Voilà enfin le prochain OS! J'ai tardé, mais je pense que j'ai réussi à me replonger dans ce couple qui est, ma foi, toujours aussi mignon (peu importe à quel point je m'éloigne du fandom, l'InuKai reste un favori dans mon cœur). Du coup, je crois que le prochain devrait arriver plus tôt.

Cet OS est plutôt du Hurt/comfort que du fluff, même s'il y en a quand même sur la fin. Autrement, c'est plus long que ce que je pensais faire à la base, mais il faut dire que ça a pris de plus grandes proportions que prévu.

Enfin, bonne lecture!


Late (En retard)

Inui n'était jamais en retard.

Disons, pour être plus exact, qu'il était toujours en avance, particulièrement lors de leurs rendez-vous amoureux. Même si Kaidoh arrivait dix minutes à l'avance, son senpai l'attendait toujours, le nez dans son cahier. Il ne se demandait pas pourquoi : c'était le genre de choses qui étaient normales quand on sortait avec Inui. S'il avait fallu que Kaidoh commence à se poser des questions sur le comportement de son copain, il n'aurait pas assez de toute une vie pour y répondre.

Le serpent prenait donc son habitude de la ponctualité comme un de ses traits de caractère, voire comme une habileté spéciale au même titre que ses données. Il allait de soi que son senpai, quoiqu'il advienne, serait au lieu de rendez-vous avant lui. De même, il ne lui reprocherait jamais de l'avoir fait attendre et ferait tout simplement fi de la question pour lui parler d'autres choses.

Pour cette même raison, Kaidoh n'était pas habitué à l'attendre. En fait, ce n'était encore jamais arrivé. Ce qui expliquait que, à l'heure actuelle, Kaidoh paniquait.

Non, il ne paniquait pas : il était arrivé cinq minutes à l'avance, après tout, alors il était normal qu'il soit le premier. Il tentait de se désillusionner de la sorte pour se calmer, mais ce n'était pas efficace. Inui n'était jamais en retard. Il devait lui être arrivé quelque chose, mais quoi?

Kaidoh prit place sur le banc où ils avaient prévu de se rencontrer et tenta de calmer son inquiétude. Il avait tenu pour acquise l'habitude de son senpai à arriver à l'avance, mais ça ne voulait pas dire qu'il n'allait jamais être en retard pour autant. Inui était un être humain. Si ça se trouve, l'autobus était tout simplement arrivé en retard, ou il s'était levé trop tard, ou s'était entrainé sans vérifier l'heure.

Malgré ses tentatives, il sentait l'angoisse monter en lui, d'autant plus quand l'heure arriva. Il vérifia dans son téléphone le lieu de rencontre (ils s'étaient parlé par SMS), mais il ne s'était pas trompé. C'était le bon endroit, la bonne heure, la bonne journée.

Quand il fut cinq minutes plus tard que l'heure prévue, Kaidoh en était à se demander s'il devait le contacter. Il avait son téléphone dans les mains et son attention passait sans cesse de l'appareil aux alentours. Il était incapable de se décider sur la marche à suivre. Devait-il l'appeler, lui écrire un message? Mais il n'avait attendu que cinq minutes, il n'était pas pour déjà assaillir son senpai!

Kaidoh lui-même était déjà arrivé en retard à leurs rendez-vous, Inui n'en avait pas fait tout un plat. Il n'avait pas vraiment le droit, après tout ce temps, de lui reprocher un mince cinq minutes!

Quand sonna dix minutes, toutes ses bonnes résolutions partirent en fumée. Il ouvrit de nouveau son téléphone et commença à y taper un court message, qui demandait à son senpai où il était. Il lui fallut une bonne minute pour l'envoyer, pendant laquelle il s'assura qu'Inui n'était pas justement en train d'arriver.

Il garda son téléphone dans ses mains et n'arrêta pas de scruter l'horizon. Même si l'appareil était sur vibration et qu'il sentirait s'il avait une réponse, il y jetait des coups d'œil aux cinq secondes. Il comprenait bien que sa réaction était exagérée, mais il ne pouvait s'en empêcher. Il commençait sérieusement à s'inquiéter et dans sa tête se dessinaient mille-et-un scénarios catastrophes. Il avait passé le stade de se demander si c'était lui qui s'était trompé et était tombé dans la phase «il a dû arriver quelque chose de grave à Inui-senpai».

