Chapitre 3.
Je vais aller à la bibliothèque, bien que mes devoirs soient déjà bien avancés. Histoire de faire quelque chose de ma journée, sinon je vais finir par moisir ici.
***
Et merde, je n'aurais pas dû venir ici. J'aperçois Draco et Blaise, qui travaillent au beau milieu de la bibliothèque. En même temps, vu le nombre plus que restreint de personnes dans ce château, ce n'est pas si étonnant que ça de les croiser. J'aurais mieux fait de rester croupir dans ma chambre. Je vais tenter de partir discrètement. Arg, je me suis fait repérer par Blaise !
Je crois que je n'ai plus le choix, je tente de ne pas faire de bruit pour que Draco ne me voie pas, et de m'installer dans un endroit caché.
« Alors, on dit plus bonjour à tonton ? »
Echec de l'esquive. Fait chier.
« Draco, j't'avais pas vu ! »
« Potter, dit Blaise, il n'y a que nous dans la pièce. Tu n'es définitivement pas crédible. »
Je ne sais pas quoi répondre. J'émets un petit rire, gêné.
« Ben assis toi. Je vais pas te manger. Bien que tu sais que j'en meurs d'envie. »
Je m'assois à leur table, raide comme un pilier. Draco a arrêté de travailler. Il m'envoie des regards faussement polis, et je sens son énervement au fond de ses yeux. Ou plutôt sa déception. Le climat est un peu tendu. Je pense que la température de la pièce a baissé de quelques degrés.
« Bien, je crois que je vais y aller. J'ai… heu… oublié un livre dans mon dortoir. A toute !»
Ce lâche. Blaise nous laisse seuls, en tête à tête.
Les minutes passent. Draco me fixe toujours tandis que je fais semblant de m'intéresser à l'architecture, ô combien superbe, de la bibliothèque.
« Merde, Potter, t'as rien à me dire ? »
« Heu… Bonjour ? »
« Raté. Retente ta chance. »
« Au revoir peut être ? »
« Te fous pas de moi, mon poing pourrait rapidement arriver dans ta gueule. Je ne te comprends pas Potter. On s'est bien amusés, l'autre soir, en boite, puis on s'est revu, on s'est embrassés de nouveau. Une semaine après, tu ressortais avec la Weasley. Tu couches avec elle sous mes yeux, et tu m'embrasses juste après. Et tu arrêtes complètement de me parler. Qu'est-ce qui cloche dans ton putain de cerveau atrophié ?! »
Wow. Ravale tes dents Harry. Mais je ne lui laisserais pas le dernier mot.
« Malfoy, ne tourne pas non plus trop la situation en ta faveur. C'est toi qui es venu vers moi dans la boîte, toi qui m'as envoyé une lettre pour me revoir, et toi qui m'as laissé seul, au final. Je me suis simplement vengé. Et, que je saches, je ne t'ai pas obligé à nous écouter, Ginny et moi. C'est toi qui m'as ensuite embrassé, comme compensation, ça te rappelle quelque chose ? Et, oui, j'ai arrêté de te parler. Ca faisait du mal à Ginny, à mes potes. Et ça m'aurait fait du mal un jour ou un autre. »
« Et moi dans tout ça ? Tu y penses ? Je ne suis pas une pute, Potter. »
Il range ses affaires rapidement, prêt à partir. Je me rends compte que je suis en train de perdre une des dernières personnes qui me parlait encore. Une personne à laquelle je m'étais considérablement attaché, mine de rien.
« Attends, Draco ! »
Il était prêt à franchir la porte.
« Quoi encore ? »
« C'est pas bientôt fini, ce raffut ?! »
C'était Mme Pince.
« Mais madame, on n'empêche personne de travailler là, il n'y a que nous. »
« Ce n'est pas une raison, nous sommes dans une bibliothèque ! Allez, oust ! Tout le monde dehors ! »
Et on se retrouve jetés à la porte de la bibliothèque, à coups de livres dans la tête.
« Ah, la vieille garce, elle m'a fait mal ! »
Je ne peux pas m'empêcher de rire. La scène est tellement minable. Draco se met à rire, lui aussi.
« Alors, cerveau atrophié ? »
« Quoi, alors ? »
« Avant que Mme Pince ne te coupe, tu étais en train de ramper à mes pieds pour me supplier de rester à tes côtés. »
« Je suis désolé Draco. Si ça peut te rassurer, je n'en pouvais plus de ne pas te parler. Tu es un des seuls qui ne me regarde pas avec dégoût, en ce moment… »
« Je crois que tu peux faire quelque chose pour te pardonner. Fais une partie de Quidditch avec moi. Blaise refuse de jouer avec ce froid, et c'est un peu lassant de jouer seul ! »
« Je m'étais attendu à pire. Prêt à te faire battre ? »
« Tu vas voir… »
On passe par ma chambre, pour récupérer mon balai. La route avec Draco est agréable. Il parle de Quidditch. Je ne l'écoute pas trop, mais ses lèvres sont magnifique, et le son de sa voix agréable. Il n'a pas vraiment l'air de m'en vouloir, ça me rassure.
