Wicked Game

Et voilà le quatrième chapitre ! J'ai eu un peu plus de mal à l'écrire que les précédent mais je le trouve quand même réussi. J'espère que vous allez l'aimer également! Dites-moi tout ça en review (en espérant que le site de beugue plus car pour le dernier chapitre, je ne vous raconte même pas la galère pour lire les nouvelles reviews...) ! A bientôt ^^ ! –Plume224

Chapitre IV.

Point d'encrage

Le soir, alors que je me glissai sous mes draps, l'image de Malefoy, terrifié et détruit, me hantait toujours. Cette image me quitterait-elle, même dans des années ? J'en doutais fortement. Une telle vision ne s'oubliait pas. Nous avions discuté de sa mission pendant des heures et des heures. Pendant des heures, j'avais essayé de le convaincre d'aller en parler à Dumbledore, de le persuader que le directeur pourrait l'aider, qu'ainsi il ne serait plus seul. Mais bien évidemment, il avait catégoriquement refusé, sous prétexte qu'il m'avait déjà, moi, pour l'aider. Vraiment, je ne comprenais pas ce garçon. Soit il me montrait une haine sans borne, soit il agissait comme si j'étais la personne la plus important pour lui. Jamais je ne pourrais cerner le Serpentard.

Je me retournai dans mon lit, incapable de dormir. Mon esprit était bien trop agité pour pouvoir se reposer. Dans le lit d'à côté, j'entendais la respiration régulière de Ginny. Elle dormait profondément depuis un bon moment maintenant. Je l'enviais. Je l'enviais pour la vie qu'elle menait. Une vie sans trop de soucis, ce qui était totalement l'opposé de la mienne. Bien sûr, j'avais toujours eu une vie « compliquée » depuis ma première année à Poudlard, mais cette année se révélait être la pire de toutes. Je me trouvais dans une impasse et n'avais aucune idée de comment m'en sortir. Ginny elle, n'avait à se préoccuper de ses matches de Quidditch et de Harry, elle n'avait aucun mangemort transi sur les bras. Elle ne partageait pas de secret avec son pire ennemi, un secret qui pouvait mettre des millions de gens en danger.

A deux heures du matin, comme je ne dormais toujours pas, je décidai de me lever. Sans émettre le moindre bruit, je m'habillai et quittai le dortoir. J'avais cette discrétion innée, que certains n'avaient pas et n'auraient jamais, comme Ronald Weasley par exemple. Que devait-il penser de moi désormais ? J'avais été méchante envers lui et Harry aujourd'hui. Je leur avais crié dessus et les avais laissé en plan en fin d'après-midi, et le soir je n'avais même pas dîné avec eux, préférant rester avec Malefoy dans les toilettes de Mimi-Geignarde. D'ailleurs, cela faisait un moment que je n'avais rien avalé. La dernière fois remontait au déjeuné, où je n'avais mangé qu'un morceau de pain et bu un verre d'eau. J'étais tellement inquiète à propos de Malefoy, des mangemort, de Dumbledore et je m'en voulais tellement à propos de Harry et Ron, que même là, je n'avais toujours pas faim. J'espérai pouvoir régler ces problèmes le plus rapidement possible afin de reprendre une vie normale, mais cela allait mettre du temps. Beaucoup de temps. Sauf si le directeur était au courant, mais Malefoy ne voulait pas. Il ne voulait pas informer Dumbledore, cependant il le fallait, il était le seul à pouvoir réellement l'aider. Je devais aller lui en parler.

