Grandeur et Déchéance III - Quitte ou double - Chapitre 4


- C'est bien ma veine, grommela Kanon entre ses dents.

Personne aux abords du Temple du Scorpion, ni à l'intérieur. Aucun cosmos ne se faisait sentir non plus. Et Milo n'avait aucune raison de se cacher, bien au contraire.

Après quelques minutes de vaine attente, il se résigna et ressortit.

Il réfléchit. Si le Scorpion n'était pas chez lui, il n'y avait guère qu'un autre endroit où il pouvait être à cette heure de la journée : le Temple du Verseau.

Il crut pourtant s'être trompé. La Maison du onzième signe du zodiaque semblait aussi vide que sa voisine. Kanon fronça les sourcils. Que faire ? Rentrer ? Il avait bien conscience que la maison d'un mort n'était pas vraiment l'endroit approprié pour une conversation avec Milo. Mais y avait-il un endroit approprié pour une conversation avec Milo ? Et surtout, quelle conversation avec Milo ? Il y avait fort à parier qu'il n'aurait guère le temps d'exposer les raisons qui le poussaient à venir ici, à se jeter dans la gueule du loup. Très probablement, le Scorpion le massacrerait sur place, Aiolia avait raison, mais il faudrait bien purger l'abcès, à un moment ou à un autre. Attendre que Milo soit dans de meilleures dispositions, c'était repousser la chose aux calendes grecques. Et ça, Kanon ne le voulait pas.

Il entra.

Un silence pesant régnait dans le Temple. Il fallut quelques instants pour que les yeux de Kanon, après la violente lumière de l'extérieur, s'accoutument à l'obscurité. Peu à peu, il distingua une lueur diffuse dans les profondeurs obscures, comme un coeur qui battait doucement.

Il se rapprocha sans bruit. Il y avait bien quelqu'un ici, et ce quelqu'un ne pouvait être que le Scorpion. Depuis la mort de Camus, il n'autorisait personne à entrer dans ce qui était devenu pour lui une sorte de sanctuaire à la mémoire de son compagnon d'armes.

La porte entrebaillée ne grinça pas quand il la poussa. Prudemment, il passa la tête et sa tension nerveuse s'évapora pour faire place à un profond sentiment de malaise.

La pièce sur le seuil de laquelle il se tenait était illuminée de dizaines de bougies allumées. Il y en avait partout, près du lit, sur le bureau , sur les étagères chargées de livres, sur les tapis recouvrant le sol de marbre, près des oreillers. Leur lueur dorée répandait dans la chambre une atmosphère intime. L'odeur douce de la cire embaumait l'air, et seul le crépitement discret d'une mèche agonisante troublait le silence .

Milo était assis, dos au mur face au lit, comme prostré. La cascade de boucles de ses cheveux semblait de jais, comme lustrée par la lumière mouvante, et son visage tourné vers lui plus beau encore, mais avec une expression que Kanon ne lui connaissait pas. Ses yeux grand ouverts sous le voile sombre des longs cils avaient la brillance et la couleur d'une émeraude, et le Gémeau fut surpris de ne pas voir de larmes dans ces prunelles immenses. Mais elles ne reflétaient rien, absolument rien. Ou plutôt si. C'était le regard calme et résigné que devait avoir, après avoir lutté de toutes ses forces, un homme en train de se noyer.

Kanon comprit que sa présence en ces lieux était plus que déplacée. Il regrettait d'être entré dans le Temple du Verseau, mais il était trop tard pour revenir en arrière. Il détourna les yeux, mal à l'aise d'avoir violé l'intimité de son pire ennemi, et s'apprêtait à tirer la porte derrière lui quand une voix glaciale le figea sur place.

- Comment oses-tu ?

Il se mordit les lèvres, mais ne se retourna pas.

- Je te demande pardon, je n'aurais pas dû.

Il pouvait s'attendre à subir les foudres du Scorpion, c'était amplement mérité. Mais celui-ci ne releva même pas ses excuses.

- Je voudrais te parler, Milo. Je t'attendrai dehors le temps qu'il faudra.

Et il sortit, en fermant la porte derrière lui.

