Bonjour tout le monde! Nous revoilà après quelques soucis de logistique et de manque de temps... Je suis désolée que vous ayez dû attendre si longtemps. On va profiter de la fin de l'année pour (essayer) de reprendre un rythme de postage hebdomadaire. (Je motive implicitement mes troupes là xD) Finalement c'est moi qui ai traduit ce chapitre, et Amy se charge du suivant. Sash', tu fais le 6?

Merci beaucoup beaucoup à tous pour vos nombreuses reviews! On espère que vous êtes toujours avec nous.

Bonne lecture et vive les reviews!


Chapitre 4 : Traduit par Nanoushka.

C'est au milieu de la nuit que Tony sentit un léger mouvement au creux de sa main. Il s'était endormi, ses doigts emmêlés avec ceux de Ziva. Il sentit soudainement ses doigts remuer et se contracter autour des siens par intermittence. Il s'assit, encore un peu dans les vapes, cherchant ce qui l'avait dérangé, puis tout lui revint. Il réalisa soudainement qu'il ne s'agissait pas d'un rêve, que Ziva était réellement en train de mouvoir ses doigts, très légèrement.

- Ziva, l'appela-t-il doucement, se dépêchant de se lever pour se tenir au-dessus d'elle.

Il passa une main dans ses cheveux, ramena une mèche derrière son oreille, impatient de voir ses yeux s'ouvrir, signe irréfutable qu'elle serait revenue à la vie.

- Ziva, répéta-t-il, espérant ainsi la ramener d'où elle puisse bien être.

Ses paupières commencèrent à tressauter doucement, elle luttait pour ouvrir les yeux.

- Allez Zi, essaya de l'encourager Tony.

Son cœur se mit à battre la chamade, quand dans la pièce à peine éclairée elle fut finalement capable de garder ses yeux ouverts en une légère fente. Sa vue s'ajusta doucement sur le visage qui était penché au-dessus du sien.

- C'est moi, Tony, dit-il pour la rassurer.

Il ne voulait pas qu'elle ne se mette à paniquer, ne sachant pas où elle se trouvait ni en compagnie de qui elle était en train de se réveiller.

- Tu vas bien Ziva. Je reste là avec toi, promit-il dans un murmure.

Il lui sourit tout en pleurant. Ziva enroula ses doigts autour des siens et les serra légèrement en signe de reconnaissance avant que ses yeux ne se referment. Tony se pencha vers elle et déposa un léger baiser sur ses lèvres, qui laissa durer un peu plus que nécessaire.

- Je ne vais nul part, promit-il une fois de plus avant de se rasseoir et de reprendre son poste de gardien.

Il prit sa main dans la sienne et l'embrassa, puis s'adossa de nouveau contre sa chaise. Il se rendormit avec un léger sourire sur les lèvres, ignorant totalement que Gibbs et Schmeil se trouvaient tous les deux assis juste derrière lui. Ignorant qu'ils avaient été témoin du réveil de Ziva et de toute la scène qui avait suivi, ignorant le regard que les deux hommes s'étaient lancés.


- Junior, dit Anthony Sénior, le père de Tony, en secouant doucement l'épaule de son fils pour le sortir du sommeil. Junior.

Il entendit cette voix une seconde fois et se redressa soudainement, balayant l'espace du regard. Ziva était toujours inconsciente, paisiblement endormie dans le lit qui lui faisait face. Les bips réguliers du moniteur cardiaque emplissaient la pièce. Il passa une main sur son visage et jeta un œil à l'homme qui se trouvait en face de lui, de l'autre côté du lit. Dans la pièce sombre il cligna plusieurs fois des yeux.

- Papa? Interrogea Tony, se demandant s'il était toujours en train de rêver.

- Oui, Junior. Je suis venu dès que j'ai su. J'ai été dévasté d'apprendre la mort de Ziva, je me suis dis que tu n'avais pas dû prendre la nouvelle mieux que moi.

Les yeux de son père le quittèrent pour venir se poser sur la jeune brune allongée sur le lit entre eux deux.

