jardin soit apprécié et envié de tous. Ces roses, elles sont comme mes enfants.
Angelo : tu sais Aphro. Les gosses, c'est vrai qu'on aime les voir grandir. Après tout ce sont les nôtres, il nous apporte le bonheur. Mais arrive un jour ou l'enfant quitte le foyer pour apporter le bonheur ailleurs, dans un autre foyer avec d'autres personnes. Mais ce n'est pas pour autant qu'il ne nous apporte plus le bonheur à nous.
Aphro : …Angelo.
Angelo : Tes roses sont belles pour tout le monde. Mais elles le seraient encore plus si elles étaient dans un vase, décorant la cuisine ou le salon d'un des temples. Les propriétaires de ces temples se lèveraient le matin et se diraient : ce sont les roses d'Aphro, qu'elles sont belles et elles s'harmonise bien avec le reste de la déco. Tes roses continueront de s'épanouir, elles apporteront le bonheur aux autres mais aussi à toi, car tu sais au plus profond de toi qu'elles ont vu le jour dans ton jardin.
Aphro (perplexe) : … Angelo… Tu as encore bu.
Angelo (coi, le truc qui casse bien l'ambiance) : … MAIS NON ANDOUILLE.
Aphro : merci Angelo. Tu as raison. Quel égoïste je fais. Ces fleurs seraient beaucoup belles si elles voyaient d'autres sourires que le mien. C'est décidé, je vais en offrir à tout le monde.
Angelo : A la bonheur.
Shion (par télépathie) : ALERTE ROUGE. SAORI SE RAMENE AVEC LES BRONZES ET ELLE VEUT QU'UNE SOIREE SOIT ORGANISEE. DEMERDEZ VOUS, BOUGEZ VOS FESSES ET QUE TOUT SOIT PRET DANS QUATRE HEURES. EXECUTIOOOOOOOON. »
Angelo crut vraiment cette fois que son crâne allait exploser. Il s'agenouilla et enserra sa tête de ses mains. Aphro n'y fit pas attention et analysa le message du Pope puis s'exclama :
« Aphro : Athéna veut une soirée. Je vais m'occuper de la déco, elle va être épatée. »
Le poisson allait parfaitement mieux et commença à courir en direction du treizième temple. Au bout de trois marches, il s'arrêta, puis retourna d'un pas rapide vers son temple et sauta sur Angelo pour l'embrasser comme un fou. Puis il sourit et reprit sa course vers le palais.
Le cancer regardait son bel amant disparaître. Il se sentait d'un seul coup plus léger. Le baiser d'Aphro avait été radical, la migraine était partie. Ô Athéna, qu'il l'aimait ce poisson.
Angelo se releva et se dirigea vers son temple. Puisque la cruche se pointait, il allait préparer des pizzas.
En arrivant le premier au palais, Aphro sourit en voyant sur une table un bouquet de huit roses dans un vase. Les huit roses coupées par Shura. Les domestiques qui avaient fait le ménage les avaient soigneusement ramassées et disposées ensemble. C'est vrai qu'elles étaient belles ainsi.
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Au temple du Verseau
« Milo : Et le seul moyen que j'ai trouvé pour te faire taire c'est ça. »
Milo s'élança sur Camus qui n'avait pas bougé mais stoppa son élan, pensant que le verseau allait le repousser. Ce dernier ne fit rien, il passa sa main sur la nuque du scorpion et l'attira à lui pour l'embrasser, invitant ses lèvres à s'entrouvrir pour sentir leur langue se mêler. Puis il relâcha son étreinte et Milo le regarda comme si Camus avait subitement décidé de danser un french cancan :
« Milo : Camus, tout va bien ?
Camus : Bien sur Milo. Pourquoi tu as stoppé ton élan ?
Milo : Je pensais que tu allais me repousser.
Camus : Pourquoi le ferai-je, nous sommes amant et il est normal qu'on s'embrasse.
Milo : Tu n'es pas fâché ?
Camus : Pourquoi le serai-je ? Je sais très bien qu'en fait, tu n'aurais rien dit à propos de mon fantasme et aussi, j'ai compris que si tu m'as fait boire c'était pour m'intégrer aux autres. Ca partait d'une bonne intention et ça a tourné un peu au vinaigre.
