Hey everybody! I'm come back! Aujourd'hui (ou plutôt ce soir) je suis à Londres pour ma dernière journée en Angleterre! C'est la première fois que j'y viens et tout voir en 24h bah..ça fait mal aux pieds ^^ C'est quand même un super voyage duquel je retiendrais surtout les paysages, le tea time (avec les gâteaux!*o*) et les phrases cultes de ma mère qui n'a aucun sens de l'orientation et qui était pourtant le co-pilote en voiture XD
Enfin assez parlé de mon aventure anglaise, vous n'avez pas été délaissés loin de là croyez-moi :D J'ai beaucoup beaucoup travaillé pour vous cette semaine, promenant partout avec moi mon grand bloc-notes dédié à cette fanfiction (pour vous dire qu'il a bien voyagé le petit ;) ). L'intrigue de l'histoire est faite jusqu'à...loin et mon bloc renferme tous les chapitres écrits jusqu'au chapitre huit (neuf si je divise un chapitre ^^). Oui oui l'Angleterre m'a bien inspirée et toutes vos reviews que je lisais (grâce au super portable avec internet de mon père) m'ont beaucoup motivée. Merci à tous pour tous vos gentils mots qui m'ont fait chaud au coeur :D A présent il n'y a plus qu'à taper (de longues heures en perspective...)!
Trêve de bavardages, je profite de la wifi de l'hôtel pour publier la fin du chapitre III. J'espère que l'attente n'aura pas été trop longue (que personne n'est mort à cause de moi :o) ^^
BONNE LECTURE A TOUS!
Chapitre III : «Un Phantomhive n'oublie jamais »
- Sébas…tian.
Son majordome toujours aussi élégant dans un costume noir taillé sur mesure lui faisait face. Il arborait son air avenant quotidien : ses yeux pourpres le contemplaient tendrement, son sourire le rassurait. Enfin il était là, après tous ses appels répétés et restés sans réponse…
Sébastian observait le jeune comte accroupit au fond de sa cage. Il voyait la détresse qu'il essayait de dissimuler dans ses grands yeux bleu marine qui le fixaient. Ciel tentait de reprendre contenance mais son étonnement face à lui était complet. Doucement, le démon approcha sa main gauche marquée du pacte sur la serrure et en fit tourner la clé qui s'y trouvait. La porte à barreaux s'ouvrit.
- Venez bocchan, dit-il de sa voix mélodieuse en tendant sa main vers lui.
Le regard du plus jeune fit l'aller-retour entre la main et le visage « angélique » du démon. Sans plus réfléchir, Ciel se baissa et marcha à quatre pattes jusqu'à la sortie de la cage. Il se redressa, quelques mèches barraient son visage.
- Tout va bien bocchan, c'est moi.
Le comte hocha la tête, frissonnant. C'est vrai que c'était…Sébastian. Ciel se jeta dans ses bras. Il ferma les yeux. Son odeur démoniaque l'enivrait, il était enfin en sécurité. Sébastian fut tout d'abord étonné mais se laissa rapidement amadoué par le premier signe d'affection que lui portait son maître. Lui d'habitude si froid et mystérieux s'ouvrait devant ses yeux à d'autres sentiments que la colère et la haine. Cette nouvelle facette de sa personnalité acheva de faire fondre le cœur du diable qui se laissa aller à quelques caresses pour le plus jeune, passant une main dans ses cheveux gris perle. Un tendre sourire apaisait ses traits.
- Pourquoi es-tu parti Sébastian ? Pourquoi ne répondais-tu plus au pacte ?
Ciel retrouvait espoir grâce à Sébastian. Toutes ses questions allaient enfin pouvoir trouver des réponses. Ils étaient comme deux pièces de puzzle, s'assemblant, se complétant. Il faillit sourire à cette pensée.
- Je suis là bocchan. Vous n'avez plus rien à craindre, murmura le démon sans cesser ses douces caresses.
Ses doigts dansaient dans la chevelure du jeune homme qui se surprit à aimer ça. La proximité avec son majordome, sa joue posée contre sa chemise, les battements de son cœur contre son oreille, l'odeur de son serviteur qui le submergeait,…Il chérissait tout cela. Il s'offrit cet instant de tendresse, prenant pour excuse la fatigue et la peur. Pourtant ce moment ne lui fit pas totalement oublier la réalité. Il releva les yeux sur le diable qui l'observait en silence.
