Voilà la deuxième partie du chapitre 2 que je n'ai pas voulu mettre avec la première parce que cela aurait été trop long, je trouve...Bonne lecture, on se retrouve en bas !
Chapitre 2 (suite) : Une année qui s'annonce...
Petite chronologie des personnages de ce chapitre – année 1970
Première année : Lily Evans, Eileen Adams, James Potter, Sirius Black, Peter Pettigrow, Vera Owen, Severus Rogue, Remus Lupin, Buckley Cooper, Cuthbert Dingle, Edwina Quirke, Faith Irexton, Chad Wilkes, Evan Rosier, Willow Thickey, Seragy Reginald
Deuxième année : Alice Grant, Erin Patil, So Miung
Troisième année : Franck Londubat, Bertram Smith
Quatrième année : Clare Adams
Cinquième année : Narcissa Black
Sixième année : Lucius Malfoy
Septième année : Sol Clamerana, Walter Shingleton, Ivory Pilliwickle
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Journal de Lily Evans
Le 2 septembre 1970
Les filles du dortoir ne sont pas encore réveillées alors j'en profite pour écrire un peu…Il n'est que 5h et demi mais j'ai toujours eu l'habitude de me lever tôt. Pétunia détestait ça d'ailleurs…Il y a beaucoup de chose que Pétunia abhorrait chez moi : ma façon de préparer le thé – très sucré -, la manie que j'avais de ne pas frapper à la porte de sa chambre avant d'entrer, ma propension à tomber amoureuse des même garçons qu'elle…De même, je ne supportais pas sa passion pour les ragots et ses habitudes d'enfant unique et capricieuse qu'elle conservait malgré elle des années après ma naissance. Mais jusqu'à cette nuit du 2 juillet, nous faisions, d'un commun accord, fi de tous ces défauts insignifiants que nous exécrions l'une chez l'autre, mais qui faisaient que nous étions nous. Et nous nous aimions. Pourtant, aujourd'hui, tout est différent. L'alliée est devenue une ennemie, ma sœur s'est changée en étrangère jalouse, méchante, perfide. De même, moi qui fut autrefois sa confidente, son amie, son double, je ne suis plus pour elle qu'un parasite, un monstre.
Pendant tout l'été, la vie de Lily Evans avait été un enfer. Elle qui n'avait jamais rêvé que d'une chose - entrer au même collège que Pétunia, avoir les même amis que Pétunia, sortir avec des garçons comme Pétunia - avait en une nuit perdu sa sœur, ses amis, son avenir, et détruit ses rêves. Heureusement que ses parents étaient fiers d'elle. « Quelle chance d'avoir un sorcière dans la famille ! » s'extasiaient-ils, et Lily souriait. C'était vrai, quelle chance, quel bonheur ! Mais comme la vie aurait été douce si Pétunia avait été à ses côtés ! Dans l'atmosphère douillette de son lit à baldaquin, Lily retint ses larmes. Elle avait bien assez pleuré les deux mois précédents, et elle s'était promis qu'arrivée à Poudlard, elle cesserait de s'apitoyer sur son sort. Comme pour concrétiser cette pensée, Lily empoigna les premières pages de son journal et les arracha d'un coup sec. Ces feuilles de papier insipides sur lesquelles elle avait couché ses états d'âme tout au long de l'été n'avaient plus leur place dans sa nouvelle vie ! Avec un soupir, la jeune fille trempa sa plume dans son encrier et se mit à en suçoter le bout, cherchant l'inspiration.
Je suis à Gryffondor, la maison des plus hardis et des cœurs d'artichaut selon le Choixpeau. Les gens de ma maison sont plutôt sympathiques. La petite fille que j'ai rencontré dans le train ce matin et qui s'appelle Eileen Adams est également à Gryffondor, et j'en suis heureuse. Elle est très gentille, bien qu'assez émotive…Le plus étonnant chez elle est qu'elle réussisse à passer totalement inaperçue aux yeux de tous malgré la couleur de ses cheveux : ils sont rouges. Et quand je dit rouge, je ne parle pas du roux flamboyant qui caractérise les miens, mais d'un rouge vif et éclatant, qui boucle, ondule, frisotte autour de ses oreilles, se masse sur sa nuque et fourche un peu dans le creux des reins. Ces cheveux sont au moins aussi impressionnants que les miens, pourtant, personne ne semble y prêter attention ! Il va falloir que j'élucide ce mystère…L'autre fille du dortoir se nomme Prune Hornby, c'est une fille joyeuse et souriante, et qui paraît sincère et franche. Elle parle beaucoup, de tout et n'importe quoi, c'est assez incroyable ! Il suffit de la brancher sur un sujet pour que le moulin à paroles se mette en route et, à partir de ce moment là, plus rien ne paraît pouvoir l'arrêter ! Je crois que cela a agacé un autre premier année, er… Black…Smirnoff Black ? Je ne me souviens plus de son prénom, mais son nom de famille, lui, le définit parfaitement : tout chez lui est noir, ses cheveux, ses yeux…Il a l'air très orgueilleux et fier d'être à Gryffondor, pourtant, il méprise tout le monde ici. Il nous a regardé, Eileen, Prune et moi avec hauteur, comme si notre seule présence l'indisposait. Personne ne lui a demandé de venir ! Il s'est aussi moqué d'un garçon un peu enrobé assis à côté de lui, je pense qu'il s'appelle Peter mais je ne suis pas sûre : Black s'est tellement fichu de lui qu'il n'a pas osé se présenter le pauvre !
