Titre : L'Ange Gardien
Disclaimer : Le monde d'Harry Potter et ses personnages appartiennent à J.K.R., je ne fait que m'amuser avec. Seule l'intrigue est à moi.
Spoiler : Je prends en compte les six premiers tomes.
Notes :
N'hésiter pas à me laisser des conseils ou remarques du moment que c'est constructif.
Cette fiction comporte une histoire d'amour entre deux garçons, qui ne sera cependant pas la finalité de l'histoire : juste une composante.
Bonne lecture !
Chapitre 3 : La fin d'une époque
Durant le reste de l'été, les Dursley laissèrent Harry tranquille à tel point que sans Eric, le jeune sorcier aurait peut-être regretté que sa tante ne l'oblige plus à faire tout le travail de la maison. Il restait donc dans sa chambre avec Eric, sa chouette, qu'il avait baptisé Hedwige à la demande de son protecteur, et ses livres de magie. Il passait son temps entre lire les livres de cour pour savoir à quoi s'attendre, lire les livres achetés en plus pour connaitre les mœurs des sorciers, et écouter les leçons d'Eric pour être prêt à son entrée dans le monde sorcier.
Harry savait donc maintenant que les sorciers vivaient pratiquement totalement à l'écart des moldus et ignoraient tout de la technologie à moins d'avoir un parent moldu. Que certain était persuadé de la supériorité des sorciers sur les moldus, et des Sang-pur sur les Né-de-moldu. Que les personnages des photos ou des tableaux pouvaient bouger et parler. Que le sport fétiche des sorciers était le Quidditch. Et qu'il était définitivement célèbre !
Eric insista particulièrement sur ce qui avait déchiré le monde sorcier ce dernier siècle. Il lui parla donc longuement de la soi-disant importance du sang d'un sorcier pour qu'il soit puissant ou non et lui expliqua qu'il avait pu constater que non seulement un Né-de moldu n'était pas forcément plus faible qu'un Sang-pur, mais qu'en plus il arrivait souvent le contraire à cause de la consanguinité dans les très vieilles familles sorcières.
Il lui expliqua aussi que certain sorciers avaient simplement peur de ce que les Né-de-moldu apportaient au monde sorcier. Ayant été éduqué par des moldus pendant 11 ans, ils ne comprenaient généralement pas certaines valeurs de la société magique, et essayaient souvent d'imposer les leurs, ce qui ne plaisaient pas à tous le monde. De plus, beaucoup mettaient en avant le danger qu'ils représentent pour garder le secret sur leur existence, leur famille étant mise au courant.
Eric voulait aussi que son protégé ne se laissent pas influencer par qui que ce soit sur les quatre maisons de Poudlard, et lui fit donc un long discourt les concernant.
- Chaque élève est réparti selon ses qualités. Mais les sorciers ont tous beaucoup de préjugés et ont en plus tendance à juger les gens sur la maison dans laquelle ils sont ou ont été, explique-t-il à l'enfant. Commençons par les Poufsouffle. Officiellement, ils sont justes, loyaux, patient et travailleurs. Mais tous les autres les voient comme de gentils naïfs. Certains vont même jusqu'à les dire faibles et idiots. Pour ce qui est de leur propre vision des choses, je dois dire que je l'ignore. Ils sont trop discrets.
Harry, assis en face de son ainé, hocha la tête, attentif à cette leçon visiblement très importante
- Les Serdaigles sont officiellement sage, réfléchit, érudits et ont soif de connaissance, poursuivis Eric. Tout le monde les voit comme des rats de bibliothèque ne sachant pas se relaxer. Des « stressés des examens » en somme. Mais eux se voient comme les plus intelligents et les plus neutre et objectifs, parce qu'ils ne jugent les gens qu'après un examen minutieux.
Il y eu une brève pause dans le discours, avant que le gardien ne reprenne, encore plus déterminé
- Gryffondor est la maison du courage. Ce sont les forts et hardis. Ils se prennent en quelque sorte pour des chevaliers, mais les autres, en particulier les Serpentards, pensent qu'ils agissent avant de réfléchir, sans penser aux conséquences, et qu'ils ont une vision de la vie naïve du genre « les gentils d'un côté et les méchants de l'autre ». Ils ne voient pas les nuances… Et enfin, reste les Serpentards… Officiellement, les plus rusés et malins, qui parviennent toujours à leur fin. Je croix qu'ils se voient comme les meilleurs tout simplement, mais je ne sais pas grand choses parce qu'ils gardent en général tout dans leur maison et restent unis contre les autres. Les préjugés les plus négatifs sont contre eux alors ils sont soudés face à ça. Les gens les voient comme des Mages Noirs en puissance, des sorciers prêts à tout pour avoir une once de pouvoirs.
