Harry croque la vie à pleines dents.
Chapitre 4 : Un hôtel ... la partie émergée de l'Iceberg.
*HP*
Le lendemain de son départ fracassant de Privet Drive, Harry se réveilla avec un mal de tête terrible et mit cinq bonnes minutes à se remémorer les événements de la veille. Harry avait laissé Madame Bones en plan, malgré l'impression favorable qu'elle avait pu lui donner en s'en prenant à Dumbledore comme ça sans mettre en doute ses allégations ou tenter d'étouffer l'affaire. Bloodknife, le gobelin maintenant en charge de son compte à Gringotts, avait expliqué à Harry qu'il était très rare de ne pas tomber sur une personne qui ne vénère pas Dumbledore dans l'Angleterre magique en dehors des puristes et des créatures magiques.
Bien sur, ça ne voulait pas dire que Harry avait été prêt à se laisser embarquer. Il avait suffisamment fréquenter les policiers moldus et leur système judiciaire pour savoir qu'il ne pouvait pas avoir la moindre confiance dans ce genre de personne de pouvoir censée garantir le respect des lois. « Accessoirement, il faudra que je regarde un peu les lois de ce monde magique, Bloodknife ne m'a parlé que du Secret qui semble vraiment important … » se dit Harry en se levant. Il fallait toujours connaître les lois avant de les enfreindre.
Harry regarda autour de lui, il était dans un lit assez confortable, bien fourni en oreillers moelleux et autres couvertures. La chambre dans laquelle il avait dormi avait des murs couleur sable et était assez réduite, ayant un mobilier plus que minimum, le lit, une petite penderie et un bureau en bois bancal. Des volets laissant passer quelques rayons du soleil bloquait une partie des bruits de circulation amplifiés par le fait que la fenêtre donnant sur la rue soit ouverte.
Harry se leva et ouvrit les volets en se cachant les yeux en maudissant le soleil matinal d'Istanbul. L'endroit dans lequel il était faisait office de pseudo-siège pour ses activités, toujours plus nombreuses et lucratives dans le monde moldu. Harry n'avait pas choisi de s'installer dans la plus grande ville de Turquie, c'était son bras droit, un yougoslave de Slovénie assez impitoyable en business et tout ce qui s'en suit mais avec un genre de code d'honneur qui avait séduit le jeune Potter.
Harry avait rencontré Tomas Zvadic lors d'une de ses escapades dans le Bloc de l'Est. A l'époque, en 88, Harry, sous l'apparence d'un tchèque d'une trentaine d'années, faisait passer les enfants des rues qu'il trouvait à Prague, Olomouc ou encore Bratislava vers l'Ouest, les systèmes corrompus de l'Est étant au bord de la faillite, les enfants et les orphelinats avaient été les premiers touchés par le début de la fin du Bloc soviétique. Évidemment, Harry n'avait pas non plus fait cela sans rien en retirer en retour, il en avait profité pour recruter ces mêmes enfants, leur offrant de faire des études dans le domaine qu'ils voulaient, il pouvait très facilement créer de faux papiers et dupliquer les billets de banque avec sa magie, certainement l'un de ses talents les plus utiles.
Harry avait en retour demander à ce qu'ils considèrent l'idée de travailler pour lui si leurs diplômes le permettait.
Tomas avait été l'un des seuls qu'il avait rencontré en Tchécoslovaquie qui s'était aperçu que Harry ne parlait pas la langue. Il n'avait pas été dupé par l'imitation parfaite de l'accent pragois que pouvait faire Harry ou par les quelques phrases les plus importantes que Harry connaissait dans la langue. Sur le moment, Harry avait cru qu'il devrait encore disparaître. A huit ans seulement, Harry s'était déjà fait passer pour mort en Belgique, deux fois, aux Pays-Bas, en France, un nombre incalculable de fois et en Italie. A chaque fois parce qu'il se faisait arrêter pour des bêtises et refusait de passer un seul moment en prison ou même cellule au commissariat.
Pour quelqu'un qui pouvait devenir invisible ou se téléporter, simuler sa mort était assez simple … si quelqu'un retraçait un jour toutes ses morts, il trouverait que Harry avait réellement une tendance à se noyer très régulièrement, généralement après avoir échappé à son escorte policière.
Toutefois, après avoir fait sa découverte, Tomas, le yougoslave contrebandier de cigarettes, n'avait pas balancé Harry, préférant s'en faire un ami avec le temps. Dans son enfance, Tomas avait le rêve de gérer un casino, un rêve de gosse qui aurait du s'effacer devant la réalité compliquée de la vie et en gagnant en maturité. Mais il n'en avait rien été. Tomas avait alors commencé à faire passer des articles de contrebande de l'Italie à la Yougoslavie, connaissant par cœur les moindres recoins de la frontière passant à quelques kilomètres de son village natal.