Un miaulement de son chat fit sursauter Lily : il s'était apparemment réveillé pendant qu'elle médisait rageusement sur son camarade, et à présent réclamait à manger. Lily écarta les rideaux de son lit et observa distraitement par la fenêtre le soleil se lever. Il était encore trop tôt pour aller déjeuner. Pourquoi n'irait-elle pas explorer un peu la salle commune en attendant que tout le monde se réveille ? La jeune fille enfila donc ses pantoufles, noua sa robe de chambre, empoigna son chat, et quitta le dortoir sur la pointe des pieds pour ne pas réveiller ses camarades. Il était un peu plus de 6h du matin, il lui restait une heure et demie pour visiter ce qui allait être sa demeure pour les sept ans à venir.
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Toute la Noble et Très Ancienne Famille Black était sous le choc. L'héritier le plus pressentit, le plus apte selon toute la lignée à reprendre le flambeau, avait trahit sa famille. Walburga et Orion Black, les parents de ce traître, ce Judas, fulminaient. Walburga, brune et imposante matrone, faisait les cent pas dans le large salon du premier étage, hurlant des insultes à l'unique portrait de son fils – dont il avait d'ailleurs disparu- , agitant ses longs bras dans toutes les directions. Elle avait déjà fait exécuter trois elfes de maisons et détruit deux sofas, une étagère d'ébène et trois plateaux d'argent massif. Orion Black, avachit sur un des derniers fauteuils ayant subsisté à la fureur de sa femme, prononçait des paroles incompréhensibles desquelles se détachaient parfois des mots tels que « Honte ! » ou encore « Décadence ! », mais que, de toute façon, personne n'écoutait réellement. Le couple ne prêtait pas plus d'attention à leur autre fils, Regulus, qu'ils ne s'en accordaient mutuellement. Le petit garçon d'à peine neuf ans, recroquevillé derrière un rideau, souriait de toutes ses dents. Maintenant que Sirius, le beau Sirius, le fils si brillant avait déshonoré la famille, peut-être lui accorderait-on enfin plus d'attention ?
« Walburga, Merlin, comment est-ce possible ? »
La jeune femme stoppa ses hurlements hystériques pour se tourner vers son frère et sa belle-sœur. Ils venaient visiblement de transplaner au beau milieu de son salon comme des malpropres, mais à ce moment précis peu lui importait. Elle se précipita vers Cygnus et Druella Black et serra violemment leurs mains entre les siennes. Puis, ayant pulvérisé tout son intérieur, elle fit apparaître trois chaises sommaires, et s'y installa après avoir invité ses hôtes à faire de même. Tous trois, faisant face à l'immense arbre généalogique qui recouvrait la totalité d'un des murs de la pièce, engagèrent aussitôt la conversation sur le drame du moment : l'affaire Sirius Black.
« -Comment est-ce possible qu'un garçon que nous avions si bien élevé, à qui nous avions inculqué toutes les valeurs essentielles à son rang, soit tombé si bas ? se lamentait la mère du traître.
-Vous n'avez pas été assez sévère avec lui…Il avait beau avoir le potentiel des Black, il a trop fréquenté Alphard pendant sa jeunesse, et…Il est également possible qu'Andromeda ait eu une mauvaise influence sur lui.
Cygnus se tourna vers sa femme qui approuva et continua d'un ton hautain :
-Nous n'avons découvert que très récemment qu'Andromeda nourrissait des pensées plus que douteuses à propos des Moldus et des Sang-de-Bourbes. Bien sur, Bella nous avait prévenu…
-Bella est digne, elle, de faire partie de notre famille ! Elle a toutes les qualités pour prolonger la lignée des Black et défendre ses intérêts. Elle nous a entretenu dernièrement de son engagement auprès de ce Lord dont on entend beaucoup parler…Quel est son nom déjà ?