À treize minutes après l'heure prévue, il décida de l'appeler. Il écouta anxieusement les sonneries dans son téléphone pendant que ses yeux cherchaient une grande silhouette. C'était peine perdue, Inui ne répondait pas. Il ne laissa pas de message et se releva de son banc, incapable de rester plus longtemps assis.

Il se demandait s'il devrait le chercher, mais eut peur que, du coup, Inui se présente et qu'il ne soit pas là. Il jura intérieurement contre son senpai qui osait l'inquiéter et il décida de marcher un peu aux alentours, espérant ainsi tromper son angoisse et peut-être tomber sur la personne qu'il cherchait.

Ce fut pourtant en vain et il retourna, penaud, au banc. Il était maintenant presque une demi-heure en retard. Même si Inui n'était pas toujours à l'heure, ce serait quand même suffisant pour que Kaidoh s'inquiète. Il ramena ses genoux contre lui, son téléphone encore dans sa main, et il s'y laissa tomber avec un soupir. Il tentait de se calmer, mais il n'y pouvait rien si Inui était la personne la plus importante pour lui et qu'il redoutait plus que tout de le perdre.

Un certain temps passa. C'était pourtant une belle journée : le ciel était bleu, l'air ambiant chaud sans être étouffant. C'était encore la matinée, aussi il n'y avait presque personne qui passait. Inui et lui étaient censés s'entrainer en ce moment. Après, Kaidoh avait pensé inviter son senpai chez lui pour lui faire un repas, et ensuite ils seraient restés dans sa chambre, pour regarder un match de tennis, un film, ou juste pour se câliner. Ça aurait dû être une belle journée et pourtant...

- Kaidoh!

La voix essoufflée de son senpai, qu'il reconnaitrait entre mille, l'interpela et Kaidoh leva aussitôt les yeux. Il se précipita hors de son banc et se tourna vers le plus vieux qui s'arrêta enfin devant lui, le souffle court. La première chose que remarqua le serpent, ce fut des taches sombres qui parcouraient son t-shirt. Ensuite, il nota que ses bras étaient un peu écorchés, comme s'il avait fait une mauvaise chute sur du béton. Enfin, il avait le teint un peu pâle et, de toute évidence, il avait couru jusqu'ici.

Évidemment, loin de le rassurer, ce constat ne fit qu'augmenter son stress. Il s'approcha encore plus de son senpai et lui demanda en touchant l'une de ses écorchures du bout des doigts :

- Inui-senpai, est-ce que ça va? Comment tu t'es fait ça?

Le plus vieux, au lieu de répondre, préféra rapprocher son kouhai pour lui donner une étreinte. D'habitude, Kaidoh était contre ce genre de démonstration en public, étant donné que c'était embarrassant, mais cette fois il ne songea même pas à le repousser, trop inquiet pour ce faire.

Inui le garda quelques instants contre lui, puis il le repoussa et, sans un mot, il s'assit, attirant à ses côtés le serpent en le tirant par la main. Kaidoh se laissa faire et s'installa à côté de son senpai, complètement tourné vers lui pour mieux constater son expression. Inui pour sa part ne le regardait pas, mais il avait gardé sa main captive et la serrait comme si sa vie en dépendait.

Enfin, il expliqua, la voix monotone malgré ses paroles :

- Je me rendais au point de rendez-vous en regardant dans mon cahier, comme d'habitude, quand j'ai entendu crier. J'ai relevé la tête et j'ai tout de suite remarqué qu'il y avait un enfant dans la rue, alors que la lumière était rouge. J'ai vite vu qu'il y avait une voiture qui s'en venait et allait le frapper d'une seconde à l'autre. J'étais le plus proche, si je ne réagissais pas, personne ne le pourrait.

«Alors, sans réfléchir, j'ai couru vers l'enfant pour le pousser. Heureusement, je suis arrivé à temps et j'ai pu le sauver. J'ai même adouci sa chute, ce qui explique mes quelques égratignures. Par contre, mon apparition soudaine a surpris le conducteur de la voiture, qui a donc donné un coup de roue pour finir sa trajectoire contre un poteau.»

