Salut , un petit retard à cause d'une odyssée personnelles

Cette semaine petite référence pour les fans de mythologie grec et attendant les anecdotes récupérées lors de mon voyage .

C'est aussi l'occasion de présenter le 3èm protagoniste. Donc voilou j'espère que cela vous plaira.


Si il y a une chose que Leila aimait c'était duper les gens, sentir que malgré tout le pouvoir qu'ils pensaient avoir sur elle n'était en fait qu'une illusion, que si elle le voulait elle pouvait être libre. Evidemment à l'inverse elle ne supporté pas être dupée, être ramenée à une pauvre gamine inoffensive affligeait. Aussi l'histoire de la tourte la rendait malade, doublement d'ailleurs, puisque engloutir une tourte entière en courant n'était pas reconnu pour faciliter la digestion.

Résultat depuis 3 jours elle ruminait, coincée dans sa chambre autant par son estomac que par l'air furieux de sa mère en apprenant qu'elle avait perdu sa clé. 3 jours qu'elle ne voyait pas d'autre solution que de repayer une tourte de sa poche et de s'asseoir sur sa fierté. Pour le peu qu'elle en avait cela lui paraissait impossible. Une dernière option consistait à s'asseoir qu'à demi, mais pour cela il faudrait que le jeune brun qui l'avait rattrapéaccepte de l'aider.

Le moins qu'on puisse dire c'est qu'elle était un peu impressionnée, qu'un garçon plus jeune qu'elle la rattrape à la course s'était pas courant. « Au moins, il s'est battu pour sa tourte. ». Un autre problème persistait, où allait-elle bien trouver l'argent pour payer cette tourte voler un pâtissier n'était pas chose aisé surtout qu'il risquait de la reconnaître….

Leila refis sa natte, et se dis à voix haute sa devise pour s'obliger à agir :

« Celui qui ne se bat pour ce qu'il veut, mérite ce qu'il a, en gros en ce qui me concerne, rien. ».

Depuis qu'elle était petite, Leila avait pris l'habitude d'errer dans la ville, toujours plus loin, toujours plus discrètement, aussi savait elle le chemin pour retrouver Argos. C'était un artisan reconnu dans la ville, et surtout un de ses amis, car avant d'être charpentier sur terre il l'avait été sur mer. Il se souviendrait toujours de la première fois où elle l'avait vu débarquer dans le petit salon, de toute évidence il n'était pas à sa place : trop grand dans l'espace encombré, vêtu d'un habit de toile au milieu du velours, mal rasé là où d'autre enfilaient des coiffures poudrées.

Non il n'était vraiment pas à sa place et il le sentait d'ailleurs, il remuait les mains nerveusement tout en s'humectant perpétuellement la lèvre. De toute évidence il aurait été plus à l'aise dans le bar d'en face. Sa timidité lui plus tout de suite, pour lui elle consentit de sortir de derrière le rideau pour lui donner à boire. Elle l'avait fait asseoir, lui avait demandé son nom et d'où il venait et il avait commencé son histoire. Il s'appelait Argos fils d'Arestor , fils , petit-fils et tant d'autre de charpentier, comme il était le fils aîné, personne ne lui avait demandé si cela l'intéressait, pourtant lui ce qu'il aimait c'était les bateaux. Ces montagnes de bois si triste sur terre mais capable d'effleurer les eaux avec tant de grâce. A l'époque il habitait près d'une rivière, il ne passait que très peu de bateau et des petits mais cela ne l'a jamais empêché d'en rêver. Une nuit alors qu'il s'était encore disputé avec son père à propos de l'inutilité de ses « fantasmes navales » il avait décidé qu'avant de les juger inutiles il allait réaliser son fantasme.

Lorsqu'il commença à raconter sa fuite dans la nuit, Leila se vit courir à travers les champs de blé . Sa narration était lente et grave, il était mauvais pour raconter les batailles mais pour les grands départs il excellait. Leila était transportée, ni lui ni elle n'avait remarqué sa mère passer discrètement la porte et s'arrêter sur le palier. Il lui avait parlé de son émerveillement en découvrant ses premiers grands bâtiments, comment il avait supplié le capitaine de le prendre comme mousse alors qu'il avait 20ans. Ça avait fait rire sa mère et briser la magie du récit et heureusement il était devenu un habitué et à chaque fois qu'il venait elle avait le droit à son récit.

Après plusieurs années de rendez-vous elle connaissait enfin la fin de l'histoire, pourquoi il était arrimé dans cette ville depuis 6 ans déjà. Il n'avait pas fallu longtemps avant que le capitaine ne se rend compte qu'il était bien plus utile un marteau à la main qu'avec une voile. Il était passé rapidement maître charpentier, mais il avait maudit les dieux :

- « Je voulais voir l'horizon et je me retrouvais dans la cale avec les rats, c'était horrible et puis il y a eu le premier affrontement de ma carrière. C'est là que j'ai compris que reboucher les trous pouvaient être vraiment important. »

Il lui adressait toujours le plus doux des sourires quand il lui racontait les batailles, ses batailles à lui c'était les pieds dans l'eau et le bruit des canons : il était blessé par des morceaux de bois, il se battait contre du bois, il supportait du bois. Certaines échardes étaient même toujours présentes sous sa peau. Il n'avait connu qu'un seul navire pendant plus de 20ans en mer. Il en connaissait toutes les planches, il n'y avait pas un seul écrou qu'il n'avait pas vérifié et remplacé. Il avait perfectionné au mieux ce bâtiment si bien que quand il avait fallu renommer le navire on lui avait donné son nom. Seulement un jour même les bons soins du maître charpentier n'avaient pas suffi et le bateau avait coulé dans une baie proche d'ici. Deux semaines après Argos s'était retrouvées sans but chez ma mère.

Leila remontait la rue pavée dont la lumière était étouffée par les maisons, par terre de la poussière de sciure de bois dans toute la rue et dans l'air le bruit incessant des scie et des marteaux, elle était presque arrivé. C'est alors qu'elle le vis avec ses chevaux noirs en bataille et son air absent, comment son frère l'avait-il appelé déjà … ah oui :

- « Eh Killian