Eric secoua la tête, dépité, avant de préciser :
- D'ailleurs, pendant la guerre, la plupart des gens voyaient tout les Serpentard comme des mangemorts ou future mangemorts, alors qu'il y avait des gens très bien parmi eux… Mais personne ne se méfiait vraiment des trois autres maisons alors qu'il y a eu des traitres… Bref, chaque maison a tendance à penser être la meilleur, sauf peut être les Poufsouffles, et encore…
Harry, qui avait écouté attentivement le discours de son ainé, semblait maintenant bien pensif.
- Et toi, tu étais dans quelle maison ? demanda-t-il à Eric.
- Je te le dirais après ta répartition, répondit le jeune homme. Je veux être sûr de ne pas t'influencer. J'ai été bien dans ma maison, mais j'étais vraiment différent de toi sur beaucoup de choses, alors…
Harry ne posa pas plus de questions. Il avait parfaitement compris que quelque soit sa maison, il serait jugé dessus, et que certain devait attendre sa répartition avec impatience pour savoir quel genre de personne il était. Il se doutait que tout le monde voudrait le voir à Gryffondor puisqu'il était considéré comme un futur héro. Il pensa que s'il allait à Poufsouffle, on penserait qu'en fait, il avait juste eu de la chance – ce qui était probablement le cas – et ne valait rien. Mais que s'il allait à Serpentard, il risquait d'être vraiment très mal vu !
La meilleure maison pour lui serait donc Serdaigle. Il n'avait plus qu'à espérer, mais il s'inquiétait. Même s'il aimait apprendre, il n'était pas avide de savoir. Il était quand même réfléchit, mais surtout parce qu'Eric le retenait avant qu'il ne fasse des bêtises. Cela lui avait apprit la patience, mais serait-ce suffisant ?
Il avait hâte d'aller à Poudlard et de commencer sa nouvelle vie, mais il angoissait aussi terriblement. Il supposait que tout le monde le regarderait bizarrement dès qu'il dirait son nom, et il ne savait pas comment il pourrait se fondre dans la masse malgré son nom. D'habitude, c'était tellement facile. Il suffisait de se taire suffisamment longtemps et de raser les murs pour qu'on l'oublie et le laisse tranquille. D'habitude, personne ne comptait sur lui pour quoi que se soit, et lui pouvait compter sur Eric.
Maintenant, il savait qu'il y aurait la guerre, et que tout le monde voudrait qu'il s'implique, même son protecteur. Il avait dit qu'il ne voulait pas qu'il s'implique trop tôt, mais cela signifiait qu'il voudrait qu'il le fasse à un moment ou à un autre, n'est-ce pas ?
Heureusement pour lui, la pensée qu'Eric serait là pour lui le calmait. Et puis il y avait la Magie… Harry était euphorique à la pensée qu'il allait apprendre la Magie ! Et aussi se faire des amis ! Il allait rencontrer des gens qui ne connaitraient pas les Dursley, et pourrait agir sans se préoccuper de sa famille. Et même si le Monde Sorcier allait probablement essayer de le manipuler, Harry était bien décidé à être lui-même et surtout, à tout faire pour être heureux.
Eric, de son côté, était dans le même état. Jusqu'à présent, il avait eu peu de décision importante à prendre, mais les choses allaient changer dès septembre. Il hésitait beaucoup sur ce qu'il devrait faire lorsqu'Harry poserait les questions importantes. Lui-même en avait beaucoup voulu à Dumbledore de l'avoir tenu dans l'ignorance si longtemps mais en même temps, Harry était si jeune… Connaître la prophétie si jeune serait probablement un trop lourd fardeau n'est-ce pas ?
Et puis il y avait aussi Ron et Hermione… Les circonstances qui les avaient tous les trois rapprochés étaient vraiment particulière et il avait peur que leur trio ne soit jamais réuni. Devait-il intervenir dans ce sens ou non ? Il voulait laisser son protégé faire ses choix, mais il n'était pas sûr d'en supporter les conséquences. Et puis Ron et Hermione devaient se rapprocher ! Ils étaient tellement amoureux… Finiraient-ils ensemble si tous les trois ne devenaient pas amis… ?