- Pourquoi suis-je ici Sébastian ? Ces gardes…ils n'ont rien voulu me dire et ils…t'ont appelé « Maître » ?
L'effroi fut total lorsqu'il se souvint de ce détail. Oui, c'était lui le Maître dont il était destiné à être le jouet ou le met selon son désir. Ciel voulu soudain fuir les bras de l'homme mais il le retint. La main droite, aux ongles vernis de noir, de Sébastian s'était refermée sur son bras doucement mais fermement. Il lui faisait comprendre par là qu'il ne lui échapperait pas quoi qu'il arrive.
- Sébas… !
Ciel n'avait pas fini de protester que son majordome avait passé sa main libre sous son menton qu'il releva délicatement. Sa voix mourut dans sa gorge…des rougeurs s'étaient épanouies sur ses joues. Sébastian sourit de voir son maître si effarouché par ce contact. Son pouce caressait la mâchoire du comte sur ses gardes. Les deux hommes se dévisageaient, mêlant crainte et méfiance à la tendresse et à la domination.
- Vous ne vous souvenez donc de rien Monsieur ?
- Me souvenir ? Mais de quoi ?insista l'enfant de plus en plus perdu et qui commençait à s'impatienter.
- Vous ne vous souvenez pas, conclut le majordome d'un air désolé bien qu'une pointe de soulagement y brilla.
Après avoir éludé la question sur sa disparition, que cherchait encore à lui dissimuler ce diable de majordome ? Le regard de Ciel se durcit.
- Mereda Sébastian ! Fais-moi retrouver la mémoire !
Le sourire du plus âgé s'élargit. Il n'aurait pu espérer meilleur ordre de la part du jeune comte. Son rire était intérieur : Il l'avait mené là où il avait voulu et il était tombé dans son piège. Il savait comment arriver à répondre à cet ordre.
- Yes my Lord, répondit le majordome en se penchant sur son jeune pactisant.
Les quelques centimètres qui les séparaient l'un de l'autre furent rapidement comblés. Sébastian scella ses lèvres à celles appétissantes du jeune homme.
- Mais qu'est-ce-que… ?s'exclama le maître en tentant de repousser son vis-à-vis.
Il frappait des pieds et des poings sur son majordome trop entreprenant à son goût. Malheureusement, il ne battait que de l'air face à ce diable qui esquivait ses coups. Ses exclamations furent étouffées par le baiser de son serviteur qui se faisait de plus en plus pressant. L'une de ses mains glissa sur la joue neigeuse du jeune alors que l'autre descendait dans son dos pour rapprocher leurs deux corps.
- Hmmf, gémit-il en se cambrant.
Il s'empourpra d'avantage par cette proximité charnelle et par le bruit que Sébastian avait réussis à lui soutirer. Ciel avait cessé de luter et laissait faire son serviteur. Cet attouchement, bien qu'indigne d'un homme de son rang, n'était pas pour lui déplaire.
« Sébastian… »
« Bocchan. »
La langue de Sébastian vint caresser la bouche rosée du plus jeune pour en réclamer l'accès. Fermant les yeux, le jeune comte ouvrit ses lèvres, voulant connaître le goût des siennes. Sa langue effleura la peau glacée du diable. Une décharge se propagea soudain en lui. Ces lèvres, cette langue, il les connaissait.
Les souvenirs de la veille remontèrent à la surface dans un méli-mélo d'images qui le laissèrent bouche-bée. Sébastian se recula, brisant leur baiser et laissant son maître submergé par le flot de ses souvenirs retrouvés. Ciel regrettait déjà son ordre. Il aurait préféré tout oublier…
« Ciel ricana. Il ne s'était pas encore rendu compte de la transformation du démon sous sa poigne.
- Bon chienchien Sébastian.
Une main aux griffes noires acérées se referma sur sa main. Surpris, il l'ouvrit lâchant par la même occasion la prise qu'il avait sur les cheveux. Entre ses doigts se trouvait à présent une plume de corbeau. Le comte baissa les yeux sur son majordome. Un plumage noir le recouvrait tout entier. Il voulut se reculer quand deux grands yeux rougeoyant se posèrent sur lui ce qui le figea net dans sa fuite. Un large sourire fait de crocs aiguisés perça à travers l'épais duvet. Ce sourire lui était destiné.
Dans un mouvement délibérément lent, le démon se releva, dominant le plus jeune de toute sa hauteur. Plus rien en lui n'était « Sébastian ».
- La nouvelle apparence de votre animal de compagnie vous convient-elle bocchan ?demanda la créature d'une voix malfaisante.