Milo : Mais tout le monde le connaît ton fantasme maintenant.
Camus : Et alors, j'ai rien à cacher. Et pourquoi j'aurai pas de fantasme, si ça gène quelqu'un qu'il vienne me voir et on en parlera calmement.
Milo : Alors c'est vrai tu ne m'en veux pas ?
Camus : Mais non mon Milo. Et dans un sens, cela m'a permis de te raconter mon passé.
Milo : J'aurai préféré que ce soit voulu. Je n'ai jamais compris pourquoi tu ne voulais pas me raconter.
Camus : Trois raisons : premièrement, après que tu m'es raconté le tien, je trouvais le mien bien fade à coté ; deuxièmement, parce que je n'en suis pas très fier et troisièmement, parce que tu parles tellement que tu ne me laisse jamais en caser une.
Milo (coi) : … »
Milo était abasourdi, Camus n'était pas bavard mais il y était en parti pour quelque chose. Il s'en voulu énormément. Camus s'en aperçu et l'enlaça pour le réconforter :
« Camus : Cette soirée a eu du bon, je suis content que tu ai réalisé à quel point c'est dur de supporter quelqu'un qui parle tout le temps.
Milo : Camus, je te promet de faire des efforts.
Camus : Non Milo, ne change pas, ne change jamais. C'est du Milo bavard et extraverti dont je suis tombé amoureux. Alors reste tel que tu es.
Milo (touché) : Camus…
Shion (par télépathie) : ALERTE ROUGE. SAORI SE RAMENE AVEC LES BRONZES ET ELLE VEUT QU'UNE SOIREE SOIT ORGANISEE. DEMERDEZ VOUS, BOUGEZ VOS FESSES ET QUE TOUT SOIT PRET DANS QUATRE HEURES. EXECUTIOOOOOOOON. »
Le truc qui casse bien l'ambiance… Camus reprit immédiatement son professionnalisme et se leva en disant qu'il allait préparer des glaçons et quelques plats pour cette soirée. Milo qui n'était pas branché cuisine se proposa d'aller aider à préparer la salle.
Le couple se sépara à regret mais non sans avoir échangé un long et passionné baiser.
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Au temple du Capricorne
Le fier Shura, avec un tablier à fleurs, un fichu sur la tête et une serpillière dans les mains, était étonné de na pas encore vu débarquer Aphrodite en furie dans son temple. Il espérait échapper un peu au rôle d'esclave qui commençait à le peser. Le temple n'avait jamais été aussi propre depuis qu'il y vivait. Il avait tout fait tout seul, Shina étant occupé à bouquiner un magazine pour femme, tranquillement allongé sur le canapé :
« Shina : Shura, ça ira pour le ménage. Maintenant, il y a quelque chose que j'aimerai que tu fasses.
Shura : Tout ce que vous voulez maîtresse.
Shina : Dans la chambre, dans le dernier tiroir de la commode, il y a un costume. Met le reviens ici. »
Shura s'attendait à un costume de policier, militaire… Mais il se retrouva devant Shina avec un costume de… Pizza iolo. Ah ces italiens ! Shura se trouvait ridicule mais Shina le trouvait séduisant. Elle lui demanda de faire un streap-tease, ce qu'il fit sans broncher. Un fois le bel espagnol en boxer :
« Shina : Allez, viens me voir.
Shura : Oui maîtresse.
Shina (enlevant son tee-shirt) : Touche-moi.
Shura (embrassant Shina dans le cou et massant ses seins) : Vos plaisirs sont les miens.
Shina (gémit) : Hum, oui, continue.
Shion (par télépathie) : ALERTE ROUGE. SAORI SE RAMENE AVEC LES BRONZES ET ELLE VEUT QU'UNE SOIREE SOIT ORGANISEE. DEMERDEZ VOUS, BOUGEZ VOS FESSES ET QUE TOUT SOIT PRET DANS QUATRE HEURES. EXECUTIOOOOOOOON. »
Le truc qui casse bien l'ambiance encore une fois. Shura resta en suspens, sa bouche ventousée au cou de Shina. Cette dernière réagit plus vite et poussa le capricorne avec mécontentement :
« Shina (énervée) : Bon sang, pas possible d'être tranquille ici.
