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Le soir même de la cérémonie, Stiles retrouva son père dans le salon :

- Papa ?

- Oui.

- Je crois qu'il est temps que tu m'apprennes à utiliser une arme.

- Pourquoi ? demanda Noah, suspicieux.

- Je vais intégrer le programme pré-FBI donc la moindre des choses est de savoir comment tirer, non ?

- Tu n'entres là-bas que le mois prochain. Donne-toi d'abord le temps de guérir.

- Je ne te demande pas de m'apprendre à tirer aujourd'hui mais disons que le temps que je récupère mes facultés, on peut apprendre la théorie ?

- Je ne sais pas Stiles, tu dois te reposer.

- Papa, j'apprendrais les rudiments des armes à feu que tu m'aides ou non. Tu devrais savoir depuis le temps que quand je veux quelque chose, je l'obtiens. J'aurais juste voulu le faire avec toi.

Stiles commençait à se diriger vers sa chambre quand le shérif réagit.

- Stiles, vient t'asseoir.

Le jeune homme marqua un arrêt puis se tourna vers son père. Ce dernier alla dans le garage puis revint avec un pistolet semi-automatique. Stiles se rapprocha donc et s'assit face à Noah.

- Tu seras amené à utiliser des pistolets semi-automatiques comme celui-là. Je vais te montrer comment le démonter et le remonter. Pour les séances de tirs, tu n'en feras pas tant que tu n'es pas guéri, on est d'accord ?

- Très bien.

Ils passèrent ainsi une bonne partie de la nuit à démonter puis remonter cette arme. Le shérif savait que son fils avait une capacité à apprendre très rapidement et il put une nouvelle fois le constater. Au bout de trois essais ensemble, Stiles était en mesure de lui énumérer tous les éléments du pistolet et dans quel ordre les assembler. Noah n'était pas vraiment rassuré par cet engouement soudain des armes à feu cependant, il préféra lui servir de mentor que de le voir se renseigner ailleurs. De plus, il avait raison quand il disait que d'ici peu il intégrerait un programme l'obligeant à utiliser des armes à feu. Lui-même l'avait d'ailleurs poussé dans cette voie et maintenant, il devait en assumer les conséquences et puis au moins, cela lui changeait les idées. Toute distraction était bonne à prendre à partir de maintenant et celle-ci en était une parmi d'autres. Alors avec tout l'amour qu'il avait pour son fils, il lui servirait de mentor.


Deux semaines plus tard, Stiles sortit d'un rendez-vous à l'hôpital où on venait de lui retirer les fils suite à ses opérations. Il était encore un peu fébrile et son épaule était toujours douloureuse mais il allait enfin pouvoir passer aux choses sérieuses. Le soir-même, après les heures de travail de son père, il se rendit au poste de police. Noah était en train de boucler un dossier quand il vit son fils entrer :

- Hey, tout s'est bien passé ?

- Ouais, je suis tout neuf !

- C'est vite dit !

- Ce n'est pas moi qui l'aie dit, c'est le médecin ! Me voici donc pour ma première séance de tir !

- C'est peut-être un peu prématuré, tu n'as pas totalement cicatrisé encore…

- Papa, je t'avais promis de ne rien faire tant que j'avais mes points de suture. Je ne les ai plus donc à toi de tenir ta promesse maintenant !

Le shérif fut obligé d'acquiescer et referma son dossier. Il emmena son fils au stand de tir derrière le poste de police qui était réservé aux officiers du poste. A cette heure tardive, l'endroit était désert. Noah sortit son arme :

- Tu pourras t'entrainer ici, c'est sûr et tu ne crains rien. Cette arme n'a donc plus de secret pour toi d'un point de vue théorique. Tu te rappelles de la position pour tirer ? dit-il alors que son fils hocha la tête. Bien, je te montre et après c'est à toi. Tu mets ton corps en oblique, bras droit tendu, et ton bras gauche en soutien et par la même occasion pour protéger ton corps. Les jambes en appui pour le recul. Tu vises et tu tires, finit-il en joignant le geste à la parole. A toi.

Stiles se mit alors en position puis prit l'arme que son père lui proposait. Il respira calmement, puis visa et finit par tirer. Il avait mis dans le mille mais ce qu'il n'avait pas prévu était la douleur provoquée par le recul de l'arme. Son épaule étant encore fragile, le recul raisonna dans tout son corps et il se figea une poignée de secondes avant de remettre le cran de sécurité. Le shérif vit bien que son fils souffrait et s'en inquiéta immédiatement :

- Tu vois, je te l'avais dit, c'était trop tôt ! Je n'aurais jamais dû t'écouter !

- Ça va aller, le recul m'a surpris, c'est tout. On recommence.

- C'est hors de question. Tu n'es pas encore prêt ! Allez, on rentre.