Cinq ans plus tard, âgé de 21 ans, Tomas rencontrait donc Harry sur le bord d'une route après être tombé en panne d'essence. Harry acceptait de charger les valises louches du jeune homme et de rouler vers l'Allemagne, découvrant durant le trajet que Harry était bien plus adepte du russe ou de l'allemand que du tchèque. Après leur arrivée à Munich, Tomas décréta que c'était sa dernière livraison et accepta l'offre démentielle du frappadingue aux rêves grandioses qu'il avait rencontré seulement six jours plus tôt, il serait celui qui gérerait son ramassis de clubs, cercles de jeu et autres tripots pour lui tandis que l'autre pourrait se concentrer sur ses 'projets caritatifs' comme ils les appelaient.
L'un dans l'autre, Tomas était l'un des seuls à à peu près connaître Harry, et non un de ses alias. Il avait eu du mal à accepter le coup du changement d'apparence ou de la lévitation d'objet mais s'était finalement résigné à ne plus s'ennuyer avec ses préconceptions et croyances pour accepter qu'il n'y avait rien de rationnel avec Harry et ce qui se passait autour de lui. Naturellement donc, Harry s'était dépêché de rallier le Quartier Général du slovène pour lui rapporter ce qui s'était passé.
Harry s'habilla donc et descendit au rez-de-chaussé, vide à cette heure-ci, avant de prendre le couloir opposé à la porte d'entrée de l'immeuble. Il arriva bien vite dans une cour intérieure assez fraîche par rapport à la chaleur étouffante du reste de la ville. La cour se résumait à quelques tables de jardin et chaises en plastique entourée d'arbres et bien cachées par l'ombre de l'immeuble encerclant l'endroit de toute part. Comme Harry l'avait prévu, Tomas était en train de prendre son petit-déjeuner en sirotant un café au lait bien chaud avec un des journaux locaux à la main.
_ Tomas, comment vas-tu dans cette belle matinée ensoleillée ? Demanda Harry en faisant l'effort de parler turc. Tomas était tombé amoureux de la Turquie et de la langue en même temps qu'il était tombé raide dingue de sa femme, une fille d'un politicien local avec laquelle il s'était marié six mois plus tôt. Depuis, il avait inlassablement tenté de forcer Harry à améliorer son turc. Harry s'était finalement fait violence pour contenter son ami deux mois auparavant, après avoir atteint un niveau respectable en arabe, un objectif qu'il s'était fixé après être rentré en contact avec quelques égyptiens de Port-Saïd qui avaient entendu parler de lui et voulaient faire de même au Caire. Selon eux, il y avait autant d'enfants des rues dans la capitale égyptienne que dans toute l'Europe.
_ Boss, je ne t'attendais pas avant plusieurs semaines, répondit Tomas en serrant la main du garçon qui s'était vieilli de quelques années, Tomas lui avait confié qu'il trouvait assez déconcertant de parler business avec quelqu'un qui avait l'apparence d'un morveux de 10 ans. Harry n'aimait pour autant pas vraiment prendre l'apparence de quelqu'un excédent les 20 ans, il trouvait ça dérangeant.
Le changement de forme de son corps avec la Métamorphomagie affectait en effet tout son être. Son équilibre était affecté, son centre de gravité changeant à chaque fois, son oreille interne devait s'adapter aux changements également. Au-delà de ça, Harry restait lui-même mentalement et il avait toujours un sentiment de mal être quand il changeait de forme, il n'arrivait pas à se défaire de l'infime partie de lui-même s'indignant parce qu'il n'était pas lui-même.
Pour autant, Harry avait aussi appris à ignorer ces problèmes, même s'il préférait passer autant de temps que possible dans sa véritable enveloppe corporelle. De plus, Harry aimait simplement se vieillir, il avait découvert que son rejet du changement de forme était moins important quand il se contentait de prendre l'apparence qu'il aurait probablement à des âges plus avancés. Harry avait ainsi découvert qu'il ne serait apparemment jamais une personne qu'on pourrait qualifier de 'grande', arrivant à une taille aux alentours de 1m70 à l'âge adulte.
Bien sur, Harry pouvait se grandir autant qu'il voulait … il avait déjà pris la forme d'un géant de 6 mètres de haut, c'était par contre difficile, coûteux en énergie et très éreintant à maintenir. L'adaptation aussi était un problème … l'une des principales raisons pour lesquelles il essayait de changer de sexe le moins possible. Même si c'était très utile pour amadouer certains partenaires en affaire et que ça lui avait permis de ne plus se ridiculiser après la première fois où il s'était retrouver en présence d'une femme nue sans savoir ce qu'il devait faire avec elle, changer de sexe était une expérience très … curieuse et Harry préférait éviter maintenant ce degré d'étrangeté.
