Méthode scientifique
Rating : T (voire M sûrement)
Univers :
- Star Trek les films de 2009 (spoiler film 1 et 2, je n'ai pas encore vu le 3!)
- Infos sur l'univers en général
- Se situe en cours de la mission de 5 ans, dans le début de la deuxième année
Couple : Spock-Kirk
Message : Merci pour les deux favoris, j'imagine que cette histoire plaît à mes deux lectrices? :)
Voici donc la suite du point de vue de Jim une dernière fois. Le prochain chapitre sera la conclusion déjà. Je suis en pleine écriture du lemon actuellement et comme j'avais fini, autant publier la suite. Bonne lecture !
Méthode scientifique – Partie 4
Jim Kirk était allongé sur son lit, les bras en croix et les yeux grands ouverts. Une faible lumière était dispensée par sa lampe de chevet intégrée à la tête de lit. Il portait encore sa tenue dorée et se prélassait avec joie depuis environ dix minutes quand son quart avait pris fin.
« J'ai lu au journal officiel que les négociations de paix avec les Romuliens se passaient bien. »
Le capitaine avait un communicateur allumé sur son ventre qui retransmettait une conversation longue distance. Une voix grave lui répondait.
« C'est en effet le cas. »
« Je suis heureux que votre travail ait porté ses fruits, Prime. » Sourit Jim en se grattant la barbe naissante sur le menton.
« Je te remercie mon vieil ami. Même si je n'ai pas pu sauver leurs terres dans le futur, je me sens satisfait d'avoir participé à empêcher une guerre entre nos deux nations après la destruction de Vulcain dans cet espace-temps. »
Jim garda le silence quelques secondes en pensant à sa propre culpabilité envers la planète-mère de son interlocuteur. Il espérait vraiment un jour réussir à se pardonner comme semblait l'avoir fait Spock Prime.
« Comment te sens-tu Jim ? »
La voix inquiète du Vulcain raisonna entre les murs de la cabine du capitaine.
« Etrangement, cela va mieux même si je suis un peu perdu. »
Jim avait pris l'habitude d'être totalement honnête avec le vieux Vulcain : il ne ressentait que de la confiance envers lui et il avait aucune envie de lui mentir.
« Dois-je comprendre qu'un nouveau développement est en cours avec mon jeune double… ? »
La curiosité était palpable dans la voix grave de Prime et cela fit presque rire le capitaine.
« Je n'en suis pas sûr mais les choses changent. »
« Peux-tu être plus précis ? »
Jim éclat franchement de rire.
« Votre alter-ego me propose des activités souvent depuis la désastreuse première partie d'échec. »
« Ceci est une bonne chose, non ? »
« Oui. » Jim pouvait le dire en toute honnêteté : il passait de bons moments avec Spock. « Cependant, mon Spock reste souvent muet pendant ces moments. »
« Donnes-lui du temps. J'ai toujours été très taciturne lorsque je sors des sentiers battus de ma vie. »
« Je garde cela en tête, merci. »
La discussion dura encore quelques minutes puis le capitaine raccrocha la communication. Ils ne se contactaient pas souvent, mais Jim appréciait grandement leurs échanges. Cela lui faisait du bien et il savait qu'il en était de même pour le Vulcain.
Il se leva avec entrain pour prendre une douche : il avait une partie d'échec avec Spock dans moins de vingt minutes. Presque un mois avait passé depuis la première fois et leurs activités ensemble se produisaient maintenant plusieurs fois par semaine. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait mais il profitait avec plaisir de ces instants avec son second. Il se sentait un peu coupable d'avoir autant de temps libre avec le Vulcain toutefois. Un fois, il avait fait une blague à propos de cela et la réponse de l'extraterrestre l'avait totalement chamboulé. Il se souvenait exactement de ses propres mots et de la réponse extrêmement sérieuse de Spock.
« Spock, si vous passez tout votre temps libre avec moi, j'ai bien peur que le lieutenant Uruha finisse par me tuer ! »
« Pourquoi donc voudrait-elle faire une chose pareille ? »
« Je lui vole du temps avec son petit-ami voyons ! »
« Je pense qu'il vous manque une information essentielle pour comprendre : je ne suis plus en couple avec le lieutenant Uruha depuis presque un an Jim. Donc il n'y a aucun problème pour faire cette partie maintenant. »
Et le Vulcain avait continué à marcher comme si de rien été alors qu'il venait de lâcher une bombe nucléaire sur l'esprit et le cœur du capitaine. Sa seule réaction avait été d'arrêter de marcher et d'essayer de calmer ses ardeurs : oui il l'aimait à en crever à petit feu, oui il avait envie de se jeter sur lui maintenant qu'il le savait célibataire… Mais il n'était vraiment pas sûr de l'accueil qui lui serait réservé. Autant attendre un peu et tenter de petites choses pour le moment.
