Heyya ! Un peu plus de temps que pour les autres, mais je voulais prendre un chapitre d'avance au moins pour pas faire de gaffes :) !


Nico était plus fatigué qu'il n'aurait dû l'être. Peut être était-ce parce qu'il s'était levé dès que la lumière du jour avait pointé le bout de son nez ; peut être aussi parce qu'il ne pouvait empêcher son coeur de battre à tout rompre dès que Percy le regardait, ce qui arrivait beaucoup plus souvent qu'il ne l'avait pensé. Dans un sens, il était soulagé d'être séparé de lui. Ça n'était pas comme s'il pouvait se tenir à ses côtés comme Annabeth le faisait, et le simple fait d'observer les deux demi-dieux main dans la main lui procurait une sensation tellement désagréable qu'il souhaitait juste disparaitre. Il marchait maintenant à quelque mètres de la jeune fille, en direction du château (ou du moins, ça y ressemblait) qu'il avait repéré un peu plus tôt. Il sentit le regard d'Annabeth sur lui, et eut l'impression qu'elle l'étudiait. Il n'essaya pas de croiser son regard, évitant de se montrer hostile envers elle ; Nico savait que la simple présence de cette fille l'agaçait, sans qu'elle n'ai rien fait pour le mériter. C'était injuste, il en avait conscience, mais il ne pouvait l'apprécier, tout ça à cause de sa relation avec Percy. Au bout de quelques minutes de silence gênant, Nico en eut assez de se sentir épié.

—Quoi ? Finit-il par lancer.

—Tu sembles énervé.

Bien sûr qu'il était énervé. Quelque chose clochait ici, et il devait se forcer à regarder les deux tourtereaux presque toute la journée en attendant de découvrir de quoi il s'agissait. Il lança un regard à Annabeth, et le regretta immédiatement. Elle n'avait pas dit cela pour « juste parler comme ça », mais attendait des réponses de la part du demi-dieu. Ses yeux gris étaient durs, et ne le lâchaient pas.

—S'il y a un problème avec moi et Percy… Commenca-t-elle.

—C'est rien, interrompit Nico, C'est juste que… (Il hésita et reprit plus bas) J'étais souvent seul ses dernières années.

Il disait cela en haussant les épaules, comme si ça n'avait aucune espèce d'importance. Oui, Nico se sentait seul, sous terre. Oui, il était heureux de revoir Percy, même s'il ne pouvait s'empêcher de s'agiter près de lui. Mais il commençait déjà à déprimer et à se replier sur lui-même (pas comme s'il s'était déjà ouvert aux autres depuis des années). À sa grande surprise, le regard d'Annabeth s'adoucit.

—Tu sais, dit-elle, je pense que c'est une bonne chose que tu sois avec nous. Ne reste pas à l'écart, Nico, moi et Percy, nous… Nous sommes tes amis.

Nico fut touché par ses paroles. Il n'avait jamais pensé qu'Annabeth aurait pu penser cela ; ou peut être lui avait-elle mentit pour qu'il s'implique plus dans leur quête, on ne savait jamais avec les enfants d'Athéna. Il s'entendit tout de même répondre d'un ton amer.

—J'ai plus l'impression d'être une gêne qu'autre chose.

La blonde soupira et secoua légèrement la tête, ne cherchant pas à allonger la discussion. Elle devait sûrement le prendre pour un gamin en pleine crise d'adolescence, ou un truc du genre.

Ils marchèrent encore dans le silence, interrompus par le cris des mouettes qui sillonnaient le ciel. Nico vit une un petit garçon pleurer parce que l'un des oiseaux avait fait tomber sa boule de glace, sa mère tentait de le consoler, mais il ne voulait rien entendre et réclamait une nouvelle glace. Le fils des Enfers pensa à lui, après la mort de sa soeur, accusant faussement Percy Jackson et refusant son aide. À présent, il regrettait d'avoir été si rancunier. C'était peut être exagéré de se comparer à ce petit garçon, mais il reflétait exactement l'attitude qu'il avait eu, celle d'un gamin capricieux.