_ Il m'est arrivé un truc, tu vas m'en dire des nouvelles ! S'exclama Harry en s'affalant sur la chaise en face de son ami. Il prit quelques pâtisseries parmi celles qui étaient posées sur un plateau en argent au milieu de la table et en entama une avant d'attendre d'avoir mâcher pour continuer de parler.
_ Qu'est-ce qui t'est arrivé encore ? Demanda Tomas en insistant un petit peu sur le 'encore'.
_ Tu te souviens ces vampires qui avaient insinué l'existence de toute une société cachée dans le monde entier autre que la leur, celle des vélanes ou des différentes races dont je t'ai parlé ?
_ Ouais, il y en a un qui avait dit que certains faisant partie de ce monde dissimulé faisaient aussi de la magie comparable à ce que tu pouvais faire mais ils n'avaient pas voulu en dire plus parce qu'ils n'avaient apparemment pas le droit de le faire.
_ Eh ben dis toi qu'elle existe vraiment, une société entière peuplée de sorcières et de sorciers, qui font de la magie avec une baguette et s'habillent n'importe comment, font des potions, portent des chapeaux pointus, peuvent modifier l'esprit des autres et pleins d'autres choses … énuméra Harry d'un air surexcité.
_ T'es sur que t'as pas plutôt pris quelque chose de magiquement planant plutôt ? Questionna Tomas d'un air sceptique.
_ Non non, je t'assure, regarde, fit Harry en lui montrant la lettre d'admission à Poudlard que lui avait remis le professeur tout en noir.
_ Et t'es déjà invité dans leur école ? Reprit Tomas après avoir lu la lettre rapidement.
_ Ouais, ce serait la source de ma magie et ils apprennent comment la contrôler, répondit Harry en haussant les épaules.
_ Mais tu n'as pas besoin de ces baguettes pour faire de la magie, pointa Tomas.
_ Je ne peux pas faire tout ce qu'ils peuvent faire, je peux faire que des petits trucs. C'est mieux que rien et franchement utile mais avec une baguette, ils ont l'air de pouvoir faire pas mal de choses, expliqua Harry. Tomas apparut alors songeur.
_ Et tu irais donc dans cette école ?
_ Ouais, j'ai envie de voir un peu à quoi ressemble leur société et si je peux en savoir plus sur ma vraie identité.
_ Ouais j'ai vu ça, tu t'appelles donc Harry Potter, c'est coquasse … commenta Tomas.
_ Tu m'étonnes, j'ai pas réagi tout de suite, j'étais en France quand le gars est venu m'en parler. Mais c'est pas le meilleur, leur Directeur-la, Dumbledore, il a essayé de me laver le cerveau pour me remettre à larbiner chez les Dursley comme si je n'avais jamais quitté l'endroit, informa Harry avec un sourire moqueur.
_ Il peut faire ça ? S'enquit Tomas d'un ton alarmé.
_ Ouais, fit Harry en redevenant sérieux, paraissant lui aussi assez inquiet. Heureusement que j'ai rencontré Nicolas l'année dernière, j'aurais été sans défenses sinon. Il aurait fallu attendre qu'un vamp ou un garou passe en Angleterre et me reconnaisse … quoique, fit Harry d'un air pensif. J'ai appris quelque chose sur mes parents et moi, on est célèbres.
_ Célèbres ?
_ Apparemment, ils ont un sort impossible à bloquer qui tue à tous les coups, ils l'appellent le sort de la Mort si j'ai bien compris, mes parents ont été tué par un mage noir avec ce sort et il a ensuite essayé de me tuer mais le sort a mal fonctionné et l'a tué au lieu de m'avoir. Résultat, ils m'appellent le Garçon-Qui-A-Survécu et connaissent tous mon nom. Les vamps et les garous encore en contact avec leur Monde des Sorciers doivent être surpris, certains me reconnaîtront sûrement avec quelques années en moins quand je serais dans les médias, expliqua Harry.
_ Pas faux, concéda Tomas. Mais ça paraît quand même dangereux d'y aller, ce Dumbledore pourrait recommencer, et il a l'air d'avoir pas mal de pouvoir si la liste de titres veut dire quelque chose.
_ Il est puissant, avoua Harry. Mais j'ai déjà quelques alliés, je pense. Je suis allé à leur banque, c'est une banque unique pour tous les sorciers gérée par les gobelins dans le monde entier, chaque branche étant indépendante et en concurrence. L'un des leurs m'a un peu expliqué tout le bordel qui règne dans l'Angleterre sorcière et il va m'aider et en échange il sera celui qui gérera mes finances dans leur monde et donc touchera les commissions gargantuesques.