Et puis il y avait aussi le problème urgent de savoir si oui ou non, il était repérable par magie. Personne ne pouvait le voir ou le toucher en dehors d'Harry, mais Dumbledore était quand même capable de le voir malgré la cape d'invisibilité hérité des frères Peverell, quand il était en première année… Et Poudlard avait quand même les meilleures protections magiques possibles… Sans parler de Rogue et la legillimencie… Si le professeur de potion regardait dans l'esprit d'Harry – et il le ferait sans aucun doute – il verrait Eric et il en parlerait forcément à Dumbledore… chose qu'Eric voulait éviter le plus longtemps possible. Le professeur Dumbledore ne devait pas s'intéresser à son protégé si tôt.
Le 31 aout au matin, Harry demanda à son oncle de le conduire à King's Cross pour prendre le train à 11h. Il ne précisa cependant pas que le quai était le 9 3/4... Il n'était pas un habitué des gares, mais cela lui semblait tout de même bizarre… Eric pourrait probablement lui expliquer…
Il passa ensuite la journée à faire sa valise en s'assurant de ne rien oublier. Il empaqueta soigneusement tous ses livres et ses fournitures, plia ses vêtements en mettant au dessus un uniforme pour se changer dans le train et s'assura qu'Hedwige était bien installée dans sa cage. Il passa ensuite la soirée à questionner Eric sur la Cérémonie de la Répartition – sans pouvoir obtenir de réponse – et sur l'école et ses futurs professeurs.
Lorsqu'il commença à l'interroger sur ses derniers, Eric sembla hésiter. Il chercha quelques instants ses mots, puis se lança.
- Ecoute, il y a certains professeurs qui pourraient peut-être me découvrir, confia-t-il à son protégé. Je ne peux être sûr de rien et ça m'inquiète.
Harry se redressa à ces mots. Eric continua sur sa lancée.
- Il y a d'abord le professeur Dumbledore. Probablement le plus grand sorcier de notre siècle. Il donne toujours l'impression de tout savoir. Je le soupçonne d'utiliser les portraits pour espionner, et peut-être aussi de pratiquer la legillimencie – l'art de lire dans l'esprit des autres. Alors tu dois éviter de le regarder dans les yeux et surtout ne jamais, jamais, me parler devant un tableau.
Les yeux de l'enfant s'ouvrirent à nouveau comme des soucoupes, mais il ne lui laissa pas le temps de parler.
- Ensuite, le professeur Rogue. Il n'y parait pas comme ça, mais c'est l'un des sorciers les plus puissants que j'ai jamais rencontré. Et surtout, l'un des plus grands legillimens ayant jamais existé. Et lui, je sais qu'il essayera de lire dans ton esprit. Donc tu ne dois surtout pas le regarder dans les yeux. C'est le meilleur moyen de te protéger de lui. Et de toute façon, assure-toi toujours d'être totalement seul avant de me parler. Ou alors, répond-moi en écrivant sur un parchemin.
Harry ne pu plus se retenir et s'efforça donc seulement de ne pas hurler.
- Les sorciers peuvent lire les pensées des autres ? demanda-t-il, outré.
- Non, pas tous. C'est quelque chose de très difficile… et ils ne lisent pas tes pensées, mais ton esprit. C'est différent. Ils ne peuvent pas savoir ce que tu penses précisément, mais ils peuvent voir tes souvenirs, et c'est ce que je veux éviter. Parce qu'alors, ils me verraient !
- Mais c'est ignoble ! s'exclama le jeune garçon. Personne n'a le droit d'entrer dans ma tête !
- Eh ! du calme ! Ce n'est pas ma faute à moi, se défendit Eric. Mais si tu veux, je peux t'apprendre à protéger ton esprit…
- Vraiment ? Tu sais faire ça ?
- Oui, un peu. C'est ce qu'on appelle l'occlumancie. Tu n'as qu'à commencer par utiliser les méthodes de relaxation que je t'ai apprise tout les soirs, et quand tu seras capable de le faire facilement n'importe quand, on essayera d'avancer…
Le lendemain, toute la famille Dursley accompagné d'Harry monta donc en voiture de bonne heure pour aller à Londres. Son oncle et sa tante avaient en effet prit rendez-vous chez un très bon chirurgien dans une clinique privée pour faire enlever sa queue de cochon à Dudley, en toute discrétion. Ils avaient donc accepté de poser Harry au passage à la gare de King's Cross.
