T/N : cette fois, je vous propose un commentaire de Maelstrom à propos du chapitre précédent : " J'ai toujours pensé qu'une des choses qui séparaient la violence " acceptable " de l' " inacceptable " est la réaction. C'est la différence entre un film d'action pour l'action, écarté de la réalité, comme Rambo II et un réaliste qui prend aux tripes comme Il faut sauver le soldat Ryan. Regarder un type dans un film sans hasard, des ennemis sans visage et sans scrupules ne me semblent pas réels, et je lutte pour mettre autant de réalisme que possible dans mes histoires. D'après des statistiques militaires, 98 de la population humaine ne peut pas supporter l'idée de tuer, et craquera en cas de combat prolongé. Les 2 restants, qui peuvent supporter la violence sans stress post-traumatique, forment les soldats professionnels ou les policiers (ou, hélas, les criminels). Visiblement, Logan appartient aussi à cette catégorie... ;)

Sinon, réponse aux reviews de tous les chapitres, soit trois reviews, et les trois de la même personne ! Wouah ! Là, franchement, vous m'épatez. C'est vrai que l'on croule sous les bonnes histoires X-Men comme celle-ci... hum. Bon, c'est vous qui voyez, hein... Reviewez, ne reviewez pas, je m'en fiche moi, ça me fait moins de boulot quand j'update mais je suis déçue aussi... et ça c'est dommage... Bon.

reviews d'angelitax, donc :
chapitre 1 : "D'abord chapeau de traduire des histoitres. Tu devrais les faire lire à Dessere. Au moins ça t'entraîne pour les partiels. J'aime bien la scène Kurt/Bobby et je suis d'accord avec Kurt sur l'adaptation des films (tu sais de quel film je parle en particulier...)
Tu as le style (cf réplique de Logan !) et Dieu sait que ' Translation is a very difficult exercise !
Juste une question: est-ce qu'il y a Jean Grey dans l'histoire?
oupst, les ennuis ne font que commencer"
Réponse : Je ne sais pas si Lilo fait des traduction sur le net... (rigole). Moi aussi, la scène Kurt/Bobby m'a beaucoup plu mais non, je ne vois pas de quel film tu parles. Les seuls qui me viennent à l'esprit actuellement, c'est La Momie et Van Helsing. Je suis un peu crevée. Y aura pas Jean Grey dans l'histoire, elle est morte ! Si un jour j'ai le courage (et l'autorisation) de traduire Institutionalized, tu auras du Jean en veux-tu-en-voilà. De quels ennuis tu parles ? Et de quelle réplique aussi ?

chapitre 2 : "Je confirme, c'est infâme.
Enfin, la cavalerie arrive, il était temps ! Les robots, ce sont des sentinelles ?
D'après le titre du prochain chapitre, les choses ne font que se compliquer davavntage!
L'histoire est très bien. Vas-tu transmettre toutes les reviews à l'auteur?"
Réponse : J'ai eu du mal à traduire ce passage, mais bon... J'ai déjà traduit pire, je t'ai raconté je crois ? Quand je me suis forcée à finir, à presque minuit, en me disant que comme ça je n'aurais pas à y revenir le lendemain... Dois-je répondre à la première question ? D'ici là, tu as eu la réponse... Pour la deuxième question, non, j'ai la flemme, mais vu le nombre, peut-être...

chapitre 3 : "Comme quoi ça sert d'avoir une Miss Météo pour le ménage. Une brève allusion à Jean mais elle est vraiment très brève. Bon attendons la suite pour voir !"
Réponse : (rigole) chouette cette review ! Non, pas de Jean j'ai dit ! T'as qu'à continuer ta fic !


La Troisième Partie

Serres, Chapitre 4

Dans l'infirmerie, sous le manoir lui-même, tout le groupe regardait et attendait alors que Scott arrangeait les deux pilotes sur des tables d'examen. Kurt était appuyé au mur, essayant d'ignorer le picotement sous son bandage. Peter avait sa propre table ; il n'était pas en état de se lever.