-Voldemort ! beugla Orion du fond de son épais fauteuil. Ce fut le seul mot intelligible qu'il prononça de toute la journée.
-Oui ! C'est cela, Voldemort. Dans tous les cas, cet homme me fait l'effet d'être très respectable. Son point de vue à lui vis-à-vis des Sang-mêlés est, en tout cas, loin d'être stupide.
S'ensuivit un monologue sur la valeur du sang que les deux femmes écoutèrent religieusement. Puis, Walburga prit la parole de sa voix forte et enrouée d'avoir tant hurlé :
-Je ne sais que faire… Devons-nous le désavouer ? Le déshériter ? Le chasser ? Le punir ?
-Walburga, ton fils est jeune. Il est encore peut-être temps de le remettre dans le droit chemin. Je te conseille de préparer une sévère sanction. En attendant, écrit à ce…Dumbledore pour lui exprimer ton mécontentement et ta volonté de changer ton fils de maison. Il ne pourra pas refuser cette faveur à une famille aussi influente que la nôtre.
Mais la réponse de Cygnus, aussi raisonnable fut-elle, ne convenait pas à sa sœur. Celle-ci se leva brusquement, empoigna sa baguette magique et grogna :
-Non Cygnus, non…Sirius n'est pas un stupide mouton sans personnalité, s'il a atterrit à Gryffondor, c'est par sa propre volonté, soyez-en convaincu ! Qu'il y reste donc ! Mais il en subira les conséquences…
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« -Salut Miung ! La forme ?
-Hey, So, comment ça va ?
-Miung, tes vacances, ton été…raconte !
-Tu sais que tu as réellement embelli pendant les vacances ? »
La foule se pressait autour d'elle et chaque malheureux quidam qui passait tentait de l'approcher et de lui adresser un mot, un seul. Deux si on avait de la chance. So soupira profondément mais ne se plaint pas. Après tout, c'était le prix à payer pour que son règne subsiste.
Nom : Miung
Prénom : So
Maison / année : Serpentard / 3ème année
Signe(s) particulier(s) : d'origine asiatique. D'une beauté époustouflante. Reine influente et révérée des Serpentard de deuxième, troisième, quatrième, et bientôt première année de Serpentard.
Déjà, les pauvres morveux qui venaient d'arriver s'écartaient sur son passage, baissaient les yeux lorsqu'elle daignait poser les siens sur eux. Un mélange de respect, de peur et d'admiration la précédait, l'entourait et la poursuivait partout où elle allait, et ce sentiment de puissance ne s'arrêtait pas aux Serpentard. A à peine quatorze ans, So Miung terrorisait les plus jeunes, écrasait ses égaux et rivalisait souvent avec les plus âgés. Son royaume lui obéissait au doigt et à l'œil, elle n'avait qu'à faire un geste et ses loyaux serviteurs accouraient par dizaine, près à se faire humilier sur simple commande de sa Majesté. Son Altesse Miung régnait. La seule supérieure féminine incontestable de la Reine des Serpentard demeurait l'Impératrice Narcissa Black, seule fille devant laquelle So s'inclinait craintivement. Toutes deux se partageaient chaque année équitablement et d'un commun accord le territoire serpentardesque et chacune gouvernait sa part sereinement, celle de So s'accroissant avec les années. Sa puissance s'étendait désormais à l'ensemble des quatrième, troisième, deuxième et première années, et la jeune fille en éprouvait une satisfaction palpable. Depuis la veille au soir, elle n'avait de cesse d'observer avec délectation l'intégralité de ses sujets, insignifiantes petites larves dégoûtantes qui n'avaient jamais savouré une seule fois de leur misérable vie la jouissance que procure le pouvoir, l'emprise…Même si elle n'exerçait son autorité que sur de méprisables adolescents boutonneux, elle en ressentait un contentement indescriptible. Assise à l'écart de ses camarades pour prendre son petit déjeuner en ce dernier jour de vacances, So se délecta encore une fois de cette sensation merveilleuse. Un semblant de sourire naquit sur ses lèvres et son corps se détendit sur sa chaise. S'accordant un moment de détente, ses yeux noirs et insondables parcoururent paresseusement la table et s'arrêtèrent sur Narcissa Black. La jeune préfète semblait d'une humeur bizarre, son masque de sévérité imperturbable était tombé. Au cours des deux précédentes années, So avait beaucoup observé sa « supérieure », jusqu'à percer le secret d'imperceptibles mimiques, de déceler des expressions, des attitudes qui trahissaient son état d'esprit et ses sentiments alors qu'elle cherchait plus que jamais à les dissimuler. Pourtant, à cet instant précis et pour la première fois, So ne parvint pas à décoder les joues à peine plus roses, les cheveux à peine plus lisses, les narines à peine plus frémissantes, les