_ Gargantuesques ?
_ Je suis milliardaire si je convertis ce que j'ai sur mon compte là-bas en livres sterling … je te dis pas en mark ou en francs, lâcha Harry, faisant se redresser Tomas brusquement.
_ Ça, c'est bon, fit Tomas en se frottant les mains.
_ Pour le moment, je vais m'occuper de voir un peu tout ce que j'ai, le gobelin, Bloodknife, m'a filé un dossier à éplucher. Seul un Potter peut lire ce qu'il y a d'écrit apparemment. Il a dit, je cite, que ma famille était l'une des plus paranos et les plus douées qu'il y ait eu dans toute l'histoire. Ce cocktail a fait que les gobelins ont été incapables de toucher à la moindre propriété des Potter parce qu'ils ne savaient pas où elles étaient par exemple. Et c'est pareil pour la plupart des machins avec ma famille … soupira Harry. Ce qui veut dire que je dois m'occuper moi-même d'aller chercher les propriétés en m'aidant de ce dossier et de ce que je pourrais trouver éventuellement dans les coffres que j'ai dans leur banque.
_ Tu t'attends à trouver quoi ? Demanda Tomas après avoir écouté attentivement.
_ J'espère trouver les baraques dans un bon état au moins, qu'il n'y ait pas trop de travaux à faire, les gobelins n'étaient pas très confiants. Selon eux, ça fait un bail que les Potter n'ont pas cherché à retrouver ces propriétés, préférant se cantonner à l'Angleterre. La famille a aussi beaucoup rétréci, il y avait cinq branches différentes rien qu'il y a une centaine d'années, expliqua Harry.
_ Qu'est-ce qui est arrivé ? Demanda Tomas en se renfrognant.
_ Guerres moldues et sorcières … répondit Harry d'une voix éteinte. Qu'en dis-tu ? Demanda Harry avec un ton soudainement très énergétique. Veux-tu m'aider à ramener la Maison Potter à son apogée dans les Mondes magiques et moldus ?
_ Tu prépares un truc toi, lança Tomas en envoyant un sourire malicieux à Harry. 'Quand Harry n'était pas en train de comploter pour semer le chaos sur son passage après tout ?' Tu m'étonnes que je vais t'accompagner dans l'infernal plan que t'es en train de concocter, répondit-il à un Harry rayonnant.
_ Maintenant, finis les trucs sérieux, tu veux savoir comment j'ai pu me venger des Dursley !? Fit Harry en éclatant de rire avec son ami.
oO_Oo
Albus Dumbledore n'avait pas passé une bonne nuit, pas du tout. Le vieux directeur de Poudlard, s'apprêtant à fêter le lendemain son 110ème anniversaire, avait pensé que son petit tour de passe-passe avec les souvenirs du jeune Potter suffirait amplement. Mais non, il avait été réveillé en sursaut par l'alarme qu'il avait mis en place pour le prévenir du moindre phénomène inquiétant à Privet Drive. Quelques instants plus tard, il avait été horrifié d'apprendre en interrogeant ses divers instruments de surveillance du quartier où vivaient les Dursley que les sortilèges de protection qu'il avait du ancré sur le gamin et qui étaient censés siphonner sa magie avaient disparu et que Vernon et Pétunia Dursley n'étaient plus de ce monde et leur fils entre la vie et la mort. Il avait prévenu plusieurs membres de son ancien Ordre du Phénix et était apparu à Privet Drive en transplanant, très vite rejoint par Elphias, Remus et Tiberius.
La dévastation face à laquelle il avait été confronté l'avait stupéfié. Il n'avait plus vu de scène similaire depuis la guerre contre Grindelwald et le résultat d'un bombardement moldu. A la place du 4, Privet Drive ne restait qu'un champ de débris noircis et Harry Potter au beau milieu de tout cela observant sa famille en train de mourir d'un œil désintéressé sinon amusé. Dumbledore avait senti la magie dans l'air, pure, déchaînée, puissante et surtout n'émanant que d'une seule personne, le garçon qu'il avait voulu contrôler. Un seul regard vers Harry et il sut qu'il devrait redoubler d'efforts pour se faire pardonner …
Malheureusement pour Dumbledore, en plus de la destruction de Privet Drive et de la mort des Dursley, il n'avait même pas réussi à être le premier sur les lieux. Il repéra à ce moment-là les aurors et même des oubliators déjà à l'œuvre pour se renseigner précisément sur ce qui s'était passé. Dumbledore fit alors une grimace alors qu'il tentait de passer les aurors, Amelia Bones, la Directrice du Département de la Justice Magique et sœur d'Edgar Bones, un membre de l'Ordre qu'il avait du sacrifier pour garantir la position de Rogue en tant qu'espion auprès de Voldemort.