Les tenues des pilotes devaient être peintes sur eux, ou peut-être qu'ils étaient plongés dans la matière. Logan dut les découper. Il commença par le plus petit, qui se révéla être caucasien. Logan renifla de dédain en regardant l'homme.

" On va avoir des problèmes avec celui-là, je peux vous le dire tout de suite. " grogna-t-il.

Il leva le coude droit de l'homme, qui était couvert par un tatouage à l'encre noire, une grande toile d'araignée, compliquée. Kurt tressaillit légèrement en regardant le tatouage.

" Ça a dû être très douloureux à faire. " nota-t-il.

" Je ne me serais jamais attendue à t'entendre dire ça. " dit Ororo, un peu surprise. " Ce n'est pas toi qui as fait toutes ces marques sur toi ? "

Kurt leva légèrement un coude, juste pour attirer son attention dessus. " Tu vois une marque sur mon coude ? Les articulations ne sont pas de bons endroits pour faire des marques. Les cicatrices ne tournent jamais bien, et comme pour les tatouages il n'y a rien pour accueillir l'aiguille. Ça serait comme heurter l'os encore et encore. "

" Ce n'est pas seulement un truc macho. " avertit Logan. " Vous recevez ce type de marque après avoir tué quelqu'un. C'est une initiation. "

" Pas forcément. " dit Malicia. " Je veux dire, je connais un type qui a ça, et il n'a jamais tué personne, et il n'est jamais allé en prison. "

" Alors des poseurs l'ont détourné en une mode. J'ai vu ça trop de fois, gamine. "

" Ouvre l'autre costume, Logan. " demanda Scott. " Qu'on voie s'ils appartiennent tous les deux à la même 'fraternité'. "

" Ça marche. " marmonna Logan en faisant quelques coupures rapides.

Aussi souvent que Malicia ait vu les griffes de Logan en action, elle était toujours impressionnée par sa grâce et son contrôle. Il fit un travail rapide sur les costumes, et ne laissa pas une marque sur la peau des pilotes. Bien sûr, elle détourna les yeux un instant alors que Scott couvrait l'aine du pilote avec une serviette. Ils étaient vraiment nus en dessous. Cet homme était Latino, un peu plus jeune, et plus musclé. En fait, il était en meilleure condition générale. En comparaison, le visage du caucasien semblait creusé. Logan s'écarta, et Ororo et Scott commencèrent à placer des électrodes sur les poitrines des pilotes.

" Pas de toile d'araignée. " nota Kurt.

" Non. " confirma Logan. " Il est en meilleur état, aussi. "

Le professeur Xavier vint à la tête du Caucasien, hors de chemin de Scott et Ororo. Il plaça sa main sur le front de l'homme et ferma les yeux. Scott garda un œil sur son mentor. Si ce que Charles avait trouvé dans l'esprit du tireur plus tôt dans la journée était une indication, ça n'allait pas être une tâche plaisante.

Xavier resta en contact avec le pilote pendant plusieurs minutes, le visage concentré. Scott et Ororo, ayant fini depuis un moment de poser leurs électrodes, reculèrent et attendirent le retour du professeur. Seuls les bips réguliers des moniteurs rompirent le silence tendu.

Xavier revint avec une longue inspiration tremblante, comme un homme s'éveillant d'un cauchemar.

" Il ne revient pas " dit Charles. " Et d'après ce que j'ai vu là dedans, cela sera sans doute pour le mieux. " Il se tourna vers Logan. " Tu avais raison, Logan. Cet homme est un tueur. "

Logan hocha la tête. " Il fait partie d'un gang ? "

" Ancien militaire, renvoyé il y a quelque temps pour une histoire déshonorante de viol. " Charles regarda l'autre homme. " J'ai presque peur de ce que je vais trouver là-dedans. "

" Peut-être que vous devriez vous reposer un peu ? " demanda Bobby.

Charles secoua la tête. " Cette attaque était coordonnée par les mêmes personnes que nous avons vues aujourd'hui. Ils nous ont attaqués une première fois ; ils peuvent recommencer. Je dois travailler le plus vite possible. "

Il roula vers le second pilote. Sans aucune marque d'hésitation, il plaça les mains des deux côtés de la tête de l'homme. Le corps de Xavier se tendit alors qu'il fermait les yeux. Cependant, après quelques secondes, il se détendit. Il ne lui fallut qu'une minute pour revenir.

