Bonjour à tous !
Je suis ravie de pouvoir vous présenter le troisième chapitre de cette histoire, qui commence à nous mettre dans le vif du sujet : la quête d'Eldarion pour sauver la Terre du Milieu.
Merci beaucoup aux personnes suivant cette histoire ainsi que celles et ceux ayant laissé un joli commentaire en fin de lecture, cela fait toujours énormément plaisir ! Et un grand remerciement à Nanthana14 pour ses traductions qu'elle m'a gentiment apportées ! Si vous aimez le monde des Elfes de Tolkien, n'hésitez pas à faire un tour dans ses fanfictions qui vous plairont à coup sûr.
Sur ce, bonne lecture !
CHAPITRE 3
« Pour concevoir l'avenir de manière efficace, vous devez d'abord laisser le passé derrière. »
- Charles J. Givens
Fondcombe, 7 avril 120 du Quatrième Age
Sous la nuit noire et sombre encore non levée d'Imladris, un jeune seigneur aux cheveux d'ébène jusqu'alors emporté au pays de Morphée ressentit soudainement auprès de lui une présence aussi rassurante que bienveillante l'observer dans l'obscurité et troubler son sommeil. Sentant cette douce aura venir près de sa couche, il entrouvrit avec peine ses yeux de cendre et se vit éblouit d'une lumière blanche semblable aux étoiles du soir illuminant tout Rivendell en hiver. Fronçant ses épais sourcils, il vit la lumière blanche devenir de plus en plus rassurante, prenante, et découvrit en son cœur une silhouette féminine aux longs cheveux bruns et aux yeux gris de cristal. Cette lumière semblait être couverte d'un voile argenté scintillant et portait autour du cou un long pendentif brillant que l'héritier d'Isildur connaissait bien sous le nom d'Undomiel. La femme éblouissante se retournait vers le jeune roi tout en affichant un sourire nostalgique surmonté d'un visage angélique et vint se poser sur le lit de ce dernier d'un pas sourd, s'asseyant sur les couvertures blanches soyeuses comme un nuage virevoltant.
- Naneth, (mère) c'est vous... ?
Eldarion cru voir un mirage, et sentit son cœur se remplir d'un bonheur et d'une sensation de chaleur inexplicable, presque céleste. Il savait qu'il était sans doute en train de rêver, mais cette vision de la reine des Elfes et des Hommes, sa mère, lui semblait si réelle… Il avait besoin d'elle aujourd'hui plus que n'importe quel autre jour. Il avait besoin de son courage pour prendre une décision suite au conseil d'hier. Il avait besoin de sa lucidité pour mettre au point une stratégie et retrouver le Palantír d'Orthanc dès demain. Il avait besoin de sa force pour sauver la Terre du Milieu, avant que Sauron ne l'anéantisse complètement et cette fois pour de bon.
- Hên nìn (mon enfant) …
La voix séraphique de la fille d'Elrond semblait sortir des cieux pour illuminer la cité de Fondcombe, et sa fine main se posant sur le visage à présent détendu de son fils ramenait l'espoir perdu en Eldarion. Jamais elle ne lui avait rendu visite lors de ses rêves depuis l'attaque subie à Minas Tirith, il y a de cela un mois. Le Semi-elfe en était persuadé, cette vision n'était pas due au hasard.
- Tu dois te rendre au Gondor dès l'aube levée. Le temps presse. Sauron gagne des forces de jour en jour. J'ai confiance en toi, nous avons tous confiance en toi. Tu arriveras à vaincre le mal revenant, comme ton père l'avait fait en ces temps sombres…
Son regard si doux et aimant laissa déverser une larme translucide sur sa joue d'une pâleur divine alors qu'elle reportait sa main contre sa poitrine, et se penchait sur le corps à moitié endormi de son fils bien aimé.
- Maintenant ferme les yeux hên nìn, et souviens-toi que je serais toujours auprès de toi…
Sous les ordres de sa mère, Eldarion rabattit ses paupière légères et senti cette dernière déposer sur son front, un baiser sincère lui transmettant la force dont il allait avoir besoin pour les dures prochaines journées de cet Age qui ne faisait que débuter…
Lorsque l'aube se leva et emplit la chambre d'Eldarion d'une couleur crépusculaire, le jeune homme réouvrit les yeux en même temps que son esprit faisait place à une nouvelle personne. Ses traits jusqu'alors crispés se firent relaxés et confiants. Son corps raide se détendit et se reforgea, prêt à mener la quête qui l'attendait. Et à la vue du soleil levant, le jeune garçon en proie au deuil et peu sûr de lui fit place à un homme. Non, un roi. Un roi qui grâce au message de sa mère avait réussi à devenir meilleur et à prendre une décision pour sauver son peuple. Ainsi Eldarion se rendrait au Gondor sans attendre en compagnie d'Elfwine, son plus fidèle ami, soutenus par de braves soldats de Fondcombe menés par Elladan et Elrohir, fils d'Elrond, se devant d'aider leurs alliés les Hommes en temps de crise. Mais Eldarion savait au fond de lui que pour réaliser cette tâche ardue, il fallait qu'il se libère de tout encrage, de toute distraction pour se focaliser uniquement sur sa mission. Alors quelques minutes avant son départ il se rendit dans la plus haute tour de Fondcombe et avant de mettre en veille le reste de son passé, en signe d'abandon il déposa la Flamme de l'Ouest, l'épée du Gondor devant la petite porte en bois le menant au dernier homme en Terre du Milieu qui lui empêchait de lâcher prise et d'aller enfin de l'avant.
