Disclaimer : Tout l'univers de Harry Potter appartient à JK Rowling !

CHAPITRE.3 : Poudlard révolution (I Must Not Tell Lies – RiddleTM)


Severus Rogue était au bord de la crise de nerfs. Valya Black était littéralement insupportable. Les cachots étaient dans un état innommable, elle avait réussi à se retrouver en retenue dès le premier jour et il avait été contraint d'enlever des points à Serpentard ! À sa propre maison ! Si la jeune fille ressemblait comme un clone à Sélène, il était persuadé qu'elle avait hérité du caractère de Black. Sauf qu'il s'était trompé. Elle était cent fois, mille fois pire que lui. Elle avait l'arrogance, l'insolence et la témérité de Black. Sirius Black pouvait devenir sombre, fermé et littéralement enragé lorsqu'on le poussait à bout. Visiblement, ces traits de personnalité étaient encore plus exacerbés chez sa fille. Même si Severus était obligé de reconnaître qu'elle possédait aussi le sarcasme et le caractère franc mais parfois tranchant de Sélène. Il gémit de contrariété. Et dire qu'elle était là depuis moins d'une journée…

ooo

Harry s'était rendu dans la Grande Salle pour trouver ENCORE Ron et Hermione en pleine dispute.

- Alors ?! Qu'est-ce qu'elle t'a dit ?! l'apostropha Ron avec agressivité.

Harry ressentit aussitôt une bouffée d'agacement.

- Rien ! Rien du tout ! Elle voulait juste discuter.

- Discuter ?! Harry ! Depuis quand est-ce qu'on discute avec les Serpentard ?!

- Oh c'est bon, arrête un peu, Ron. Au cas tu n'aurais pas encore compris, c'est peut-être une Serpentard mais c'est aussi la fille de Sirius ! C'est quoi ton problème avec elle ?! C'est lourd à la fin.

Harry se leva brusquement, prit son sac et se dirigea à grands pas vers la classe de divination. Ron commençait vraiment à lui taper sur le système. Le cours se déroula dans une ambiance tendue et le professeur Trelawney leur donna un nouveau devoir qui s'ajoutait à toute la pile qu'ils avaient déjà. Ron finit par venir s'excuser en ronchonnant eti ls se rendirent vers la classe de défense contre les forces du Mal.

Dès le début du cours, Ombrage leur fit ranger leurs baguettes, ce qui n'annonçait rien de bon. Tout ce qu'ils avaient à faire était de lire leurs livres. Au bout de quelques minutes, Harry sentit son attention décliner. Hermione avait gardé son livre fermé et brandissait obstinément son poing en l'air tandis qu'Ombrage faisait semblant de ne rien voir. Toute la classe finit par s'énerver, alors qu'Ombrage leur infligeait un discours assommant sur le programme de cours jugé adéquat par le ministère. La situation acheva de dégénérer lorsque la discussion s'orienta vers le retour de Lord Voldemort. Harry écopa d'une retenue pour le lendemain soir et se rassit, bouillonnant de rage. Il vit que Valya ne s'était pas non plus donné la peine d'ouvrir son livre. Elle s'était cette fois installée seule au fond de la classe, affalée sur sa chaise, les jambes posées sur son bureau. Totalement indifférente au débat qui se jouait à côté d'elle, elle lisait un magazine.

- Hum hum… Miss Black. Pourriez-vous m'expliquer ce que vous êtes en train de faire exactement ?

- Euh… je lis ?

Ombrage frémit. Il était clair que la seule présence de la jeune Black l'horripilait.

- Ça je vois bien que vous lisez ! Ce que j'aimerais savoir, c'est pourquoi vous lisez autre chose que votre livre de défense contre les forces du Mal ?!

Valya haussa un sourcil.

- Parce que c'est plus intéressant ?

- Plus… Est-ce que vous vous moquez de moi par hasard, Miss Black ? Mais allez-y, faites nous partager, qu'est-ce qui est donc plus intéressant que mon cours ?!

- Un magazine de hockey sur glace.

Cette fois, Ombrage la regarda avec des yeux ronds. Et la plupart des élèves n'étaient pas en reste. Elle aurait tout aussi bien pu parler en Gobelbabil, ça aurait eu le même effet.

- Un magazine de quoi ?!

- De hockey sur glace. C'est moldu, ajouta la jeune fille avec un grand sourire.