" Celui-ci est un étudiant de l'académie de police. " dit-il. " Il a été enlevé le mois dernier, je crois. " Il s'arrêta. " Il va se réveiller, dans quelque temps. Contrairement à l'autre homme, celui-ci n'était pas dans l'exosquelette volontairement. "

Kurt frissonna et Scott remua légèrement, mal à l'aise, tous les deux trop familiers du concept de combattant non volontaire.

Charles nota leurs réactions. " C'est similaire aux méthodes de Stryker, mais pas identique. Il y a deux différences cruciales.

" Premièrement, c'est une forme de contrôle entièrement mécanique. Quand le pilote est 'connecté' à son véhicule, sa conscience diminue, comme s'il était endormi. Cela le place dans un état très manipulable, suivant n'importe quel ordre donné sans le moindre doute ou hésitation. Quand il quitte le costume, sa conscience revient, sans aucun souvenir du temps écoulé

" Deuxièmement, j'ai l'intuition que ce costume n'était pas conçu pour un contrôle de l'esprit. Considérant la location, et d'après ce que vous m'avez dit de la vitesse de ces véhicules, je pense que c'était originellement conçu comme une interface cybernétique, faisant du robot une extension du corps de l'utilisateur. Les pilotes sont des experts en corps à corps, ainsi que des tireurs d'élite. "

" Alors c'est militaire. " dit doucement Bobby, abattu.

" Non ! " aboya Kurt. " Aucun soldat ne ferait les choses que j'ai vues ! "

" Tu n'as pas vu ce que les hommes de Stryker ont fait de l'école. " dit Malicia.

" Je ne parle pas de ça ! Je parle de ce qu'ils se sont fait les uns aux autres ! " Sa queue fouetta l'air derrière lui, montrant l'intensité de son énervement. " Ils se sont tranquillement tiré les uns sur les autres pour m'avoir ! Les robots ont délibérément écrasé les autres sous leurs pieds ! C'était de la folie ! "

" Kurt a raison. " ajouta Scott. " Je ne peux pas imaginer même un membre des services secrets tuant ses compagnons comme ça. Une équipe de kamikazes, peut-être. Mais pas des soldats. Ça ne peut pas être Magnéto ; je ne peux pas l'imaginer essayant de faire sauter l'école, peut importe ses sentiments. Ça doit être une troisième partie. "

" Une troisième partie avec de gros billets, une technologie super avancée, et des armes du plus haut niveau. " feula Logan. " C'est rassurant. " Il montra les deux pilotes. " Alors, qu'est-ce qu'on fait d'eux ? Ils ont un appareil de contrôle mental dans le crâne. Le marionnettiste va essayer de leur remettre la main dessus. "

Xavier soupira. " Je dois passer des coups de fil pour quelques arrangements pour ça. Pour l'instant, nous les mettons sous assistance médicale et je vais m'occuper de l'autre. Mais pour le long terme, je ne suis pas sûr. "

" Nous devons trouver les personnes responsables et lancer une attaque. " dit Scott. " Ils savent que nous sommes là, ils sont venus une fois. Ils reviendront, surtout maintenant que nous avons leur matériel. "

" Nous devons aussi faire un examen antivirus complet. " ajouta Ororo. " Ils peuvent avoir des transmetteurs dans ces costumes ou dans les camions. "

" Ou dans les pilotes eux-mêmes. " dit Charles. " Il semble que nous ayons une longue nuit devant nous, je le crains. "

Kurt haussa les épaules. " Je ne comptais pas me recoucher, de toutes façons. "


Kotoko savait le risque qu'il prenait. Ce monde lui était clairement étranger. Les seules choses qu'il savait pour certaines étaient que ce monde était fait pour la vie, que la rébellion n'avait jamais atteint cet endroit, et que Ceux du Roi étaient là, quelque part, essayant de fortifier leur position. Kotoko ne savait rien des formes de vie dominante, ni de leurs technologie, et ils ne savaient probablement rien de lui.