Severus s'était fait prendre alors qu'il discutait avec Lily Potter avant la fin de la guerre par un autre Mangemort. Voldemort avait été assez curieux de connaître les raisons d'un tel rapprochement et Dumbledore avait fait rentrer Severus dans l'Ordre. De là, il pouvait justifier ses rapports amicaux avec Lily et, par la même occasion, monter en grade parmi les mangemorts en donnant des informations importantes sur l'Ordre à Voldemort. La décision de sacrifier Edgar et sa famille avait été l'une des plus difficiles que Albus avait du faire durant toute sa longue vie. Severus avait été pris en grippe par Bellatrix Lestrange, une autre étoile montante chez les Mangemorts. Il avait du renforcer sa position et Edgar n'avait plus vraiment assister l'Ordre depuis plusieurs mois … Dumbledore avait du faire le meilleur choix possible.
Le problème, c'est qu'une certaine Amelia Bones avait tenu à interroger Rogue dès la fin de la guerre avant que Dumbledore ne puisse faire quoique ce soit. Le temps qu'il arrive à convaincre Bagnold et Croupton, la Directrice du Bureau des Aurors de l'époque avait déjà appris que Rogue était celui qui avait informé le Seigneur des Ténèbres de la localisation d'Edgar et Maureen et elle avait aussi déjà appris qu'il l'avait fait sur ordre de Dumbledore. Oh, bien sur, il avait réussi à supprimer toutes les retranscriptions de l'interrogatoire grâce à sa place de Directeur du Magenmagot et il avait minimisé la portée des accusations d'Amelia qui s'était tue très rapidement.
Maintenant, il savait pourquoi Bones n'avait pas poussé plus que ça à l'époque, elle avait préféré garder son capital politique, son assise au Ministère et sa réputation en tant que l'une des meilleures combattantes de la guerre aux côtés d'Alastor Maugrey, James Potter ou encore Frank Londubat. Elle était la seule à être encore en activité, Maugrey s'étant retiré au lendemain de la défaite de Voldemort, et en plus, à être dans une position de puissance au Ministère.
Quand Albus vit que Harry parlait avec Amelia Bones, il commença vraiment à s'inquiéter et se montra plus énergique dans ses exigences de pouvoir approcher les deux. Il en vint finalement à paralyser deux aurors avant d'essayer d'interrompre la rencontre entre les deux en attirant l'attention sur l'importance du secret entourant le lieu de vie de Harry. Évidemment, il ne savait pas vraiment s'il pourrait le garder à Privet Drive, mais il y avait toujours la maison de Figg et le cousin …
Et puis, le garçon avait parlé de sa Métamorphomagie et des inhibiteurs qu'il avait imposé à l'enfant. Contrainte d'être dans la forme que Dumbledore avait choisi, suppression de la possibilité d'utiliser la magie pour altérer son environnement avec autre chose qu'un catalyseur … il aurait voulu limiter la magie du garçon, la restreindre … mais il n'avait pas eu le temps et devait avouer qu'il n'était pas suffisamment puissant pour vraiment pouvoir amener le jeune Harry à des niveaux plus gérables de réserve et puissance magique.
Ensuite, il avait été cuisiné par Amelia Bones et ne s'en était sorti que grâce à son nouveau pion. Cornélius Fudge était un idiot. Le nouveau Ministre, élu seulement depuis un an, était faible en magie et en caractère, ne pensait qu'à son porte-monnaie et sa réélection et ne pouvait pas penser par lui-même. De fait, Dumbledore était devenu un très proche conseiller, de même que Lucius Malefoy qui avait fait son retour en grâce et propulsé son ami Mulciber à la tête du Département de Régulation des Créatures Magiques.
Amelia avait voulu interroger Dumbledore sous Veritaserum pour enquêter sur les allégations de Harry, il avait apparemment retrouver tous ses souvenirs, briser ses limitateurs et refusait clairement de coopérer avec qui que ce soit, ayant informé la Directrice qu'il ne serait disponible que le 1er septembre. Dumbledore avait commencé à citer les différentes lois qu'il pouvait utiliser à son avantage, interdisant de doser un sorcier avec du Veritaserum s'il n'était pas consentant par exemple … remercions Abraxas Malefoy pour cette loi. Il avait également expliqué que Harry n'avait pas pressé de charges et donc, qu'il n'avait rien à se reprocher vu qu'aucun crime n'avait été commis … Orion Black avait réactualisé cette loi de Phineas Nigellus durant la guerre pour justifier son innocence dans la mort de familles entières qui s'étaient attaquées aux Black. La loi expliquait que tant qu'il n'y a pas de victime ou de témoins directs pour attaquer une personne en justice, elle ne risque rien, même si elle avoue le crime.