Shura : Pardonnez-moi maîtresse.
Shina : Tu n'y es pour rien, mon beau chevalier. Ce n'est que parti remise. Va préparer de la paella. Moi je pense que je vais aider Angelo qui aura certainement l'idée de faire des pizzas. »
Shura remit ses vêtements normaux et le couple se sépara, maudissant le caractère capricieux de leur chère Déesse.
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Au temple de la Vierge
Shaka massait les épaules de Mü qui était aux portes du septième ciel :
« Mü : Hum, là c'est bon Shaka. Tu es très doué pour les massages.
Shaka : Te faire plaisir me rend fou de joie. Et puis c'est de ma faute si t'es dans cet état.
Mü : Je t'ai déjà dit que j'y avais ma part de responsabilité (il rit), si Kiki me voyait, il te provoquerait en duel pour avoir osé me faire du mal.
Shaka : Je crois qu'il t'aime bien ce gosse.
Mü : Je le considère comme mon fils. Il était bébé quand je l'ai recueilli. Sa présence m'a réchauffé le cœur dans le froid et la solitude de Jamir. Son premier mot, c'était Mama. Il devait me prendre une femme. Je rigolais et pleurait en même temps.
Shaka : Ca ne m'étonne pas, tu as les traits si fins. C'est vrai que tu ressembles un peu à une femme. Mais tu es si beau. Y a une idée qui me vient à l'esprit, vivement qu'il revienne le petit.
Mü : Pourquoi ?
Shaka : Tu verras, c'est une surprise.
Mü (perplexe) : tu me fait des cachotteries toi maintenant ?
Shaka (se rapprochant) : embrasse-moi et tu verras que mon amour est des plus sincère.
Shion (par télépathie) : ALERTE ROUGE. SAORI SE RAMENE AVEC LES BRONZES ET ELLE VEUT QU'UNE SOIREE SOIT ORGANISEE. DEMERDEZ VOUS, BOUGEZ VOS FESSES ET QUE TOUT SOIT PRET DANS QUATRE HEURES. EXECUTIOOOOOOOON. »
Le baiser ne risquait pas de se produire, les deux tourtereaux s'étant figé à quelques millimètres de leur lèvre respective :
« Shaka (furieux d'avoir été interrompu) : Il a pété un câble le vieux.
Mü : Shaka, je te rappelle qu'il s'agit de mon maître et du Grand Pope. Et c'est pas sa faute.
Shaka : Oui, pardon Mû.
Mü : Ta réaction était bizarre. Tu me surprendras toujours.
Shaka (malicieux) : Il faut bien que j'ai des petites facettes cachées. Sinon un bélier comme toi se lasserai vite de la vierge que je suis.
Mü : Je suis impatient de tout découvrir.
Shaka : Nous avons la vie entière pour ça mon amour. »
Puis Shaka embrassa enfin Mü. Mais il ne fallait pas chômer. Donc Mü décida d'aller aider au palais, ses pouvoirs télékinésiques pouvant se révéler utile. Quand à Shaka, il prépara quelques petites gourmandises indiennes.
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Au temple du Lion
Marine était occupé à coudre assise sur le canapé et Aiolia avait la tête posée sur ses genoux. Le couple était tranquille mais cette tranquillité ne dura pas bien longtemps. En effet, ils entendirent comme des pas se précipiter, la porte de leur appartement s'ouvrir sans frapper et une silhouette presque semblable au propriétaire des lieux arriver :
« Aiolos : Aiolia. »
Le sagittaire se jeta littéralement sur son petit frère encore allongé, ne faisant même pas attention à Marine. Aiolia crut sentir le contenu de son estomac remonter le long de son œsophage tellement Aiolos s'appuyer sur son ventre :
« Aiolos : Comment tu vas ? Tu as bien dormi ? Pas trop dur ce matin ?
Aiolia : Grand frère, tu m'étouffes…
Aiolos (se retire) : Oh excuse-moi. Tiens bonjour Marine.
Marine : Bonjour.
Aiolia : Qu'est-ce que tu veux ?