Avant même que Ciel n'ait pu répondre (s'il y parvenait seulement), les ongles affûtés pénétrèrent la fine peau de sa main. Il voulut crier mais il fut projeté d'un coup contre le mur. Son dos percuta brutalement le mur, vidant ses poumons d'airs et étouffant son cri avant qu'il n'ait pu franchir ses lèvres. Le petit corps retomba à terre dans la seconde. Ce serait donc une torture silencieuse que lui ferait subir le démon pour ne pas alerter les trois autres domestiques qui traînaient surement quelque part dans la maison.
- Alors Monsieur vous restez muet ?l'interrogea le démon en se rapprochant juché sur ses talons aiguilles en latex souple.
Ciel essaya de retrouver sa respiration, les joues rouge de colère. Il s'empêchait de regarder le monstre qui lui faisait face. Sébastian, sous sa forme humaine, lui avait toujours dit que son enveloppe démoniaque faisait fuir même les plus téméraires et il était impensable qu'un Phantomhive prenne la fuite. Le comte porta une main à sa gorge dans laquelle son souffle restait bloqué. Il n'eut pas le temps d'esquisser un geste pour se relever que le démon revenait déjà à la charge. Il l'empoigna par le col de sa chemise et le releva pour le cogner encore.
- Sébas…, voulu protester le plus jeune en usant de ses dernières forces pour l'arrêter.
Le démon le cogna de nouveau. S'il pouvait parler, le jeune homme pouvait encore supporter les coups. Sa victime se débattit pour lui échapper. Les griffes du diable s'allongèrent pour transpercer la chemise et atteindre la peau enfantine qu'elles entaillèrent. Cette fois-ci le cri fut strident mais très nettement amoindri par la main de l'homme qui se posa sur la noble bouche grande ouverte. La chemise auparavant immaculée se tacha peu à peu du sang écarlate qui excita les sens du diable.
- Vous étiez dans le même état lorsque nous avons passé notre pacte bocchan. Tout du moins, aussi désespérément faible, rit-il.
S'en était trop ! Le jeune maître releva vers son tourmenteur un regard froid et emplie de défi. Il osa plonger son regard bleuté dans le rouge du sien, affrontant les iris du félin. Celui-ci sourit, passant sa langue mutine sur ses dents. Il était affamé et cela se lisait dans son regard.
- Oh Monsieur si vous saviez à quel point ce regard m'emplit de désir et d'envie à votre égard…
L'enfant écarquilla les yeux. Qu'avait-il osé dire ? Il sentit les griffes se retirer de son épaule laissant sur son passage sa chemise ensanglantée. Il serra les dents pour supporter la douleur languissante dans sa clavicule.
- Et ce sang…, murmura-t-il en portant ses ongles tintés de rouge à ses lèvres étirées.
Il les glissa dans sa bouche et les suçota en dévorant sa proie du regard. Ciel le regardait choqué et dégoûté par ce que son si parfait serviteur, sous sa forme bienfaisante, pouvait faire lorsqu'il ne se contrôlait plus. Ce n'est qu'alors qu'il prit conscience de la situation.
- N'est qu'un avant-goût de l'âme qui m'est dû.
Son âme ? Il était hors de question que cette créature sans foi ni loi la lui ôte de cette manière après ce qu'il lui faisait subir ! De plus, sa vengeance n'était pas accomplie il n'était donc pas dans son bon droit.
Sa pensée à peine finit, le plus jeune se rendit compte qu'il avait été déplacé. Certes le démon le surplombait toujours mais ils se trouvaient à présent sur le canapé, lui allongé sur le dos et l'autre à quatre pattes sur lui, ses mains posées de chaque côté de son visage.
- Je suppose que vous aurez compris qu'il n'est ni dans votre intérêt ni dans l'intérêt de vos domestiques d'appeler à l'aide, susurra l'infamie à son oreille.
Le coin des lèvres du plus jeune se releva dans un sourire sarcastique. Le duel pouvait commencer.
- Je suppose que tu as compris qu'il n'est pas dans ton intérêt de prendre mon âme avant d'avoir accompli ma vengeance. Ces cinq années de servitude n'auraient servis à rien et mon âme serait bien amer pour ton palais exigent.
Le démon pinça les lèvres du plus jeune entre ses griffes, le contraignant une fois de plus au silence.
- Je trouve que vous parlez beaucoup pour quelqu'un qui risque la mort à chaque instant.