- Ça suffit ! Dix points en moins pour Serpentard ! Vous allez me ranger ça tout de suite ! Et tenez-vous correctement ! Nous sommes dans une école ici !

Valya la toisa d'un regard noir sans bouger d'un pouce.

- Qu'est-ce que vous attendez ? Et vous voulez bien me dire pourquoi vous ne portez pas votre uniforme ?!

Valya fronça les sourcils.

- C'est quoi votre problème avec ça ?! Elle désigna la cravate verte et argent à son cou. J'ai ma cravate, et tout le monde sait très bien que je suis à Serpentard…

Ombrage se redressa de toute sa hauteur.

- Le problème, c'est qu'il y a des règles et que ces règles sont faites pour être respectées.

Valya sourit plus largement encore.

- Ah oui ? Vous voyez, professeur Ombrage, je crois que… le problème c'est que je me contrefous totalement de vos règles. Je n'en ai strictement rien à faire de votre cours qui va sûrement être particulièrement long, inutile et stupide. Mais je ne fais que dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas après tout.

Toute la classe retint sa respiration en attendant l'explosion. Ombrage parut sur le point de se mettre à hurler puis s'exclama finalement :

- Eh bien vous aurez effectivement une retenue, miss Black ! Ce soir à six heures, dans mon bureau. Et je peux vous assurer que même le ministre entendra parler de votre comportement déplorable ! triompha-t-elle.

- Ah désolée mais ce soir ça va pas être possible, j'ai déjà une retenue avec le professeur Rogue. Va falloir attendre votre tour, assura la jeune fille.

- Eh bien demain soir dans mon bureau ! Même heure que monsieur Potter ! Vous devriez bien vous entendre vu votre tendance à tous les deux à jouer les fortes têtes ! cria Ombrage, à bout de nerfs.

- Ah oui ?! Parce qu'être le seul à avoir le courage de dire la vérité, à savoir que Voldemort est effectivement de retour, c'est jouer les fortes têtes maintenant ?! dit Valya d'un air mauvais.

Tous les élèves poussèrent des petits cris et Harry sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine. D'abord, parce que Valya avait dit le nom du mage noir sans que cela ne lui pose le moindre problème. Et surtout, parce qu'elle était apparemment une des rares personnes qui le croyait.

- VOUS N'ALLEZ PAS VOUS Y METTRE AUSSI ! Si vous êtes assez naïve pour croire aux histoires que raconte monsieur Potter c'est votre problème mais je vous prierais de ne pas importuner les autres élèves avec vos idioties !

La jeune fille se leva brusquement et Ombrage recula d'un pas.

- Et nous, nous prions le ministère d'arrêter de nous importuner avec SES idioties ! Si le ministre est incapable de voir ce qui est sous son nez alors il serait grand temps qu'il passe la main ! asséna-t-elle. Que vous le vouliez ou non, Voldemort est de retour et vous avez un abruti de mage noir psychopathe qui se balade dans la nature ! Alors vous feriez mieux de tous bouger vos fesses et de le trouver, au lieu de rester là à nous faire lire des livres dont le niveau est en dessous de celui d'un gamin de cinq ans !

Ombrage était médusée. Elle ouvrit la bouche, puis la referma, bafouilla puis balbutia enfin :

- Le ministre… Je vais… renvoyer… il va…

- Ah oui, bien sûr, la coupa Valya. Le ministre ! Il se trouve que j'ai eu une conversation très intéressante avec Cornélius ce matin, dans le bureau du directeur. Ombrage manqua de s'étouffer et toute la classe parut stupéfaite. Je suis sûre qu'il s'empressera de vous en rapporter les détails. Cornélius Fudge a très bien compris qu'il ne pouvait rien contre moi et qu'il ne devrait pas m'importuner s'il sait où est son intérêt. Mais puisque vous y tenez tant que ça, parlons-en du ministère ! Elle se tourna vers Harry. Vas-y Potter, raconte-nous, tu étais bien parti tout à l'heure, raconte ce qui s'est passé dans ce putain de cimetière ! Tu as vu qui là-bas, comme Mangemorts qui se trainaient aux pieds de Voldy ?! Avery, Macnair ? Crabbe, Goyle et Malefoy senior, c'est bien ça ?! gronda-t-elle tandis que les versions juniors devenaient plus pâles que la mort. Puis s'adressant à Ombrage : Alors ?! Ils travaillent bien aux côtés de « Monsieur le ministre » tous ceux-là, non ?!

