Oui, encore un peu de "gore" au début de ce chapitre, je suis désolé. D'ailleurs je crois bien que ça va devenir une routine à force ... J'essaye de ne pas abuser, j'vous le jure, mais je peux pas passer outre le principe que l'horreur dans la guerre était habituel et quotidien. Je m'excuse d'avance et vous rassure : ça va peut-être continuer encore un peu, mais ensuite va y avoir plusieurs chapitres uniquement consacrés aux amours de nos deux engagés ;p .
Bonne lecture !
27 mai 1916, Péronne, Hotel des Champs
Naruto contempla l'insigne de l'hôtel en contenant un rire. Le titre lui allait parfaitement, en temps de paix... Maintenant, ça donnait plus envie de rire qu'autre chose. Enfin, tant qu'il y avait des lits acceptables dedans, Naruto était prêt à le bénir tous les matins. Il ne demandait rien d'autre que de s'écrouler sur un matelas et de dormir tout son soûl, avant de retourner là-bas. Là-bas... Le poilu sentit des larmes lui revenir en se rappelant les deux derniers jours... Le 25, l'attaque qu'ils avaient effectué s'était soldée sur un échec. Les Allemand l'avaient emportés, prenant leur tranchée. Mais ça, Naruto en avait à peine eu conscience. Il avait plongé en enfer bien avant. Alors qu'il courrait vers la tranchée adverse, il s'était tournée vers Kiba, qui le suivait... et il vit un obus lui tombé juste blond s'écroula à terre, sur les fesses, visage tourné vers son ami. Naruto n'oublierait jamais : l'obus qui s'écrasa, Kiba qui explosa en morceau, des tripes, reins et autres bouts d'entrailles qui volèrent sur lui, un oeil qui atterrit juste sur sa joue, le sang de son camarade qui l'éclaboussa, qui lui emplit les narines... Naruto avait hurlé. Hurlé et hurlé. A s'en casser la voix. Sur le coup il avait lâché la bataille. Que les autres se démerde, lui ne voyait, ne sentait plus rien. Même quand le tulmute fut fini, il n'avait pas bougé, toujours tremblant, à fixé l'endroit où s'était tenu son compagnon d'arme. Quand des Boches, revenant vers leur tranchée récupéré leur matériel, le virent, il se penchèrent vers lui et lui posèrent des questions, auxquelles Naruto ne réagit pas, toujours en état de choc. Finalement, ils se concertèrent, et dûrent décider qu'un traumatisé ne les gênerait pas, puisqu'ils le renvoyèrent vers ses positions. Naruto se remit donc difficilement debout, et marcha droit devant lui, les larmes coulant inlassablement sur ses joues. Il avait causé une peur bleue aux éclaireurs français, quand ils avaient vu venir un zombie portant l'uniforme. On l'examina, et finalement on décida de le renvoyer à l'arrière. Puisqu'il pouvait encore marcher et parler quand on lui demandait, il n'était pas necessaire de l'envoyer à l'hôpital... Enfin, la vraie raison c'est que le-dit hôpital était complet, mais ça bien sûr on ne lui dit pas. Donc, depuis le matin, Naruto était en route vers l'arrière, et à présent il était arrivé devant cet hôtel. Les autorités lui avait accordé trois semaines. Il comptait bien vivre chaque jour intensément, pour oublier un tant soit peu les tranchées, et l'horreur des derniers mois. Il entra. Le hall était petit, mais chaleureux. Sur le côté gauche, il y avait une cheminé, et sur le côté droit, des fauteuils confortables. Enfin, au centre, un comptoir en bois, derrière lequel était assise une petite hôtesse qui tirait sur la cinquantaine, avec un visage souriant, caché par des lunettes en demi-lunes. Naruto sentit un sourire poussé sur ses lèvres, le premier depuis bien longtemps. Il se sentait bien, là. Se dirigeant à pas lent vers le comptoir, il se surpris à respirer à plein poumon l'air du hall. Et il ne fut pas déçu : l'odeur du bois, mélée à celle des draps propres et celle des cuisines, tout cela lui rappela l'orphelinat, et il se sentit chez lui. Avec un sourire encore plus voyant sur son visage, il arriva sur le comptoir. La petite vieille se tourna vers lui et déclara d'une voix énergique et chaude :
" - Bonjour, jeune homme ! Que puis-je pour vous ?
- M'accorder trois semaines de paix dans un bon lit bien chaud, avec p'tit dèj au lit et radio dans ma chambre, c'est possible ??
- Hahaha !
Le rire de la vieille était comme elle : petit, mais sincère et surtout extrèmement chaleureux.
- Désolé, jeune homme, mais tout ce que je peux vous accorder, c'est le lit chaud. Pour le reste, je crains que ce ne soit au-dessus de mes modestes moyens.