Il se dégagea.
- La mort ne m'a jamais fait peur tu devrais le savoir depuis le temps démon, répondit-il avec un sourire hautain.
Ciel était persuadé que ne pas avoir peur de la mort le protégeait de tout. Il avait tort. Son vis-à-vis avait eu tout le temps d'analyser la carapace qu'il s'était forgée durant ses cinq longues années jusqu'à en connaître chaque point faible, chaque point fort, chaque stratégie de conservation, tout.
- La mort peut-être pas, mais la perte ou la dégradation de votre honneur oui My Lord, s'amusa-t-il.
Le sang du jeune se glaça dans ses veines. Il ne pouvait pas faire une telle chose... La splendeur de son blason avait déjà été par trop de fois entachée et exposée à la honte par des personnes dont Ciel avait à présent juré la mort. Ces personnes qu'il revoyait dans ses cauchemars…Mais qui irait affronter un démon en son nom ?
Un coup de langue sur son lobe d'oreille le fit émerger de ses pensées. Son regard revenu à la réalité fixa méchamment la créature qui le surplombait.
- Je t'in…
L'ordre naissant fut étouffé par les lèvres sournoises qui écrasèrent les siennes. Il voulut frapper ou éloigner son dominant mais les membres couverts de plumes jusqu'aux griffes bloquèrent ses poignets, l'immobilisant. Il referma également ses cuisses autour des hanches graciles, les collants entre-jambes contre entre-jambes. Ciel se tortilla pour s'échapper tant qu'il le pouvait de son emprise. Innocent, il ne s'était pas douté un instant que ses mouvements de fortement exciteraient la chose au-dessus de lui. Celle-ci émit un râle de plaisir tout en laissant glisser les ongles de sa main libre sur la jambe nue du garçon.
- Vous êtes si excitant lorsque vous vous débattez pour atteindre le seul fil d'araignée restant. Mais il n'y en a plus. « Sébastian » était votre dernier secours face à moi et vous l'avez fait partir.
D'un seul geste du démon, l'enfant se retrouva allongé sur le ventre, la tête enfouie dans un oreiller en soie gris. Il sentit le malin abaissait son short après avoir défait les boutons qui le retenaient. Son caleçon suivit presque aussitôt. Le jeune voulut protester mais l'autre tenait son bassin relevé d'une main de fer. Ses griffes près de sa peau d'ivoire menaçaient à tout moment de s'y enfoncer. Ciel paniquait mais s'empêchait de faire le moindre bruit pouvant le trahir. Quant au démon seul son plaisir conterait lorsqu'il prendrait cet enfant arrogant sous peu.
- Sébastian ne fais pas ça.
Il rit.
- Essayeriez-vous de négocier dans la situation où vous vous trouvez Monsieur ? Admettriez-vous votre faiblesse ?le questionna le majordome railleur.
Les poings du comte se serrèrent sur l'oreiller. Il hocha la tête.
- Oui je le reconnais, tu es plus fort que moi.
- Qu'il peut être bon de vous voir si humble Monsieur. Malheureusement pour vous je ne m'arrêterais pas là. Pas cette fois. Oh non bocchan. Je vais vous prendre ici, maintenant. Je vais vous prendre violemment et vous souffrirez tellement que jamais vous n'oublierez ce jour. M'avez-vous bien entendu ? Jamais.
Ces paroles prononcées sonnèrent comme une promesse aux oreilles du jeune. Il s'agita vivement pour échapper à l'étreinte autoritaire que l'autre avait sur lui. Une main se posa sur sa nuque et lui enfonça la tête dans le coussin puis il perçut le son d'une braguette que l'on ouvrait. Un bout de peau dure exerça une précision sur son derrière. N…
- NON !cria-t-il quand le malin le pénétra d'un coup de reins.
Le membre durci du démon avait forcé l'anneau de chair serré. Le comte se cambra violemment et cria lorsqu'il sentit sa peau comme arrachée par la chose. Un filet de sang en sortit pour le plus grand plaisir du dominant qui n'attendit pas que le jeune s'habitue à sa présence pour continuer ses coups violents en lui. Des larmes perlaient aux yeux du jeune qui cherchait désespérément à s'échapper en se tirant vers les bords du canapé.
- Où croyez-vous aller comme ça ?lui demanda l'autre en attrapant ses avant-bras qu'il tira d'un coup sec, le faisant tomber en avant tout en s'enfonçant d'avantage en lui.
Les coups de butoir en lui redoublèrent, plus violent encore.