- Comment osez-vous… éructa Ombrage.

- J'ose ! J'ose autant que Potter qui devrait même hurler la vérité encore plus fort histoire de la faire rentrer dans votre crâne ! Il en a tous les droits ! C'est lui qui était dans ce cimetière, lui qui a vu Cedric Diggory se faire lâchement assassiner !

- La mort de Cedric Diggory était un tragique accident, contra Ombrage d'un ton glacial.

Incapable de se contenir plus longtemps, Harry se leva d'un bond sans prêter attention à Hermione qui tentait de le retenir.

- C'est faux ! hurla-t-il. C'était un meurtre. Voldemort l'a tué et vous le savez très bien !

- ÇA SUFFIT ! Venez ici, monsieur Potter.

Il écarta sa chaise d'un coup de pied et s'avança à grands pas vers le bureau. Ombrage sortit un parchemin de son sac et se mit à griffonner quelque chose dessus. Tout le monde resta silencieux, encore sonné. Elle roula son parchemin et le scella d'un coup de baguette magique.

- Monsieur Potter, vous allez porter ceci au professeur McGonagall, dit-elle en lui tendant le rouleau. Black, vous allez l'accompagner jusque là, je ne veux plus vous voir dans cette salle.

Valya, un grand sourire aux lèvres, s'empressa de ramasser son sac et bondit jusqu'à l'entrée de la salle pour attendre Harry. Il prit le parchemin en silence et sortit en claquant la porte derrière eux, sans même accorder un regard à Ron et Hermione. A peine avaient-ils posé un pied dans le couloir que Valya s'exclamait :

- Alors là bravo, Potter ! Je t'en demandais pas temps, ajouta-t-elle en rigolant. On l'a bien remise à sa place ce vieux crapaud.

Harry la regarda, bouche bée.

- Tu es suicidaire, dit-il d'un ton presque admiratif. C'est pas possible autrement… Tu te rends compte de ce qu'on a fait ? On va probablement avoir de très gros ennuis et toi tu me félicites ? J'aurais dû garder mon calme, j'aurais dû…

- Ah non sûrement pas ! Tu l'as entendue, elle racontait n'importe quoi ! Si on devait garder son calme quand on entend des conneries pareilles, on deviendrait quoi ?! Peu importe ce que pensent les gens, Potter, tu as bien fait de dire la vérité. Faut bien que quelqu'un secoue tous ces moutons incapables de penser par eux-mêmes !

Harry secoua la tête.

- C'est toi qu'il faut féliciter alors. Moi je n'ai fait que lui répondre, toi tu l'as insultée elle, le ministère…

- Insultée, tout de suite les grands mots…

- Black, tu lui as dit que son cours était nul, que le ministre était un incapable qui ferait mieux de démissionner et le ministère une bulle de corruption remplie de Mangemorts…

La porte de la salle s'ouvrit avec fracas.

- POTTER ET BLACK ! SI JE VOUS AI ENVOYÉS CHEZ LE PROFESSEUR MCGONAGALL, CE N'EST PAS POUR QUE VOUS RESTIEZ PLANTÉS À DISCUTER DEVANT LA PORTE ! hurla Ombrage, au bord de l'apoplexie.

Valya prit un air pensif.

- Vous savez, vous ne devriez pas vous énervez comme ça, professeur Ombrage, je suis sûre que c'est très mauvais pour le cœur…

- HORS DE MA VUE !

Harry et Valya avaient presque atteint le bureau de la directrice adjointe.

- Au fait, demanda Harry, c'était vrai quand tu as dit que tu avais parlé avec Fudge ce matin ?

Valya eut un sourire arrogant.

- Aha, ouais, un charmant personnage ce monsieur. Ministre de la Magie tu parles… Il sert à rien ce mec, c'est juste un pantin. Bref, je crains que monsieur le ministre n'ait pas vraiment apprécié notre rencontre, dit-elle, sarcastique. Quoique, j'ai pas dû faire meilleure impression à Dumbledore en y réfléchissant…

- Tu n'aimes pas Dumbledore ? demanda Harry, surpris.

- C'est un sorcier très puissant et il est contre Voldemort mais il a beaucoup trop tendance à se mêler de choses qui ne le regardent pas. Elle grimaça. Tu vois, il y a une guerre qui se prépare, Potter. Et Dumbledore est prêt à tout pour la gagner, y compris à sacrifier tous ceux qu'ils considèrent comme gênants et à se servir des personnes qui lui sont utiles comme…

Elle hésita un instant.