Le jeune sorcier se retrouva à 10h30, seul, à la gare prévue, entre les quais 9 et 10, avec une énorme malle et une chouette dans une cage posées sur un chariot, les poches pleine de pièces inutilisable dans le monde moldu, et se maudissant lui-même de sa bêtise pour ne pas avoir pensé à demander à Eric comment accéder au bon quai quand il avait encore la possibilité de le faire sans avoir l'air de parler tout seul ! Eric aurait quand même pu y penser !
Il tourna en rond un moment, avant de se décider, résigné, à trouver un endroit isolé pour faire part de son avis concernant son incompétence en tant que gardien à Eric. Mais à se moment là, dix minutes avant le départ annoncé du train, il repéra une famille particulièrement anormale. Il y avait une femme, quatre garçons et une fillette, tous roux. Ils trainaient sur deux chariots quatre énormes malles et une cage contenant un hibou, et ils avaient l'air particulièrement mal à l'aise au milieu de la gare pleine de moldus !
Harry se tint légèrement en retrait de la famille de rouquins, pour les observer. Il eu rapidement confirmation qu'ils étaient aussi des sorciers cherchant le Poudlard express, lorsque la femme se plaignit de l'affluence moldues dans la gare, et demanda le numéro du quai à ses enfants. Il pu ensuite observer trois des garçons – l'ainé suivit d'une paire de jumeaux – disparaitre entre les quais 9 et 10 sans qu'il ait pu comprendre comment. Il se tourna vers Eric pour demander un éclaircissement, mais ce dernier regardait le plafond en sifflotant d'un air suspect ! Le garçon demanda donc de l'aide à la femme et pu enfin accéder à son quai en traversant la barrière entre les quais.
Satisfait bien que songeur concernant le comportement d'Eric, Harry alla directement s'installer tout au fond du train. Il installa d'abord Hedwige, puis tenta de hisser sa valise dans le wagon, sans y parvenir. Il sursauta lorsque quelqu'un lui adressa la parole alors qu'il s'efforçait de convaincre sa valise de bien vouloir suivre ses mains à l'intérieur du train !
- On peut t'aider ?
Il s'agissait des jumeaux roux qu'il avaient vus entre les quais 9 et 10. Harry leur souri en répondant.
- Oui, je veux bien. J'ai bien peur de ne pas pouvoir la faire grimper par elle-même !
Les jumeaux sourirent à sa tentative d'humour et l'aidèrent à s'installer dans le wagon en se présentant.
- Moi, c'est Fred, et voici mon frère George, commença l'un des deux.
- Mais ce n'est pas grave si tu te plante… continua l'autre. Notre propre mère se fait tout le temps avoir !
Harry hocha la tête pour confirmer qu'en effet, il risquait bien de les confondre.
- Harry, ravi de faire votre connaissance…
… et surtout, pas besoin de préciser son nom de famille, avec un peu de chance, personne ne ferait le rapprochement avant leur arrivé à Poudlard.
La mère des jumeaux les interrompit en appelant ses enfants depuis le quai, et les deux garçons sortirent avec un sourire d'excuse. Harry s'assit sur la banquette et écouta les au-revoir de la famille. Lui-même partait de chez lui sans se retourner, mais à bien y réfléchir, ça ne devait pas être facile pour ceux qui aimaient leur famille… Ils ne les reverraient pas avant plusieurs mois !
Harry pensa à ses parents, qui auraient du être là, avec lui sur ce quai, à lui dire au revoir et à lui recommander d'être sage et de bien travailler… Puis il pensa aux Dursley, qui devaient être ravi d'être débarrassé de lui pour les dix prochains mois, mais terrifiés par ce qu'il allait apprendre durant ce laps de temps… La vie était décidément injuste! Mais il se promit de tout faire pour que sa vie à Poudlard soit meilleur, et pour se préparer un bel avenir.
Il se tourna vers Eric, assit en face de lui et qui lui souriait. Leurs yeux à tout les deux étaient plein de promesses. Maintenant, ils étaient deux. Ils savaient tout les deux à quoi s'en tenir. Et ils travailleraient ensemble pour que tout se passe bien. Ils étaient arrivés à la fin d'une époque.
- Maintenant, ta vie vas enfin pouvoir commencer, murmura Eric tandis que le train s'ébranlait.
Et le sourire d'Harry s'agrandit.