Quelques jours plus tard, ils avaient pris contact avec une civilisation amicale inconnue jusqu'alors. Le capitaine avait eu le plaisir d'entrer en contact avec une nouvelle espèce assez évoluée pour ne pas briser la Première Directive. Ils avaient donc fait une longue escale dans la capitale de la planète pour préparer une future mission diplomatique commandée par l'état-major de Starfleet. Une découverte si énorme allait faire du bruit au sein de la société et Jim se réjouissait de diriger l'équipe de premier contact.
Il avait d'ailleurs autorisé une soirée de permission à tout son personnel pour fêter ça avec l'accord du gouvernement de la planète et de sa propre hiérarchie. Il profitait de sa soirée pour boire un coup dans une sorte d'auberge locale avec son médecin de bord.
« Quel plaisir de sortir un peu de ce tas de ferraille ! » S'exclama Bones en s'étirant joyeusement sur la banquette de leur table.
« Sois un peu plus respectueux de mon vaisseau Bones. » Réprimanda Jim en riant de bon cœur à la remarque de son ami.
« Veuillez m'excuser, Capitaine, je voulais dire ce merveilleux tas de ferraille… » Répliqua l'autre d'une voix cynique en faisant des gestes obscènes de la main.
« Merci, je préfère largement ! »
Le médecin pouffa de rire et remercia le serveur qui avait déposé leurs boissons sur la table.
« A l'infini de l'espace ? » Proposa Jim en levant son verre.
« Santé ! » Confirma McCoy en claquant son verre contre celui de son ami de toujours.
Ils sirotèrent leur boisson pendant quelques secondes avant que le médecin prenne la parole sur un ton taquin.
« Bon. Maintenant qu'il n'y a plus aucune oreille indiscrète et que nous pouvons enfin boire un coup entre hommes. » Bizarrement cela sonnait comme des insultes dans la bouche de Bones. « Il se passe quoi avec l'elfe ? »
La perspicacité de Bones avait toujours surpris Jim autant que sa capacité à être discret quand c'était nécessaire. Il voulut lui répondre par une blague mais il se ravisa en voyant le regard sérieux de son ami.
« Ne t'avise surtout pas de me prendre pour un abruti Jim… J'ai bien vu que quelque chose avait changé entre vous depuis quelques semaines et que bizarrement cela t'avait fait du bien. »
Et là, Jim lui raconta : sa relation amicale avec Spock Prime et le décalage qu'il ressentait avec leur Spock (il omit volontairement de parler de la fusion mentale, c'était bien trop intime pour être raconté comme ça), sa difficulté à faire face à ses doutes parfois, la tension qu'il sentait avec son second alors qu'il voulait vraiment être proche de lui, puis la joie simple qui l'envahissait lorsqu'il passait juste du temps à jouer aux échecs avec lui depuis quelques temps.
« Je ne pensais pas lever un tel lièvre… » Bones semblait avoir pris un mur dans la tête. « Jim, es-tu amoureux de cet elfe ?! »
Jim prit le temps d'avaler une longue gorgée de sa boisson pour se donner du courage : il y était enfin. Avouer à son meilleur ami ses sentiments les rendait presque palpable dans l'air. Même avec Prime, il n'avait pas exprimé clairement la chose, tournant autour du pot à chaque fois. Il fallait sauter, maintenant.
« Oui, définitivement je le suis. »
Un petit silence suivit sa confirmation et Bones lâcha un soupire à fendre l'âme.
« Tu choisis jamais le chemin le plus simple hein ? »
« Jamais. »
« Bon, laisse-moi évaluer un peu la gravité de ta situation. » Jim ne pût s'empêcher de rire face au professionnalisme de son ami. « Par rapport aux flirts de l'Académie, il se situe où ? »
Ils avaient pris l'habitude de ranger leurs conquêtes en fonction de l'importance des unes et des autres. C'était puérile mais cela donnait facilement une bonne idée de leur implication sentimentale, ou non, sans avoir besoin de tout dire. Ils étaient des hommes bordel, ils ne pouvaient pas décemment parler sentiments comme ça non ?