- Mmm tu es si étroit…
L'enfant cria dans l'oreiller pour ne pas alerter ses domestiques. Il n'était plus dans son intérêt qu'ils le voient dans cette position si indécente avec un autre…non avec une créature inhumaine. Si son étroitesse à ce niveau était un délice pour le diable c'était une pure torture pour lui. Il se tendit encore, accroissant la torture qui lui était infligée.
- Mmmm…reste ainsi c'est parfait, ronronna le démon en se frottant tout son soûl contre le corps de sa victime.
Ciel se tortillait sous lui tentant de se défaire de sa prise. Les vas et viens étaient toujours plus profonds, toujours plus fermes et toujours plus rapides. Il se sentait déchiré de l'intérieur et ce par la seule personne qu'il aurait pu appeler au secours. Il se recroquevilla mais le démon releva ses fesses pour avoir un meilleur accès à son trou. Ciel se dit que plus le démon en aurait pour son compte plus ses tourments finiraient rapidement. Il ne bougea plus, tentant de penser à autre chose. Malheureusement, son esprit ne semblait pas décidé à quitter ce corps brutalisé.
- Tu devrais y prendre du plaisir. Toutes mes conquêtes m'ont dit que j'excellais en la matière.
- Tu me…Gnnn !geignit Ciel sous la douleur.
Comment pourrait-il y prendre du plaisir, lui qui se faisait violer ? Il souffrait le martyre.
« Reviens Sébastian »Pensa-t-il aussi fort que ses cris.
Le supplice dura quelques minutes encore, toujours aussi offensif. Lorsqu'enfin le démon atteint l'apothéose dans la terreur et la douleur de sa proie, il se déversa à l'intérieur de lui dans un ultime râle de plaisir. Ses ongles s'incrustèrent dans les hanches et le dos du plus jeune mais aucun cri ne répondit au supplice. Pourtant Ciel était là. Il subissait tout cela, lui le jouet sexuel impuissant. Il sentit le liquide de son agresseur couler en lui. Il sentait les blessures physiques infligées mais elles semblaient loin camouflées par les blessures psychologiques trop importantes. Ciel ne semblait plus vraiment là, dans ce corps manipulé à sa guise par l'infâme. Il ferma les yeux, resserrant entre ses bras le coussin en soie.
- Tu es délicieux, je regrette de ne pas t'avoir baisé avant.
Le démon retourna l'enfant sur le dos. Il attrapa les fines chevilles et lui écarta les jambes. L'enfant se laissa faire, il n'était plus rien à part douleur peut-être.
- Oh tu as pleuré, dit le malin en passant sa main sur le visage brisé de l'enfant. Regarde-moi que je vois s'éteindre en toi la flamme de fierté qui brulait dans tes yeux.
Les larmes coulaient à travers les paupières closes, passant sur deux lèvres frémissantes et continuant leur course sur les courbes arrondies des joues de porcelaine. Certaines arrivaient jusqu'au menton, roulaient sur le cou avenant et exposé. D'autres déviaient avant. Ce fut le cas de l'une d'entre elles recueillit au milieu de la joue pâle par une griffe.
- Ouvre les yeux mon mignon.
Il déglutit. Et sans savoir pourquoi, ses paupières se soulevèrent, révélant à l'unique créature présente ses iris bleutées noyées par les larmes. Plus de joie, plus de haine, plus de colère,…Non, plus rien ne transparaissait dans ce regard. Vide. Quelque chose était mort ce jour-là sous le désir intarissable de la Bête. Le regard se fit miroir du vis-à-vis démoniaque. Il était grand et musclé. Son visage, caché sous des éclats de rubis assortis à ses prunelles en guise de sourcils, était encadré par une longue chevelure de plumes noires dégringolant jusqu'à ses reins. Elle constituait d'ailleurs son seul habit cachant un torse blanc neige où se croisaient deux ceintures de cuir sombres et cloutées. Son cou se fondait dans celle-ci puisque constitué d'une cascade de plumes noir aux reflets pourpre où s'emblaient briller quelques rubis égarés. Au niveau de son nombril, des onyx se mêlant à de nouvelles plumes. Ces-dernières concevaient le haut du pantalon en latex ébène qui englobait les talons aiguille du démon.
Il se pencha sur sa proie dont les larmes trahissaient encore un soupçon de vie. Le regard éteint refléta deux iris écarlate soulignée par de longs cils noirs.