Le chateau, qui ressemblait plus à un manoir était à présent beaucoup mieux visible ; il semblait bancal, fait de planches en bois sombres, et même à cette distance, Nico avait du mal à retenir ses frissons. Sûr que quelques esprits étaient rattachés à cet endroit, peut être pourrait-il leur poser deux trois questions. Il ne savait pas vraiment si c'était une bonne idée, après tout, s'il sentait tous ces liens, c'était certainement parce que beaucoup de personnes étaient mortes pas loin. Mais il ignorait encore s'il s'agissait de personnes, peut être s'agissait-il de monstres, et d'animaux. Ce serait sûrement plus rassurant à penser, mais Nico ne pouvait communiquer avec les esprits des animaux, ils ne pourraient donc pas lui être d'un quelconque intérêt pour lui.

—Nico, tu es sûr que vouloir aller là-dedans ?

Il en avait presque oublié la présence d'Annabeth.

—Oui, dit-il dans un souffle, Annabeth, il s'est passé quelque chose ici. Je pense que même toi, tu peux le sentir.

Elle arqua un sourcil au « même toi », mais ne fit aucun remarque et hocha lentement la tête. L'intuition. C'était un truc de demi-dieux ; pour Annabeth, ça devait être un sentiment de malaise, pour lui c'était d'une évidence malsaine. Il avait du mal à croire que les humains normaux ne puissent pas ressentir quelque chose d'étrange en passant devant cette demeure. D'ailleurs, cela devait sûrement être le cas, car un tel endroit ne devrait pas sembler abandonné de la sorte, il avait certainement appartenu à un riche noble dans le passé ; même si le bois commençait à vieillir, le manoir restait dans un bon état. Inconsciemment, porta la main à sa ceinture, cherchant la poignée de son épée en fer stygien, avant de se rappeler qu'elle était dans le sac à dos qu'Annabeth portait, avec ses propres armes.

—Euh, Annabeth ? Est-ce que je pourrais récupérer mon épée ? On se rapproche, là.

La jeune fille n'eu pas l'air enchantée par cette remarque, comme si le fait qu'un fils des Enfers craignait d'être attaqué signifiait « danger ». Ce qui, bien évidement, était le cas. Elle lui tendit tout de même l'épée sombre.

—Tu penses qu'on se fera attaquer ? Demanda-t-elle, les bras croisés.

—Pas sûr, estima Nico. Même s'il s'est passé quelque chose d'horrible ici, il se peut que cela soit arrivé il y a des dizaines et des dizaines d'années. Je doute que les esprits puissent nous attaquer, mais en peut pas savoir si d'autres euh… Personnes se cachent par là…

Il s'agita légèrement, mais le regard d'Annabeth montrait qu'elle comprenait parfaitement les risques.

C'est une fille intelligente et courageuse, songea-t-il, Pas étonnant que tout le monde la respecte à la Colonie.

Le jeune homme était beaucoup plus à l'aise avec son épée, et Annabeth avait également prit de l'assurance son poignard en main. Lorsqu'ils arrivent devant l'habitation, Nico se surprit à sourire étrangement. À présent, il ressentait plus clairement chaque esprit tué ici même, et savait qu'il pourrait tenter de leur parler. Il était le Roi Fantôme, c'était son rôle, et pas celui d'Annabeth. Il se promit d'essayer d'éviter un conflit, et de quitter ce lieu dès qu'il en aurait terminé.


L'intérieur du château était, tout comme il s'y était attendu, plongé dans la pénombre. La déco, qui semblait dater d'au moins plusieurs siècles, était poussiéreuse et un peu trop lugubre à son goût. On pourrait penser que rien ne semblerait trop lugubre pour Nico di Angelo, mais c'était faux. Le noir et les têtes de morts, c'était cool, sur les vêtements, sur les murs d'une chambre, ok. Mais quand même le sol est de la même couleur, et que les dessins de têtes de morts sont remplacés par de véritables crânes humain ornés de bougies éteintes, c'est trop. Dans un sens, il se retrouva rassuré de constater l'existence de quelqu'un encore plus à l'écart de tout rapport humain que lui. Il entendit un craquement qui le fit sursauter, mais ça n'était que Annabeth, qui marchait lentement dernière lui, le couloir étant trop étroit pour qu'ils puissent se tenir côte à côte, ce qui au fond, n'était pas plus mal.