Aiolos : Quoi ? J'ai pas le droit de venir voir mon petit frère si j'en ai envie ?
Marine : Et Saga ?
Aiolos : Il est en bonne compagnie avec son frère. Je me suis dit que ce serait bien qu'ils reparlent un peu, depuis le temps. C'est pas évident depuis que Kanon est avec Sorrente. Alors je me suis dit que j'allais venir te voir. »
Marine regarda Aiolia. Ce dernier comprit que c'était le moment qu'il redoutait tant. Marine s'éclipsa, laissant les deux frères en tête à tête. Elle espérait qu'Aiolia saurait trouver les bons mots. Lui le fougueux lion n'avait pas pour ainsi dire, trop de tact. Il avait plutôt tendance à dire les choses bien en face et pas toujours de façon diplomatique. Mais là, c'était son frère, ce serai peut-être différent.
L'aigle remontait lentement les escaliers du sanctuaire, ne sachant pas vraiment où elle allait. Elle ne voulait pas déranger son amie Shina qu'elle savait en train de s'amuser avec Shura. Alors elle montait simplement, se triturant les doigts tellement elle était stressée par la conversation qui devait se dérouler dans le cinquième temple.
Soudain, cela ne faisait pas dix minutes qu'elle était partie, qu'elle vit Aiolos passer à coté d'elle. Il courrait sans même la regarder, montant sans doute jusqu'à son temple. Marine était sûre d'avoir vu des larmes s'échapper de ses yeux bleus. Elle fit immédiatement demi-tour pour rentrer chez elle et y trouver son brave lion assis sur le canapé, la tête entre les mains. Il pleurait lui-aussi, silencieusement. La japonaise eu un pincement au cœur, après tout elle était responsable de cette apparente querelle entre les deux frères. Elle s'approcha du chevalier pour le prendre dans ses bras. Elle fut surprise qu'il ne la rejette pas. Au contraire, il mit sa tête contre sa poitrine et éclata en sanglot. Marine lui caressa les cheveux et le berça jusqu'à ce qu'il se calme un peu :
« Marine : Raconte-moi. Que lui as-tu dit ?
Aiolia : Marine… J'ai si mal. Je m'en veut tellement d'avoir blessé ainsi mon frère.
Marine : C'est de ma faute, je t'y ai poussé alors que t'étais pas prêt.
Aiolia : Aujourd'hui ou plus tard, ça aurai été pareil. Tu me connais, avec mon tact.
Marine : Qu'est-ce que tu as dit ?
Aiolia : Je lui ai dit qu'il était lourd. Que toi et moi on saturait de l'avoir toujours dans les pattes. Et je lui ai dit de plus s'occuper de moi comme un gosse car j'avais plus sept ans mais vingt et un et que je pouvais bien gérer ma vie. Et en plus j'ai rajouté que j'ai bien fait sans lui pendant treize ans. »
Aiolia éclata de nouveau en sanglots tellement il avait honte de lui. Il est clair qu'il n'y était pas passé par quatre chemins, mais quand même il y a des façons de dire les choses. Plus direct tu meurs. Marine ne sut quoi faire à part le tenir bien serré contre elle. Franchement, qu'est-ce qui pouvait avoir de pire :
« Shion (par télépathie) : ALERTE ROUGE. SAORI SE RAMENE AVEC LES BRONZES ET ELLE VEUT QU'UNE SOIREE SOIT ORGANISEE. DEMERDEZ VOUS, BOUGEZ VOS FESSES ET QUE TOUT SOIT PRET DANS QUATRE HEURES. EXECUTIOOOOOOOON. »
Bon, il y avait pire. Le couple resta enlacé. Aiolia ne pleurait plus mais avait toujours le cœur lourd de reproche, ainsi que Marine. Et en plus la Déesse qui s'y mettait :
« Marine : Comme si c'était le moment. Je ne me sens vraiment pas d'humeur à préparer quelque chose ou d'aller à quelconque fête.
Aiolia : Moi non plus mais les ordres sont les ordres, encore plus qu'il s'agit d'Athéna. Aiolos le dirai…
Marine : …Tu dois lui reparler. Je ne veux pas que tu sois en conflit avec ton frère. Vous vous adorez et vous avez la chance d'être ensemble.
