Titre : L'heure la plus sombre
Auteur : ylg/malurette
Base : Moana (Vaïana)
Personnages : Sina, Tala, Moana
Genre : drama/familial
Gradation : PG / K-plus
Légalité : propriété de Disney, je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.

Thème : "midnight" pour LadiesBingo (minuit)
Continuité/Spoil éventuel : Tala's deathbed/How far I'll go - reprise
Nombre de mots : 600

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Les heures les plus sombres qu'ait jamais vécues le village descendent sur Motonui. Une malédiction qui se répand d'île en île vient de toucher la leur et a déjà attaqué les récoltes. Pas à la façon dont les cendres d'un volcan étoufferaient instantanément toute vie sans même qu'on ait le temps de s'en apercevoir : s'ils ne peuvent combattre cette malédiction, la famine les tuera à petit feu.
Elle noircit la terre, la végétation, et même les cœurs : la mère du mari de Sina y succombe au plus noir de la nuit. Tala lui manquera beaucoup, mais au-delà de son propre chagrin, elle redoute la façon dont Tui ressentira sa perte, et Moana...
Elle aime sa grand-mère si fort : même s'ils devraient considérer d'abord la vie longue et fructueuse et la façon paisible dont elle se termine plutôt que n'en regarder que la fin, ils vont en être dévastés.

Et effectivement, Moana, noyée par ses émotions et incapable d'assister aux derniers instants, s'enfuit de la hutte pour tenter de cacher son chagrin. Sina pèse le pour et el contre : lui laisser l'espace nécessaire pour donner libre cours à sa douleur, ou la suivre et tenter de la réconforter ? Elle choisit la seconde solution. Elle ne laissera pas sa fille souffrir seule ! Même si Moana ne peut pas entendre immédiatement les paroles de réconfort qu'elle veut lui offrir, elle sera au moins au présence à ses côtés.
Sina s'attendait à de la colère, du désespoir, mais ne s'attendait pas une révolte pareille. Elle surprend Moana en train de rassembler ses affaires. Pour s'enfuir. Pas juste de la hutte familiale : de l'île ancestrale. Déterminée et non pas dévastée. Elle ne fuit pas son chagrin mais court vers un devoir. En un regard, Sina comprend tout. Moana croit que son destin est d'aller chercher l'aide divine au loin, et après tout, que peuvent-ils faire d'autre à ce stade ?
Sina a bien sûr peur qu'elle ne revienne pas, mais elle sait aussi qu'elle ne peut pas la retenir de force. Moana est son unique enfant, sa fille chérie, mais Moana est aussi une femme désormais. Elle est prête à être - non en fait, pas le chef : elle ne veut bien qu'elle en soit parfaitement capable, alors plutôt - un héros.
Sina pourrait tenter de l'arrêter, de la raisonner, mais ça n'est pas le moment de lancer une dispute. Elle ne veut pas s'emporter contre elle, surtout pendant que Tala s'éteint juste à côté.
Elle veut croire que ce qu'elle fait sera utile... et choisit de la laisser partir.

Sa décision prise en une fraction de seconde, elle l'aide à empaqueter l'essentiel. Sans un mot, avec seulement un regard compréhensif et une bénédiction silencieuse, elle lui souhaite toute la chance possible. De la bravoure, Moana en a bien assez. Et de l'amour ? elle l'aime tellement !
Remerciements, regrets, et tout autant d'amour : Moana lui donne tout cela en retour aussi silencieusement et disparaît dans la nuit.
Sina restera là. Au matin, elle réconfortera son époux et prendra soin de leur île avec lui. Sa fille prend la mer pour prendre soin du monde entier, et elle reviendra triomphante. Elle le doit !
Elle doit croire en elle.

Elle n'en voudra pas à la grand-mère et à ses contes. Tala était folle, touchée par les esprits, et en savait plus qe n'importe qui sur cette île. Elle devait avoir raison. Car enfin sinon, dans quelle nuit obscure ont-elles juste envoyé Moana ?
À sa naissance, Sina lui a donné le nom d'océan... aujourd'hui, elle va prouver qu'elle est à la hauteur de ce nom, à la hauteur de la fierté que ses parents ont toujours su qu'elle méritait.