« Bien au-dessus. »
« Au-delàs d'Alec ?! » Souffla Bones, n'osant visiblement pas entendre la réponse.
Alec avait été son compagnon pendant presque deux ans sans que personne à part quelques rares amis ne soit au courant. Alec avait été son professeur de pilotage à l'Académie. Il avait dû arrêter sa carrière de capitaine à cause d'une mauvaise blessure. Cependant, il enseignait avec une telle passion que Jim s'était rapidement lié à lui. Cet homme avait des yeux bleus magnifiques et ils avaient passé de bons moments ensemble.
D'un commun accord, ils avaient gardé leur relation secrète pour éviter toute réaction inappropriée quant à leurs statuts respectifs, et cela avait permis à Jim d'entretenir son mythe de mauvais garçon grâce à son tempérament dragueur. Il avait eu quelques amantes et amants de tout genre dans sa vie mais Alec avait été le plus important et régulier jusqu'à la fin de ses études.
« Bien au-delàs Bones… »
« Merde alors ! »
« Ouep. »
« Et tu vas faire quoi ? »
« J'en ai aucune foutue idée. »
Ils commandèrent une autre consommation et passèrent une bonne partie de la soirée à parler comme des adolescents.
Jim ne savait plus trop comment ils en étaient arrivés là mais à présent, lorsque leurs soirées avec son second se passaient dans les appartements de ce dernier, une fois leurs parties terminées, Spock se mettait à jouer de la lyre vulcaine. Le capitaine adorait entendre la musique traditionnelle de son second et, bien sûr, celui-ci maîtrisait parfaitement son art. C'était logique après tout quand on connaissait le bonhomme.
Le capitaine restait parfois plus d'une heure à écouter jouer son ami avant de rentrer apaisé à sa propre chambre. Il avait pris goût à la culture vulcaine en se penchant dessus : cette civilisation était passionnante et complexe. Tellement différente des humains ! Il avait découvert en lisant des documents encyclopédiques que même leur sexualité et leur vision du couple était très différente…
Ce soir-là, ils avaient joué au moins trois parties : Jim refusait de laisser Spock gagner à chaque fois. Il avait fini par réussir à battre son second et il en était satisfait. Le Vulcain lui avait alors proposé de le divertir à la lyre pour fêter cette victoire et Jim n'avait pu qu'accepter même s'il se sentait très fatigué d'un coup. Il n'avait pas la force de refuser alors qu'il sentait le sommeil le gagner : Jim avait bien chaud avec la température étouffante de la chambre du Vulcain. Il s'engourdissait petit à petit et était tellement bien, heureux même alors qu'il avait totalement conscience que ce n'était pas bien d'être ici si tard. Ou même de s'endormir dans le salon de son second…
« Vous seriez mieux dans un lit Jim. »
La voix de Spock flotta dans les airs quelques secondes avant que Jim la comprenne réellement. Il fut mortifié d'avoir piqué du nez alors que le Vulcain jouait encore. Sa dernière envie était de réussir à vexer l'extraterrestre avec qui il avait enfin une relation plus approfondie. Il se sentit bête et comprit totalement pourquoi son second lui proposait gentiment de retourner dans sa cabine. Mais il n'avait pas envie de le quitter…
« Allez vous mettre contre la tête de lit. Vous serez mieux installé. »
Le capitaine ouvrit grand les yeux et dévisagea son ami.
« Vous plaisantez ? »
« Bien sûr que non Jim. Allez vous mettre ici et je continue à jouer sans avoir l'impression que vous allez chuter à tout moment de la chaise, emporté par la gravité du vaisseau. »
Kirk n'en crût pas ses oreilles et saisit sa chance en acceptant. A peine installé, il se sentit à nouveau sombrer au rythme lancinant de la musique et cette fois, il s'endormit réellement sans plus d'inquiétude sur ce qui était convenable ou non… L'odeur du Vulcain un peu épicée et si particulière l'enveloppait comme une couverture : il était vraiment bien.
En se réveillant progressivement, Jim Kirk se fit la réflexion qu'il n'avait pas eu un sommeil aussi réparateur depuis très longtemps. La langueur dans ses muscles et la chaleur diffuse du drap sur son corps lui donnaient envie de s'étirer comme un chat. Il soupira doucement et ouvrit les yeux pour chercher l'heure sur sa table de chevet.