Kaidoh écoutait, impressionné et inquiet tout à la fois. Son petit ami venait carrément de risquer sa vie pour sauver un inconnu! Lui-même avait déjà sauté dans une rivière pour sauver un petit chien, mais ce n'était pas pareil, il avait eu le temps de se poser la question. Inui, lui, avait sauté au-devant du danger sans prendre le temps de réfléchir.

Le plus vieux, qui avait marqué une pause pour rapprocher la main de son kouhai, question de l'empoigner à deux mains, continua :

- Quand j'ai été certain que l'enfant était sain et sauf et qu'il avait rejoint sa mère, j'ai accouru près de la voiture. Le conducteur était seul dans la voiture et ne semblait pas en état de sortir. Je me suis tout de suite approché de la porte et je l'ai ouverte pour l'en sortir.

«Il était encore conscient, mais il ne pouvait pas parler. Je l'ai étendu sur le trottoir en demandant aux gens alentour d'appeler une ambulance, étant donné que mon portable n'avait pas supporté ma chute. D'ailleurs, je suis désolé, c'est pour ça que je n'ai pas pu te rejoindre.

«Donc j'ai attendu l'ambulance en m'assurant qu'il ne perde pas trop de sang et qu'il reste conscient. J'ai dû rester un peu après parce que la police m'a interrogé sur ce qui s'était passé. Dès que j'ai pu, je suis parti venir te rejoindre.»

Il y eut un silence montrant qu'Inui avait terminé son histoire. Kaidoh laissa sa tête retomber sur son épaule et il lui souffla :

- Imbécile, tu m'as inquiété...

Ce n'était pas ce qu'il aurait voulu lui dire, en fait. Parce que même s'il lui en voulait de l'avoir inquiété et d'avoir risqué sa vie pour un inconnu, il était vraiment fier de lui. Il aurait voulu pouvoir le réconforter, aussi, mais il ne savait pas comment le dire.

Ini eut un petit rire et il lui fit tout bas :

- Je suis désolé, Kaidoh.

Décidément, Inui était trop bien pour lui. Kaidoh siffla, faute de pouvoir lui dire à quel point il était quelqu'un d'extraordinaire, et il lui proposa :

- Inui-senpai, tu voudrais venir chez moi?

Kaidoh releva la tête pour surprendre son sourire, qui était attendri. Il lui répondit aussitôt :

- Volontiers. Laisse-moi juste me reposer un peu.

Kaidoh acquiesça d'un simple okay et un silence confortable s'installa entre eux. Inui relâcha sa main pour passer son bras autour de ses épaules, afin de le rapprocher de lui. Le serpent, se sentant rougir, s'enfouit dans le cou de son senpai et ferma les yeux. Il pouvait sentir que le cœur d'Inui se calmait peu à peu, prouvant que sa seule présence avait un effet réconfortant pour le plus vieux.

Enfin, Inui brisa le silence pour lui souffler proche de l'oreille :

- Pendant tout le temps que j'ai passé à attendre l'ambulance, je n'arrêtais pas de penser à toi. Je me disais que, dès que j'allais te voir, je te prendrais dans mes bras.

Le plus jeune siffla d'embarras, ce qui fit ricaner le plus vieux. Puis ils redevinrent silencieux quelque temps, toujours enlacés. Enfin, Inui mit un peu de distance entre eux et proposa qu'ils se rendent chez le serpent. Ce dernier acquiesça et ils se dirigèrent ensemble jusque chez lui.

Finalement, ils ne s'entrainèrent pas, mais Kaidoh lui fit quand même un repas et ils passèrent le reste du temps dans sa chambre, enlacés devant la télévision.


Ah, pourquoi est-ce que j'aime à ce point l'idée d'un Inui jouant les héros? Inui-sama, tu es vraiment quelqu'un de bien, Kaidoh a de la chance de t'avoir! (remarque, l'inverse est aussi vrai je trouve – ah, vous êtes trop mignons vous deux, vraiment *_*)

Bref. C'est un peu cliché, mais je trouve que c'est chou. Et puis bon, avouons que ce recueil est un peu fait pour faire des clichés... J'espère que vous avez aimé et je vous dis à la prochaine!