Je sortis alors de la salle commune, priant pour ne pas tomber sur Rusard ou Rogue. Il faisait très sombre à cette heure-ci dans les couloirs du château et tous les tableaux dormaient à poings fermés. En marchant lentement, j'allai au second étage et me dirigeai vers l'entrée du bureau d'Albus Dumbledore. Il était tard, voire même tôt en fonction du point de vue, mais j'étais certaine qu'il m'écouterait. Je n'étais jamais entré dans le bureau du directeur avant, seul Harry avait eu ce privilège. J'arrivai devant une énorme statue de pierre. Je savais qu'il fallait un mot de passe, mais bien sûr, je ne le connaissais pas. J'avais l'habitude de toujours tout savoir et cela me frustra. Je tentai alors quelque chose : « Je voudrais voir le professeur Dumbledore. » Rien ne se passait, alors j'ajoutai « S'il vous plait. » A ces mots, la statue bougea, libérant un passage vers des escaliers en colimaçon. Je n'arrivai pas à y croire, mon idée, pourtant assez stupide avait finalement fonctionnée. Si j'avais été une autre personne, la gargouille aurait acceptée de me laisser entrer ? Sans savoir vraiment pourquoi, j'en doutais. Je gravis les marches en pierre qui menait au bureau du directeur. J'avais l'impression que l'escalier n'avait pas de fin, c'est alors que j'entrai dans la plus curieuse pièce de l'école. Le bureau de Dumbledore était une grande pièce circulaire, très haute de plafond. Une multitude d'objets brillants se trouvait sur les étagères. Sur l'une d'elles, le choixpeau magique dormait paisiblement. Il régnait dans l'atmosphère une ambiance particulière, pleine de magie et de mystères. Un énorme bureau aux pieds en formes de serres trônait au milieu de la pièce, à côté, se trouvait le perchoir en or de Fumseck, le majestueux phénix du directeur. J'étais émerveillée, tellement que j'en oubliai ce pourquoi j'étais là. Ce qui me fit revenir à la réalité fut Dumbledore lui-même, assis derrière son bureau, se raclant la gorge. Il n'était pourtant pas là lorsque j'étais entrée, si ? Décidemment, le vieil homme me surprendrait toujours. Il me regardait à travers ses lunettes en forme de demi-lunes. Il avait un regard perçant mais où pouvait se lire une certaine forme d'espièglerie. Je le respectais énormément -comme la plupart des autres sorciers du monde- pour sa sagesse et son talent mais également pour tout le reste de sa personnalité, espiègle et presque enfantine. Harry m'avait un jour raconté que l'activité favorite du plus grand sorcier de tous les temps était le bowling, je n'avais alors pas pu m'empêcher de rire.

« Excusez-moi de vous déranger aussi tard professeur, mais j'ai quelque chose de très important à vous dire. » j'allai continuer de parler mais il me coupa.

« Doucement Miss Granger » sourit-il « prenez un siège je vous en prie. » il claqua des doigts et un lourd fauteuil qui se trouvait au fond de la pièce vint se placer en face du bureau du vieil homme. Je m'y assis et il m'invita à parler. « Allez-y, je vous écoute Miss Granger. »

« Professeur… » commençai-je « je suis venue car je devais vous faire part de quelque chose de très important. J'ai… » je m'arrêtai, incertaine de ce que j'allai dire ensuite « C'est une longue histoire et je… ».

« Racontez-moi tout » intervint Dumbledore « prenez le temps qu'il vous faudra. »

Je lui racontai alors toute l'histoire, en commençant par le Veritaserum. C'était désormais le plus insignifiant de mes problèmes et c'était aussi en quelque sorte l'élément déclencheur de tous mes soucis. Ensuite je lui parlai du chantage que m'avait fait le Serpentard, omettant la fois où il m'avait frappé, ne voulant pas lui attirer plus de haine qu'il n'en recevrait par la suite. Lorsque je lui racontai ce qu'il s'était passé dans la journée, le l'homme aux cheveux argentés ne parut pas surpris. Peut-être se doutait-il déjà que Malefoy était passé du mauvais côté. Que ses parents étaient eux-mêmes des mangemorts n'était un secret pour personne alors encore moins pour Albus Dumbledore. Je finis par fondre en larmes en évoquant la mission que Voldemort avait confiée au jeune homme blond.

« Ne pleurez pas Miss Granger, j'étais déjà au courant de tout cela, je voulais seulement entendre votre version de l'histoire et voir ainsi si Monsieur Malefoy ne vous avait pas menti. Je constate que non. »

« Vous…vous saviez qu'il doit vous…tuer ? Et vous n'avez rien fait ? » je bégayais, sous le choc. Il savait que Malefoy était devenu un mangemort, il savait qu'il allait devoir le tuer et pourtant il ne faisait rien. Cela dépassait l'entendement.

« Je le savais déjà en effet. » il sourit. Vraiment, je ne comprenais pas ce qu'il y avait de drôle dans le fait de savoir que quelqu'un préparait un tel acte. Je pensais que le Serpentard était difficile à cerner, mais le vieil homme en face de moi l'était finalement tout autant. « Je savais aussi qu'il était venu vous demander de l'aide. Je me doutais que vous viendriez, c'est pour cela que je vous attendais. »

« Vous m'attendiez ? »

« Bien sûr, vous ne me pensez quand même pas assez fou pour laisser n'importe qui entrer dans mon bureau sans mot-de-passe ? » un sourire espiègle s'étira sur son visage ridé. J'aurais dû m'en doutez. Tu es stupide Hermione… « Maintenant, séchez-vos larmes et dites-moi pourquoi vous êtes ici. Même si j'ai déjà ma petite idée sur la question. » Il me tendit un grand mouchoir d'un blanc immaculé.