mains à peine plus agitées…Qu'est-ce qui clochait chez Black ce matin ? Pourquoi paraissait-elle si légèrement agitée alors que d'ordinaire elle demeurait d'un calme olympien et d'une sérénité à toute épreuve ? La jeune fille parlait également plus qu'habituellement, et d'un ton plus sec que So, même sans l'entendre, pouvait percevoir rien qu'en étudiant le mouvement de ses lèvres. Etrange…Ce changement si soudain, pourtant invisible au yeux des autres – tous des abrutis de toute façon – la perturbait autant que la raison lui en échappait. Et cela agaça So. Depuis quand se refusait-on à elle ? La jeune asiatique eut un mouvement irrité puis détourna les yeux et se concentra sur une bande de première année qui traînait par là. Elle tenta de les cerner, sachant depuis toujours que comprendre la personnalité des individus qui l'entouraient lui permettait de mieux tirer parti de leurs faiblesses. Elle se força à diriger son attention sur un garçon au cheveux noirs et graisseux qui s'intéressait peu à la masse bruyante des élèves assis à côté de lui, les yeux fixés sur un nœud de la table en chêne et le nez proéminent effleurant son porridge à chaque bouchée. Un looser de première donc. D'habitude, les première année essayaient dès le premier jour de se faire remarquer et de s'imposer pour ne pas être mis à l'écart pour le reste de sa scolarité. Ce garçon – Rogue ? So ne se souvenait plus de son prénom, un truc en « us » – pourrait se révéler intéressant si son atypique propension à éviter ses camarades se confirmait au cours de la prochaine semaine.
« Note personnelle : se renseigner sur Machinus Rogue. »
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Les première année de Gryffondor commençaient en ce lundi 3 septembre 1970 par deux heures de botanique en commun avec les Poufsouffle. Ils avaient à peine eu le temps d'apprendre à se connaître la veille, mais un semblant de hiérarchie parmi les garçons s'était déjà constitué, et ce classement n'était pas vraiment une surprise : Black et Potter, tous deux grands pour leur âge et chacun doté d'une épaisse masse de cheveux noirs, avaient plus ou moins sympathisé et menaient la petite troupe ; ils étaient suivis partout où ils allaient par Pettigrow, le jeune garçon au nez pointu et aux yeux humides et apeurés qui avait essayé de gagner l'amitié de Sirius dans le train. Le dernier garçon, Remus Lupin, semblait très méfiant et n'avait encore adressé plus de trois mots à quiconque. Il ne restait cependant jamais loin du trio et ne paraissait pas se lasser de les observer : Sirius et James se lançant des défis et commentant les professeurs et les élèves d'un ton moqueur, Peter trottinant derrière eux tel un chien fidèle mais inutile, sans toutefois s'en plaindre – au contraire. Ce quatuor, à priori bancal, plaisait à Remus : l'ego de toute évidence démesuré des deux leaders et l'admiration déjà flagrante que Peter leur portait lui permettrait de rester discret. C'est ainsi que les quatre membres masculins de la cuvée gryffondoriennes 1970 se rendirent aux serres, vastes bâtiments de verres qui se dressaient fièrement au loin, au fond du parc. A l'intérieur de la première se distinguait une longue et fine silhouette s'affairant au milieu de plantes luxuriantes dont le feuillage se pressait contre le vitrage comme à la recherche d'un rayon de soleil ou pour mieux guetter les visiteurs. En s'approchant davantage, le profil de ce qui devait être leur professeur se précisa et l'on pu bientôt aisément distinguer un long nez déformé, un visage anguleux , des cheveux gris, secs et raides noués en une longue natte qui descendait jusqu'à la taille minuscule de la vieille femme – ou était-ce un homme ? Le corps sans forme du personnage qui se tenait là était si maigre et rabougri sous le vieux tablier crasseux qu'il était difficile de définir son sexe : il pouvait aussi bien appartenir à un petit homme peu développé qu'à une femme desséchée par les années. Lorsque les jeunes garçons pénétrèrent dans la serre, quelques élèves étaient déjà installés sur de très hauts tabourets, observant curieusement la/le phytologue qui se trouvait devant eux.
« -Bonjour, je suis le Professeur Van Der Brooke. Comme certains le savent déjà – elle eut un regard perçant pour les élèves installés à sa gauche, qui frissonnèrent – je suis la directrice de la maison Poufsouffle au même titre que le Professeur McGonagall est responsable de Gryffondor. Vous vous rendrez vite compte que nos caractères sont similaires en bien des points, notamment dans la manière de tenir une classe.