- …comme moi, comprit Harry. C'est ça que tu voulais dire n'est-ce pas ?

Une désagréable sensation courut le long de sa colonne vertébrale.

- Ben…ouais… c'est un peu ça, confirma Valya. Je suis désolée, ajouta-t-elle.

- Ne t'excuse pas, répondit Harry. J'avais… j'avais déjà eu cette impression aussi. C'est juste dur de voir la réalité en face, ajouta-t-il avec un sourire triste.

Valya acquiesça.

- On est arrivés non ?

Ils s'étaient arrêtés devant la porte et Harry soupira.

- Je ne suis pas impatient de connaître la réaction de McGonagall. Elle va nous tuer.

Il frappa et un « entrez » sec lui répondit. Dès qu'elle les vit, les lèvres de la directrice adjointe se pincèrent.

- Potter et Black… Je n'ose même pas imaginer ce que vous venez faire ici alors que vous devriez être en classe… de défense contre les forces du Mal ?

Harry prit son courage à deux mains.

- En fait professeur, on a été envoyés ici.

- Envoyés ? Qu'est-ce que vous voulez dire par envoyés ?

Il lui tendit le mot d'Ombrage. A mesure qu'elle lisait, les sourcils du professeur se froncèrent de plus en plus et elle finit par pousser une exclamation horrifiée.

- C'est une plaisanterie, Potter ?! Dites-moi que ce n'est pas vrai, dites-moi que vous n'avez pas eu la bêtise de vous opposer au professeur Ombrage devant tous vos camarades, dites-moi que vous ne l'avez pas traitée de menteuse et hurlé que Vous-savez-qui est de retour ? Harry serra les poings pour éviter de répliquer et McGonagall fondit sur Valya comme un faucon. Et vous, Black, ne dites pas que vous avez répété la petite scène de ce matin avec le ministre ?! Vous n'avez pas osé dire en face à Dolores Ombrage que son cours est inutile, que le ministère de la Magie est incompétent et soutenu Monsieur Potter en affirmant également que, je cite, « un abruti de mage noir psychopathe se balade dans la nature » ?

- Euh… je l'ai sûrement pas dit de manière aussi polie mais c'était l'idée oui.

Harry étouffa un rire et McGonagall la fixa, incrédule.

- Êtes-vous suicidaire, Black ?! Vous tenez vraiment à être arrêtée ?! Ça vous plairait tant que ça de visiter Azkaban ?

Valya grogna.

- Je l'ai dit ce matin, professeur, le ministère ne peut rien contre moi…

- Peut-être mais vous entrainez Potter sur une pente dangereuse !

- Potter n'a pas besoin d'être entrainé ou que ce soit ! se rebella la jeune fille. Il est grand et capable de penser par lui-même. Vous devriez le féliciter d'avoir le courage de dire la vérité plutôt que de l'engueuler ! Et arrêtez de lui faire croire que Fudge pourrait le faire renvoyer ou se débarrasser de lui aussi facilement, parce que c'est faux ! Il est le Survivant ! Peut-être que l'opinion publique est contre lui en ce moment mais il reste celui qui a fait disparaître Voldy la première fois ! Et il est l'héritier Potter, son nom lui-même a du poids auprès des anciennes familles ! Ombrage peut le menacer autant qu'elle veut, il ne risque pas grand-chose…

Harry resta bouche bée tandis que McGonagall pinçait les lèvres encore plus.

- Très bien, miss Black, puisque vous êtes apparemment décidée à vous attirer encore plus d'ennuis que vous n'en avez déjà, je ne chercherais pas à vous faire changer d'avis ! Monsieur Potter, je vous encourage vivement à stopper ce comportement ! Vous devez faire profil bas, contrôler vos humeurs et…

- Non, coupa Harry.

- Je vous demande pardon ? dit le professeur McGonagall, sidérée.

- J'ai dit NON. Il était à bout et il n'avait pas l'intention d'attendre plus longtemps pour le faire savoir. J'en ai assez de me faire traiter de menteur et de passer pour un fou à chaque fois que je parle de Voldemort ! Elle a raison, affirma-t-il en désignant Valya d'un signe de tête. Je n'ai pas à me cacher alors que je dis la vérité. Alors non, professeur McGonagall, aussi longtemps que le ministère et Dolores Ombrage continueront à nier l'évidence et à colporter des idioties, moi aussi je continuerai à dire haut et fort qu'un « abruti de mage noir psychopathe se balade dans la nature ». Maintenant, qu'est-ce qu'on va avoir comme punition ?

