Note de l'auteur : Voici la dernière partie de ce one-shot. Je pense que c'est une bonne manière de le clore. Je reprendrais donc LYCANS dès la semaine prochaine. Bonne lecture. Lasolitaire.

Consumée

Un électrochoc. Un retour en arrière. Voilà comment j'ai perçu les choses. Un retour que je ne voulais pas revivre. Et surtout ne pas y refaire face. J'avais réussi à passer outre mon amour pour toi. Malgré mes mots, comprends-tu à quel point tu m'as manqué Natsuki? Probablement pas. Au vue de tes quelques mots, tu es toujours la même. Froide et insensible. Insensible à ma douleur et à ma peine. Insensible à ce qui me blesse. Insensible au reste du monde. Ma personne n'est donc pas une exception à cela. Comment oses-tu faire référence à ma femme? Tu n'as pas le droit. La seule chose que je veux faire et de remplir les formulaires de sortie de ma fille et poursuivre ma vie. Une vie sans toi. Une vie avec ma fille. Mais Est-ce vraiment la vérité? Oui ... Non ... Peut-être. Je ne le sais même pas moi-même. Pourquoi suis-je dans ce couloir? Pourquoi n'ai-je pas attendu 10h pour voir ma fille? Pourquoi mon coeur bat aussi vite dès que mes yeux te distingue parmi la foule? Mais je ne peux pas. Je ne suis plus seule aujourd'hui. Je n'ai pas uniquement ma vie entre mes mains. J'ai aussi celle de mon enfant. Enfant avec lequel tu es en train de discuter. Je t'entends lui parler de tout et de rien. Jusqu'à l'énonciation de mon prénom. Ma fille est vraiment très curieuse quand il s'agit d'acquérir des informations.

- Docteur Kuga?

- Hum?

- Vous connaissez Shizuru-mama?

Je ne peux pas voir ton visage mais le silence en dit long sur ta réflexion.

- Ta mère est une femme exceptionnelle. Tu le sais n'est-ce-pas?

J'imagine le sourire ornant les traits fins de ma fille.

- Ta mère m'a beaucoup aidé quand j'étais un peu plus âgée que toi. J'ai eu la chance de pouvoir être son amie.

Pourquoi mens-tu à ma fille Natsuki? Pourquoi ai-je l'impression que mon coeur bat plus lourdement?

- Docteur Kuga?

- Appelles-moi Natsuki tu veux gamin?

- Vous avez le même prénom que moi ?

J'entends Natsuki rire légèrement. Un trait de caractère que je pensais pas voir. Pour autant, je l'entends murmurer doucement une chose me laissant sans voix.

- Ta maman a peut-être choisi ce prénom parce que je lui ai juré de rester toujours auprès d'elle.

- Vous pouvez rester avec nous si vous voulez.

Natsuki rigole légèrement mais son rire est plus difficile. Comme si elle se force.

- Non je ne peux pas faire ça.

- Pourquoi?

Oui pourquoi Natsuki? Serais-tu capable d'expliquer à un enfant de sept ans l'enfer du Carnaval ou ce que tu m'as fait après celui-ci?

- Parce que j'ai fait beaucoup de mal à ta maman.

- Mais ...

- Hé gamin ta maman ne va pas tarder alors habilles-toi tu veux?

Je me fige lorsque je te vois sortir rapidement de la pièce. Larmes. Pourquoi pleures-tu de cette manière Natsuki ?... Je ne peux pas te poursuivre encore une fois. Et pourtant cette envie ... Non je dois me concentrer sur ce qui m'importe le plus.


Jusqu'où es-tu prête à aller pour me ramener en arrière Natsuki?

- Docteur?

- Je venais juste m'assurer que tout allait bien. Comment vas-tu gamin?

- Bien Natsuki.

Je ne t'ai jamais vu sourire de cette manière mais je ne suis pas là pour contempler le moindre de tes faits et gestes. Contrôler l'ancienne blessure de ma fille semble être un bon prétexte pour que tu restes ici. Le fait que tu vexes l'infirmière ne semble pas te gêner.