Deux heures plus tard, lorsqu'il émergea sur le parvis du Temple du Verseau, il ne subsistait plus aucune trace d'émotion sur le visage du Scorpion. Hautain, plein de morgue - et d'une allure superbe, il fallait bien le reconnaître – il était redevenu lui-même. Beaucoup pensaient que le froid Camus et le bouillant Milo ensemble, c'était un peu le mariage de la carpe et du lapin. Ils se trompaient : le Scorpion pouvait être aussi glacial que le défunt Verseau, la rage en prime. Et la pensée de cet autre Milo qu'il n'avait fait qu'entrevoir ne suffit pas à le rassurer.

- Que viens-tu faire ici ?, jeta le Scorpion d'un ton qui n'augurait rien de bon.

Kanon ne se laissa pas impressionner.

- Ne crois-tu pas qu'il est temps qu'on ait une discussion franche, tous les deux ?

- Je n'ai pas envie de te voir, et encore moins de discuter avec toi.

- Je m'en doute, mais je n'ai pas l'intention de te fuir toute ma vie. Je suis au courant, pour la promesse que Mu t'a obligé à lui faire.

Milo ricana.

- Parce que tu crois que je me sens tenu à une quelconque promesse ?

- Ce n'est pas à moi de le dire ... pourtant tu l'as tenue jusqu'ici, quoi qu'il t'en coûte, et je sais ce qu'il t'en a coûté, même si tu ne me crois pas. Tes intentions à mon égard n'ont pas changé, n'est ce pas ?

- A ton avis ?

- Je sais que toi et camus étaient très proches ...

- Tais-toi ! Tu ne sais rien ! , cria Milo entre fureur et désespoir.

Ses yeux étincelaient de rage, et Kanon le vit lever le bras, en position d'attaque. A l'extrémité de son doigt, brandi comme un châtiment divin, son ongle rougeoyait intensément. L'Aiguille Ecarlate ! Kanon ne put réprimer un tremblement. Il allait mourir, et ça n'allait pas être être d'une façon rapide et sans douleur. Milo était suffisamment réputé pour sa cruauté qui touchait au sadisme.

- Vas-y, Milo, je te délie de la promesse que Mu t'a contraint à lui faire. J'ai croisé Aiolia en venant ici. Lui confirmera à Mu que c'est moi qui t'ai provoqué, et non toi. Tue-moi si ça peut apaiser ta douleur... mais j'en doute.

Milo avait beau être quelqu'un difficile à déstabiliser, Kanon sentit qu'il hésitait. Il décida d'en tirer parti.

- Tu n'es pas coupable d'être en vie, Milo.

- Coupable ?, souffla-t-il, visiblement au bord des larmes.

- Oui.

- Com... comment peux-tu prétendre savoir ce que je ressens ?

- Parce que je suis comme toi. J'ai longtemps pensé que ma place n'était pas ici, sur terre, alors que mon frère était mort. Et puis j'ai fini par accepter le fait qu'il va me falloir vivre sans lui.

- Je n'ai pas ce courage-là, confessa Milo à mi-voix, subitement abbattu et vulnérable.

Le fougueux Scorpion n'était à nouveau plus que l'ombre de lui-même, et Kanon en eut mal pour lui.

- Tu le trouveras un jour.

- Je ne crois pas.

- Vous ... vous étiez amants, n'est-ce pas ?

Milo sembla désarçonné par la question, que personne n'avait jamais osé lui poser. Alors, que ce soit Kanon qui le fasse ... ! Pourtant il n'envisagea pas une seule seconde de ne pas y répondre. Nier ne servait à rien, puisque plus rien ne servait à rien. Et l'avis de Kanon, il s'en moquait éperdument. Tous les ragots, les préjugés ne pourraient jamais être pires que cette absence silencieuse qu'il endurait depuis des mois. Pour survivre, il s'était construit une sorte de barricade, aussi physique que mentale. Et Kanon, ce Kanon exécré, ironiquement il fallait que ce soit lui qui la force, quelle ironie ... Alors pourquoi n'arrivait-il pas à lui en vouloir, à le désirer, presque ? Mais répondre, c'était mettre un peu plus à vif des blessures déjà si douloureuses, et les mots restaient coincés dans sa gorge serrée comme un étau. Il sentit une des larmes qui lui brûlaient les yeux glisser sur sa joue, mais il ne détourna pas le regard. Il n'avait pas à avoir honte d'avoir aimé Camus, et jamais il n'en aurait honte. Il avait vécu à ses côtés les seuls beaux moments de sa vie.