Nous arrivons sur le terrain.
« Merde, j'ai oublié les clés du vestiaire ! Fait chier ! »
« Ben, viens te changer avec moi. Tu prendras les affaires de Blaise. »
L'ambiance se tend un peu lorsque nous nous changeons. Je me retourne, mais je sens tout de même le regard de Draco sur moi.
Lorsque nous sommes habillés, Draco me fixe toujours et lance :
« Un jour je te ferai mien Harry. C'est pas possible d'être foutu comme ça ! »
Il ponctue la phrase d 'un sourire ravageur et je me sens fondre. Ca y est, j'ai décollé. Direction la planète Draco.
« Putain il neige ! Harry, on a vraiment la poisse. »
Je le regarde d'un air de défi. Il acquiesce. Il ouvre la malle, et lâche le vif d'or. En un même geste, nous décollons.
La neige brouille la vue, et pénètre dans nos vêtements. Pourtant, je n'ai jamais été autant motivé. Mon cerveau n'est plus apte qu'à une chose : trouver le vif d'or. Et, éventuellement, mater Draco.
C'est après une bonne heure que je parviens enfin à attraper le vif. Je descends, trempé, épuisé, mais content de moi. Draco me suit de peu.
« Je prendrai ma revanche un jour Harry. Mais, si tu le permets, pas aujourd'hui, il fait vraiment trop moche ! Félicitations, quand même. »
Nous nous serrons la main. Toujours sous la neige. L'instant à quelque chose de magique. Mais le froid ne permet pas de s'y arrêter trop longtemps.
« Viens, Draco, on rentre. »
Je suis obligé de me doucher. Histoire de ne pas me transformer en glaçon. Je prends mon courage à deux mains, et rejoints Draco dans les douches communes.
Je ne peux pas m'empêcher de le regarder. Son corps pâle semble taillé comme celui d'une statue. Draco se retourne, lorsqu'il m'entend. Il me détaille, observe chaque partie de mon corps. Je ne détourne pas le regard.
La scène est très étrange, mais, étonnamment, n'est pas gênante. Ca paraît presque naturel de s'observer ainsi. Et c'est d'un érotisme sans nom.
Je suis d'ailleurs obligé de briser le lien lorsque mon corps se met à réagir. Car ce n'est pas gênant, mais ça pourrait rapidement le devenir…
Nous nous rhabillons chacun de notre côté, sans échanger un seul mot. J'essaie de me calmer. La vue de Draco nu m'a légèrement excité. Et ça se voit.
Je sens soudain le corps de Draco se coller derrière le mien, ses bras entourer ma taille, et ses lèvres se perdre dans mon cou.
Je gémis. Je n'attendais que cela. Je réagis automatiquement et Draco le sens. Il me caresse à travers mon pantalon.
Ma respiration est saccadée. Arrive un moment où je n'en peux plus, et je me retourne pour l'embrasser. Il me plaque alors contre les casiers, et passe ses bras autour de mon cou. Pendant ce temps, je déboutonne nos pantalons, laissant seulement sortir nos sexes.
Et, tandis que nous nous embrassons de plus en plus sauvagement, je le prends tous les deux entre mes mains. Chaque mouvement de mes mains est un délice, son torse est plaqué contre le mien et nous ne parvenons même plus à nous embrasser sans nous mordre. Je niche ma tête dans son cou, et donne de plus en plus de puissance à mes gestes. Nous nous déversons doucement, haletant.
Nous nous embrassons plus tendrement, et je reboutonne nos pantalons.
J'aimerais rester là une éternité. Je suis content que Draco n'ait pas essayé d'aller plus loin. Lorsque nos respirations redeviennent calmes, Draco me chuchote à l'oreille :
« On y va Harry ? »
J'acquiesce, et nous quittons les vestiaires. Sur le chemin, nous ne parlons pas, mais je sens un moment la main de Draco se glisser dans la mienne. Je souri béatement, incapable de m'en empêcher.
Il neige toujours.
***
« Mais… T'es amoureux 'ry ? »
La question fatale. Je l'attendais, depuis le temps qu'elle tournait autour du pot.
« Je … Non, je ne crois pas Hermione. C'est un peu frais encore. Et puis franchement, juste pour Ginny, je ne me l'autorise pas trop… »
Elle paraît pensive, et sirote sa bieraubeurre.