- Shizuru je ... J'ai besoin de te parler.

Ne fais pas ça je t'en prie.

- Je vous écoute Docteur.

- En privé.

Je ne sais même pas pourquoi je te suis jusqu'à une salle de pause. Peut-être pour éviter un scandale devant ma fille. Je ne comprends pas non plus pourquoi tu fermes à clé.

- Je suis désolée Shizuru. Je ne savais pas pour ta femme.

Je te vois te retourner et tenter de rouvrir la porte. Alors c'est tout?

- Natsuki ...

Je ne cesses de rêver de toi ... Ses doux rêves qui m'avaient manqué. Ses doux rêves responsables de ma folie. Tu me fixes un instant puis reportes ton regard vers le sol.

- Quoi que tu penses de moi ... Je ne voulais que ton bonheur. Mais j'ai encore merdé comme toujours. J'aurais dû ... Nan laisses tomber. Tu devrais rejoindre Natsuki. Enfin ta Natsuki.

Ma Natsuki ... ça a toujours été un possessif qui t'étais réservée. J'écourte souvent le prénom de ma fille en 'Suki. Ma Natsuki ... Jamais je ne l'ai appelé de cette manière. Mais tu n'as pas besoin de le savoir. Pas aujourd'hui en tout cas. Je passe devant toi et sens une main attrapant la mienne au vol.

- Laisses-moi une autre chance Shizuru ... S'il te plaît.

Ne fais pas ça. Ne murmures pas ses mots dans le creux de mon oreille. Ne me caresses pas les cheveux ni le visage. Ne fais pas toutes ses choses dont j'ai toujours rêvé.

- Shizuru ... Je me mets à genoux si c'est ce que tu veux.

Je devrais ressentir la joie, l'envie de t'embrasser et de te dire des oui en série. Mais je ne ressens rien de cela. Au contraire, je me sens froide. Je me sens vide ... Rien. Tes mots m'indiffèrent. Peut-être parce que j'ai trop espéré. Ou parce que j'ai réussi à tourner la page.

- Non.

Je dois avancer. Pour moi. Pour ma fille. Pour toi. Nous ne sommes plus des enfants. Ni des adolescentes. Et encore moins des Himes. Nous sommes des adultes avec des responsabilités.

- Non?

- Je ne te laisserais pas de deuxième chance.

Une deuxième chance n'est pas ce que nous pouvons espérer. Pas sur ce que nous connaissons. Sur ce que nous avons ressenti. Sur ce que nous étions. Une deuxième chance ne peut pas être envisageable. Il n'y a pas un simple choix comme je le pensais quand tu m'as brisée le coeur. Il y a plusieurs choix.

- Shizuru je ...

- Tais-toi.

J'aurais dû le faire avant. Avant que je ne sache que je sois une Hime. Avant ma destruction. Nous aurions peut-être eu une chance basée sur notre affection mutuelle. Et non pas sur une raison de se battre. De survivre. Nous aurions dû avoir une chance. Une première chance. Dès mes quinze ans. Dès que je t'ai rencontré. Dès que j'ai compris que tu étais mon âme-sœur.

- Nous ne pouvons pas avoir de seconde chance alors que la première n'a jamais eu lieu.

Je n'attends pas à ce que tu me répondes à voir ton air choqué. C'est peut-être pour cela que je sors de la pièce sans un dernier regard. Peut-être que tu ne comprendras pas ce que j'essaie de te faire passer. Peut-être qu'une fois sortie de cet hôpital, je ne te reverrais plus. Mais tout ce que je sais c'est que j'ai réussi à construire une chose. Seule. Que je suis une mère. Que je suis devenue la femme que je voulais être. Que j'ai réussi à me définir pour moi et non pas pour toi. Peut-être que le fait que je me sois consumée m'a permis de voir réellement clair. Peut-être que tel un phénix j'ai réussi à renaître de mes cendres. Renaître plus forte.