Kanon fut d'autant plus bouleversé par ce demi-aveu que Milo paraissait prêt à accepter cette main qu'il lui tendait.

- Aimer l'autre, continua-t-il, enhardi par l'absence de réactions hostiles de son interlocuteur, ce n'est pas se laisser mourir, c'est vivre malgré son absence. Vis un jour après l'autre. Pour commencer.

- Tu appelles ça vivre ?

- Crois-tu que Camus aurait souhaité que tu te laisses mourir ?

- Qu'est ce que tu en sais ?

- Lis ça.

Il sortit de sa poche la lettre de Saga et la lui tendit. Milo la lut en silence et la lui rendit, l'air troublé.

- Ne te laisse pas mourir de chagrin, Milo. S'il t'aimait, et je n'en doute pas, Camus n'aurait certainement pas voulu ça, même s'il n'a pas laissé de lettre derrière lui pour te le dire. Je suis bien placé pour savoir à quel point c'est difficile à dire et plus encore à entendre, mais la vie continue, malgré tout.

- Tu es juste venu pour me dire ça ?

Un relent de colère demeurait perceptible dans sa voix.

- Non, je suis aussi venu pour avoir ton pardon. Pas pour moi. Pour Saga. Tu l'as bien vu dans cette lettre, il n'était coupable de rien. Il a fait tout ce qu'il a pu pour empêcher ce massacre. A aucun moment il n'a voulu la mort de Camus.

- Soit ! Mais n'attends pas que je te pardonne, toi !, s'écria Milo.

- Je ne te le demande pas, je ne le mérite pas. Je ne veux qu'une chose.

- Laquelle ?

- Que tu me tues, là, tout de suite, et avec ma bénédiction ...

- ...

- ... ou que tu me fiches la paix, définitivement.

- Comment oses-tu ? Pour qui te prends-tu pour me donner un tel ordre ?

- Pour quelqu'un qui ne veut pas passer son temps dans l'expectative, à attendre un procès ou une vengeance. Je n'en nie pas la légitimité. Mais si je dois vivre, alors je veux vivre . Vivre vraiment, au lieu de me demander chaque matin si je serai encore en vie le soir. J'ai des projets. Et si Athéna a besoin de moi, alors je la servirai.

- Il faudra me passer sur le corps avant que tu ne sois chevalier d'or des Gémeaux !, hurla Milo.

- Alors on en reparlera quand le moment sera venu, si Athéna me fait cet honneur. Je n'ai pas l'intention de me défiler de mes devoirs juste parce que tu n'es pas d'accord. Si une guerre sainte survient, je ne serai pas de trop. Nous combattrons côte à côte, que tu le veuilles ou non.

- Jamais ! Jamais ! Je refuse de te faire confiance ! Tu n'es qu'un traître ! Tu nous as trahi une fois, tu nous trahiras encore !

Kanon secoua la tête. Il s'était fait des illusions en croyant qu'il pourrait convaincre Milo de ses bonnes intentions.

- J'ai changé, Milo, que tu le crois ou non. Je suis venu ici pour te donner une chance de satisfaire ta vengeance, une seule ! Mais puisque tu ne sembles pas décidé à en profiter, je m'en vais. Sache seulement que la prochaine fois qu'on se verra, je ne me laisserai pas faire. Je me défendrai si besoin est, non pas pour sauver ma vie, mais pour conserver à notre déesse un guerrier dont elle aura bien besoin le jour venu. Si on veut bien me donner une chance de rattraper mes erreurs, je ne la laisserai pas passer. Au revoir, Milo.

Il tourna les talons et commença à descendre calmement l'escalier. Il n'avait pas fait vingt mètres que le cosmos du Scorpion se mit soudain à s'enflammer. Kanon se figea net en devinant le bras levé de Milo et retint son souffle, dans l'attente de la douleur.

- Vas-y, dit-il d'une voix parfaitement calme. C'est ton droit.

C'était comme un mauvais film déjà vu. En définitive, rien n'avait changé depuis ce jour où Sorrento avait voulu lui trancher la tête, sur la plage où il l'avait débusqué. Il l'avait épargné ... pour qu'il finisse sa triste existence sous l'Antarès du Scorpion. Tous ces efforts, toutes ces souffrances n'avaient-elles donc servi à rien, en fin de compte ? Si, à la réflexion. Il allait mourir, certes, mais en paix avec lui-même, et c'était le détail qui changeait tout. Il ne regrettait rien.