La voix du Professeur Van Der Brooke était aussi sèche que son corps, et ses gestes aussi sévères que son regard. Remus sentit à sa droite que Peter frémissait déjà, mais il ne put le blâmer : lui même était peu rassuré par cette créature asexuée, plus petite que lui d'au moins une tête mais dont la présence et la force le tétanisait. Quand elle – car il fallait bien lui attribuer un pronom - reprit la parole, il sursauta, et sentit que désormais, chaque mot inattendu de cette femme le ferait bondir.
-Vous allez former des groupes de deux. Chaque groupe se postera devant une Achillée Sternutatoire et suivra mes instructions à la lettre.
Si une dizaine de petits pots en terre n'avaient été posé sur la grande table de travail à leur intention, personne n'aurait sûrement compris ce que Van Der Brooke désignait par Achillée Sternutruc-toire. Il regarda autour de lui et, sans faire attention à son propre partenaire, se mit à étudier les autres groupes. Du côté des Gryffondors, aucune surprise : James et Sirius, lui-même se retrouvait avec Peter. Lily, une jeune fille rousse pleine de vie s'était associée à une petite aux yeux bruns, rondouillarde et peu sûre d'elle. La dernière des Gryffondors, Prune, avait du se joindre aux Poufsouffles et faisait équipe avec une autre fille. A côté d'elles deux petits garçons joufflus qui se ressemblaient comme deux gouttes d'eau, un grand garçon avec une énorme touffe de cheveux blonds très frisés et une petite fille noire aux dents proéminentes…
-Qui peut me dire ce qu'est l'Achillée Sternutatoire ?
Un des garçons blonds de Poufsouffle leva timidement la main.
-Vous êtes Cuthbert Dingle n'est-ce pas ?
-Oui Professeur, bredouilla Cuthbert.
-Ca ne m'étonne pas…Et bien mon garçon, qu'attendez-vous, répondez !
-En fait, je sais juste que c'est une graine qui sert à fabriquer des filtres de Confusion et d'Embrouille…
-Cinq points pour Poufsouffle. Vous utiliserez sans doute cette plante avec le Professeur Slughorn – elle eut un reniflement méprisant. Et bien, qu'attendez-vous ? Creusez !
Aussitôt, les élèves se saisirent de leurs pelles et de leurs gants en peau de dragon et se mirent à creuser frénétiquement le terreau de bruyère dans l'espoir d'enfin trouver la graine qui les délivrerait de la mauvaise humeur de leur Professeur. Ce qu'aucun n'avait prévu cependant était que la graine en question ne l'entendait pas de cette oreille : elle glissait entre leurs doigts, s'enfouissait dans la terre, semblait ne plus bouger pour soudain bondir sur ses assaillants. Celle de Cuthbert et son ami se propulsa si haut qu'elle atterrit dans l'oreille de celui-ci sans qu'il parvienne à l'en déloger.
-A l'infirmerie, dit très calmement Van Der Brooke sans faire attention à lui, ce qui n'était pas le cas des élèves, la plupart ayant abandonné la poursuite de sa propre Achillée pour observer le combat acharné du Poufsouffle contre la sienne. Ainsi, plusieurs petites graines rabougries s'étaient échappées et se faisait la belle par la porte vitrée de la serre. Van Der Brooke les attira à elle d'un vague geste de la baguette magique, les redistribua aux groupes et les prévint sèchement qu'ils ne sortiraient pas d'ici tant que leurs Achillées ne seraient pas rempotées.
-Quant à vous Mr Cooper, grand imbécile, faites vous accompagner à l'infirmerie par Mr Dingle, et que je n'entende plus parler de vous avant le prochain cours ! »
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Le déjeuner fut bruyant et agrémenté de nombreuses imitations de Buckley Cooper tentant en vain d'extraire l'Achillée Sternutatoire de son oreille – dans certaines, particulièrement réussies, le rôle de la graine était joué par un petit pois, dans d'autres, l'élève chargé de représenter le Professeur Van Der Brooke se jetait sur Buckley et farfouillait dans son oreille avec une fourchette, ne s'arrêtant que quand la victime se mettait à hurler à la mort. Lily ignora dédaigneusement ces singeries et quitta la table avec Eileen et Prune avant d'avoir terminé son déjeuner tant le spectacle de Potter et Black s'arrachant les oreilles l'insupportait. De ce fait, elle furent les premières à arriver devant la salle de Sortilèges dans laquelle le Professeur Flitwick écrivait ses instructions au tableau noir, perché sur une pile de livres poussiéreux. Ce cours devait rapidement devenir le préféré de Lily, et déjà elle avait hâte de se servir pour la première fois de sa baguette. Tout en la faisant tournoyer dans ses doigts, elle écoutait la conversation de ses deux nouvelles amies à propos des première année, sans toutefois y participer.