Aiolia : Marine…
Marine : C'est un peu de ma faute. Je t'y ai poussé sans te donner ton avis alors qu'il s'agit de ton frère. Mais peut-être ai-je agi par jalousie ? J'en voulais à Aiolos d'être si proche de son petit frère alors que moi j'ai perdu le mien. Veux-tu que j'aille lui parler ?
Aiolia : Non, c'est à moi de la faire. Il faut que je lui fasse comprendre que je l'aime mais que j'aimerai faire ma vie. Un peu comme quand les parents voient leurs enfants grandir et partir de la maison pour voler de leurs ailes.
Marine : C'est vrai que c'est à peu près la même chose sauf que ton frère ne t'a pas vu grandir.
Aiolia : Pour le moment, il faut respecter la volonté d'Athéna et préparer cette soirée. J'irai le voir après, comme ça il aura le temps de digérer.
Marine : Tu as raison.
Aiolia : Marine.
Marine : Oui ?
Aiolia : Je t'aime et je suis désolé pour ton frère. »
Marine sourit et embrassa le Lion, contente qu'il ai retrouvé son énergie. Le couple se dirigea vers le palais pour aider à la préparation.
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Temple du Sagittaire
Aiolos arriva en trombe dans son temple et, après avoir cassé plusieurs verres et assiettes dans la cuisine tellement il était en colère, il s'effondra sur le lit de sa chambre et sanglota. Il avait l'impression d'avoir perdu un être cher. Il s'en voulait à lui-même d'avoir ainsi gêné Aiolia, il en voulait au destin d'être mort quand ce dernier était encore enfant, de n'avoir pas été là. Il n'en voulait pas au Lion, il l'adorait trop son petit frère, sa seule famille, celui qui lui a permis de tenir le coup après la mort tragique de ses parents.
« Aiolos : Aiolia… »
Aiolos leva ses yeux remplis de larmes et vit sur son chevet un cadre avec une photo de lui et de son petit frère peu de temps avant sa mort. Les deux frères semblaient heureux ensemble. Aiolia était un enfant adorable et affectueux. Pas toujours sage, surtout quand il traînait avec Milo. Mais même s'il le grondait, Aiolos était amusé par ses bêtises, regrettant de ne pas avoir pu en faire autant. Il aimait quand Aiolia souriait de toutes ses dents, quand il riait aux éclats quand lui le chatouillait, quand il lui faisait des yeux d'ange pour avoir quelque chose, quand il s'accrochait à lui le matin parce qu'il ne s'est pas encore réveillé, quand il pleurait dans ses bras car il avait fait un cauchemar… Le petit Aiolia lui manquait et il ne reviendrait plus. Maintenant c'était Aiolia le chevalier d'or du Lion, un adulte responsable et fiancé à une femme. Quel homme pareil aurait besoin d'un grand frère, qui plus est un grand frère qui, en apparence, semblait bien plus jeune que lui (et oui Aiolos a ressuscité avec l'aspect de ses 14 ans). Aiolos devait se faire une raison, son petit frère n'avait plus besoin de lui. Et maintenant, que pouvait-il lui arriver :
« Shion (par télépathie) : ALERTE ROUGE. SAORI SE RAMENE AVEC LES BRONZES ET ELLE VEUT QU'UNE SOIREE SOIT ORGANISEE. DEMERDEZ VOUS, BOUGEZ VOS FESSES ET QUE TOUT SOIT PRET DANS QUATRE HEURES. EXECUTIOOOOOOOON. »
Que demander de mieux ? Aiolos resta sourd à l'appel, il n'avait envie de rien. Juste de prendre du recul. C'est pourquoi il ne bougea pas de sur son lit. Pourquoi aller aider puisque personne n'avait besoin de lui ?
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Temple des gémeaux
Saga n'en croyait pas ses yeux. Alors que tout à l'heure il n'arrivait pas à trouver une minute peinard tellement il était prisé par son frère et son amant, et bien maintenant, son amant était parti voir son frère au cinquième et son frère téléphonai à son homme et lui se retrouvait seul… Comme un con. Cette solitude soudaine le pesait déjà. Enfin, il n'était pas seul dans le temple, Kanon était dans la pièce à coté mais bon, l'attention n'était plus porté sur lui.