McGonagall ouvrit la bouche, sembla sur le point d'argumenter puis dit enfin :

- Le professeur Ombrage indique dans son mot qu'elle vous a infligé une retenue chaque soir de la semaine à partir de demain. Harry hocha sèchement la tête pour montrer qu'il avait compris et Valya émit un bâillement d'ennui. Elle écrit également qu'elle souhaite que vos tuteurs à tous les deux soient avertis de votre « conduite absolument déplorable ».

Valya ricana.

- Génial ! Je suis certaine que Ralph se sentira très concerné par les états d'âme de Dolorès Ombrage…

- Miss Black, vous en avez assez fait pour aujourd'hui, dit sèchement McGonagall. Maintenant, sortez d'ici tous les deux et si vous pouviez éviter de vous faire remarquer au moins jusqu'à demain, ça m'arrangerait !

Harry était assis dans la salle commune de Gryffondor et essayait vainement de faire ses devoirs. Après que McGonagall les aient congédiés de son bureau, Valya, morte de rire, était partie rejoindre sa chambre. Le dîner dans la Grande Salle n'avait rien eu de très agréable. La nouvelle de leur éclat face à Ombrage s'était répandue à une vitesse hallucinante et Valya étant aux abonnés absente, les rumeurs et les chuchotements s'étaient tous reportés sur Harry. Même Ron semblait doutait da sa santé mentale mais pas pour les mêmes raisons que les autres. « Comment peux-tu accepter de parler avec une Serpentard ?! », répétait-il en boucle.

- Ron, j'ai dû discuter moins d'un quart d'heure avec elle. Et comme je te l'ai déjà dit, c'est aussi la fille de mon parrain ! En plus, si quelqu'un est prêt à me croire lorsque je dis que Voldemort est de retour, alors je ne vais sûrement pas refuser de lui parler, Serpentard ou pas ! avait répondu Harry avec mauvaise humeur.

Sa réponse n'avait réussi qu'à rendre Ron plus furieux encore et Harry avait fini par se réfugier dans la tour des Gryffondor. Il songea que si son année s'annonçait désastreuse, avec la présence de Valya Black, elle serait au moins très intéressante…

ooo

Severus Rogue marchait d'un pas pressé dans les couloirs. Dumbledore lui avait fait parvenir un mot indiquant qu'il souhaitait le voir dès que possible. La gargouille du bureau s'ouvrit à son arrivée.

- Ah Severus ! Je vous attendais ! Installez-vous, proposa Dumbledore avec un grand sourire.

Il s'assit sur l'un des fauteuils.

- Vous souhaitiez me parler, monsieur le directeur ?

- Oui, en effet… Tout d'abord, ma question va probablement vous paraître étrange mais, est-ce que vous êtes toujours en contact avec Ralph Simons ?

- Pas… pas depuis plusieurs années, déclara Severus, stupéfait. Ralph n'a jamais été intéressé par l'idéologie des Mangemorts. Quand j'ai pris la Marque nous n'étions déjà plus aussi… proches qu'avant et ça n'a rien arrangé. Mais pourquoi…

Dumbledore lui rapporta ce qui s'était passé le matin même dans son bureau et Rogue gémit, atterré.

- Ralph serait le tuteur de Valya Black ? Et en clair, elle a envoyé le ministre se faire voir ? Vous devez faire quelque chose, Dumbledore ! On fonce droit dans les ennuis avec cette gamine…

Avant que le directeur n'ait le temps de répondre, on frappa à la porte et McGonagall entra dans le bureau.

- Minerva ! s'exclama Dumbledore. Que puis-je faire pour vous ?

- Nous avons un problème, Albus, un très gros problème ! affirma la directrice adjointe.

Le vieil homme fronça les sourcils.

- C'est à dire ?

- Valya Black !

Severus gronda.

- Et voilà, qu'est-ce que je vous disais ?! Qu'est-ce qu'elle a ENCORE fait ?!

- Elle a une influence absolument désastreuse sur monsieur Potter !

Dumbledore prit un air inquiet.