« -Je trouve que Black a tellement de style ! s'exclama soudain Prune. Ses yeux noirs, ses cheveux noirs, sa robe noire…
La jeune fille poussa un soupir de contentement.
-Il n'a aucun mérite à porter une robe noire, c'est l'uniforme de l'école après tout. »
Lily crut qu'elle allait se faire fusiller du regard. Mais qu'y pouvait-elle ? Les garçons ne l'intéressait pas le moins du monde, encore moins ce Black et son nouvel ami Potter. Encore un qui ne se prenait pas pour n'importe qui d'ailleurs, et qui aimait attirer l'attention sur lui. Or, ce n'était pas comme ça qu'il – que n'importe qui – gagnerait son amitié, pas en se montrant si arrogant ! Heureusement, Eileen ne paraissait pas orgueilleuse pour un sou, à vrai dire elle aurait plutôt tendance à pencher pour l'inverse…
« -Entrez, entrez tous ! Vous êtes déjà en retard, nous avons pourtant beaucoup de chose à faire !
Lily perdue dans ses pensées et Prune dans son babillage, aucune n'avait remarqué que le reste de la troupe était arrivée et que le Professeur Flitwick était sur le pas de la porte, près à la leur refermer au nez si elles n'entraient pas.
Le cours d'enchantement débuta par une longue mais passionnante présentation du professeur et de la matière, puis vint le moment que tous attendaient : celui d'apprendre à se servir de sa baguette :
-Tenez-la fermement mais gardez le poignet souple car beaucoup de sorts nécessiteront une mouvement plus ou moins large de votre bras. Voilà, c'est parfait Miss Evans. A présent, observez attentivement les schémas dessinés sur le tableaux.
Le Professeur Flitwick était un modèle de douceur, de compréhension, de pédagogie. En fait, c'était l'inverse total du Professeur Van Der Brooke et personne ne s'en plaignait. Son cours, bien que très simple, fut captivant – du moins, ce fut l'avis de Lily. Ils apprirent à se servir de sortilèges ordinaires tel que Lumos (pour faire sortir un rai de lumière de leur baguette magique) ou Alohomora et son contraire Collaporta (pour ouvrir ou verrouiller les portes et fenêtres). Lily découvrit ainsi avec délectation qu'elle n'avait eu aucune raison de craindre l'échec puisqu'elle était la première à avoir accomplit ses sortilèges avec succès. Eileen, en revanche, montrait plus de difficultés à cette tâche : elle s'évertuait depuis plus d'un quart d'heure à sceller la fenêtre qui lui avait été attribuée – en vain. De sa baguette magique sortait maintenant de gros bouillons de vapeur noire et épaisse dans lesquels elle disparut bientôt.
« -Par Merlin, Miss Adams, qu'avez-vous fait ?
le Professeur Flitwick se précipita pour faire disparaître la vapeur qui commençait à envahir toute la classe pendant que Black se tenait les côtes et Potter pleurait de rire en tapant du poing sur le mur. Quand Eileen fut enfin libérée du brouillard qui l'avait retenu prisonnière, elle bredouilla de timides excuses que personne ne comprit et Lily passa le reste de l'heure à la réconforter. Personne, même le Professeur Flitwick, ne sut jamais ce que la jeune fille avait fait pour provoquer cette sombre fumée, mais pendant des semaines le duo James-Sirius ne se lassa pas de le citer à la moindre occasion ce qui déclenchait des fureurs noires chez Lily et des crises de larmes chez Eileen.
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Alice Grant était plongé dans son cadeau d'anniversaire, « Hélas, j'ai transfiguré mes pieds ! » de Fabien Narré, une pièce de théâtre prétendument comique, quand elle sentit des mains se refermer sur ses grands yeux bleus et qu'elle entendit Erin pousser un grognement à côté d'elle. Toutes deux s'étaient installées dans la salle commune sans aucun devoirs pour le lendemain en cette fin de premier jour de cours, Alice faisant semblant de dévorer le mortel pavé de Narré et Erin essayant de trafiquer une vieille radio moldue pour capter l'émission musicale de Glenda Chittock retransmise sur la Radio Indépendante à Transmission Magique qu'elle n'aurait raté pour rien au monde. Alice trouvait au contraire ce programme sans intérêt et Glenda totalement abrutie, mais elle se gardait bien de le dire à Erin pour éviter de la replonger dans son état de profonde mauvaise humeur. Elle prétendait simplement tous les lundis soirs à 20h13 qu'elle avait des devoirs à faire ou un livre à lire.