- Je ne m'attendais certainement pas à la trouver vivante, ici, quand je suis arrivé après avoir vu les informations.

- Comment as-tu su? Le fait qu'elle soit toujours en vie est censé rester un secret. C'est le seul moyen de la protéger du fou furieux responsable de son état.

Tony était heureux de voir son père, mais craignait que la vérité concernant Ziva ne soit révélée et ne parvienne jusqu'aux oreilles de Bodnar.

- Je lui ai dis, intervint Gibbs, révélant sa présence derrière Tony.

Il surprit légèrement Tony, qui ne se doutait pas de la présence de son patron dans la pièce.

- On n'avait pas d'autre choix. Je ne pouvais pas justifier ton absence à ton père qui s'inquiétait sans lui dire la vérité. Je savais que tu n'allais pas quitter le chevet de Ziva, et je savais qu'il ne partirait pas tant qu'il ne t'aurait pas vu. Je l'ai amené jusqu'ici, je lui ai ce qu'il s'est réellement passé et pourquoi, pour l'instant, la situation doit rester telle qu'elle.

Tony acquiesça en signe de compréhension.

- Merci d'être venu Papa.

Il adressa un petit sourire au vieil homme, sentant un pincement de joie gagner son cœur à l'idée que son père ait fait le déplacement pour lui. Il avait bien besoin de sa présence dans un moment comme celui-ci, pour l'une des première fois depuis le décès de sa mère.

- Je suis content que tu sois là. Ziva le sera aussi quand elle se réveillera. Elle apprécie toujours de passer du temps avec toi.

- Et moi avec elle.

Anthony adressa un sourire à la jeune femme toujours allongée, puis fit le tour du lit pour se tenir aux côtés de Tony.

- Je n'ai pas de mots pour te dire à quel point j'ai été secoué quand je l'ai vue se faire tirer dessus aux informations et s'effondrer sur l'estrade, inconsciente et se vidant de son sang... quand j'ai appris qu'elle n'avait pas survécue.

Le père de Tony déglutit, les yeux humides, tentant de repousser ses larmes.

- Et puis j'ai essayé de t'appeler mais tu ne répondais jamais au téléphone... Je me suis fait du souci pour toi, Junior. Je n'osais même pas imaginer la manière dont tu devais réagir.

Il s'approcha et serra Tony dans ses bras. La peur de perdre son fils suite à cet événement était clairement visible dans la façon dont il le pressait contre lui, ainsi que dans le regard qu'il lança à Gibbs.

- Oui, je suis désolée de ne pas t'avoir répondu Papa.

Tony lui rendit son étreinte puis s'écarta.

- On a coupé nos téléphones pour le voyage jusqu'en Israël, et une fois arrivé... une fois arrivé je ne l'ai pas rallumé. Je n'avais pas envie de parler, à qui que se soit. Puis on a appris qu'elle était toujours en vie... Je n'ai pas quitté cette pièce depuis ce moment, j'ai dû oublier de rallumer mon téléphone.

- C'est bon, je comprends. J'étais juste inquiet à ton sujet. Je savais que tu ne supporterais pas de perdre Ziva... encore une fois. Je ne voulais pas que tu réagisses comme je l'ai fais au décès de ta mère.

Anthony attrapa l'épaule de son fils et le regarda avec des yeux concernés.

- Je suis si heureux, de savoir qu'elle est toujours vivante.

- Moi aussi, sourit Tony.

Il jeta un œil à Ziva, attrapa sa main et la caressa doucement de son pouce.

- Tony, tu dois aller te préparer pour l'enterrement. Il commence dans une heure, lâcha Gibbs, sachant que Tony devait passer chez lui avant de s'y rendre.

- Je ne veux pas la laisser Patron. Elle a bougé ses doigts la nuit dernière et ouvert ses yeux pendant quelques instants, mais... Elle est en train de se réveiller. Je veux être là quand elle le fera.

Tony serra fermement la main de Ziva, refusant de la laisser.

- Tony, tu dois y aller. On en a déjà discuté, ajouta Gibbs en lui adressant un regard ferme, avant de s'adoucir.

Il savait combien tout cela était difficile pour Tony.