Oui, il y avait toujours des risques. Si Ceux du Roi le trouvaient, il était pire que mort. Si les formes de vie dominante le trouvaient, ils pouvaient répondre défavorablement. Mais Kotoko était le meilleur éclaireur que possédait la rébellion. Il avait été dans des dizaines de mondes, traquant Ceux du Roi partout où ils allaient. Chaque monde était différent, mais la mission était toujours la même.

Il était arrivé au point du jour, suivant une marque de pouvoir qui devait être celle de Ceux du Roi. Il avait ouvert le portail à quelque distance de la source maintenant inactive. Ceux du Roi avaient choisi de se cacher dans un feuillage dense. Kotoko resta quelques minutes après que le portail se soit refermé, son costume faisant un scanner sensoriel. Le terrain était sauvage, mais il y avait des routes à proximité. Ceux du Roi, bizarrement, avaient choisi d'établir leur base dangereusement près des formes de vie dominante de ce monde. Depuis quand les bouchers étaient-ils là ? Avaient-ils passé une alliance avec les locaux, ou étaient-ils en pleine prise de pouvoir ?

Kotoko replia ses cinq membres et rampa sur le sol, puis activa son écran de camouflage. Il ne voulait pas laisser de traces, ni faire aucun bruit qui trahirait sa présence. Il bougea lentement vers ce qu'il savait être la source de pouvoir. Pour autant, elle était maintenant inactive. Il n'était pas préparé à ce qu'il vit. Ce n'était pas un camp fortifié, ni même un bivouac. Personne n'était là. A la place, trois véhicules identiques montés sur roues attendaient côte à côte, maladroitement camouflés derrière les arbres. Le pouvoir avait émané de des boîtes, qui semblaient être conçues pour transporter des choses. Les cockpits des véhicules d'opération étaient bien trop petits et de forme étrange pour que Kotoko pût les utiliser : ils devaient avoir été pilotés par des locaux. Kotoko se résuma la situation. Est-ce que les locaux avaient découvert une partie des équipements du Roi ? D'après l'état d'un des véhicules, il y avait eu un combat intense.

Une alarme se déclencha dans le costume de Kotoko. Il s'arrêta immédiatement. Des petits bips d'activité, si faibles qu'il ne les avait pas détectés d'abord, entouraient les trois véhicules. Quelqu'un avait placé des capteurs là. La signature n'était pas celle de Ceux du Roi, de la rébellion ou d'un quelconque type qu'il connût. Il ne les avait même pas reconnus avant de les déclencher. Les locaux avaient dû les placer là. Joli. Kotoko se souleva doucement dans l'air, prenant soin de ne pas bousculer de branche, et arrangea sa silhouette invisible sur la branche principale d'un arbre robuste. Il attendit là. Les habitants devraient bientôt venir voir. Ça serait un bon moment pour les observer.


Ororo était assise dans la salle de contrôle, jetant un coup d'œil occasionnel aux moniteurs qui s'étalaient sur les murs. Elle avala la fin de son café, avant qu'il soit trop froid pour son estomac. Le soleil était levé, le Professeur s'occupait encore de son patient, Logan patrouillait, et Scott examinait toujours l'incroyable technologie qu'ils avaient trouvé. Kurt devait être allé au lit depuis qu'elle l'avait relevé une heure plus tôt.

Avec cette pensée en tête, Ororo fut surprise d'entendre la téléportation typique de Kurt dans le coin de la pièce. Elle se tourna dans son siège. Kurt, douché et habillé, était là avec un plateau de petit-déjeuner et un thermos.

" Tous ceux qui peuvent prendre leur petit-déjeuner sont dans la cuisine. " lui dit-il. " J'ai pensé que tout resterait plus chaud si je t'apportais le tien comme ça. "

Ororo sourit. " Du moment que mes œufs ne sentent pas le soufre. Dis-moi que c'est du café là-dedans ? "

Elle montra le thermos alors que Kurt déposait le plateau. Après l'avoir posé, il prit le thermos avec sa queue et remplit la tasse d'Ororo.