« -Devine qui c'est !
Si Alice avait eu un léger doute quant à l'odeur des mains de Franck, cette phrase le lui ôtait : Alice aurait reconnu entre mille cette voix chaude et grave qu'était celle de son ami. Elle décida cependant de le faire languir…
-Er…Je ne sais pas…Ken ?
Derrière elle, Franck émit un petit rire.
-Patrick ?
-Enfin Alice, tu vois bien que c'est ce Londubat !
Le ton faussement taquin d'Erin ne trompa personne et rapidement, devant le regard blessé de son amie et celui perdu de Franck, elle s'éloigna, exaspérée, grommelant des paroles incompréhensibles, sa radio et ses tessons de bouteille sous le bras.
-Je crois que je vais vous…enfin te…Je vais partir.
Les protestations – assez peu enthousiastes, il faut l'avouer – d'Alice ne modifièrent en rien la grave décision prise par cette poire de Franck qui partit courageusement s'enfoncer dans le fauteuil le plus mou de la salle commune, espérant sûrement y camoufler sa désespérante lâcheté en matière de sentiments. Alice, ne trouvant pas au fond de son cœur l'envie irrésistible de rester se morfondre dans le sien – de fauteuil – monta en traînant des savates dans son humble dortoir et essaya – sans succès – de noyer sous la douche son profond désespoir.
Mais cachée derrière son grand méchant canapé, Clare Adams ricanait sournoisement sans que ses fervents admirateurs en ressentent un quelconque étonnement. Grant et Londubat s'était « disputés »…Niark niark niark ! Apparemment, la soirée n'avait pas été perdue pour tout le monde…
Dsl pour cette merveilleuse interprétation de la relation Alice/Franck mais sur ce coup là je vais vraiment avoir de plus en plus de mal à rester sérieuse et soft…
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Le mardi matin cette année là, les septième année avait cours de Potion. Ils n'étaient qu'une dizaine à avoir continué à suivre ce cours l'année dernière, dont trois filles de Serdaigle. Sol Clamerana, une jeune fille à la peau très mat mais aux cheveux blonds platine, des montres à goussets en guise de boucles d'oreille et à la coiffure extravagante occupait le côté gauche de la table qu'elles occupaient. Au milieu se tenait Andromeda Black, entortillant une mèche de ses cheveux noirs de jais autour de sa longue et fine baguette et ses yeux sombres fixant le bureau du professeur sans vraiment le voir. A sa droite était assise Ivory Pilliwickle, affichant un air important et concentré et le badge des préfets en chef étincelant fièrement sur sa poitrine. L'extrémité droite de la table était vide. Ces trois filles, si différentes d'apparence et de caractère, étaient les meilleures amies du monde, et malgré quelques tensions et frictions, on les voyaient rarement les unes sans l'autre. Aucune d'entre elle ne prêta réellement attention à l'entrée théâtrale de leur professeur, Horace Slughorn, pourtant difficile à rater avec son imposante bedaine qui le précédait partout où il allait d'une cinquantaine de centimètres, sa touffe de cheveux blonds dans laquelle on apercevait quelques mèches grisonnantes, son sourire de grand-père bienveillant. Cet homme respirait la bonne chère, la bonne humeur et l'ananas confit. Un fois assis à son bureau et ayant pris son temps pour observer ses élèves, vérifier qu'il ne manquait personne, il leur souhaita la bienvenue d'une voix tonitruante.
« -Comme je suis heureux de retrouver vos mines joyeuses et enthousiastes, votre soif de connaissances et de travail ! Vous avez tous réussi avec succès vos examens de fin d'année, je vous en félicite ! Seulement, il ne va pas falloir vous reposer sur vos lauriers, c'est une année scolaire difficile qui vous attend.