Lorsqu'il entra dans une nouvelle pièce, plus grande et légèrement plus lumineuse que les autres, qui semblait être le salon, il décida d'arrêter son inspection des lieux. La salle semblait pouvoir accueillir plus de cinquante personnes, et avait le mérite de paraitre plus confortable que les autres ; un large tapis gris, décoré de motifs fleuris s'étendant sur le sol, et surtout, plusieurs canapés bleus marines étaient disposés un peu partout. Nico alla s'assoir sur l'un d'eux, et ferma les yeux quelques instants. Il comptait sur Annabeth pour le protéger si quelqu'un les attaquait, mais ne se faisait pas de soucis. Certains fantômes étaient encore rattaché ici, et il sentait qu'il pouvait les invoquer.

—Nico ? Annabeth demanda, son poignard sortit.

—C'est bon. Euh, j'y vais, alors.

C'était une réplique assez mauvaise, mais qui s'en souciait. Il se concentra, et tel le grand Roi Fantôme qu'il était, utilisa ses pouvoirs de fils des Enfers pour invoquer les fantômes. Un jeune homme apparut devant lui, translucide comme tous les fantômes qu'il avait vu avant, et l'air apeuré. Il semblait avoir une vingtaine d'année, le visage assez maigre, de petite taille.

—Bien, commença le jeune demi-dieux, je suis Nico, connu aux Enfers sous le titre de Roi Fantôme. Qui es-tu ?

—Je… Tenta de répondre l'autre. Vous, vous êtes un demi-dieu ?

Nico fronça les sourcils.

—Je suis un fils d'Hadès, dit-il calmement. J'aimerai savoir qui tu es et comment tu es mort. Tu n'as pas encore été jugé, n'est-ce pas ?

Le fantôme secoua la tête. Nico réfléchissait, bien, s'il n'avait pas encore été jugé, c'est qu'il était mort il y a relativement peu de temps (relativement, car la queue avant d'accéder à la salle du jugement était remarquablement longue ; lorsque Nico passait par là, il entendait les morts répéter leurs répliques pour prouver leurs valeurs), mais en même temps, il disposait de tous ses souvenirs.

Le jeune mort ne répondait toujours pas à ces questions, et semblait trop méfiant et apeuré pour le faire. Nico songea que, de toute façon, il était mort, alors de quoi avait-il peur ?

—Tu es mort, reprit-il en se maudissait de sortir une telle évidence, Tu ne craint plus rien. Je cherche pas à te faire de mal. Pourrais-tu, s'il te plaît, me dire qui tu es et comment tu a été tué ?

L'autre semblait hésiter, et jeta un coup d'oeil à Annabeth, qui se tenait derrière Nico.

—C'est bon, continua ce dernier. Elle est avec moi, elle n'est pas à craindre.

—Je… finit par répondre le fantôme, Je me nome Pierre. (Nico se renfrogna, à vrai dire il se fichait un peu de son nom). Je… Il me semble que je suis mort h-hier, mais je ne- je ne peux pas savoir exactement… (Il approuva, après tout, on ne sait pas trop comment fonctionne le temps aux Enfers)… Je suis venu ici, parce que… Parce que…

Le brun l'encourageait à continuer, essayant d'adopter une pose compatissante.

—Tu as été tué par quelqu'un ? Dans cette pièce ? Intervint Annabeth.

—O-oui… (Il se retourna vers Nico), euh, j'avais perdu des bêtes depuis quelques semaines, donc je-

—des bêtes ? L'interrompit Nico.

—C'est exact… (il prit un air triste) Mon père gardait un troupeau de moutons pas loin d'ici, et… Quelques bêtes ont disparues… Il y avait ce beau mouton noir, notamment, et… Et le chien. Noir aussi…

Le cerveau de Nico commença à comprendre ce qu'il se passait dans cette demeure. Il retint un gémissement écoeuré. L'autre parlait toujours.