Dumbledore avait voulu revenir sur ces lois après la guerre mais il y avait eu tellement de remue-ménage, le fils de Croupton étant un Mangemort, Rookwood, un Langue-de-Plomb, étant un Mangemort lui aussi, les Londubat, les Potter, les Bones, les Black, les Lestrange, même les McGonagall, un nombre considérable de familles avaient été réduites à seulement quelques membres de la famille, généralement des personnes âgées et des orphelins. De plus, il avait fallu garantir que Harry aille bien chez sa tante, et non chez les familles voulues par les Potter, il en allait du futur du Monde Sorcier. Dumbledore avait du sceller le Testament, essayé de prendre le contrôle des finances de plusieurs familles, réussi dans certains cas. Il avait du s'assurer que Arcturus Black ne puisse pas faire sortir Sirius de prison, heureusement qu'il était mort finalement en janvier de cette année. Maintenant, il savait que Pollux avait tenté de prendre le contrôle de la famille Black mais pour le moment, ne semblait pas pouvoir le faire sans savoir pourquoi … il semblait donc que Sirius ait reçu le contrôle des Black et le titre de Seigneur de la famille.
Fudge était finalement arrivé et avait ordonné l'arrêt de l'enquête, à la fureur d'Amelia, expliquant qu'il n'y avait pas de plaignant et que l'incident devait être garder secret en espérant que Harry se montre à la Plate-forme 9 ¾ comme prévu, ou ce serait un grave coup à sa réputation. Bones avait donc du laisser Dumbledore partir et il avait pu rejoindre ses amis de l'Ordre en train d'essayer de tracer la destination du transplanage du jeune Potter. Qu'il sache transplaner à cet âge avait été rajouté par Dumbledore à la longue liste d'inquiétudes qu'il commençait à cumuler au sujet du jeune Potter …
_ Que sait-on alors sur son trajet ? Demanda Albus avec un ton fatigué.
_ On a pu le tracer assez facilement jusqu'à Londres, il a ensuite transplané aux Pays de Galles, en Irlande, en Allemagne et on l'a perdu en Bessarabie … rapporta Maugrey en arrivant à peine à ne pas se montrer admiratif.
_ Bessarabie … Qu'a-t-il bien pu aller faire là-bas ? Questionna Dumbledore en tempêtant de frustration. Il n'aimait pas quand il ne contrôlait pas les choses, il savait que c'était à ce moment-là que tout pouvait aller de travers, ses vingt ans de guerre à travers l'Europe contre Gellert et ses alliés l'avait montré. Il fallait tout contrôler de A à Z, ne rien laisser au hasard, ce n'était pourtant pas si compliqué. Et il était le plus à même de diriger l'effort de guerre contre Voldemort, car il reviendrait … ça aussi, il en était sur.
_ Je pense surtout qu'il a juste transplané à plusieurs endroits pour nous semer, il est intelligent le petit, concéda Maugrey d'un grognement. Et juste à côté, il y a la Bulgarie et Durmstrang, et c'est pas la Bulgarie d'Oblansk qui va nous faciliter la tache, il a très mal pris les sanctions à l'égard de son pays après la chute de Grindelwald, dont on a été l'un des plus fervents défenseurs, et quand il est devenu Ministre, il a juré qu'il nous le ferait payer.
_ Oui … Oblansk a été l'un de ceux qui ont été les plus opposés à l'intervention de la Confédération internationale durant la Guerre contre Voldemort. Il s'est arrangé pas mal d'alliés assez puissants pour contre ma volonté en tant que Manitou Suprême.
_ En même temps, je ne suis pas sur de vouloir que les escadrons de la Confédération se mêlent de la guerre qui s'annonce Albus, tu sais ce qu'on en raconte mieux que moi, contra Maugrey en observant son vieil ami avec ses deux yeux. Le vieil homme soupira et acquiesça d'un discret signe de tête.
_ Bien sur … bien sur, chuchota-t-il dans sa barbe.
Dumbledore congédia ensuite Maugrey en lui demandant de garder l'oreille bien tendue et se mit à repenser à ce qu'il pourrait faire pour essayer de localiser le jeune Harry.
( °°) (°° )
Pour commencer à bien comprendre le monde magique, Harry était d'abord allé dans l'une de ses auberges qu'il préférait. 'La Taverne des Hybrides' à Nuremberg, dont le nom avait été donné par le gérant et ami de Harry était un établissement très accueillant avec un intérieur aux tons chaleureux de rouge et orange tempérés par les poutres apparentes et le mobilier en bois non peint éclatant à tout moment. L'ami de Harry était un allemand qui était venu le voir quand il avait commencé à lancer son idée de bars où les différentes races pourraient partager une même salle pour consommer.