- Les cérémonies juives ne durent pas très longtemps Tony, essaya Schmeil dans un faible sourire, donnant au jeune homme l'espoir qu'il ne serait pas parti trop longtemps. Vingt minutes environ. Notre Ziva sera très certainement encore endormie quand on reviendra.

- Nous rendre jusqu'au cimetière d'Arlington nous prendra plus de temps que la cérémonie en elle-même, ajouta Gibbs, tentant lui aussi de convaincre Tony de partir.

- Je reste avec elle, Junior, offrit Anthony dans un sourire. Gibbs m'a expliqué pourquoi il est important que tu t'y rendes, afin de garder Ziva en sécurité. Je ne la quitterai pas des yeux jusqu'à ton retour.

- Moi non plus, déclara Tobias Fornell pour annoncer sa présence, entendant la fin de cette conversation où tout le monde essayait de convaincre Tony de momentanément quitter les lieux.

Il leur adressa un signe de tête tandis qu'il entrait dans la pièce remplie d'hommes inquiets.

- Très bien, finit par concéder Tony, sachant qu'il n'avait pas d'autre choix.

Il était prêt à faire tout ce qu'il faudrait pour garder Ziva en sécurité loin de Bodnar. Une fois de plus, sans se soucier de qui se trouvait dans la pièce et l'observait, Tony porta son attention sur Ziva, se pencha au-dessus d'elle et pressa ses lèvres au coin de sa bouche dans un léger baiser.

- Je reviens dès que je le peux Ziva, murmura-t-il.

- Allez Tony. Allons ensemble faire cette chose horrible pour des raisons qui en valent la peine, déclara Schmeil en enroulant un bras autour de la taille de Tony, l'escortant en dehors de la pièce.

Gibbs se dirigea vers le lit de Ziva et combla l'espace que Tony venait juste de libérer. Il s'immobilisa au chevet de Ziva, puis se pencha lui aussi en avant pour déposer doucement ses lèvres sur son front. Il fit un signe de tête aux deux hommes qu'il restait, avant de partir à son tour rejoindre le reste de son équipe.

- Bonjour ma belle Ziva, commença Anthony, en déposant à son tour un baiser sur sa joue. Vous ne pouvez pas savoir à quel point je suis heureux de vous revoir, et en vie, dit-il à la jeune femme toujours inconsciente. Mon fils... n'aurait pas supporté le contraire, ajouta-t-il plus doucement.

Il s'empara de la chaise qu'avait occupé Tony, et Fornell s'installa sur celle restée abandonnée près de la porte, d'où il pouvait garder un œil attentif sur la situation.


Ziva avait l'impression que son crâne allait exploser, tandis qu'elle luttait pour ouvrir ses yeux. La pièce n'était que faiblement éclairée, cependant les faibles rayons lumineux qui parvenaient à traverser ses longs cils suffisaient à la faire souffrir et à la forcer à refermer ses yeux pour mieux les ajuster à la lumière. Sa bouche était douloureusement sèche, déglutir aussi la faisait souffrir. Les légers bips près de son oreille attirèrent son attention, et elle tourna la tête pour jeter un œil par-delà son épaule droite afin de voir d'où provenaient ces sons.

Ce léger mouvement fit émerger une douleur lancinante dans tout son buste, elle se glaça sur place, n'avalant plus que de petites bouffées d'oxygène. Elle réalisa que le moindre mouvement était une bien mauvaise idée. Elle porta lentement sa main jusqu'à sa poitrine, et tâta ce qui devait être une blouse d'hôpital, et en dessous quelque chose de spongieux qui devait être une compresse. L'intraveineuse qu'elle aperçut plantée dans le dos de sa main ne fit que compléter le tableau. Elle se trouvait à l'hôpital. Mais pourquoi?

C'est à ce moment que ses doigts frôlèrent quelque chose de doux sur lequel se porta son attention. Quelqu'un était affalé à ses côtés sur le lit, le visage apparemment enterré dans les couvertures. Cette personne s'était endormie sur une chaise, la partie supérieure de son corps dangereusement posé sur le bord du matelas. Tony. Un sourire se dessina sur ses lèvres quand elle aperçut sa bouche entrouverte, ses légers ronflements, et l'angle étrange que formait sa nuque. Elle approcha ses doigts pour venir caresser ses cheveux, juste au-dessus de son oreille.