Sans que son entrain en pâtisse outre mesure, il se mit à énumérer toutes les difficultés que ses élèves seraient susceptibles de rencontrer lors de la préparation de leurs A.S.P.I.C. A sa droite, Andromeda sentit Ivory remuer sur sa chaise, son excitation et sa hâte de se mettre au travail quasiment palpable. Au contraire, à sa gauche, Sol restait comme à son habitude stoïque. Quant à elle, elle ne parvenait pas à se concentrer sur le discours de Slughorn, son esprit était ailleurs. Depuis son départ définitif de chez elle, les pensées d'Andromeda restait perdues dans les profondeurs de ses souvenirs d'enfance, et la jeune fille était submergée par les sentiments successifs qui l'assaillaient sans crier gare. Regret, haine, mélancolie, nostalgie…Mais aussi une envie irrépressible d'aller de l'avant, d'oublier Bellatrix, Narcissa et les autres, oublier le sombre manoir qui avait été sa maison durant son heureuse enfance, le parc, que ses sœurs et elle avaient peuplé de jeux, de rires, puis de disputes pour cause divergence d'opinion à propos de tout et n'importe quoi : Gryffondor, Serpentard, une querelle vieille comme Poudlard…Des pleurs, des combats, des duels, de la douleur, de la souffrance, physique, morale, puis de l'indifférence, un détachement presque alarmant face à la fureur de Bellatrix et de ses parents, les basses insultes, les Impardonnables ; et pourtant l'accablement, la plus sincère tristesse face à la propre indifférence de Narcissa. Narcissa, être neutre. Ne recherche rien sinon la tranquillité. Andromeda poussa un profond soupir et se secoua mentalement pour comprendre ce qu'Ivory était en train de lui dire :
« -…que tu mélange le tout trois fois dans le sens des aiguilles d'une montre et tu obtiens un filtre de Beauté.
Quand son amie lui retourna un regard plein d'incompréhension, la préfète soupira elle aussi et murmura :
-Page 15. Contente-toi de copier ce que je fais. »
Andromeda sourit. Elle avait perdu ses sœurs et son insouciance et son ignorance s'était envolée. Mais sa vraie famille était ici, elle l'entourait. Sol et Ivory veillaient sur elle et ne la l'abandonneraient pas de sitôt, elle le savait. Elles avaient beau avoir leurs défauts et leurs vices, elle les aimait de tout son cœur et savait que cette amitié était partagée. Sol était d'une étrouderie épouvantable, incapable de tenir en place. Le soir de la répartition elle avait même réussit à s'asseoir à la table des Poufsouffles au lieu de venir à côté d'elle. Ivory se tenait en très haute estime et ne possédait aucune modestie. Mais elles demeuraient à ses côtés et c'était ce qui comptait le plus. Le cœur un peu plus léger, Andromeda commença à reproduire chaque geste de son amie consciencieusement pour obtenir un filtre de Beauté convenable.
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Le 7 septembre 1970
Mon Olga,
Cela fait presque une semaine que je suis à Poudlard et personne ne m'a encore jamais parlé. Pas un professeur ne m'a interrogé, pas un élève ne m'a adressé la parole, même dans le but de se moquer de moi. Pire, on ne me remarque pas. Je crois que l'on ne s'aperçoit pas de ma présence. A peine une dizaine d'élèves m'a remarqué, la fille dont je t'ai parlé dans ma dernière lettre en fait partie. Sol m'a fixé dans les yeux pendant quelques secondes, puis elle a détourné la tête et a continué à disctuter avec ses amies. Je pensais qu'elle était à Poufsouffle comme moi, mais non ! J'ai appris en laissant traîner mes oreilles qu'elle s'était trompé de table ! Ce matin, nous avons eu métamorphose avec le Professeur MsGonagall. Elle est vraiment sévère et ses cours sont très calmes. Elle nous a fait une démonstration de ses capacités d'animagus mais ça ne m'a pas impressionné puisque Maman et Papa en étaient aussi. Maman se transformait en hirondelle, je trouvais cela splendide, Papa était un gros tigre de Bengale, il m'emmenait parfois me promener sur son dos. Maman voletait à nos côtés et Tante Abigail nous rejoignait parfois avec le pique-nique. C'est si loin à présent. Avant qu'ils meurent, avant même qu'ils soient à son service. Mais une fois de plus – et de trop - je me suis égarée dans les affres du passé, il est temps d'en sortir. A bientôt Olga, ces moments partagés avec toi me rassure : au moins ne suis-je pas si seule ici, j'ai au moins une amie. Mille baisers,
Vera.
P.S.Tante Abigail n'a pas répondu à ma dernière lettre, c'est étrange, d'habitude elle est si inquiète qu'elle me répond par retour de hibou !
Une petite review serait pas de refus !!! Sinon Bonne année et Bonne santé et toutes les conneries habituelles (je vais pas vous les ressortir je pense que vous les avez assez entendu comme ça !!), et petit cadeau de Noël tardif qui va avec cette 2ème partie du 2ème chapitre : Recueil de Bulles, qui comme son nom l'indique est un recueil de bulles ! En fait pour le moment y'en a qu'une mais je vais en faire d'autres bientôt. Ce sont des petites histoires en marge de la fanfictions que je n'arrivais pas à caser mais que je trouve importantes...
GO