- Tu n'es plus rien, lui souffla-t-il au creux de l'oreille. Plus rien à part MA chose.
La patte marquée du sceau se posa sur l'œil qui en était la paire.
- Tu es à moi Ciel Phantomhive. MEREDA !cria-t-il en partant d'un rire cruel.
Les symboles se mirent à briller simultanément alors que la créature s'esclaffait à gorge déployée tous crocs sortis. Le jeune sentit une vive douleur dans son œil comme-ci l'on essayait de le lui arracher. S'il avait pu, peut-être aurait-il pensé : « Une torture de plus… ». Mais il ne pensait pas, il ne bougeait pas. Il n'était plus rien alors qu'une coquille vide à la dérive.
Il perdit connaissance. »
Ses yeux s'ouvrirent sur un symbole du pacte inversé. Sébastian le fixait d'un regard impatient tout en appréhendant la suite. Il s'était senti obligé de tout lui rappeler. Les conséquences ne se firent pas attendre. Le temps de quelques secondes les images étaient revenues à la surface, faisant revivre la scène au garçon terrorisé. Comment avait-il pu oublier une telle trahison de la dernière personne en qui il avait pu avoir confiance ? Simultanément, il se rappela le signe d'affection qu'il avait donné au démon précédemment et le soulagement (la joie peut-être ?) qui l'avait envahi lorsqu'il s'était retrouvé dans ses bras. Il se dégouta. D'un coup il se propulsa loin du démon, contre une colonne de marbre. L'autre ne chercha pas à le retenir il s'attendait à cette réaction. Ciel ramena ses jambes à lui, les serrant très fort de ses bras en position d'ultime défense. Il était pourtant trop tard, l'agression avait déjà été commise. Il tremblait de tous ses membres. Sa tête vint clore cette carapace humaine en se posa sur ses bras, le visage vers l'intérieur. Une goutte coula sur le genou imberbe.
- Votre punition m'a fait perdre la raison, débuta l'homme d'une voix posée, plate sachant que l'autre ne prendrait pas la parole. J'ai déjà fait trop de concessions dans ma longue vie. J'ai maintes fois mis mon égo et ma superbe de côté surtout depuis que nous nous sommes rencontrés.
Il le fixait, guettant la moindre réaction de la part de son locuteur. Ses espoirs furent vite déçus. Il continua néanmoins.
- Mais il n'a jamais été vu qu'un démon de mon rang pouvait ainsi être traité de chien. Je sais que cela vous amusait mais il n'en a pas été de même pour ma fierté.
La voix du démon semblait être une mélodie dont le jeune n'était pas sûr de saisir toutes les paroles. Elle n'était, à vrai dire, qu'un fond sonore aux images cauchemardesques qui repassaient en boucle dans l'esprit torturé.
- Je dois dire…
Du sang…
- Que je me suis surpris.
Ses griffes…
- Je ne vous avais jamais voulu de mal.
Son rire…
- Seule votre âme m'importait.
La peur…
- Je me suis…
La douleur…
- Attaché à vous durant ses cinq…
Insupportable.
- Dernières années passées à vos côtés.
Sa fierté…
- Ma véritable nature a dû reprendre le dessus.
Brisée.
- Je m'en excuse.
Morte.
Le démon ne percevait aucune réaction extérieure de la part du comte. Pourtant le pacte et le lien qui les unissait le faisait ressentir tout l'inverse. Il savait que ses mots avaient un impact sur lui. Sa main se leva, se dirigeant jusqu'à la chevelure puis s'abaissa. Non, il était trop tôt pour cela. Il soupira. Un bruissement de tissu se fit entendre lorsqu'il se releva.
Ciel ne bougea pas, proie exposée et vulnérable.
- J'ai inversé le pacte qui nous liait dans ma colère. Vous m'appartenez à présent et pas uniquement votre âme. Vous me devez obéissance en tant que serviteur du maître que JE suis.
Là encore le comte n'eut aucune réaction. Le démon sembla troublé. Jamais il n'avait pu observer son ancien maître dans une telle situation. Même sous la torture des nobles sectaires, Ciel avait su puiser la force restante qui lui permettrait de se battre. N'était-ce plus le cas ? Avait-il…abandonné la partie ?
- Je vais vous laisser assimiler tout cela, la nuit porte conseil.
Des pas. Son souffle enfouit dans ses bras était hiératique.
- Je vous ai laissé là le chandelier allumé. Bonne nuit.
La porte se referme comme son esprit. Seul, oui il l'était.
A suivre…