« Il faut que vous m'aidiez professeur. Que vous l'aidiez. Sans vous, jamais Malefoy ne pourra être sauvé, je ne suis pas assez forte pour cela. Il n'y a que vous que Voldemort craint, il n'y a que vous pour arrêter cela. »

« Vous oubliez Harry ma petite. »

« Malefoy ne veux pas que je lui en parle, à vous non-plus d'ailleurs. Il ne sait pas que je vous l'ai dit. Vous savez, on se déteste depuis toujours, mais jamais je n'ai vu quelqu'un d'aussi brisé que Malefoy en ce moment. Personne ne mérite d'être soumis ainsi, pas même lui. Je vous en prie, professeur… sauvez-le. »

Il soupira et s'enfonça dans son siège en remontant ses lunettes. Il croisa les bras et pris un air sérieux. « Ecoutez » commença-t-il « s'il n'est pas réellement un mangemort, alors il se sauvera lui-même. Avec votre aide ce sera plus simple. Ayez confiance. Drago s'en sortira et pour cela il a besoin de quelque chose à laquelle s'accrocher, quelque chose qui lui rappelle qu'il n'est pas un des leurs, quelque chose à aimer. Cette chose c'est vous Miss Granger. »

Vraiment, il perdait la tête. Certes, Malefoy m'avait supplié de l'aider car il n'avait personne d'autre à qui le demander, mais je ne pouvais pas être ce que Dumbledore affirmais. Drago Malefoy avait toujours été et resterait mon ennemi, je ne pouvais pas être ce qui lui empêchait de perdre l'esprit, je ne pouvais pas être aimé de lui, et je ne voulais pas. Le professeur se trompait, sur ce sujet, il ne pouvait pas avoir raison.

« Professeur, soyons réalistes, je ne peux pas être cela. Nous nous détestons depuis tellement longtemps ! »

« Alors pourquoi vous a-t-il demandé de le sauver ? Pourquoi vous et pas quelqu'un d'autre ? Il ne déteste pas que vous à Poudlard, Harry aurait été parfait dans ce rôle de sauveur, pourtant, c'est vers vous qu'il est venu. Vous êtes son point d'encrage Miss Granger, qu'il l'ait voulu ou non, ce qu'il y a de bon en lui s'est accroché à vous. »

Il avait l'air tellement sûr de lui, tellement sûr de ce qu'il avançait. Mais il avait tort, il ne connaissait pas suffisamment le Serpentard pour savoir cela. C'était insensé, comment Drago Malefoy pouvait-il s'être attaché à moi ? Nous n'avions rien en commun, nous nous haïssions plus que tout au monde…

« Je sais que c'est difficile à croire » continua le vieil homme « mais vous savez Miss Granger, l'âme humaine est un système compliqué qui ne peut être totalement compris. Celle de Monsieur Malefoy en est sûrement un parfait exemple. Depuis sa plus tendre enfance ce qu'il vit n'est pas toujours rose et son esprit doit être un des plus complexes à cerner. Vous ne le connaissait sûrement pas aussi bien que vous ne le pensez. Donc croyez-moi lorsque je vous dis qu'il s'accroche à vous comme à une bouée de sauvetage. Vous seule pouvez le sortir de là, vous et vous seule. Je ne serais pas d'une grande aide cette fois-ci. »

Je restai muette. Il avait raison. Au fond, que savais-je vraiment du Serpentard ? Je connaissais sa facette méchante et arrogante, mais rien sur ce qu'il pouvait réellement ressentir. Durant la journée, j'avais eu un aperçut du véritable Drago Malefoy, un jeune homme faible et vulnérable, brisé par les choix de son père, un adolescent impuissant face à son destin.

Je vis Dumbledore se pencher en avant et prendre mes mains dans les siennes. Elles étaient froides et rugueuses. Je remarquai également qu'une de ses mains était comme noircie, et plus frêle que l'autre. « Professeur, qu'est-il arrivé à votre main ? » demandai-je. Vivement, il la retira et afficha un air désintéressé.