Le cosmos de Milo oscillait. Que pensait-il en ce moment-même ? Le savait-il seulement ? Il n'était plus le Scorpion fougueux et sûr de lui qu'il avait toujours été ou fait semblant d'être. Ce n'était plus qu'un homme incapable de se livrer à une vengeance froide qu'il avait pourtant voulue plus que tout, et désespéré de ne pas comprendre pourquoi.

Kanon sourit tristement. Il était aussi venu pour cela : forcer Milo à faire un choix entre son coeur en le tuant, ou sa raison en le laissant vivre. Mais quelle que soit l'issue de la confrontation, Milo pourrait commencer à faire son deuil, comme lui commençait à faire celui de Saga.

Progressivement, il sentit le bras de Milo s'abaisser, puis son cosmos s'éteindre. Milo avait fait son choix, et c'était celui de le laisser vivre.

La tension nerveuse de Kanon retomba d'un coup, et il respira profondément.

- Merci, Milo, murmura-t-il, ému.

- Fiche le camp d'ici. Et ne mets plus les pieds dans ce Temple.

Ce n'était pas un ordre, même si le ton sur lequel Milo avait prononcé ces quelques mots était glacial. Non. C'était juste une prière.

- Je te le promets.

Il descendit quelques marches, et se retourna.

- Milo ?

- Quoi encore ?

- Tu es infiniment meilleur et plus fort que tu ne le penses car il t'a fallu une force d'âme incroyable pour ne pas céder à ton envie de me tuer. C'est pour ça que je sais que tu finiras par trouver l'apaisement. En tout cas, c'est ce que je te souhaite. Et si tu as besoin de moi, je serai là, je te dois bien ça d'une certaine manière.

- Va te faire voir.

- Avec plaisir.

Et avec sur les lèvres un sourire qu'il ne parvint pas à réprimer, Kanon reprit le chemin de chez lui.

Il ne savait pas comment s'y prendre. Aucun entraînement ne lui avait jamais dit comment procéder. Et il n'y avait jamais réfléchi auparavant non plus, et pour cause : l'idée lui était venue d'un coup, comme ça. Et voilà que maintenant il ne pensait plus qu'à ça. Oh, il aurait pu demander conseil à Mu ! Le sage Bélier s'était déjà trouvé dans une situation similaire, visiblement. Mais un reste d'orgueil l'en empêchait.

Bah, il verrait bien. Après tout ce qu'il avait traversé, il n'allait pas se faire cuire la rate au court-bouillon pour un détail pareil.

Un détail.

Enfin, non, un peu plus qu'un détail quand même.

Le genre de détail dont dépendait le reste de sa vie.

- Oh, misère !, gémit-il en serrant les dents. Où est-ce que je vais encore m'embarquer, moi ?

Ce fut finalement plus facile que ce qu'il avait escompté et redouté. La nuit porte conseil, disait le dicton, mais il n'en avait pas attendu la fin. Allongé dans la semi-obscurité, un bras sous la tête, l'autre enlaçant Lysandre, les mots lui étaient venus naturellement, comme si au plus profond de lui-même ils avaient toujours été là, n'attendant que d'être prononcés.

- J'ai quelque chose à te demander.

- Ah ?

Elle avait dit cela d'un ton léger qui crispa un peu Kanon. N'avait-elle pas deviné ?

- Je voudrais ... que tu donnes ton compte au Palais.

Elle se redressa sur un coude, en le regardant avec des yeux ronds.

- Mon compte ?

Sa voix s'étrangla.

- Tu ne veux plus de moi ?

Kanon rit, soulagé par sa réaction.

- Oh si !

Il plongea son regard dans les prunelles lavande.

- Lysandre, je veux que tu restes ici. Toujours.

- Hein ?

Elle blêmit, comme foudroyée par la surprise.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? Est-ce que je dois comprendre que ...

- Epouse-moi, Lysandre.

- Ooohhh.

Elle se laissa retomber sur l'oreiller, très pâle.

- Ca va ?

- Ou... oui, c'est juste que je ne m'attendais pas ...