- Eh bien grand-mère, ce sera amplement suffisant. Je peux aller m'écrouler dans ce lit maintenant, ou vais-je devoir attendre dehors dans le froid jusqu'à ce soir ?
- J'ai bien peur que vous ne deviez aller attendre dehors, je tiens à ce que mes clients soit satisfait, et donc que les chambres soient impeccable pour les recevoir. Revenez donc vers 20h !
- Vous ne feriez pas une petite exception, grand-mère ? lança Naruto en faisant une petite bouille de chiot abandonné.
- Haha, désolé mais non jeune homme, ce soir, 20 h !
- Bien grand-mère, je m'incline. Puis-je au moins connaître votre nom ?
- Hoho, je m'appelle Germaine. Germaine France.
Naruto tiqua sur le nom, mais ne dit rien. C'eut été une inexcusable faute de goût.
- Eh bien dans ce cas Germaine, j'aurais l'insigne honneur de vous revoir ce soir.
- Hohoho, aller, filez avant de me faire rougir !
- Hahaha !
Naruto avair éclaté de rire, avant de se stopper d'un coup. Devant son air choqué, Germaine se pencha légèrement et demanda :
- Il y a un problème, monsieur ?
- ...
- Monsieur ? Jeune homme ?
- ... Ca fait bien 2 mois que je n'avais plus rit comme ça... d'ailleurs que je n'avait plus rit tout court...
- ...
- Merci... Merci infiniment.
Naruto lui fit un immense sourire, plus sincère que tout ceux qu'il avait plus distribué jusque la, puis il prit son barda et s'éloigna vers la sortie. Il serait de retour à l'heure. Alors qu'il allait pousser la porte, il se stoppa, eut un moment de pause, puis se tourna vers Germaine avec un petit sourire d'excuse :
- Euh... vous savez où je pourrais trouver un bar ici ? "
********
Sasuke était dans sa chambre, à l'hôtel des champs. Quand il avait vu la vieille la première fois, il avait senti quelque chose de chaleureux lui remonter dans le corps. Il avait sourit, et plaisanter, avec l'hôtesse, chose qu'il n'avait pas fait depuis des lustres. Il l'avait revu ensuite plusieurs fois. Ses entretiens avec Germaine étaient les seules choses qui lui faisait du bien, dans cette ville. La petite vieille était très intéressante et jamais il ne s'ennuyait avec elle. Elle remplaçait la grand-mère qu'il n'avait jamais eu, et ce sentiment était partagé, l'hôtesse aimait sincèrement le jeune homme comme un membre de sa famille. Sasuke serait bien resté avec elle, sauf qu'il lui faudrait bientôt retourner là-bas. Alors qu'il sommenelait dans son lit, il cru entendre la voix qu'il appelait depuis un mois. Pensant qu'il rêvait, il se laissa berçer par cette voix, jusqu'a ce qu'il entende la voix de Germaine lui ... répondre ?
Sasuke ouvrit brusquement les yeux. C'était impossible, Naruto devait être au front à l'heure qu'il est ! Il se prépara à se rendormir, quand il entendit de nouveau la voix de son ami. Cette fois il n'hésita plus, il se leva et se précipita vers la porte. Elle était fermée. Etonné, il se rappela qu'il la fermait lui-même pour avoir la paix, même alors qu'il était dans la chambre. Aggripant fébrilement son manteau, il fouilla la poche, et il reussit à mettre la main sur sa clé. Revenant à sa porte, il entendit au travers de la cloison le rire de son blond. Cette fois il n'avait aucun doute, c'était bien Naruto. Dévérouillant la porte, il fonça dans le couloir, déboula dans les escaliers et atteint enfin le hall, haletant.
Vide.
Sasuke parcourut le hall des yeux, incrédule. Non... Non, il était sûr d'avoir entendu le blond. Alors pourquoi ...Germaine le coupa dans ses pensées :
- Monsieur Sasuke ? Il y a un problème ?
- Ah, Madame Germaine !
- Euh, oui ?
- Y avait-il un jeune blond ici ?
- Oui, en effet, pourquoi vous le connaissiez ?
- Oui !
- Eh bien c'est pas de chance, il vient de partir il y a à peine 2 secondes !
- Où ? OU ?
-Euh, eh bien ...
Sasuke se rendit compte qu'il s'énervait contre Germaine alors qu'elle n'y était pour rien. Se forçant à se calmer, il inspira un bon coup et déclara :
- Excusez-moi, mais ce blond est un très bon ami à moi, alors s'il-vous-plaît ...
- Je comprend, mais il vient de partir, je suis désolé.
Sasuke soupira, il venait encore de le louper...
- Mais puisque qu'il m'a demandé de lui indiquer un bar, je pense que je peux vous aider !