Il pénétra ainsi dans la chambre en silence, et ne prit pas la peine de fermer la porte derrière lui. Il s'avança dangereusement auprès du lit sommaire dans lequel reposait le prince d'Eryn Lasgalen, illuminé par la lumière orangée des cieux, lui donnant un air mystique qu'Eldarion ne put qu'admirer avant de lui faire ses adieux. Il savait que le Seigneur Elfe ne l'aurait jamais laissé partir en quête sans lui, et c'est pour cela qu'il le laissa dormir. Il n'arriverait jamais à refuser la compagnie de Legolas si jamais il venait à croiser son regard saphir. Alors il se contenta de s'agenouiller près de sa couche, et passa une dernière fois sa main dans ses impeccables cheveux d'or avant de respirer le doux parfum sylvestre qui s'échappait de lui. Puis après avoir inhalé l'odeur dont son esprit se souviendrait toujours, il repartit l'esprit léger, laissant son cœur derrière lui, auprès de celui qu'il n'oubliera jamais.
- Puissions-nous nous retrouver un jour…
Minas Tirith, 21 avril 120 du Quatrième Age
La vue d'Eldarion recommençait à se faire claire, mais sa tête lui tournait toujours autant. Il tenta de s'adosser à un mur à plusieurs reprises pour calmer ses vertiges compulsifs, en vain. En sentant sa tête tambouriner et lui arracher des plaintes refoulées, il y porta sa main bleutée tremblotante et vit une traînée de sang rouge vif s'étaler sur ses doigts frêles et longer son front. Il regarda à droite puis à gauche frénétiquement, mais n'arrivait pas à distinguer les dizaines de corps étalés d'une façon désacralisante au sol, souillant le parterre de pierres blanches. Etaient-ce des Orques ? Etaient-ce des Elfes, ses Elfes ?
Il aurait dû se douter que les Orques tenteraient de leur tendre un piège en arrivant à la cité angélique faisant face au Mordor, maintenant délabrée. N'importe qui aurait su prévoir une stratégie ou mettre en place un plan de repli si jamais une embuscade avait eu lieu. Mais Eldarion ne l'avait pas fait, trop obnubilé par son désir de retrouver le Palantír, trop obnubilé par son désir de vengeance. Il était évident que le roi du Gondor reviendrait en force pour reprendre son territoire le deuil passé, Sauron le savait, et ce dernier avait bien veillé à laisser une armée de ses sales bêtes infames cachée entre les murs de Minas Tirith pour assaillir l'héritier maudit à son retour. Leur nombre bestial était certes plus important que ceux des soldats d'Elladan et Elrohir, mais toujours insuffisant face aux qualités incommensurables presque magiques des Elfes guerriers, enfin, c'est ce que tous pensaient.
Malgré sa douleur déchirante lui survenant au sommet du crâne et empoisonnant le reste de son corps meurtri, Eldarion ne cessait de traverser le champ de bataille de long en large en gémissant à chaque pas de plus en plus difficile à exécuter, à la recherche d'Elfwine ou de ses oncles dont il n'avait aucune nouvelle depuis l'attaque. Il dévalait les couloirs de son ancien palais à telle allure qu'il manqua de se laisser emporter par sa blessure prenant sans cesse de l'ampleur, mais cela lui paraissait bien faible en comparaison au fait de ne pas réussir à retrouver ses amis sains et saufs. C'est lui qui avait pris la décision de les amener ici, il ne pouvait pas être la cause de leur mort. Il avait besoin de soins urgents il le savait, mais il ne pouvait pas se résigner à oublier ses hommes. Et dans un dernier effort, l'adrénaline dont il usait jusqu'alors pour tenir sur ses jambes tremblantes disparut et il tomba violemment au sol comme un ange déchu, pour sombrer dans un évanouissement sombre et noir dont il pourrait peut-être ne jamais se relever...
C'est ainsi que se termine ce chapitre, j'espère que vous l'avez apprécié ! Eldarion qui partait pour le Gondor pourtant si confiant est vite revenu à la réalité. Et oui, qui a dit que mener une armée en temps sombre était si simple ?
A bientôt pour la suite, et prenez soin de vous !
- Valentine822