L'aîné des gémeaux sentit soudain le cosmos de son amant se charger d'incompréhension, de colère puis de tristesse. Que lui arrivait-il ? Il avait aussi senti que le Sagittaire s'était précipité vers son temple. Tout se passa très vite, Saga commença à se relever pour le rejoindre, à ce moment, Kanon passa la porte avec le combiné à la main et commença à dire :
« Kanon (paniqué) : Saga, figure-toi qu'Athé…
Shion (par télépathie) : ALERTE ROUGE. SAORI SE RAMENE AVEC LES BRONZES ET ELLE VEUT QU'UNE SOIREE SOIT ORGANISEE. DEMERDEZ VOUS, BOUGEZ VOS FESSES ET QUE TOUT SOIT PRET DANS QUATRE HEURES. EXECUTIOOOOOOOON. »
Tout s'arrêta net. Saga était en position semi-acroupi et Kanon était toujours l'entrebâillement de la porte, le combiné à la main qui émettait des sons du genre :
« Sorrente : Kanon, t'es là ? Je suis dans l'avion avec Athéna. On devrait être là dans quatre heures. Il me tarde de te revoir. Kanon ?
Kanon (reprenant ses esprits) : Euh oui ma sirène… (Retourne dans la pièce à coté). »
Saga n'avait pas bougé d'un poil. Il retrouva ses esprits quand ses jambes commencèrent à trembler du fait de sa position. Il analysa rapidement le message du Pope : Athéna arrivait bientôt et il fallait que tout le monde mette la main à la patte pour lui préparer une soirée. Bien, Saga n'était pas doué en cuisine mais avec Aphro, il avait de bons goûts question déco. Il se décida à monter au palais, ne doutant pas que son frère le rejoindrait quand il aurait fini avec son amant (soit dans 3h30 environ). Mais avant, il décida de faire une trêve au neuvième temple pour voir ce qui arrivait à Aiolos, cela ne le rassurait pas. Le cosmos du Sagittaire semblait vide d'espoir et d'envie de vivre, chose étrange chez cet être exceptionnel qui profitait de la vie à pleine dents, lui qui l'avait perdu pendant si longtemps.
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Au temple du Taureau
Aldébaran faisait quelques exercices dehors pendant que Scylia nettoyait le temple. Le deuxième temple était le mieux entretenu de tout le sanctuaire et son propriétaire sans doute le plus veinard de toute la chevalerie. Certains comme Angelo et Kanon ne cessait de dire qu'il avait touché le gros lot. Remarque instantanément suivie d'une tape derrière la tête de la part d'Aphro, de Sorrente ou Saga.
Alors que le chevalier et sa belle vaquaient à leur occupation :
« Shion (par télépathie) : ALERTE ROUGE. SAORI SE RAMENE AVEC LES BRONZES ET ELLE VEUT QU'UNE SOIREE SOIT ORGANISEE. DEMERDEZ VOUS, BOUGEZ VOS FESSES ET QUE TOUT SOIT PRET DANS QUATRE HEURES. EXECUTIOOOOOOOON. »
Scylia, à cette entente, posa immédiatement son balai et se dirigea vers les fourneaux. Aldé se tenait la tête, le son avait comme été un coup de marteau mais il s'en remit vite pour aller rejoindre la belle grecque qui préparait des plats brésiliens et grecs. Les quantités étaient énormes mais elle avait l'habitude avec Aldé comme compagnon de préparer de gros plat. Elle sourit à ce dernier qui comprit qu'il n'avait qu'à se reposer et se préparer tranquillement. Lui aiderait à monter tous les plats quand ils seraient prêts.
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Au temple du Sagittaire
Saga ne se fit pas prier pour entrer dans les appartements de son amant. Il le sentait prêt mais ne le trouva pas dans les pièces principales. Il ne répondait pas à ses appels. Finalement, Saga poussa la porte de la chambre et le vit là, assis sur son lit, les jambes repliés, la tête sur les genoux et les bras autour de sa poitrine qui semblaient tenir quelque chose.