—Et lorsque j'ai voulu le suivre, j-je… Il y avait des gens rassemblés ici et…

—Combien ? Demanda Nico, commençant à s'agiter sur le canapé.

—Je ne suis pas sûr… Peut être cinq ou six ? Je ne sais pas, je ne me souviens pas bien de ce qu'il s'est passé par la suite. Quelqu'un m'a sourit, et je… J'étais tellement effrayé, le reste est flou, mais je suis mort, finit-il tristement.

Nico réfléchit. Le fantôme devrait rapidement gagner sa place sous terre, et il devait faire vite.

—Te souviens-tu de leurs visages ? Demanda-t-il, mais son interlocuteur fit non de la tête. Euh… Depuis combien de temps est-ce que ce genre d'incidents apparait ? Je veux dire, de perdre des bêtes.

Une lueur colérique s'alluma dans les yeux du dénommé Pierre. Il baissa lentement la tête, ses laissant ses cheveux clair recouvrir ses yeux.

—Peut être un peu moins de deux ans ? Je ne sais pas exactement… Avant, des personnes très respectables vivaient ici, mais… On ne les a plus revu depuis des années, et maintenant tout le monde fuit cette maison.

Tu m'étonne que personne ne veuille s'approcher, pensa le jeune demi-dieu. Super ambiance, ici.

—Merci beaucoup, Pierre. Je suis désolé, mais il est temps pour toi de retourner aux Enfers. J'espère que tu ne sera pas jugé trop sévèrement.

L'autre eu un sourire mélancolique, et se dissipa peut à peu, jusqu'à en devenir du vent.

Nico eu un soupir. Il se retourna vers la blonde, qui se rongeait les ongles. Elle semblait être parvenu à la même conclusion que lui, et ne sembla pas surprise lorsqu'il prit la parole.

—Des sacrifices. Des sacrifices, Annabeth ! Je ne sais pas qui ils appellent, mais ils ne se contentent pas de tuer des animaux !

Il se leva et commença à faire les cents pas dans le salon. Pendant que ce Pierre racontait son histoire, il s'était retenu de tous mouvement et était resté assit, mais maintenant son hyper-activité refaisait surface. Il se pouvait que les sacrifices soient l'oeuvre de simples fanatiques qui pensaient pouvoir obtenir des faveurs de leur Dieu, mais vu les événements ici, il était plus probable qu'une force immortelle soit également impliquée.

—Partons d'ici, finit par dire Annabeth, qui semblait elle aussi en pleine réflexion. Allons retrouver Percy.

Oui c'est ça, allons retrouver ton Percy, je suis sûr qu'il se fera une joie de te rassurer.

Mais il se dirigea tout de même vers la sortie sans un mot. En refermant la lourde porte, il se sentit libéré d'un poids. Les sacrifices avaient quelque chose de malsain. Eux, les demi-dieux, aimaient faire des offrandes à leur parents, ou autres divinités, en brûlant leur nourriture. Il ne savait pas exactement où elle finissait, mais peut importait, il ne s'agissait pas de mettre fin à une vie.

Annabeth et lui traversèrent la petite allée qui les menait au portail, et sortir définitivement de la demeure, en se promettant de ne plus s'y rendre, même s'ils savaient tous deux que si ce lieu avait un rapport avec leur quête, ils y seraient bien obligés.

En rejoignant la rue, Nico remarqua un couple de boulangers qui les regardait d'un air méfiant, et voulu partir le plus loin possible d'ici. Mais à ce moment, le couple regarda la côte l'air étonné. Nico se retourna et vit quelqu'un s'agripper aux rochers, sortant visiblement de l'eau. Il fit un pas vers lui.

—Annabeth ! Percy est…

La jeune fille sourit, soulagée. Le fils de Poséidon ne semblait pas blessé, simplement contrarié. En apercevant les deux autres, il fit de grands signes de la main.