Ce mouvement fit tressauter ses paupières, le réveillant doucement. Elle continua de passer sa main dans ses cheveux, et il finit par ouvrir ses yeux suffisamment pour planter son regard dans le sien.

- Hey, murmura-t-elle, grimaçant de douleur.

Ce simple mot était une torture pour sa gorge plus que sèche.

- Tu es réveillée! Cria presque Tony de joie, n'en croyant pas ses yeux, tandis qu'il se redressait sur sa chaise. Je n'arrive pas à croire que tu sois enfin réveillée! reprit-il dans un grand sourire.

Il attrapa sa main et entremêla leurs doigts.

- Comment est-ce que tu te sens? Tu vas bien? Tu as besoin de quelque chose?

La simple vue de Ziva vivante, le regardant avec un léger sourire sur ses lèvres, était presque suffisant pour le faire pleurer de bonheur après la matinée qu'il avait passé à soit disant l'enterrer. Même si tout avait été pour de faux, ça lui avait paru plus que crédible après les récents événements. Il n'était pas loin de se douter de l'épreuve que ça devait être de l'enterrer pour de vrai, et n'avait pas eu trop de mal à donner l'air dévasté pendant l'enterrement, ses émotions le rattrapant. Il avait de nouveau senti cette douleur lui étreindre le cœur et n'avait pu retenir ses larmes.

- De l'eau, lâcha-t-elle dans un murmure d'une voix éraillée, en portant une main à sa gorge, ne voulant pas avoir à dire un mot de plus.

- C'est vrai, pardon.

Tony attrapa la carafe posée sur la table de chevet, s'en voulant de lui poser tant de questions quand il était évident qu'elle souffrait. Il se souvenait assez bien de ce qu'elle devait ressentir, l'ayant vécu lui aussi quand il avait eu la peste.

- Ça va mieux? demanda-t-il après qu'elle ait avalé quelques gorgées d'eau à travers la paille qui baignait dans le gobelet.

Elle acquiesça et lui adressa un faible sourire.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé? Qu'est-ce que tu fais en Israël?

- On n'est pas en Israël. On est à a maison.

Il lui sourit timidement, attrapant une fois de plus ses doigts, serrant sa main avec anxiété.

- Tu ne te rappelles pas ce qu'il s'est passé?

Elle secoua la tête.

- Non, la dernière chose dont je me souvienne, je vous parlais à Gibbs et à toi au MTAC. On...

Elle détourna les yeux, essayant de se souvenir, puis reposa son regard dans celui de Tony.

- Ils m'ont demandé de reprendre le poste de Directeur du Mossad.

- C'est ça, confirma Tony, voyant qu'elle lui posait la question plus qu'elle n'affirmait ce fait. Tu as décidé de décliner cette proposition et de rentrer à la maison. Auprès de nous, ajouta-t-il doucement en sondant ses yeux de son regard.

"Auprès de moi", aurait-il préféré dire.

- Je me souviens, déclara-t-elle faiblement, des images lui revenant soudainement en mémoire. Je me revois monter sur l'estrade pour la conférence de presse, et puis... et puis...

Elle plissa les yeux, sentant une douleur lancinante lui envahir le crâne, et leva automatiquement une main à son front. Ce mouvement fit apparaître une autre douleur intense dans sa poitrine, la force de celle-ci lui faisant perler quelques larmes au coin de ses yeux.

- Woua, tout doux Ninja!

Tony se saisit de son bras, tentant de la stabiliser, l'inquiétude se dessinant sur les traits de son visage quand il l'entendit gémir.

- Tu as été bien secouée, tu vas devoir y aller doucement pendant quelques temps. On n'y est pas allée de main morte pour essayer de te remettre en un seul morceau tu sais, tu ne nous as pas facilité la tâche.