" La drogue la plus utilisée au monde. " dit-il. " La civilisation s'arrêterait sans ça. "

" Tu es un homme merveilleux. " Ororo prit une gorgée. Il était noir et fort, sans sucre ni crème, comme elle l'aimait. " Tu as l'air en pleine forme. Les yeux brillants et la queue poilue. "

" Quatre heures de sommeil me suffisent. "

" Hmph. Et durant ces quatre heures, tu dors comme la bûche proverbiale. "

Ses yeux dansèrent alors qu'il s'appuyait contre une armoire. " Hé, comment sais-tu ça ? Est-ce que tu m'as espionné par la fenêtre de ma chambre ? "

Elle sourit par dessus sa tasse de café. " Ce n'est pas un secret, Kurt. La première nuit que tu as passée ici, tu as dormi sur le canapé de la salle de repos. Les enfants se sont presque assis sur toi alors qu'ils regardaient leurs dessins animés, à plein volume je précise, et tu n'as même pas remué. "

Le visage de Kurt s'effondra avec une exagération comique. " Bon sang. Et moi j'espérais que tu m'avais espionné par la fenêtre de ma chambre. "

Ororo se reprit avant de recracher son café. Ce n'était pas très bon pour les ordinateurs, même sans sucre ni crème.

" Tu flirtes ! " toussa-t-elle. " La prochaine fois, je te mettrai la main dans de l'eau chaude ! "

Il lui fit un large sourire. " Ne te fatigue pas. Ça ne marchera pas. Mes amis du cirque ont essayé plusieurs fois. "

Une alarme se déclencha derrière Kurt. Il fit un bond sur le côté pour laisser Ororo passer. Ororo posa rapidement son café. C'était les capteurs de mouvement des camions.

" On a un contact. " dit-elle, rejoignant le panneau de contrôle.

" Peut-être un autre lapin ? " demanda Kurt, sceptique. " C'est le dernier contact que j'ai eu. "

" Peut-être. " dit-elle.

Ils attendirent quelques secondes de plus, pour voir si d'autres capteurs se déclenchaient. Ce fut le seul. C'était peut-être un animal.

" Nous devons vérifier, juste pour être sûrs. " dit Ororo. Elle activa l'interphone. " Scott ? On a un autre contact près des camions. Kurt et moi allons vérifier. "

" Allez-y. " répondit Scott.

Ororo se leva et regarda Kurt. Kurt hocha la tête et lui prit la main. Une seconde remuante plus tard, ils étaient au-dessus d'un des camions. Ils s'allongèrent un moment sur le métal, écoutant. Il n'entendirent qu'un chant d'oiseau. Kurt jeta un coup d'œil à Ororo, qui secoua la tête. Ils se redressèrent et sautèrent au sol. Il n'y avait personne ici, et aucun signe qu'il y eût eu quelqu'un.

" On dirait que notre lapin est de retour. " dit Kurt. " Est-ce qu'il n'y a pas un moyen d'éviter ces fausses alarmes ? "

" Je ne sais pas. " dit Ororo, examinant le capteur qui s'était déclenché. " On aurait besoin de quelque chose qui puisse déterminer la taille et la masse. On a juste bricolé ça en vitesse. C'est mieux que de laisser quelqu'un ici, mais pas beaucoup. "

" J'imagine bien Logan camper ici. Personne ne s'approcherait à moins d'un kilomètre. "

Ororo regarda le grand chêne de plus de 200 ans. Pendant une seconde, il lui sembla sentir quelque chose. Elle s'immobilisa. Il y avait une étrange obstruction dans l'arbre, quelque chose qui ne collait pas avec le tronc. Kurt vit Ororo changer de position. Il s'immobilisa, prêt à se téléporter à la première alerte.

Kotoko observait ce qui se passait avec fascination. Juste en dessous de lui, deux créatures avec une symétrie bilatérale étaient apparus sur un des véhicules dans un nuage de fumée bleue. Comment cela s'était-il produit ? Il n'y avait aucune signature de pouvoir ! Pas d'activation de portail, pas de pic de puissance, rien du tout !