Les trois adolescents avaient décidés de parler des derniers événements tranquillement, et tant qu'à faire, en buvant ou en mangeant quelque chose. Il avaient petit déjeuné depuis à peine une heure, et lorsque Percy proposa aux deux autres d'aller au glacier le plus proche, Annabeth s'y opposa immédiatement, surtout après l'épisode de la maison hantée, qui lui avait coupé l'appétit. Nico s'en foutait ; ça n'était pas un revenant qui allait l'effrayer, mais cela dit, il avait encore le ventre trop plein pour manger à nouveau. Et il était du genre rapide à être rassasié. Au final, ils s'installèrent dans un petit café le long de la plage ; il y avait du sable un peu partout et le service ne semblait pas d'une qualité excessive, mais au moins, il servait un peu de tout. Percy voulut commander une bière (en France, il pouvait commander de l'alcool, vu que la majorité était à dix-huit ans et pas à vingt-et-un ans), mais la jeune blonde lui écrasa le pied et commanda deux cafés serrés. Nico se contenta d'un jus de fruit ; et Percy sembla approuver, en marmonnant quelque chose comme quoi il était tout pâle et devait prendre plus de vitamines.

Lorsqu'ils entrèrent dans le vif du sujet, le fils des océans eut l'air inquiet. Il leur raconta qu'il n'avait pas pu trouver quoique ce soit dans la mer.

—Je ne me suis pas trop éloigné, mais on dirait qu'il y a une sorte de zone vierge, ou je sais pas trop quoi. Je suis sûr que si j'avais pu passer à travers ce, euh, brouillard sous-marin, je me serais retrouvé dans l'océan habituel.

—Je comprend ce que tu veux dire, intervint alors Nico, On dirait que cet endroit est isolé du reste. Bien que ça ne soit qu'une petite zone, elle est contrôlée par quelqu'un et… Il y a aussi les sacrifices…

Il frémit. Annabeth, en face de lui, semblait perdue dans ces pensées. Elle leur dit qu'elle ferait quelques recherches sur les sacrifices, si ils pouvaient les aider à trouver une piste.

—En attendant, je propose qu'on s'arrête là, leur avoua-t-elle. Je veux dire, si on commence à fouiner partout comme ça et que cette chose se pointe, elle risque d'avoir l'avantage sur nous. Je préfère qu'on soit un minimum préparés.

Préparés à quoi, faillit rétorquer Nico, nous avons trop peu d'indices pour faire quoique se soit. Mais il remarqua que la fille d'Athéna semblait réfléchir activement, et décida de lui faire confiance sur ce coup-là (même s'il n'avait pas envie).

Il sirota son jus d'orange pendant quelques minutes, jetant quelques coups d'oeil discret à Percy, qui ne semblait pas dans son assiette. Il finit par croiser son regard, et lui posa une question muette. Le jeune homme sembla comprendre son interrogation et soupira.

—Ça va, dit-il, je me sens un peu naze et inutile (il s'étira), bon, les gars, j'veux pas écourter ce moment de pur plaisir à se prendre du sable dans la gueule mais j'ai promis à ma mère de faire des courses !

Nico pensait avoir mal entendu. Naze ? Inutile ? Sérieusement ? Le fait que Percy ait changé de sujet pour ne pas s'arrêter là-dessus était aussi surprenant, comme s'il était irrité. Peut être n'avait-il pas l'habitude d'être largué, surtout dans l'eau.

Et là, Nico ne put s'empêcher de rire. Il était discret et passa la main devant sa bouche pour ne pas rendre cela gênant ; mais Percy arrêta de s'étirer comme un chat et le regarda, l'air réellement surpris. Même Annabeth était sortit de ses pensées et le regardait avec interêt. Nico s'agita, mal à l'aise.

—Euh, les gars ? On arrête ça tout de suite SVP.

Il s'arrêta de sourire et leur lança un regard noir en constatant qu'ils continuaient à le fixer.

—Genre, sérieusement. Non, vraiment, je suis sérieux. Vous- Percy arrête ça tout de suite.

Ce dernier avait posé une main sur son épaule, et faisait semblait d'essuyer une larme. D'un air solennel, il s'exprima.