Stiles rageait de ne pas pouvoir pratiquer plus longtemps le tir mais il savait que quand son père était dans cet état, il ne pourrait rien en tirer. Alors il le laissa faire et ils retournèrent ensemble à la maison. Mais Stiles n'avait pas l'intention d'attendre. Il avait suffisamment patienté comme ça et ce n'était pas une petite douleur à l'épaule qui allait le retenir ! Le lendemain, il prit soin d'éviter de passer devant le bureau de son père et se rendit au stand de tir. Connaissant bien l'officier qui était de garde sur place, il réussit à l'amadouer en lui expliquant qu'il serait agent du FBI d'ici quelques années et qu'il devait avant tout s'entraîner, avec l'accord de son père bien évidemment. L'officier ne chercha pas et le laissa entrer puis lui prêta même une arme. Le jeune homme, satisfait, s'était entraîné une bonne partie de l'après-midi. A cause de cet entraînement intensif, il avait l'épaule très douloureuse. Les cicatrices de ses blessures étant encore fraîches, les répercussions ne se firent pas attendre : elles s'étaient légèrement rouvertes mais ce n'était pas cela qui allait l'arrêter.


Après une semaine d'entraînement quotidien, il décida de rentrer chez lui et lorsqu'il arriva devant sa maison, il trouva Malia qui l'attendait. Il la rejoignit donc.

- Hey, commença-t-il. Ça va ?

- Tu ne réponds pas à mes messages alors je viens te voir, répondit-elle tandis qu'ils entraient.

- Excuse-moi, je suis désolé, j'ai un peu perdu la notion du temps dernièrement.

- Stiles, pourquoi tu as du sang sur ton t-shirt ?

- Oh merde.

- Et tu sens la poudre d'arme à feu.

- Excuse-moi.

Le jeune homme alla dans sa chambre et retira son t-shirt. Il se dirigea dans la salle de bain, retira ses pansements souillés et prit des compresses. Quand il se retourna, il se retrouva nez-à-nez avec la coyote, ce qui le fit sursauter.

- Nom de dieu Malia, tu m'as fait peur.

- Tes cicatrices ne s'étaient pas refermées ?

- J'ai un peu trop forcé ces derniers temps.

- Laisse-moi faire, dit-elle en prenant les compresses.

Le jeune homme, fatigué, se laissa faire. Malia prit du désinfectant et nettoya les cicatrices puis elle fit deux pansements.

- Tu vas me dire comment tu t'es fait ça ou je dois te torturer ?

- J'ai décidé de m'entraîner au tir. D'ici peu j'irai dans un programme pré-FBI donc il fallait bien que j'apprenne à tirer un jour.

- Stiles, que tu arrives à amadouer ton père avec une histoire bidon comme celle-là je le conçois, mais que tu la tentes avec moi, je suis limite vexée.

- Que veux-tu dire ?

- Que ton cœur bat anormalement vite ! Alors au nom de notre amitié, soit honnête.

- Tu n'as pas besoin que je te le dise puisque tu connais la réponse, n'est-ce pas ?

- Je pense que je sais ce que tu prévois de faire.

- C'est à cause de mes signaux chimiques ? Faut vraiment que je travaille ça…

- En partie mais pas seulement. Je te connais, Stiles.

- Et tu veux m'en empêcher ? demanda-t-il en revenant dans sa chambre.

- Je devrais ?

Le jeune homme prit un t-shirt propre et regarda la coyote, quelque peu étonné de sa réponse. Il lui sourit, elle était pleine de surprises et cela lui fit du bien d'être avec quelqu'un qui ne le ménageait pas pour une fois. Il s'apprêtait à enfiler son t-shirt mais la douleur dans son épaule se réveilla et le fit gémir. Malia s'approcha de lui et prit immédiatement sa souffrance.

- Merci.

- Assis-toi, je vais te détendre l'épaule. Je suis plutôt douée de mes mains.

- Oui, je m'en rappelle, répondit-il tendrement.

La fatigue l'emportant une nouvelle fois, il s'assit sur sa chaise de bureau et elle se plaça derrière lui puis commença à lui masser l'épaule. Il devait admettre que cela lui faisait un bien fou et lui détendait les muscles.

- Tu es conscient que les tuer ne la ramènera pas ?

- Je sais. Mais j'ai besoin de le faire, c'est viscéral.

- Inutile de me l'expliquer, je comprends mais je n'ai pas envie de te perdre. L'absence de Lydia me suffit, je n'ai pas envie de subir la tienne aussi. Et même si on est que des amis, je m'inquiète pour toi.

Elle arrêta le massage et posa ses mains sur les épaules du jeune homme. Il se leva donc, enfila son t-shirt et se plaça devant elle.

- Ça va aller ma coyote girl, dit-il simplement en la prenant dans ses bras.

Malia adorait quand il l'appelait comme cela, il était le seul à le faire. Cependant, la réponse qu'il lui apporta n'était pas celle qu'elle aurait voulu entendre. Elle ne le connaissait que trop bien et savait sa détermination, preuve en était ses cicatrices rouvertes ! Il desserra leur étreinte et la regarda.

- Je sais qu'avec Argent vous cherchez les chasseurs. Où en êtes-vous ?

- Stiles…

- S'il te plait, souffla-t-il.

- Nous allons nous réunir demain soir pour préparer un plan.

- Vous avez trouvé où ils se cachent ?

- On va surtout les piéger ! Scott fera l'appât.

- Où se retrouve-t-on demain ?

- Stiles…

- Tu me crois incapable de vous trouver ?

- Chez Argent, à 19h.

- Merci.

- Je vais te laisser, finit-elle en se dirigeant vers les escaliers.

- A demain.

Elle l'observa un dernier instant et il lui sourit. Elle avait un mauvais pressentiment mais elle savait qu'elle ne pourrait rien faire pour l'arrêter, elle pouvait seulement l'accompagner et le protéger.