« Ce n'est rien, ne vous en faites pas. Un sortilège qui tourne mal et voilà le résultat, tout rentrera dans l'ordre bientôt. Mais ce n'était pas le sujet de notre conversation. » il fit une pause et réfléchi un instant avant de reprendre « Je crois en vous Miss Granger, vous êtes une élève brillante, une des meilleures que Poudlard a connu, vous y arriverez. Si vous sauvez Monsieur Malefoy, vous retarderez très certainement une attaque de Voldemort et de son armée. »

« Mais monsieur, c'est de mangemorts dont il s'agit. Vous me pensez vraiment capable de cela ? » Il sourit à nouveau et passa sa main valide dans sa longue barbe argentée. « Bien sûr, vous m'avez prouvé vos capacités de nombreuses fois par le passé. Pourquoi celle-ci serai-t-elle différente ? »

« Des vies sont en jeu professeur, la vôtre puis celle de Harry en premier lieu. »

« Les autres fois, des vies n'étaient-elles pas en jeu également ? » je voulu répliquer mais il fut plus rapide « Je pense que vous avez peur de ce qui pourrait résulter de tout cela. Je veux dire…entre vous et Drago. »

Etais-je en train de rêver ou bien le professeur Dumbledore, le sorcier le plus respecté du monde, me parlait d'amour ? Etait-il vraiment en train de sous-entendre que j'avais peur de tomber amoureuse de Malefoy ? Bien sûr que non, je n'avais pas peur que cela, puisque cela n'arriverait pas. Et puis quoi encore ?

« Bien » repris Dumbledore « Vous avez l'air fatiguée, retournez vous coucher, vous avez du pain sur la planche. Et, étant donné que vous ne pourrez parler de votre 'mission' à personne d'autre qu'à Monsieur Malefoy ou moi-même, n'hésitez pas à revenir me voir. Le mot-de-passe de la statue sera Sorbet-Citron à partir de demain. Passez une bonne nuit Miss Granger. Et ne vous inquiétez pas, vous ne risquez pas de croiser Monsieur Rusard cette nuit. »

« A vous aussi professeur et merci. Merci pour tout ce que vous faites pour votre école et vos élèves. » je me levai et quittai la pièce. Discuter avec le directeur m'avait fait du bien. Je savais que je n'étais plus complétement seule, même s'il ne m'aiderait pas dans ma tâche. Savoir que j'avais désormais quelqu'un à qui me confier me redonnait un peu confiance en moi.

Alors que je regagnais la tour de Gryffondor, j'entendis la voix, aigue et insupportable de Mimi-Geignarde, provenant des toilettes où j'avais passé une bonne partie de l'après-midi.

« Je pourrai te tenir compagnie tu sais. Un si joli jeune homme hihihi. »

A qui pouvait-elle bien parler. Qui se trouvait là à une heure pareille ? Je ne mis pas longtemps à le deviner. Ce devait être Malefoy. Qui d'autre viendrait dans cette pièce à presque trois heure du matin ? Doucement, je poussai la porte, priant pour qu'il ne le remarque pas. Je voulais pouvoir l'observer, un peu comme plus tôt dans la journée, je voulais à nouveau voir le véritable Drago Malefoy. Je jetai un coup d'œil à l'intérieur de la pièce. Il était assis par terre, me tournant le dos, Mimi en face de lui. Même de dos, je pouvais sentir à quel point il souffrait. Soudain, je repensai à ce que m'avait dit Dumbledore. Selon lui, Malefoy s'accrochait à moi pour ne pas sombrer. Tout cela était-il vrai ? J'étais totalement perdue. Je ne savais plus quoi faire ni quoi penser.

« Je veux tellement que cela s'arrête » murmura le blond, me tirant de mes pensées « J'aimerais que tout ne soit qu'un cauchemar. J'aimerai me réveiller mais je ne peux pas. Je ne suis pas fait pour être un mangemort. Je ne suis pas comme mon père. Tout le monde a tendance à me comparer à lui, mais je ne suis pas lui ! Je ne suis pas un monstre sans cœur, même si je ne suis pas un ange pour autant. »

« Je comprends bien mon joli » minauda le fantôme « mais tu n'as pas vraiment de solution. »

« Si, j'en ai une, mais j'ai peur qu'elle ne veuille plus m'aider. Elle a toujours l'air effrayé lorsque je lui parle, elle n'aidera pas un mangemort, même si elle me l'a promis. »

Il parlait de moi, c'était évident. Mais comment pouvait-il penser que je le laisserais tomber ? Je lui avais promis et je n'étais pas du genre à rompre mes promesses. Comment pouvait-il penser cela de moi avec tout ce que j'avais déjà fait pour lui ? J'étais vexée mais aussi touchée par son petit discourt. Tout le monde l'associait à son père, Lucius, alors que lui ne le voulait pas. Sa ressemblance avec son géniteur s'arrêtait au physique et n'allait certainement pas plus loin.