Pourtant, il tomba littéralement nez à nez avec un Spock visiblement profondément endormi. Pas de réveil donc. Dire qu'il ne paniqua pas serait un mensonge. Avant d'engager tout mouvement de retraite stratégique, il se rendit compte de plusieurs choses :
1. Spock dormait donc il avait le temps d'analyser la situation.
2. Ils étaient tous les deux habillés.
3. Il se souvenait s'être endormi assis sur le lit et non pas sous les couvertures.
Spock n'avait pas dû avoir le courage de le réveiller après leur soirée et l'avait probablement laissé dormir ici. C'était logique vu que son second semblait prendre très à cœur son manque de sommeil visible depuis quelques semaines. Bon maintenant qu'il était là, autant en profiter à fond avant le réveil du Vulcain ? Il aurait bien l'occasion de trouver une idée de réaction pour ne pas se jeter sur lui…
Il prit le temps de détailler le visage apaisé et totalement détendu du jeune Vulcain devant lui : Jim n'avait pas franchement été séduit par le physique de Spock en premier lieu. Il trouvait sa coupe ridicule et ses traits toujours soucieux le faisaient rire. Cependant, il adorait ses oreilles et en le voyant ainsi abandonné au sommeil, il le trouvait absolument magnifique : une harmonie douce ressortait de ses traits.
Il avait appris à aimer toutes les facettes de cet être et il se rendait bien compte que ses sentiments étaient bien plus fort que ce qu'il n'avait jamais ressenti. Presque disproportionnés. Il était dingue. Et un jour, il en payerait le prix.
Etre si proche de Spock et en même temps ne pas le toucher remplissait ses batteries et le rendait presque fou. Il s'en sentit un peu coupable mais il serait capable de gérer ça. Spock semblait toujours dans un profond sommeil mais sa voix claire et bien réveillée brisa le silence de la chambre, surprenant doublement de capitaine dans ses pensées.
« Avez-vous déjà eu peur de perdre quelqu'un Jim ? »
Une fois le choc passé, le jeune humain reprit le contrôle de lui-même et ne pût s'empêcher de répliquer d'une voix amusée, le souffle court.
« Pas très vulcain comme question ça Monsieur Spock… »
Jim vit distinctement la main de Spock se lever jusqu'à son visage : ils étaient face à face, allongés sur le flanc et même si les yeux du Vulcain étaient toujours fermés, le capitaine avait l'impression que son corps entier se consumait sous un regard invisible. Allait-il fusionner avec lui ?
Le Vulcain suspendit son geste à la dernière seconde en entendant la respiration saccadée de son capitaine qui anticipait le contact. La voix du second était tellement profonde quand il prit la parole à nouveau que Jim crut s'y noyer.
« La peur est un sentiment que nous analysons pour nous en défaire Jim. » Le regard de Spock s'ouvrit et ils échangèrent sans bouger, connecté au-delàs du visible. « Répondez à ma question. »
Ce n'était pas un ordre mais plus une invitation. Jim choisit d'y répondre avec honnêteté.
« Oui, bien sûr. »
Kirk garda le silence et rompit le lien visuel qui était beaucoup trop intense pour lui. Il roula dans le lit pour se retrouver sur le dos et passa une main nerveuse dans ses cheveux déjà en bataille.
« J'ai peur de me perdre moi-même parfois… »
Spock réagit à cette remarque par un petit frisson : Jim avait pu le sentir à sa manière de contracter son corps à ses côtés. Ils étaient à la limite de se toucher et le capitaine pouvait apprécier la chaleur brûlante du Vulcain contre lui. Il était enivré.
« Est-ce pour cela que vous ne dormez pas ? »
La question surprit encore Jim : Spock avait montré de l'intérêt pour sa santé ces derniers temps, mais il ne pensait pas qu'il s'en souciait tant. Il ne voyait aucun moyen d'échapper à la discussion hormis fuir physiquement. Il n'était pas un lâche. Il choisit donc d'être transparent autant qu'il pouvait car se livrer à Spock ne pouvait pas être une erreur. Il voulait de solides bases à leur relation, amicale ou non.