Hans Gerehft avait toujours voulu ouvrir son propre bar et y servir ses semblables loup-garous et pouvoir les aider en les employant, du même coup. Mordu dès son plus jeune âge, il avait fait l'expérience de la discrimination rampante contre les êtres pas complètement humains par la plupart des sorciers. Malheureusement, abandonné par sa famille après sa première transformation à la veille de ses 7 ans, il n'avait pas vraiment eu la chance de matérialiser ce qui était devenu avec le temps son rêve. Et puis, après trente ans de galère, il avait entendu parler d'un jeune entrepreneur moldu qui avait découvert l'existence des races fantastiques comme il les appelait et avait décidé de leur offrir un endroit pour eux. L'effervescence de la communauté lycanthrope à propos de ces rumeurs venant de France fut à son comble quand le premier établissement allemand fit son ouverture à Gelsenkirchen.
Hans était alors allé là-bas le plus vite possible, il voulait voir de ses propres yeux ce qu'il avait tant voulu voir, et il n'avait pas été déçu. L'auberge, bien qu'ouverte depuis seulement une dizaine de jours quand il était enfin arrivé à Gelsenkirchen, était pleine à craquer. Hans avait pu voir des gobelins, des vampires, des fées, des gnomes, des trolls, des harpies, des loup-garous, des vélanes et d'innombrables autres races intelligentes en train de jouer aux cartes, de boire un verre, de manger un en cas … de vivre, comme les autres, l'expérience complète d'une auberge malgré les interdictions contre ce type de commerce en place.
Harry était venu voir Hans parce que déjà, il était l'un des seuls autres à être au courant de qui il était, et, parce qu'il devait certainement avoir plus de connaissances que la plupart des autres connaissances de Harry. Selon le petit livre sur les créatures magiques qu'il avait feuilleter, les loup-garous étaient les plus intégrés parmi les sorciers, les vampires devant toujours se battre contre les ordres d'extermination dans beaucoup de Ministères, les vélanes préférant rester dans leurs Domaines, les gobelins ayant leurs Enclaves sous leurs banques, les gnomes restant cantonnés aux montagnes et ainsi de suite. Seules les harpies par exemple vivaient aussi parmi les humains et les sorciers.
Arrivé devant l'auberge en début d'après-midi, Harry salua les videurs qui l'arrêtèrent bien évidemment. Il avait pris son apparence de Harry Potter mais donnant l'air d'avoir 15-16 ans, comme d'habitude mais ce n'était pas pour cela qu'ils l'arrêtaient.
Peu après les premières ouvertures en Allemagne, Harry avait été mis au courant par Hans que des personnes pourraient tenter de créer des problèmes pour les auberges qu'il ouvrait. Harry n'avait pas trop compris qui, mais avait laissé Hans trouver une solution qu'il estimait acceptable. Harry avait alors rencontré Binette, une fée, qui s'était présentée comme l'Ambassadrice des fées dans le Monde Extérieur, et il avait découvert que les fées pouvaient savoir d'un seul coup d'oeil si une personne était ou non une créature magique. Harry pouvait également même s'il ne comprenait pas vraiment certaines fois ce que les autres étaient. Harry avait une très grande sensibilité magique, le livre d'introduction au Monde Magique en parlait. De fait, Harry pouvait sentir les auras magiques des personnes qu'il rencontrait. Il ne ressentait rien chez un moldus, une simple présence sur ce que les sorciers appelaient les Cracmols mais ensuite pouvait sentir la soif de sang des vampires par exemple en plus de l'intensité de leur magie. Il pouvait ainsi évaluer la puissance des autres en étant simplement en face d'eux et pouvait déterminer si la personne n'était pas simplement un être humain également.
Harry n'avait pas spécialement compris ce que lui pouvait faire, n'en ayant pas parler ni à Hans ni aux autres. Il avait commencé à comprendre quand il avait parlé à Rogue et puis à Bloodknife mais avait surtout saisi en lisant les quelques livres qu'il avait acheté sur le Chemin de Traverse sur conseil de Bloodknife. Il avait dévoré le chapitre sur les auras magiques … l'aura d'un sorcier, projection de puissance, comme il l'avait fait à Rogue sans le savoir, aura d'intimidation, de réconfort, de confiance … bref, la capacité de projeter ses propres sentiments, d'outrepasser les défenses naturelles des autres pour les influencer. Mais le livre parlait également de la possibilité de sentir ces auras chez les autres, de percer leurs propres auras, et même de sentir l'aura particulière des autres races.
Là où les sorciers se reconnaissaient par leur magie pure, les vélanes émanaient une incroyable allure tendant à rendre les autres très dociles, un peu dans le même genre que l'aura tentatrice des succubes. Les loup-garous sentaient la sauvagerie aveugle, les gobelins étaient reconnaissables par leur soif de combat et l'avarice palpables quasiment pour Harry quand il y faisait attention.