- C'est vrai ? Dans quel bar !
- Hoho, je lui ai indiquer le bar " la bonne liqueur", vous devez connaître ?
La voix était devenu sarcastique. Germaine n'appréciait pas le nouvel alcoolisme de l'homme qu'elle avait appris à aimer comme un petit-fils, le sien étant mort à la guerre. Sasuke eut un regard d'excuse et sourit :
- Madame Germaine, je peux vous jurer que si je retrouve ce blond, je ne boirai plus une goutte d'alcool !
- Hoho, c'est vrai ce mensonge ?
- Je vous le jure !
Il avait l'air sérieux. Se pourrait-il que ce blond eut une si grande influence sur Sasuke ? En tous cas, si ça pouvait le faire arrêter l'alcool...
- Eh bien, qu'est-ce que vous faîtes encore là ?
- ... Merci infiniment Germaine.
Alors que Sasuke s'élançait dehors, Germaine murmura derrière ses lunettes :
- Hoho, c'est la deuxième fois qu'on me dit ça aujourd'hui... Et je ne crois pas que ce soit la dernière !
********
Naruto était devant le bar, un verre à la main. Il avait besoin de boire, pour oublier. C'était pas la meilleure solution, mais c'était celle qui lui apparaissait la plus approprié pour l'instant. Le patron du bar lui servit le whisky qu'il demandait, puis il déclara simplement :
- Ah, encore un homme de l'armée qui veut noyer ses ennuis !
- Y en d'autres des commes moi ici ?
- Tout l'temps, mon gars ! Dès que les gars reviennent, y font que ça, boire !
- En même temps, t'as rien d'autres à faire.
- Allez, mon gars, tu me rappelle l'autre, l'infirmier !
- L'infirmier ?
Naruto tendit l'oreille. Des infirmiers alcooliques, ça courrait pas les rues. Mais de toute façon, en temps de guerre...
- Ouais, mon gars, un pauvre infirmier qui avait l'air de s'être pris tous les malheurs du monde sur la tête. M'a fait pitié, alors j'lui ait offert un verre. Il s'est jeté dessus, et depuis il revient quotidiennement. J'pense qu'il devrait pas tarder là.
- Y ressemble à quoi cet infirmier ?
- Ah, pourquoi ça vous intéresse ?
- Parce que -
- NARUTO !!!
La porte s'ouvrit en grand, livrant un Sasuke essouflé, cherchant frénétiquement des yeux quelqu'un... qu'il trouva assis au comptoir. Il se figea net, comme le blond d'ailleurs. Le barman, qui ne remarqua rien, s'exclama :
- Eh bien, Monsieur Sasuke, c'est quoi cette attitude ? Nous sommes dans un bar, que diable !
- ...
- Hum ? Monsieur Sasuke !!!
- Hum, quoi ? Oh pardon, Monsieur André.
- Ah, vous venez de voir un démon ou quoi ?
- Non... plutôt un ange...
- HEIN ???
Se rendant enfin compte des bêtises qu'il proférait depuis quelques minutes, Sasuke se reprit et s'excusa vraiment :
- Désolé, Monsieur André, je cherchais quelqu'un, que j'ai trouvé.
- Ah et qui est-ce ? Ici il n'y a que ...Ah, je vois !
Naruto se leva, fixant toujours Sasuke. Mais ses yeux, au lieu d'être doux, étaient agrandit d' détaillait le brun, sa maigreur, sa pâleur accentué, ses yeux vides. Sasuke le remarqua.
- Il y a un problème Naruto ?
- ... Qu'est-ce qu'il t'est arrivé, bon dieu ?
- ...
- Bordel Sasuke, qu'est-ce qui t'es arrivé ?
- Je te retourne la question.
- ...
- Patron, désolé, mais je vous le reprend, on a des choses à se dire.
- Et qui va me payer mon verre ?
- Techniquement, il l'a pas bu !
- Ben alors buvez-le !!
- Désolé patron, mais j'ai jurer à Germaine que si je retrouvais ce blond, je ne boirai plus une goutte.
- Quoi ? Hé, mais t'es un de mes meilleurs clients !!!
- Désolé patron, une parole est une parole !
- Pfff, eh le blond !
- Euh, ouais ?
- Paye-moi quand même le verre, tu viens de me faire perdre la moitié de ma recette du mois !
- Euh, oui, bien sûr.
Dès que le blond eut payé, Sasuke l'aggripa par le bras et fila dehors, tout en saluant le patron. Naruto le suivit docilement. Ils avaient des choses à se dire, et tout deux savaient où ils pourraient se parler dans le calme. Cependant, arrivé devant la porte de l'hôtel, Naruto s'arrêta brusquement. Sasuke se retourna, impatient.