« En partie je pense oui. Je crois que mon histoire ne m'aide pas à avoir quelque chose à quoi me rattacher. Alors parfois, quand c'est trop de tout à la fois, je sombre un peu. »
L'aveu qu'il venait de faire le surpris lui-même et il se sentit bête de se confier ainsi. Il commença un mouvement pour s'enfuir mais le corps souple de Spock au-dessus de lui l'en empêcha totalement. Il n'y avait toujours aucun contact entre leur peau mais le cœur de Jim semblait vouloir s'arracher de sa cage thoracique. Il était en train de perdre le contrôle de la situation. S'il l'avait eu une seule seconde depuis hier soir.
« Sombreriez-vous moins si je vous retenais ? »
Jim devait être en train de rêver, ce n'était pas possible qu'une telle chose se produise réellement. Il avait déjà rêvé de son second, il commençait à en avoir l'habitude. Cependant ses rêves en général étaient moins chastes… Il tendit alors la main pour caresser doucement les oreilles du Vulcain comme il en avait envie depuis maintenant des mois et se mit à rire. Son rire était un peu fou et le regard consterné de Spock lui donna envie de rire encore plus. Il se calma toutefois en entendant son second ronronner sous ses doigts.
« Mes rêves sont de plus en plus étranges… »
Son murmure se perdit dans la chambre.
« Votre remarque est tout à fait illogique. »
« Hum ? » Demanda un Jim distrait alors qu'il jouait avec grand plaisir avec la peau soyeuse du pavillon pointu de Spock.
Il força ensuite son second à se redresser et s'asseoir dans le lit pour se mettre en face de lui. S'il rêvait, autant en profiter à fond ! Il lui attrapa les mains et frotta lentement la pulpe des doigts un peu verts contre les siens. Le corps de Spock fut parcouru de frissons mais il ne se retira pas, confirmant au capitaine qu'il était en plein délire.
« Comme cela m'a manqué… J'en reviens pas de dire ça mais dommage que je dorme. »
Un rire triste lui échappa alors qu'il gardait les yeux fixés sur leurs mains liées.
« Je maintiens que votre remarque est illogique Jim. » Ajouta encore le Vulcain d'une voix éraillée.
Décidément, Jim adorait ce que son imagination créait : c'était plus vrai que nature et délicieux à entendre.
« Pourquoi donc Monsieur Spock ? »
« Parce que vous ne pouvez pas dormir et rêver si je suis moi-même conscient. »
La logique brutale de la réponse fit prendre instantanément conscience à Jim qu'il ne rêvait pas. Cela créa une intense vague de panique en lui, et, réalisant ce qu'il était en train de faire, il stoppa tout mouvement envers son second, les yeux écarquillés. Il fixait Spock comme si c'était un extraterrestre. Oh bordel, il était un extraterrestre, pensa confusément l'humain en lâchant les mains liées aux siennes pour tenter une manœuvre de fuite.
Peine perdue cependant car Spock ne le laissa pas faire : il le retint en le clouant au lit de toute la force de son corps fin mais musclé. Bien plus fort que les humains, Jim ne pût rien faire. Il était tout simplement mortifié et terriblement excité par la situation.
« Pourquoi tenter de vous enfuir maintenant ? » Comme il n'y eût aucune réponse, le Vulcain continua. « Vous semblez tout à fait connaître la signification de vos gestes envers mon espèce et pourtant cela ne semblait pas vous déranger quelques secondes avant. »
Jim n'arriva à murmurer uniquement un « En effet », ne sachant pas du tout comment réagir. Il percevait le souffle incandescent de Spock sur son visage et il n'arrivait plus à réfléchir.
« Puis-je ? »
Spock lui présentait deux doigts qu'il approcha de la tempe gaude du capitaine. Jim ne savait pas comment réagir : il avait terriblement envie de fusionner mentalement avec Spock mais en même temps, il était inquiet du résultat. L'inconnu des réactions du jeune Vulcain le paralysait.
Son second attendait patiemment l'autorisation du capitaine pour entrer dans son esprit et ainsi éviter de le violer. Car la fusion mentale vulcaine était vraiment un geste particulièrement intime et le faire sans un consentement mutuel était une véritable agression pour ses paires. Jim reprit son souffle et ferma les yeux tant il avait envie de pleurer à cet instant.
« Je ne suis pas sûr que tu y trouves les réponses que tu désires… »
Le tutoiement fût naturel pour eux deux et la voix tremblante de Jim n'empêcha pas Spock d'approcher ses doigts assez du visage à sa portée jusqu'à effleurer la peau avec respect.