Le Gémeaux s'approcha doucement, s'assis à coté de lui et lui caressa les cheveux. Il ne réagit pas. Il le prit dans ses bras puis enfin Aiolos se laissa aller, lâchant un peu la pression de ses bras sur l'objet. Saga le prit pour voir de quoi il s'agissait. C'était un cadre avec une photo représentant Aiolia enfant et Aiolos. Saga savait que le centaure devait rendre visite à son frère, il avait forcément du se passer quelque chose avec lui. Il tenta de ne pas y faire allusion :
« Saga : Mon cœur, on a besoin de nous au Palais.
Aiolos : Tu te trompes, personne n'a besoin de moi.
Saga : Pourquoi dis-tu ça ?
Aiolos : Il y longtemps, j'ai promis à ma mère qui était juste devant la porte de l'autre monde, que je veillerai sur mon petit frère aussi longtemps qu'il le faudra… Mais je n'ai pas tenu cette promesse, j'ai laissé Aiolia se débrouiller seul alors qu'il n'avait que sept ans. Et maintenant… Et maintenant il n'a plus besoin de moi…
Saga : Chut Aiolos. Tu as tord, tu n'as pas abandonné ton frère. La force des choses vous a séparés mais tu as toujours veillé sur lui. Et puis c'est un peu ma faute…
Aiolos (le coupant) : Ne dit pas ça, tu étais possédé et je ne t'en ai jamais voulu. Non, c'est à moi que j'en veux. J'ai voulu faire comme s'il ne s'était rien passé, retrouver ma vie d'avant en grand frère protecteur et responsable. Mais je n'ai pas réalisé qu'Aiolia était un adulte, un puissant chevalier et en plus fiancé. Il est évident qu'il n'a plus besoin de moi et en plus je l'ai dérangé dans sa vie intime, sa vie de couple.
Saga : Aiolos, ton frère, quelque soit son âge ou sa situation, aura toujours besoin de toi.
Aiolos : Je ne crois pas, non.
Saga : C'est inévitable, vous êtes une famille et vous avez besoin l'un de l'autre et ça rien ne pourra l'enlever, ni Marine, ni moi. Vous êtes frères de sang et vous vous aimerez toujours, malgré vos discordances et parfois vos coups de gueule.
Aiolos : Saga…
Saga : Regarde Kanon et moi, nous avons vingt-neuf ans et nos vies mais nous avons besoin de nous. Et même si avons essayé de nous détester, nous n'y sommes pas arrivé.
Aiolos : … Mais Aiolia a dit que j'étais lourd.
Saga : je connais ton frère et sa légendaire délicatesse. Il n'a pas voulu dire ça à mon avis. Je suis sûr qu'il y a un problème entre vous et le seul moyen d'y remédier c'est d'aller le voir et de lui demander des explications claires.
Aiolos : Oui c'est vrai. J'étais tellement retourné par ce qu'il a dit que j'ai pas réfléchi. Mais c'est vrai qu'il avait l'air mal à l'aise de me dire ça. J'irai le voir mais pas tout de suite. Après la soirée, ça nous laissera le temps de digérer un peu tout ça. En attendant, il faut faire honneur à Athéna.
Saga : Ah voilà que je te retrouve. Allez viens, on doit nous attendre au Palais. »
Saga s'apprêtait à se relever mais Aiolos le plaqua contre le lit et l'embrassa farouchement. Il lui sourit, un sourire qui voulait dire plein de chose dont merci et pour te remercier… Après tout il y avait douze autres gold, ils pouvaient bien se passer un peu d'eux. Enfin le sagittaire avait son gémeau à lui seul, ce qui n'était plus le cas depuis plus de vingt-quatre heures, depuis l'arrivée de Kanon. La fraternité, oui, l'intimité, oui aussi. Aiolos comprenait d'un seul coup le message qu'avait voulu lui faire passer son frère et il reconnaissait être très présent dans la vie de ce dernier, ne lui laissant pas toujours d'intimité avec sa femme. Tout devenait clair, il retrouva son énergie et une autre page de sa vie se tourna.
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Voilà, plus qu'un dernier petit chapitre je pense. J'espère que ça vous a plus.