Il lui lança un grand sourire, la taquinant comme au bon vieux temps, voulant retrouver cette dynamique qu'ils avaient autrefois, d'autant que ça semblait un bon moyen pour lui de calmer ses nerfs à vif depuis qu'il avait bien failli la perdre.

- De main morte? demanda Ziva confuse.

- Tu sais? L'expression.

Tony fronça les sourcils.

- Les chirurgiens... heureusement qu'ils savaient quoi faire de leurs dix doigts...

Elle le regarda, plus perdue encore que la seconde précédente.

- Ziva, tu n'as sérieusement jamais entendu cette expression auparavant? Comment est-ce que c'est possible? l'interrogea Tony d'un sourire en coin.

- Vos expressions sont toutes plus invraisemblables les unes que les autres... comment quelqu'un pourrait vivre avec une main morte? J'ai grandi en Israël Tony. Tu ne trouveras jamais ce genre d'expression incongrue en hébreu.

- Bien sûr...

Ziva plissa une nouvelle fois les yeux et émit un petit soupire d'exaspération. Tony ne put retenir un petit rire.

- Comme si toi aussi dans ta langue maternelle tu n'avais pas des expressions qui ne tiennent pas la route, déclara-t-il, continuant de rire.

Il n'avait pas ri comme ça depuis plus d'une semaine, depuis que son père et Jackie, la femme du Directeur Vance, avaient tous les deux été assassinés. Ça faisait du bien, décida Tony, en jetant un œil à sa coéquipière, qui la regardait à présent d'un air outré, faussement méchant qu'il ose ainsi lui rire au nez.

- Ça ne change rien! répliqua Ziva. Il a fallu des mains mortes pour me remettre en état? Je ne valais pas des mains vivantes? C'est tout ce que je vaux?

- Non, la calma aussitôt Tony.

Il prit une fois de plus l'une de ses mains dans la sienne, et plongea son regard dans le sien.

- Tu mérites tout l'or du monde Ziva, déclara-t-il calmement et sincèrement. Ça a été mouvementé ces derniers jours Zi, et pas dans le bon sens du terme. Je m'excuse de faire de l'humour sur la situation et de t'embrouiller plus que tu ne l'es déjà. Tu as été sérieusement blessée.

Sous l'effet d'un tic nerveux son pouce commença à dessiner des cercles sur le dos de sa main.

- On t'a tiré dessus. En plein milieu d'une conférence de presse, on t'a tiré dessus. La balle est arrivée par derrière et t'a traversée la poitrine. J'ai vu toute la scène EN DIRECT à la télévision. C'était le moment le plus terrifiant de ma vie... admit-il dans un souffle, la peur évidente dans ses yeux et sur les traits de son visage.

Ziva n'en croyait pas ses oreilles, ni le regard hanté qu'elle voyait dans les yeux de Tony, à quel point la simple évocation de ce qu'il s'était passé semblait l'effrayer. Les doigts de sa main droite montèrent lentement jusqu'à sa poitrine pour mieux tâter la blessure qu'elle n'avait jusqu'alors que deviné. Si une balle lui avait déchiré la poitrine, elle comprenait mieux pourquoi chaque petit geste était si douloureux.

- Ilan? Demanda-t-elle posément, se faisant une idée de qui avait pu lui tirer dessus.

- Oui, acquiesça doucement Tony. La menace est toujours d'actualité. Il croit que tu es morte. La situation doit rester telle quelle pendant quelques temps, jusqu'à ce que tu sois en sécurité et en meilleure forme.

- Il croit que je suis morte? Demanda-t-elle, surprise. Comment c'est possible? Pourquoi?

- Tu sais mieux que quiconque pourquoi Ziva, reprit doucement Tony. Il continuera d'essayer jusqu'à ce qu'il te fasse la peau. On doit se laisser le temps de le retrouver.

Elle acquiesça d'un signe de tête pour montrer qu'elle comprenait. Elle baissa ensuite les yeux sur leurs mains jointes qui reposaient sur le lit à ses côtés.

- Je veux que ça soit parfaitement clair Ziva, prit-il le temps d'articuler, attirant son attention.