« Laisse-moi en juger. »
Spock récita les paroles traditionnelles de son peuple alors qu'ils entraient en contact.
« Ton esprit dans mon esprit, mon esprit dans le tien. »
Des milliers d'images et de sensations se superposaient dans son esprit et il eût l'impression de quitter son propre corps pour aller ailleurs. Avec Spock. La première fusion était toujours la plus forte, il le savait, et même avec Prime, cela n'avait pas été aussi puissant. C'était nouveau, terriblement grisant et Jim se sentit enfin complet.
Il se vit alors lui, le petit enfant hyperactif et maigrichon, acculé par les remarques sur son père et désorienté par les problèmes dépressifs de sa mère, oscillant entre petits larcins et un besoin maladif de reconnaissance. Il revit la main tendue de Pike lors de son enrôlement dans Starfleet et sentit son envie de faire ses preuves, ainsi que sa difficulté parfois à vivre avec l'image que les gens se faisaient de lui à l'Académie comme étant un coureur inconséquent. Puis il y eût son attirance violente pour Spock dès leur première rencontre, sa fusion mentale avec Prime et tout ce que ça avait remis en question pour lui, son bonheur de sauver la Terre en devenant capitaine mêlé à la culpabilité écrasante de n'avoir pu sauver Vulcain. Il ressentit aussi tout son amour et sa fierté pour son équipage ainsi que la croissance inarrêtable de ses sentiments et son désir pour Spock et ce malgré toutes les barrières. Il vit son déchirement à la mort de Pike et la sensation d'avoir perdu tous ses repères. Et sa mort, à nouveau, ainsi que son retour à la vie puis sa difficulté à accepter la dépression et les émotions ambivalentes envers la mission d'exploration de cinq ans.
Sa tête était lourde et sa respiration courte. Il entendit confusément Spock gémir entre souffrance et contentement mais il n'était sûr de rien. Il y avait trop de choses en même temps. Ce fût comme si le lien les reliant changeait de position et un flot d'images et de sensations ne lui appartenant pas entrèrent en lui.
L'enfant qu'il voyait était Spock, il en était intimement persuadé. Il semblait ressentir un tourbillon de pensées, petit enfant coincé entre deux civilisations : la peur de décevoir son père ou de renier sa mère l'envahissaient peu importe les choix qu'il pouvait faire. Les émotions étaient tellement fortes que Jim avait l'impression que son cœur allait exploser. Il vit les brimades des camarades vulcains, son envie de devenir un être parfait pour satisfaire les attentes de ses paires, la déception après toutes ses années lors de son acceptation à l'Académie Vulcaine qui avait insulté avec une telle violence ses origines… Puis il eût la fierté d'être engagé chez Starfleet, les cours à l'Académie qu'il dispensait, son engagement de plus de dix ans de Pike, la relation avec Uruha… Une colère sourde l'emplit pour illustrer leur première rencontre et s'accompagna d'une haine viscérale envers les Romuliens. Ce fût ensuite une peine sans limites qui l'assaillit alors qu'il se rendait enfin compte de ce qui avait été perdu : un monde et une mère, plus rien n'était pareil après une telle expérience. Jim sentit une larme couler sur sa joue. Son cœur s'emplit de fierté ensuite lorsque Spock devint son second, totalement émerveillé par l'humain qui dirigeait l'USS Enterprise. La fureur revint sans bornes lors de la mort de Jim et le soulagement ensuite. Enfin, il y eût toutes les petites choses comme la jalousie envers son double, la réalisation de la dépression du capitaine et finalement, ses sentiments si forts pour lui que Jim avait l'impression de pouvoir les toucher du doigt.
Quand Jim ouvrit enfin les yeux après ce voyage édifiant, ce fût pour plonger son regard dans celui d'un Spock toujours au-dessus de lui, le dominant complétement. La même unique larme avait coulée sur leur joue. Jim sentait l'esprit du Vulcain caresser le sien et il n'y avait pas besoin de parler plus.
« Merci T'hy'la. »
Voilà. Je l'ai fait. Ce fandom m'a beaucoup inspiré et j'espère que ce que j'ai produit ici vous plaît. Une petite review peut être pour me dire ce que vous en pensez? :)
Prochain chapitre avec bien entendu un lemon.
Pouic toute émue d'avoir écrit tout ça et qui retourne étudier l'anatomie vulcaine hahaha