- Quoi enco-
Naruto tira fortement sur le bras que Sasuke tenait, ce qui précipita le brun vers l'arrière, et le fit tomber en plein sur le torse de Naruto, qui ficha sa tête dans son cou et ses bras autour de lui. Le tenant ainsi enlacé, le blond ne bougea plus, se regorgeant de la présence de son infirmier préféré. Sasuke resta un moment immobile, avant de déclarer d'une voix acerbe :
- Tu pouvais pas attendre qu'on soit dans ma chambre pour faire ça ?
- ... Tu m'as trop manquer.
- Justement, si t'as tenu un mois et demi, t'aurais pu tenir encore 5 minutes, non ?
- Non.
Ceci dit Naruto remis sa tête dans le cou de Sasuke, qui laissa échapper un soupir. Quelques minutes passèrent, puis Sasuke demanda :
- Et maintenant, on peut rentrer ?
- Mais bon sang, tu tiens tant que ça à ce que je te lâche ?
- Le problème n'est pas là.
- Il est où alors ?
- Dans le fait qu'il doit faire à peine 15°C , qu'il y a du vent et que je suis en sous-pull.
Naruto se redressa d'un coup. C'était vrai, on avait beau être fin mai, il faisait encore bien frais et Sasuke n'avait qu'un sous-pull sur lui. Avec un regard alarmé, Naruto le poussa à l'intérieur en beuglant :
- MAIS POURQUOI TU ME L'AS PAS DIT ??
- Tu t'accrochais si bien à moi...
Le blond rougit, et ils rentrèrent dans le hall. Germaine les regarda et s'exclama :
- Jeune homme, je vous avait dit 20 h et vous revoilà ici à peine 20 minutes après notre entrevue !!
- Oh, euh, c'est que. ..
- Il est avec moi, Germaine.
La vieille hôtesse les dévisagea, avant de soupirer d'un air faussement désabusé :
- Soyez de bon garçons et épargnez moi les tâches suspectes sur les draps ...
- GERMAINE !!!
L'exclamation avait jaillit de la poitrines de deux hommes, d'une voix outrée. Eux-même n'y avait pas pensé une seule seconde, alors comment pouvait-elle...
- Haha, je plaisante les garçons, après tout vous êtes des hommes, je me doute bien que vous n'êtes qu'amis !
Ils ne surent pas trop comment le prendre, en gros l'idée qu'ils puissent être plus qu'amis ne l'effleurait même pas. En même temps eux non plus n'avaient jamais envisagé leur relation autrement qu'en amitié. La pensée qu'ils puissent faire plus les laissaient perplexes. Sasuke résolus le problème en déclarant simplement :
- Tu auras ta chambre à 20 h ? Eh bien pendant ce temps, tu resteras dans ma chambre.
- Ok, de toute façon dehors il fait froid.
- Vous voulez des gâteaux ?
- Eh grand-mère, vous aviez dit qu'il y avait pas de p'tit-dèj au lit !!
- Et c'est vrai, mais pour Sasuke c'est différent !
- Comment ça pour Sasuke c'est différent, enfoiré tu lui as fait quoi pour qu'elle te privilégie ?
- Mais rien, on s'entend juste très bien !
- Menteur !
- Sasuke est juste comme mon petit-fils disparu, c'est tout. Il lui ressemble beaucoup, alors je crois bien que je fais un transfert.
- Disparu ?
- La guerre touche tout le monde, vous savez...
La bonne humeur de Germaine avait disparu, elle aussi. Sasuke se rapprocha de la petite vieille, s'agenouilla et la prit dans ses bras en lui murmurant :
- Merci beaucoup, grand-mère, ça me touche énormément.
- Mon petit-fils m'appellait Germie.
- Très bien ... Germie.
Le brun se releva, et les deux hommes prirent le chemin de la chambre de Sasuke, après avoir salué une dernière fois l'hôtesse. Dans le couloir, Naruto laissa échapper :
- Pauvre Germaine, quand même...
- Guerre de merde.
- Héhé.
- Hn ?
- J'ai dit exactement la même chose le ...
Naruto se tut. Il ne tenait pas à se rappeler ce jour. Mais Sasuke devina de quel jour il parlait, il ne pouvait parler que de ce jour ...
- Le 30 avril ?
- ... Comment tu ... Non ...
- Si ...
Naruto le fixa, les yeux agrandit d'horreur. Sasuke dit simplement en ouvrant la porte :
- On a beaucoup à se dire.
- Je crois aussi.
La porte se referma sur eux.
Je suis parfaitement consciente que la façon dont parle les persos dans ma fic est totalement contraire à la façon de parler en 1916, mais faire un texte entièrement en langage soutenu aurait été assez lourd. J'ai donc pris la liberté de les faire parler un peu familièrement. Toutes mes excuses si ça vous choque.
A vendredi prochain !