- Potter ? S'il y a bien quelqu'un pour qui vous ne devriez pas vous inquiéter, c'est lui, Minerva. Potter n'a absolument pas besoin d'être influencé par qui que ce soit pour ce qui est de s'attirer des problèmes… ricana Severus.

- Cet après-midi, commença McGonagall, durant leur cours de défense contre les forces du Mal, Potter et Black se sont violemment opposés au professeur Ombrage. Potter n'a pas pu se retenir et a clamé que Vous-savez-qui était de retour devant toute la classe. Black a aussitôt pris son parti et l'a incité à continuer dans la provocation. Elle a insulté Ombrage, Fudge, et a mis en doute les capacités du ministère en affirmant que la plupart des collaborateurs proches de Fudge faisaient partie des Mangemorts. Elle a clairement cité les noms de plusieurs d'entre eux, notamment celui de Lucius Malefoy. Potter en a rajouté une couche en confirmant qu'ils étaient tous bien présents lors du retour de Vous-savez-qui et qu'ils avaient assisté au meurtre de Cédric Diggory.

- Vous plaisantez ?! demanda Severus, consterné.

McGonagall secoua la tête.

- J'ai bien peur que non. Ils ont tellement poussé à bout le professeur Ombrage qu'elle les a renvoyés de son cours jusqu'à mon bureau, avec un mot expliquant ce qu'ils avaient fait. Quand j'ai tenté de les raisonner, Black s'est obstiné. Je leur ai expressément demandé de ne pas attirer l'attention en parlant de Vous-savez-qui à tort et à travers. Elle a refusé en disant qu'elle ne courberait pas l'échine devant le ministère et que Potter devrait en faire autant. Elle a ajouté que, de toute façon, le ministère n'avait aucune prise sur elle et que Potter étant le Survivant, Fudge ne pouvait pas grand-chose contre lui non plus, quoi qu'il en dise. Je pensais que Potter se montrerait plus attentif mais visiblement je me suis trompée. Il a suivi son exemple, ajoutant simplement qu'il en avait marre d'être traité de fou et de menteur et qu'il continuerait à dire la vérité, peu importe les conséquences. Alors Severus, toujours persuadé que personne ne peut l'influencer ?

Il poussa un grognement.

- Foutu caractère de Gryffondor… Exactement comme son père tiens ! Pas étonnant qu'elle s'entende bien avec Potter… Je me demande ce qui lui est passé par la tête quand elle a voulu aller à Serpentard…

- Oh croyez-moi, Severus, je ne suis pas pressé de découvrir son côté Serpentard, soupira le directeur d'un air fatigué.

- Quoiqu'il en soit, vous DEVEZ faire quelque chose… affirma McGonagall.

- Et quoi, Minerva ? Je ne peux pas empêcher Harry de fréquenter Valya Black. Quelle raison voulez-vous que je lui donne ? Non, je sais très bien que cela va poser problème mais il va falloir faire avec.

- Sans compter qu'ils vont se croiser régulièrement chez le clébard, persifla Severus. Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il devant le silence de Dumbledore et McGonagall.

- En fait, Severus, commença le directeur, il serait préférable d'attendre la fin de l'année avant de laisser Sirius et Valya se rencontrer.

Rogue le dévisagea, glacial.

- Vous plaisantez j'espère ?!

- Voyons Severus, vous comprenez que vu la situation…

- Ce que je comprends, c'est que vous voulez volontairement les maintenir dans l'ignorance et les tenir éloignés l'un de l'autre ! Ça ne vous suffit pas que Black ait passé douze ans à Azkaban et qu'il pense que sa fille est décédée ?! Vous voulez en plus lui mentir ?!

- Je ne pensais pas que vous portiez une telle considération aux sentiments de Sirius Black, asséna le directeur en haussant un sourcil.

Severus pâlit.

- C'est la fille de Sélène, je refuse de la laisser séparée de son père ! Et quand bien même ce ne serait pas le cas, je déteste peut-être Black mais je ne suis pas cruel au point de vouloir lui cacher que sa fille est vivante ! Il se leva brusquement. Si c'est tout ce que vous aviez à me dire, monsieur le directeur, j'aimerais retourner à mes appartements. J'ai justement une retenue avec miss Black et même si ça m'étonnerait qu'elle prenne la peine de venir, je n'ai pas envie d'être en retard.

- S'il vous plaît, Severus, gardez un œil sur elle… pria Dumbledore.

Severus acquiesça en hochant sèchement la tête avant de sortir du bureau.