After the storm
Elle se jeta sur Jane, saisissant le téléphone au passage, et s'enquit de l'étendue de ses blessures. Du sang, encore et toujours du sang. Elle appuyait pour le stopper et parlait continuellement à Patrick, l'encourageant à rester conscient. Elle appela les secours, puis la police et surtout Cho, qui savait gérer son calme dans des moments aussi tragiques.
Lisbon: - Hey! Regardez-moi! C'est bon, tout va bien. L'ambulance arrive. Promettez-moi de vous battre et de résister! Non, ne fermez pas les yeux, s'il vous plait! Patrick! Pitié, faites-le pour moi!
Jane: - J'en ai ...pas déjà ...assez fait?
Il était haletant, cherchait Lisbon des yeux, il voyait momentanément des formes troubles.
Lisbon: - Si, bien au contraire, et je vous en remercie infiniment. Mais maintenant, il faut faire un dernier effort et me promettre de rester avec moi. D'accord?
Lisbon n'en pouvait plus, elle fondit en larmes tout en maintenant sa pression sur la blessure de Jane. Elle avait du mal à se concentrer. Elle avait du heurter quelque chose en tombant, évanouie car du sang coulait à présent sur son visage. Pas de traumatisme crânien, pitié!
Jane: - A quoi bon? J'ai obtenu ... ce que je désirais ... par procuration ... mais quand même! J'ai ... pas grand chose à faire ici ...
Lisbon: - Je vous en prie, arrêtez de raconter des inepties pareilles, vous savez très bien qu'on a besoin de vous pour rendre ce monde meilleur, un peu plus chaque jour, pour boucler les grands méchants et les éloigner de nous. Et vous avez toute votre vie devant vous! Vous avez des amis maintenant, ne le niez pas, vous nous aimez. On est une équipe, une sorte de famille! Alors restez conscient et restez en vie pour pouvoir m'attirer des ennuis chaque jour auprès des patrons, mais aidez-moi avec ma névrose et mes problèmes, parce que même si je dis que je n'aime pas ça, j'en ai besoin, Patrick. J'ai vraiment besoin de vous!
Jane: - Moi aussi..
Lisbon: - Quoi?
Jane: - Moi aussi ... besoin de vous ... fixer les limites ... montrer le vrai Jane ... j'adore quand vous me tenez tête même quand vous savez que j'ai raison.
Lisbon: - Vous voyez ? On a besoin de l'autre. Ça marche comme ça quand on tient à quelqu'un, quand on l'aime! Restez avec nous...je vous en supplie... restez avec moi!
Jane: - I'll do my very best, my dear!
Pourquoi en anglais? Patrick était vraiment étonnant et amusant, même dans les moments les plus horribles, où elle ne pensait qu'à se retenir de pleurer ou de céder à toute autre émotion. Elle se pencha vers lui pour l'embrasser sur le front mais de sa main, dans un dernier effort, il lui fit dévier sa trajectoire. Leurs lèvres se touchèrent donc pendant quelques instants et, malgré quelques hésitations, Teresa lui rendit son baiser.
Jane: - Ah! Ça tient plus éveillé que tout votre baratin, n'empêche!
Elle lui frappa l'épaule « pour de faux », en souriant malgré la gêne. Elle ne réagit pas aux propos de cet imbécile mourant, dévalorisant tous ses efforts pour le garder en vie: elle avait pris l'habitude de ce jeu de la vérité. Il avait tendance à dire le contraire de ce qu'il pensait. Alors, quand il ne se disait touché par aucune de ses paroles, elle le prenait plutôt bien.
L'ambulance et Cho furent les premiers sur les lieux. Jane était bien amoché et lorsque l'urgentiste lui fit retirer la main de la blessure, le sang coulait de plus belle. Elle glissa à Jane quelques recommandations à l'oreille:
« Puisque ce baiser vous a plu, pensez-y. Dites-vous surtout que si vous décidez d'abandonner, vous ne goûterez plus jamais à ce plaisir simple et entier! »
Jane: - Bien reçu, mon caporal! Je me battrais pour ça, et pour plus!
Lisbon: - Qui vous dit qu'il y en aura plus, prétentieux? Vous avez vraiment intérêt de tenir, Jane! Revenez-nous vite!
Il lui fit son plus beau sourire, son sourire de tombeur qu'elle trouvait si drôle. Elle savait cependant que ses jours étaient en danger... Jane était bientôt en route pour l'hôpital.
Heureusement qu'elle n'avait pas encore prévenu Rigsby et Van Pelt! Ces deux-là n'auraient fait que retarder les urgentistes et tout aurait prit une tournure dramatique. Ce dont elle avait besoin, c'est la réserve respectueuse et professionnelle de Cho.
Ce dernier avait déjà analysé la scène du crime et s'était arrêté un moment dans son exploration pour observer John le Rouge. Celui qui avait volé à Jane ce qu'il avait de plus cher, et qui avait fait de même avec des dizaines de personnes, les plongeant dans une souffrance sans borne.
Lisbon: - Vous avez besoin d'éclaircissement sur le déroulement de ma séquestration et de la lutte entre Jane et ce fumier?
Elle le lui demandait sans vraiment vouloir lui en parler, une façon de se libérer de la pression qu'elle avait dans la poitrine. Il l'avait senti et c'est ce qu'elle appréciait en lui, sa pudeur et son respect pour la sienne, il déclina donc son offre d'un léger mouvement de la tête.
Lisbon: - La police ne va officiellement pas tarder à arriver.
Cho: - Je resterai ici pour les attendre et les aider. Je les enverrai ensuite vous parler. J'appelle un taxi. Vous allez tout de suite à l'hôpital.
Lisbon: - Oh! Non, je déteste les hôpitaux, ils me rappellent de trop mauvais souvenirs. Surtout lorsqu'on doit attendre que quelqu'un vous dise si un proche est plus proche de la vie ou de la mort, avec des pincettes à la place de phrases, toujours à s'excuser, comme s'ils étaient eux-mêmes responsables de l'état de la personne en question!... Non! Jane ne saura même pas si j'y suis ou non.
Cho: - Calmez-vous, chef. J'appellerai Van Pelt pour qu'elle se charge de prendre des nouvelles de Jane. Je parlais d'aller à l'hôpital pour vous occuper de vos blessures à vous. Vous êtes dans un sale état, je vous assure.
Elle prit alors conscience de sa difficulté à respirer, de ses brûlures dans les poumons, de ses côtes sûrement fêlées – l'avait-on battue sur le sol lorsqu'elle était inconsciente? Probable. Ses liens s'étaient bien miraculeusement détachés. - et de sa tête qui devenait lourde et qui saignait toujours. John le Rouge avait fait de sacrés dégâts sur son corps, mais elle avait l'esprit en paix. Elle souriait et s'effondra brusquement sur le sol.
Cho n'avait rien vu venir. Il appela une deuxième ambulance en essayant de réveiller Lisbon, qui avait l'air si paisible et si heureuse. Elle avait accompli sa mission et se sentait légère...