Il ne reprit que quand les yeux de la jeune femme eurent regagné les siens.

- Ce matin c'était la dernière fois que je me rendais à ton enterrement. J'ai dû assister à une cérémonie funéraire quand on a cru qu'on t'avait perdu sur le Damoclès... et maintenant ça, te mettre en terre ce matin au cimetière national d'Arlington, après avoir de nouveau pensé t'avoir perdu. J'en ai assez. Je t'interdis de mourir encore une fois, c'est clair?

Il lutta pour retenir les larmes qui perlaient aux coins de ses yeux, bien qu'il était certain qu'elle devait le voir, vu à quel point sa vue se troublait et sa voix tremblait.

Ziva déglutit péniblement, confuse et effrayée de l'entendre dire ça. D'autant qu'elle se rendait compte d'à quel point l'idée de l'enterrer une nouvelle fois le bouleversait. Ses yeux aperçurent le costume noir qu'il portait, à présent un rien froissé du fait qu'il se fusse endormi sur le bord du lit. Elle vit ensuite le ruban noir accroché sur le revers de sa veste de costume. Elle tendit la main et l'effleura du bout des doigts.

- Tu m'as enterrée? Demanda-t-elle en jouant de ses doigts avec le signe juif du deuil et de sa douleur attaché au revers de son costume.

Y attacher un ruban noir déchiré pour représenter cette terrible perte faisait partie du rituel des obsèques juives.

- Oui, confirma Tony, d'une voix à peine plus forte qu'un murmure. On a dû passer par tout la cérémonie, au cas où Bodnar observerait.

Il avala péniblement sa salive, distinguant les larmes qui inondaient les yeux de Ziva tandis qu'elle tentait d'intégrer toutes les informations qu'il lui donnait.

- On fait tous Shiva tu sais, poursuivit-il dans un sourire, gagnant une fois de plus son attention, ses yeux remontant jusqu'aux siens. Abby a recouvert tous les miroir du NCIS, même ceux des toilettes, et tous les gens ramènent de la nourriture. Ton bureau semble être devenu le lieu de livraison pour tout ce qui est fraîchement cuisiné. McGee s'est transformé en McCookies avec tout qu'il a avalé depuis ce matin.

- Mais ils savent tous que je suis vivante, n'est-ce pas? Demanda aussitôt Ziva, se souciant de ce que ses amis savaient de la situation et du fait que tout le monde fasse Shiva pour elle.

Cette pensée était des plus invraisemblables, bien qu'elle continue de faire glisser ses doigts le long du ruban noir accroché au costume de Tony.

- Oui, ils savent. L'équipe, l'Agent Fornell, ainsi que mon père, sourit Tony en pensant à son père. Se sont les seuls à savoir que tu es toujours en vie, et que tu te reposes ici bas.

- Ton père est au courant? Et, attend, ici bas?

Ses yeux balayèrent la pièce elle reconnut soudainement les lieux. Elle était dans le sous sol du bâtiment où se trouvaient leurs bureaux, qui avait été réaménagé en chambre d'hôpital.

- On est au NCIS? On n'est pas à l'hôpital?

- Non, on est bien au NCIS. C'était trop dangereux pour toi de rester à l'hôpital. Trop de monde.

Tony remarqua la manière dont les yeux de Ziva ne cessaient de revenir inévitablement se poser sur le ruban noir attaché à son costume. Il se dit que ça devait faire drôle de se réveiller sans se souvenir clairement de ce qu'il s'était passé, et de se faire dire que tout le monde était persuadé que l'on été mort et respectait Shiva, faisait son deuil, mangeait des cookies.

- Pour le moment on doit se faire le plus discret possible, jusqu'à ce qu'on ait mis la main sur Bodnar.

- Mais ton père sait? Et Fornell? Demanda Ziva encore un peu confuse.

- Oui, ils savent tous les deux. Ils sont restés à ton chevet pendant l'enterrement. Je ne voulais pas que tu restes livrée à toi même.

Au moment où il entendit les mots quitter sa bouche il se dit qu'il aurait pu mieux formuler cette idée.