Les locaux marchaient sur deux de leurs membres spécialisés. Des sons émanaient d'un appendice poilu, qui semblait pouvoir tourner sur une jointure unique. Ils étaient visiblement dotés d'intelligence. Kotoko resta figé, les observant. Les créatures avec des membres spécialisés le fascinaient toujours. Est-ce que leur cerveau résidait dans un seul de leurs membres, ou était-il dispersé dans tout leur corps ? Un des deux avait un cinquième membre mobile, l'autre deux projections sphériques identiques. Peut-être que l'un était une femelle et l'autre un mâle ? Celui avec les deux projections s'arrêta net et pivota. Kotoko sentit une brise venir autour de lui. Sans réfléchir, il écarta automatiquement ses membres le plus loin possible, pour disperser son poids dans les branches.

Les yeux d'Ororo devinrent blancs alors qu'un courant d'air traversait les branches. Ce qu'elle pensait être une obstruction était parti, sans aucune anormalité dans les vents. S'il y avait eu quoi que ce fût, ou s'il avait bondi ou remué, elle aurait senti quelque chose. Ses yeux revirent à leur couleur bleue, et Kurt sentit qu'il pouvait respirer.

" Fausse alerte " dit-elle doucement. " Je suppose que je suis un peu nerveuse après la nuit dernière. "

" Tu n'es pas la seule. " dit-il.

Elle marcha vers Kurt. " Eh bien, je pense que le périmètre est aussi sûr que possible. Pourquoi tu ne nous ramènerais pas avant que mes œufs soient froids ? "

" Tu sais, ça a tendance à te rendre malade. "

" Je m'habitue, je suppose. "

Le plus petit appendice des créatures devait être spécialisé dans la communication. Ils le tournaient dans des directions spécifiques en émettant des sons. Peut-être que les filaments qui s'accrochaient à un des côtés de l'appendice étaient des organes sensoriels. Cela expliquerait le fait que celui avec les filaments pâles, plus longs, ait perçu la présence de Kotoko alors que l'autre non. Celui avec le cinquième membre toucha celui avec les longs filaments, et ils disparurent dans un autre nuage bleu. Avant que Kotoko eût put prendre un échantillon de la substance, elle s'était dissipée. Si ces étrangers avaient tous de telles aptitudes, ils pourraient être des alliés valables ou des ennemis puissants. Il devait découvrir leur gîte, mais comment traquer quelque chose qui allait et venait par un portail introuvable ?

Peut-être qu'il cherchait dans la mauvaise direction. Après tout, ils étaient venus en réponse de l'alerte déclenchée par Kotoko. Cela voulait dire que les capteurs leur étaient reliés d'une manière ou d'une autre. Il commença à scanner des fréquences.


L'interphone du labo s'éveilla à nouveau. Scott leva le nez de son travail.

" On est revenus. " dit Ororo. " Encore une fausse alerte. "

Scott s'étira et pressa le bouton. " On dirait que le 'lapin' de Kurt va nous causer des problèmes. "

" On a besoin de capteurs de masse là-bas. On a de la chance que les écureuils ne se mettent pas de la partie. "

Scott se frotta la tempe. Oui, il savait que ce n'était pas parfait, mais c'était tout ce qu'ils avaient pour le moment. Il regarda l'horloge. 8 heures du matin ? Pas étonnant qu'il ait mal à la tête.

Comme s'il sentait son malaise, Kurt parla dans l'interphone. " Scott, est-ce que tu veux prendre ton petit-déjeuner en bas ? Je peux te l'amener, si tu veux. "

Scott grogna et s'étira avant de répondre. " Donne-moi une minute. Je vais voir ce que fait le professeur. On a peut-être besoin de quelque chose pour notre nouveau patient, aussi. "

" D'accord. J'attends ici avec Ororo. "

Scott se leva, s'étira à nouveau, puis laissa le labo d'électronique. Qui que soient les nouveaux ennemis, ils poussaient la technologie dans des directions qu'il n'avait jamais vues avant. Ce matériel pouvait aussi bien provenir d'un vaisseau spatial, pour tout le sens qu'il pouvait lui trouver. Il s'attendait à moitié à trouver un tampon " made in Roswell " quelque part.