Il y eut un silence. Kanon guettait une réponse sur ses lèvres, mais elle resta silencieuse.

- Dois-je déduire de ton silence que c'est un oui ?, rit-il, un peu nerveux.

Mais à sa grande surprise, elle secoua la tête.

- Les choses ne sont pas aussi simples, murmura-t-elle.

Non, pas aussi simples. Et encore c'était un gentil euphémisme. Il eut un sourire triste.

- Je suis conscient que je n'ai pas grand-chose à t'offrir. Mais tout ce qui m'appartient est à toi, la maison, les oliviers, même Milo, pardon, Choupinet ... Je ne suis pas certain de vivre assez longtemps pour te passer la bague au doigt, mais quelle différence, c'est vivre ensemble qui compte...

- Ce n'est pas ça, Kanon, le coupa-t-elle, des larmes brillant dans ses yeux.

- Mais alors ...

- Puis-je réfléchir ? Laisse-moi la nuit. Demain matin je te donnerai ma réponse.

- Bien sûr.

Il se rallongea, luttant contre l'envie qu'il avait de la serrer contre lui. Il était un peu déçu, c'était vrai. Comment avait-il pu s'imaginer qu'elle allait lui dire oui, immédiatement, en se jetant dans ses bras en riant ? Elle avait raison de réfléchir. Elle était plus pragmatique que lui. Mais ce n'était que partie remise. Demain, elle dirait oui, et ils vivraient heureux et auraient beaucoup d'enfants, commes dans les contes des fées. Il sourit. Après n'avoir jamais cru à rien, le voilà qui croyait à ces histoires pour enfants. Le temps adoucissait les moeurs, songea-t-il avant de succomber à des rêves délicieux.

Il faisait déjà grand-jour quand il se réveilla. Lysandre était déjà levée, elle, à en juger par la place vide à son côté. Et depuis un moment, constata-t-il en caressant le drap frais, qui avait gardé l'empreinte de son corps.

Le soleil pénétrait en larges bandes crues à travers les fentes des persiennes, et il perçut le chant des moineaux qui se chamaillaient dans l'oranger devant la maison. Un jour parfait. Forcément, puisque ça allait être le plus beau jour de sa vie, au moins jusqu'à aujourd'hui en tout cas.

Il s'étira, et sa main frôla l'oreiller de Lysandre.

Il se redressa, inquiet.

L'oreiller était légèrement humide. Des larmes ?

Soudain saisi par un terrible pressentiment, il se leva d'un bond, saisit son peignoir et s'en enveloppa à la va-vite.

- Lysandre ?

Aucun bruit dans la cuisine. Il y entra.

Elle n'était visible nulle part. En revanche, il y avait quelque chose sur la table.

Un rectangle de papier blanc. Il s'approcha, le coeur sur les lèvres, le lut. Et se laissa tomber sur une chaise, vidé de toute force, le visage ravagé par la déception.

Le message se composait de trois mots. Trois mots de rien du tout, justes des lettres posées côte à côte sur la surface immaculée ..mais qui suffisaient à tout anéantir.

" Je suis désolée ".

A suivre ... ( heureusement ! )

Ce chapitre de Noël ( livré avec un peu de retard, on dira que c'est la neige, hein, mais c'est surtout parce qu'il n'est pas très gai, je voulais éviter les suicides des dépressifs chroniques ! est dédié à Emma-Aima, ma toute nouvelle fan dévouée ( ou cinglée ? ) au point de se taper toute ma série en deux jours. Elle le voulait, le chapitre, elle l'a... et maintenant elle va tenir sa promesse et me couronnée déesse de la fanfic ou de ce qu'elle veut ! Non, non, je ne veux pas entrer au Panthéon, l'entrepôt de génies morts, j'ai encore l'intention de pourrir la vie à mon monde quelques années. Je veux juste une place à côté de Julian Solo. A force de lui pincer les fesses, je suis sûre qu'il finira bien par me filer son numéro de portable, héhé !

Sur cette note souriante, joyeux noël à tous ( comme ça, "trop tard" ? ) . Bon, alors comme compensation, vous allez avoir le droit à une petite fic de saison écrite sur un bout de table, et à une petit mise en appétit de ma prochaine fic. Ah je vous gâte trop mes chéris... Allez, bon vent et bonne neige !