- Et comment est-ce je suis arrivée ici, alors que je me suis faite tirer dessus en Israël? Interrogea-t-elle Tony en jetant un dernier regarder aux alentours.

Tony acquiesça d'un signe de tête pour lui confirmer qu'elle assemblait bien les morceaux.

- Ici au NCIS, sans que personne ne découvre que je ne suis pas réellement morte? Et le Mossad? Ils connaissent la vérité?

- C'est Malachi qui a tout orchestré, et nous a dit que tu étais décédée.

Tony sentit en un instant une rage soudaine l'envahir et couler dans ses veines, vis-à-vis de l'homme qui avait mis en place ce mensonge, qui avait complètement détruit sa vie pendant environ quatorze heures.

- Quant à qui d'autre au Mossad sait que tu es en réalité vivante, je ne sais pas. Gibbs, McGee et moi nous sommes rendus en Israël aussitôt après la fusillade pour récupérer ton corps et te ramener ici. C'était il y a trois jours.

Ziva nota le soudain changement de voix et de posture chez Tony à la mention de Malachi, la manière dont il la quitta des yeux. Il lui fallut du temps pour réaliser ce qu'il venait de dire

- Malachi t'as dit que j'étais morte?

- Oui.

Tony expira par à-coups, des flashs de son corps inerte dans le sac noir lui revenant en mémoire, tout comme le souvenir de ce qu'il avait ressenti quand il avait réalisé qu'elle était partie pour de bon. Sa main se porta immédiatement sur la sienne une fois de plus, ressentant le besoin de sentir sa chaleur.

Les yeux de Ziva quittèrent les siens pour se poser sur sa main, avant qu'elle ne les relève pour recroiser son regard. Elle vit la peur dans ses yeux, et le trouble qui l'occupait.

- Tu as cru que j'étais morte?

- Oui. On l'a cru. Pendant près de quatorze heures, on a tous cru que tu étais morte... encore. Pour de vrai cette fois Ziva.

Il déglutit difficilement, trouvant sa bouche bien trop sèche.

- On a vu ton corps. On a pensé qu'on te ramenait à la maison pour t'enterrer.

Ziva ne pouvait croire ce qu'elle entendait, comment ça avait pu être possible, mais ça avait visiblement été traumatisant pour Tony. Elle pouvait le voir aux émotions qui voilaient ses yeux, elle pouvait l'entendre à la voix qui sortait de sa bouche. Egalement au fait que sa main était à présent serrée entre les deux siennes, comme s'il ne craignait qu'elle ne disparaisse de nouveau.

- Ducky a découvert que tu étais toujours en vie quand il a ouvert le sac mortuaire pour l'autopsie. Et puis Gibbs a appelé Malachi pour confirmer tout le pot aux roses, le fait qu'il ait fallu garder secret que ta survie pour mieux trouver Bodnar. Malachi avait préparé ton corps pour le transport. Son équipe a fait en sorte que tu puisses être transportée dans un sac mortuaire. Aussi horrible que ça puisse paraître, c'est comme ça que tu as voyagé.

Tony s'approcha, incapable de se retenir, et caressa sa joue du dos de sa main, ne se souvenant que trop bien de sa peau glacée, quand il l'avait cru morte.

- C'était terrifiant Ziva. M'entendre dire deux fois dans ma vie que tu étais décédée...

Il ne put finir sa phrase, préférant difficilement déglutir, détourner un instant le regard avant de replanter ses yeux dans les siens.

- Je suis tellement content que tu sois toujours avec nous, Ziva David.

- Je suis désolée Tony, s'excusa-t-elle.

- Ce n'était pas ta faute, répondit Tony en secouant la tête.

- Règle numéro six Ziva, annonça Gibbs depuis le seuil, un sourire sur le visage. Ne jamais s'excuser, c'est un signe de faiblesse.

Son sourire s'agrandit quand il put mieux l'observer. Ses yeux étaient grands ouverts, vivants, le regardant tandis qu'un sourire éclairait doucement son visage.


Alors, alors? Contents de retrouver Ziva? De voir apparaître Sénior?