Un rapide virage à droite, et il entra dans le labo. Peter était parti depuis longtemps, relâché pour se reposer dans sa propre chambre. Les pilotes des robots étaient les seuls patients restants. Scott tressaillit malgré lui en voyant le pilote tatoué. Malgré son évidente jeunesse, son corps maigre, son visage aux traits tirés et sa peau pâle le faisaient ressembler à un vieil homme. La pléthore d'appareils de surveillance et d'assistance autour de lui n'aidait pas. Par contraste, l'autre pilote reposait dans son lit sans le moindre moniteur, si on ne comptait pas le professeur assis à son chevet.

Xavier avait un stylo dans la main et un bloc de papier reposait sur ses genoux. D'après le nombre de feuilles repliées par dessus, il avait beaucoup écrit, mais maintenant sa main était immobile. Il leva les yeux quand Scott entra. Il n'avait pas quitté l'infirmerie de la nuit. Cela sembla un peu étrange à Scott de le voir en robe de chambre et pantoufles à cette heure de la journée.

" Le petit déjeuner est prêt " lui dit Scott. Est-ce que vous voulez qu'on apporte quelque chose pour notre 'invité', aussi ? Ou est-ce qu'il n'est pas près de se réveiller ? "

" Ça ne sera pas nécessaire, Scott " répondit Xavier. " Il va dormir jusqu'au début de l'après-midi. Il a accumulé un grand manque de sommeil, et il peut enfin le rattraper. "

Scott inclina la tête. " Est-ce quelque chose que vous allez expliquer plus tard ? "

Xavier soupira et regarda son bloc. " C'est quelque chose que j'expliquerai lorsque tout le monde sera descendu. "

Sans surprise, Kurt fut le premier. Il arriva les mains pleines de plateaux de petit-déjeuner, accompagné par son carillon vocal de " service d'étage ". Les autres, y compris un Peter meurtri mais pas impotent, arrivèrent à leur tour. Bientôt l'infirmerie fut à nouveau bondée.

Xavier sirotait son café quand Malicia arriva enfin.

" Mon tour de vaisselle. " expliqua-t-elle, souriant timidement.

" C'est bon, Marie " dit Xavier, un léger sourire soulevant le coin de ses lèvres. " Je te l'aurais dit si j'avais besoin de toi plus tôt. "

Il posa la tasse. Les autres X-Men se redressèrent. Les affaires reprenaient.

" Il m'a fallu du temps pour comprendre ce que j'avais vu dans les esprits des pilotes " commença Xavier. " C'était comme de résoudre un puzzle parfaitement uni, dont il manquerait en plus la moitié des pièces. Ce jeune homme– " il désigna celui en bonne santé qui dormait près de lui " – est le plus facile à lire, mais paradoxalement il contient moins d'informations. J'ai été obligé de plonger dans le superbe exemple d'humanité ici présent. "

Il montra l'autre pilote, à demi dissimulé derrière l'équipement. Ororo examina les moniteurs de plus près et remarqua que l'électroencéphalogramme était désespérément tranquille.

" Seigneur, le cerveau de cet homme est mort " s'écria-t-elle. " Que s'est-il passé ? L'électroencéphalogramme était actif quand nous l'avons branché la nuit dernière. "

" J'ai peur que ça ne s'arrête pas là. " lui dit Xavier. " Tous ses signes vitaux diminuent actuellement. J'ai dû l'intuber tout à l'heure. Cet homme ne vivra plus longtemps. J'ai eu de la chance de lui prendre ce que je pouvais avant que ses fonctions mentales s'arrêtent.

" Il s'appelle Glen Carter. Il a eu des ennuis avec la loi pendant la majorité de son adolescence et de sa vie adulte. Il est entré dans l'armée dès que possible pour la possibilité d'apprendre à tuer et détruire légalement. Il a suivi l'entraînement des Rangers, mais un an plus tard il a été pris en train de violer un civil et il a été renvoyé avec le déshonneur. "

Malicia frissonna. Le professeur l'avait dit comme si Glen avait déjà fait ça avant, mais sans se faire prendre.