—Mon fils, dit-il, je suis tellement-

Il ne put pas finir sa phrase, car Nico entreprit de lui lancer les mégots de cigarettes qui trainaient dans le cendrier en forme de coquillage de la table voisine. Il avait sursauté lorsque le demi-dieux avait posé sa main sur son épaule. Lorsqu'il l'avait retirée, il s'était sentit à la fois soulagé et frustré. Il se retint de rougir et baissa la tête.

—On va pas faire des courses ? finit-il pas demander.

Il s'arrangèrent pour payer vite-fait (en fait Annabeth paya, parce que Percy avait juste assez d'argent pour les courses, et parce que Nico n'avait pas de sous sur lui) et retournèrent vers la voiture.


Ils trouvèrent un petit supermarché pas très loin. Percy sortit la liste de courses de sa mère et commença à répartir les rôles.

—Nico, dit-il, en tant que mineur, tu es chargé de l'alcool.

L'autre haussa les épaules, se demandant si Sally avait réellement écrit 'alcool' sur la liste, mais se dirigea vers les bières, l'air de rien. Il en prit quelques unes, les moins chères, au hasard. Ils prit également les autres aliments que Percy lui avait assignés, et chercha les deux autres dans le rayons. Il tomba sur le fils de Poséidon, en pleine contemplation de papier toilette.

—C'est dingue, dit-il, j'aimerai bien prendre celui qu'on a prit la fois dernière, mais il y a des réductions sur le papier orange. Orange, tu le crois, ça ? C'est pas Halloween. En plus. (il s'arrêta net en se rendant compte qu'il lui parlait) Attend Nico, tu as vraiment pris de l'alcool ?

—Bien sûr, maugréa-t-il, c'est toit qui m'a demandé de… Et ce sont des bières, Jackson. Tu crois que je n'ai jamais bu de bières ?

Percy rit et ébouriffa les cheveux du plus jeune. Nico eut, encore une fois l'envie de s'éloigner de lui le plus vite possible, en contradiction avec celle de laisser l'autre le toucher. Il finit par bouger sa tête, forçant Percy à enlever sa main, sans se rendre compte de rien. Le brun s'éclaircit la gorge.

—Écoute, commença-t-il.

Mais Annabeth choisit ce moment précis pour débarquer, manquant de lui rentrer dedans. Elle avait l'air toute excitée.

—Il s'est passé quelque chose de bizarre, dit-elle précipitamment.

—Quoi ? Demandèrent les deux garçons en coeur (bien que Percy adoptait un ton léger, alors que celui de Nico était plus sec).

—Il y avait… Je pense que c'est ce que vous appelez des korrigans, commença-t-elle, Enfin, je crois que j'ai vu la même chose que Percy l'autre jour. Une sorte de forme trapue et noire.

Percy hocha la tête.

—Et ?

—Alors, continua-t-elle, je me suis dit que je pourrais essayer de l'attaquer ; mais comme tu as dis, ça n'était qu'une illusion, et mon poignard est passée au travers. Mais…

Nico commença à s'impatienter.

—Mais le bout de ma lame s'est retrouvé sur le nez d'une adolescente ! Elle est apparue, a poussé un petit cris, et et disparut à nouveau.

—Quoi ? Elle a disparut ? Tu ne sais pas où elle est du tout ? gémit Nico.

—Non, avoua la blonde, mais quelque chose est tombé de sa poche.

Elle brandit un bout de papier froissé. Lorsqu'elle le déplia sous les yeux curieux des demi-dieux, ils purent lire : « Rudimentaires de la magie Illusionniste ; tom — Bibliothèque de Locmaria, 5 avenue des Saules. PS : penser à emprunter tout en double, + un livre sur la nécromancie pour cet idiot d'Alabaster ! ». Le message était accompagné d'un smiley mécontent. Percy finit par laisser échapper un sifflement.

—Bien, dit-il, je suppose que personne n'a sa carte d'adhérent ?


Voilà, prochain chapitre du POV de Percy, peut être un peu plus court que les autres !

Merci énormément pour les quelques reviews que j'ai pu recevoir ! N'hésitez pas à commenter, même si c'est pour indiquer des incohérences ou quoique ce soit ! Bonne journée à tous :)