« Tu sais, je ne pense pas que Ginny le prendrait si mal. Elle sait que c'est fini entre vous. Elle est même en train de commencer à arrêter de renier ton existence. »
« Génial ! A ce rythme là, peut être qu'on se reparlera, quand on aura quatre-vingt ans ! »
« Arrête Harry, comprends qu'elle ait besoin de temps ! Elle était vraiment amoureuse… Et elle est aussi vraiment jalouse. »
« En plus, c'est Draco quoi ! Je n'aurais pas pu choisir pire je crois ! »
« Tu sais, je pense que la guerre l'a réellement changé. Il n'est plus le petit con qu'il était. Ce n'est pas pour rien qu'il a combattu de notre côté ! »
Elle s'arrête un instant.
« Vous parlez un peu, avec lui ? »
« Ouais… Il m'a un peu parlé de son enfance. Sinon, on parle comme ça quoi. De choses sans importance. »
« Eh ben dites donc… Si on m'avait dit qu'un jour tu parlerais de l'enfance avec Draco. J'aurais bien ri ! »
Et si quelqu'un m'avait dit qu'un jour je crèverais de désir pour Draco… Je lui aurais cassé la gueule je pense !
« Et, Ron, il prend ça comment ? »
Je crois que j'aborde le sujet difficile là.
« Je te préviens Harry, ça risque d'être plus long avec lui. Tu sais que, mine de rien, il protège beaucoup sa petite sœur. Il s'énerve facilement lorsque j'essaie d'aborder le sujet avec lui. En plus, c'est un Malfoy. Et les relations Weasley-Malfoys… Je vais pas te faire un dessin, hein. »
« Ouais. Je m'en doutais. »
« Il y a autre chose. Je ne pense pas que tu le sais, mais l'homosexualité, chez les sorciers, a été reconsidérée que très récemment : il y a à peine vingt ans, on tuait les homosexuels, ici. Je ne pense pas que les Weasley soient homophobes, mais un bon nombre de sorciers le sont. Tu sais Harry, les mœurs du monde sorcier ont moins évolué que celles du monde moldu. Et je crois qu'il faudra encore du temps pour faire changer les mentalités. Faites attention, avec Draco. »
Je n'avais pas encore songé à ce fait. En plus de devoir affronter le regard de mes amis, je devrai subir le regard des autres. Rien ne peut être facile, pour moi ?
« L'heure tourne Harry, je vais devoir y aller. Tu as ma bénédiction pour Draco, même si je sais que tu ne l'as pas attendue ! On peut essayer de se revoir dans la semaine. Si j'arrive à tempérer Ron, je l'amènerai aussi. »
« Okay Hermione, merci pour tout. »
« C'est normal 'ry. A bientôt. »
Et elle quitte le bar après m'avoir déposé un baiser sur la joue. Je me sens incroyablement plus léger. Même si toutes les nouvelles n'étaient pas bonnes, certaines m'ont rassurées.
Surtout de voir qu'Hermione ne m'en veut pas, ça enlève un poids.
Je n'ai pas envie de retourner tout de suite dans le froid, et dans ce château vide. Je commande un Fire Whisky à Rosmerta qui me sourit de toutes ses dents et me l'apporte dans la minute.
L'ambiance chaleureuse, bruyante, la musique festive donnent vie aux lieux. J'aimerais rester ici plus longtemps, mais il se fait tard. Et j'aimerais croiser Draco, au moins au repas, car je ne l'ai pas vu depuis notre partie de Quidditch, hier.
Je vais aux toilettes mettre ma carte d'invisibilité et me dirige vers Honeyduckes. Un peu plus tard, j'arrive à la sorcière borgne et courre jusqu'à la Grande Salle pour ne pas être au retard au dîner.
Evidemment, j'arrive tout de même en dernier. Je ne pourrais jamais me fondre dans la masse…
Je suis les conseils d'Hermione, et évite de paraître trop heureux de voir que Draco m'a gardé une place à ses côtés.
« Ah, Harry, je te vois enfin ! T'avais disparu ou quoi ? »
Je dois parler doucement pour que les professeurs ne m'entendent pas :
« Non, je suis allé voir Hermione à Pré-au-Lard »
« Ok. Je suppose que si je te demande comment tu as fait pour sortir du château, tu me répondras : n'oublie pas que je suis Harry Potter ? »
« En quelques sortes, oui. »
Je lui fais un sourire énigmatique, et il ne trouve rien de mieux à faire que de me tirer la langue. Je remarque que notre conversation ne passe pas inaperçu. Peut-être que je deviens parano. Devrions-nous faire encore plus attention ?
« Au fait, tu veux venir chez les Serpentards ce soir ? Il n'y a que Blaise et moi ! »
« Okay, cool. On fait ça. »
A suivre…
Fini le bac, c'est les vacances ! J'espère que vous avez réussi. Maintenant, place à la plage !
Pensez bien à ne rien faire, à ne pas vous lever le matin, à ne pas vous coucher le soir…
Le prochain chapitre arrive bientôt, merci de continuer à suivre cette histoire !
(J'arrête là, j'ai une petite pensée pour les gens qui n'auraient plus de grandes vacances)
Shika_