Les fées, elles, pouvaient voir la magie, ce qui leur facilitait la tache. Harry avait pu sceller un arrangement avec Binette, convenant que les fées seraient toujours les bienvenues dans les auberges que Harry ouvraient, qu'elles auraient des chambres préparées pouvant les accueillir à tout moment et qu'en échange, elles accepteraient que certaines des leurs aillent travailler comme sentinelles devant chaque auberge.
En tout, une auberge avait généralement aux alentours d'une trentaine d'employés, majoritairement loup-garous et vampires, avec un elfe de maison pour le nettoyage, une fée pour faire la sentinelle, des loup-garous pour videurs et des gobelins pour tenir la caisse. Tout dépendait ensuite bien sur de ceux qui venaient offrir leurs services, Harry savait que certaines auberges employaient des vélanes ou des nymphes pour le service. D'autres, pour donner un aspect cabaret, installaient une petite scène dans la pièce principale et laissaient se produire des troupes ambulantes ou des créatures avec un talent particulier.
Le temps que l'un des loup-garous aille chercher Hans, Harry balaya l'établissement et les alentours du regard. Harry choisissait toujours le même genre d'endroit pour ses auberges, un quartier peu réputé, calme, des immeubles vétustes, qu'il pourrait racheter une bouchée de pain et remettre complètement à neuf sans aucun problème avec les autorités moldues, généralement trop intéressées par la remise en état d'un nouvel ensemble immobilier et l'argent qu'il pourrait tirer de l'ouverture du nouveau commerce. Harry se contentait de renforcer généralement les structures, de construire des sous-sol pour les soirs de pleine lune et d'épaissir les cloisons des immeubles. S'il avait pu, il aurait mis un silencieux magique, comme il arrivait à le faire sur lui-même ou autour d'une pièce, mais il n'avait pas encore réussi à faire durer la magie plus qu'une semaine.
Enfin, l'un des loup-garous arriva avec Hans, et l'allemand lui lança un sourire qui fit froid dans le dos au garçon aux yeux verts.
_ Ah Harry ! Interpella Hans. Tu es dans le journal, annonça-t-il alors que Harry se frappait la tête contre la porte de l'auberge pour ne pas avoir anticiper qu'il ferait la une des journaux magiques avec sa magnifique entrée haute en couleurs dans le monde magique.
Auteur : Un peu plus sur ce que Harry a fait de ses années de liberté. Ça fait un peu chapitre d'informations sans réelle action, ce que c'est, mais bon, il en faut. Ca me permet aussi de montrer que Harry, bien qu'il maîtrise tout seul sa vie, n'est quand même pas seul, j'estimais que c'était important de le montrer.
De même, on voit les échelons un peu de l'espèce d'entreprise que gère Harry et comment le tout continuera de fonctionner tranquillement quand Harry sera à Poudlard 8-9 mois de l'année.
Ensuite, Harry peut paraître puissant oui, il l'est, faut pas se leurrer, un enfant ne survit pas dans la rue en restant faible, surtout vu la capacité (gardée dans cette fic) de Harry à s'attirer les pires ennuis possibles et imaginables. Mais de même, il ne faut juger des capacités de Dumbles et Servilus sur seulement ce qui s'est passé dans le chapitre précédent. Il les a complètement pris par surprise de plusieurs façons.
De même, il ne faut pas s'attendre à ce que Harry règle les problèmes grâce à un truc obscur comme Rowling a pu faire (j'adore l'histoire, les livres etc... mais je n'ai pas spécialement apprécié les moments où Harry gagne simplement par quelque chose d'inexpliqué ou qui ne devrait jamais être arrivé (protection de sa mère, prior incantatem, maîtrise de la baguette de sureau surtout.). Après, je comprends le message que Rowling a voulu transmettre et le sens qu'elle a voulu donner à l'histoire mais une part de moi préférera toujours l'idée d'un combat final grandiose entre Voldemort et Harry à la fin du 7 ^^
Ah et une petite précision, je préfère le mettre, l'idée de l'auberge est tirée d'une fanfic que j'avais lu il y a un bail où Harry est une fille (peut-être une vampire aussi) et est sous la garde de Remus et ils ouvrent une auberge ouverte à tous. J'avais adoré l'idée et là, j'ai voulu l'inclure, Harry aurait tout à fait été du genre à le faire avant d'apprendre à connaître le monde magique. (Après, je ne dis pas ... vu son caractère influençable et la réaction de Ron au fait que le prof qu'il a idolâtré pendant neuf mois en soit un.)
Bref, à plus et bonne lecture sur le site.