Après un long moment de silence, il reprit, en s'adressant plus à lui-même qu'à la jeune fille décédée « J'ai beau la détester, au fond de moi je m'en veux de l'avoir embarqué là-dedans. Elle ne devrait pas avoir à vivre tout cela. Mais je n'ai plus qu'elle maintenant. »

Il s'en voulait ? Il regrettait de m'avoir fait part de son problème ? Jamais je n'aurais cru entendre cela de la bouche de Drago Malefoy. Emue par ses paroles, j'ouvris un peu plus la porte. Ce fut Mimi qui me remarqua en premier. « Tais-toi mon chou » dit-elle au blond « quelqu'un vient. » Puis, elle s'éclipsa, comme dans l'après-midi.

Il se retourna et je pus voir la souffrance dans son regard. « Granger… » murmura-t-il en se relevant « Qu'est-ce que tu fais là ? »

« Je n'arrivais pas à dormir. » dis-je en m'approchant de lui.

« Retourne dans ton dortoir. Tout de suite. Laisse-moi seul. » m'ordonna-t-il d'un ton ferme, pourtant tinté de douleur.

« Tu crois vraiment que je vais t'obéir ? Tu crois que je ne vois pas que tu n'en peux plus ? Tu m'as demandé de t'aider, alors ne me rejette pas. Je vais t'aider Malefoy. Je veux t'aider.»

Venais-je vraiment de lui dire que je voulais l'aider ? Il n'y avait pas que lui qui avait changé en fin de compte. Peut-être étais-je en train de me transformer moi aussi.

« Tu sais que tu t'engages dans quelque chose de très dangereux Granger ? Qu'il est possible que tu y laisse la vie ? »

« Je le sais, mais cela il y aurait fallu que tu me le dise avant. Mais cela ne changera en rien ma décision. J'ai été voir Dumbledore et… » je ne pus terminer ma phrase. Le Serpentard avait parcouru les quelques mètres qui nous séparaient et m'avait plaquée contre le mur carrelé. Lorsque mon dos heurta de mur froid, je poussais un cri, que je tentai d'étouffer le plus possible. Il saisit sa baguette et la pointa dans mon cou, tout en retenant mes poignets au-dessus de ma tête à l'aide de sa main gauche. Il approcha son visage du mien et me lança un regard menaçant. Le jeune homme brisé et faible avait laissé place à de la pure colère, à de la rage.

« Je t'avais dit de ne pas aller lui parler ! » hurla-t-il « Je croyais pouvoir de faire confiance ! »

Son teint, habituellement très pale avait viré au rouge sous l'effet de la colère et ses yeux lançaient des éclairs. Je me sentais vulnérable, à sa merci. Cependant, je ne devais pas me laisser impressionner. « Il était déjà au courant de tout, je ne lui ai rien appris. »

« Pardon ? Dumbledore savait et n'a rien fait ? » il relâcha légèrement l'étau de ses doigt sur mes poignets.

« Oui… » couinai-je « Il savait tout. Je lui ai demandé de m'aider, de nous aider, mais il a dit que cela ne servirait à rien, que seule moi pouvais te sauver. Il a dit que… » je fis une pause pendant laquelle je plongeai mon regard dans le sien « Il a dit que tu as besoin de t'accrocher à quelqu'un pour t'en sortir, que tu as besoin de quelqu'un à aimer et que cette personne c'est moi. » A ces mots, il me lâcha complètement et je massai mes poignets endoloris. Je pensais qu'il nierait, qu'il ricanerait ou même fondrait en larmes, mais n'en fit rien. A la place, il s'éloigna de moi, ramassa sa veste qui se trouvait par terre et me tourna le dos. Il ne voulait plus me montrer son visage, je le savais. Il ne voulait pas que je puisse lire en lui. Il avait revêtit sa carapace.

« Retourne dans ton dortoir Granger. »

Cette fois-ci, j'obéis. Je savais que je ne devais pas le pousser à bout si je ne voulais pas d'ennuis. Les paroles de Dumbledore lui avaient fait un drôle d'effet, c'était indéniable. Je ne savais pas si le directeur avait raison, seul Malefoy le savait. Lui seul savait ce qui le sauverait vraiment.