" Il a vécu un moment comme garde du corps pour un baron de la drogue " continua Xavier " puis quelqu'un est venu lui faire une offre de travail extrêmement lucratif. Il semble qu'il lui ait dit quelque chose à propos d'une opération, mais il s'en fichait du moment qu'il était bien payé. Qui que soient ces personnes, elles ont amené la procédure d'implantation à un niveau scientifique. Glen a reçu un sédatif dans un bureau, et il s'est réveillé plus tard dans son propre lit. De temps en temps, ils l'appelaient, il était amené à un laboratoire mobile comme les camions que vous avez interceptés, et il grimpait dans un de ces exosquelettes. Une fois à l'intérieur, il perdait conscience, se réveillait ce qui semble être quelques instants après la fin de sa mission. Cela lui paraissait une position assez agréable. Monter là-dedans, dormir, se réveiller, recevoir 10 000 dollars. Il n'avait aucune idée de ce qu'il faisait pendant ce temps, ni ce qu'il lui arrivait exactement, mais je pense que ses employeurs le savaient. "

Xavier revint à l'homme endormi à côté de lui. " Cet homme s'appelle Isidro Delgado. Il est cinquième Dan de karaté et a gagné plusieurs compétitions. Il était également élève officier de police dans le nord de l'État et il travaillait la nuit comme garde dans un chantier de construction. Je me suis légèrement trompé dans ma première estimation du temps. Cela fait juste trois semaines qu'il est arrivé en avance pour son travail et qu'il a trouvé un autre gardien aidant quelqu'un à voler du matériel métallique. Cela en soi-même était assez mauvais, mais des costumes mécaniques très grands, très familiers commettaient le vol. "

" Ils ont utilisé ces choses pour voler du matériel de chantier ? " demanda Scott, sidéré. " Ils utilisent un équipement expérimental à un milliard de dollars, de la plus haute technologie, pour voler 50 000 dollars de matériel usé qu'on peut acheter au poids ? "

" Apparemment, oui. Je ne connais pas la raison, cependant, mais Isidro se rappelle clairement ces costumes soulevant les engins et les mettant dans des camions déguisés en caravanes. Il a été pris, ligoté, drogué, et visiblement implanté. Il est dans ce costume depuis trois jours, et même depuis sa capture. "

Xavier se pencha en avant. " Il y a de nombreux avantages à ce système de 'prise de courant'. Le plus important, il gagne du temps. Un bon pilote de combat a besoin d'années d'entraînement, et apprendre à manipuler un exosquelette comme celui-ci nécessite le même entraînement. Avec l'implantation, le corps mécanique devient le vôtre. N'importe qui pourrait l'utiliser efficacement, et nous avons vu le résultat avec des soldats entraînés. Cela assure également une obéissance complète, aveugle, en supprimant de l'équation la conscience du sujet. Et il me serait presque impossible de capter leurs pensées, à cause de leur état semi-comateux. "

" Cela semble aussi offrir au pilote un bon moyen de se laver les mains. " dit Logan. " Après tout, il ne se rappellera jamais ce qui s'est passé. "

" Oui... et non. C'est là que le système montre son erreur fatale. C'est l'équivalent mental d'un empoisonnement par radiations. Vous pouvez vous remettre d'une petite exposition, mais plus vous en recevez, le pire vous êtes atteint. Ces périodes d'oubli ne durent pas, Logan. Elles commencent à revenir à la surface par des cauchemars, puis des flashbacks, puis des hallucinations éveillées, constantes. Enfin le sommeil paradoxal disparaît entièrement. Peu importe combien vous essayez, ou quelles drogues vous prenez, vous ne pouvez avoir aucun vrai repos.

" Durant le premier stade, l'appareil perturbe le réseau nerveux. Pendant le second, il perturbe tout le système nerveux. Si la personne a le malheur de survivre à ce stade, après une semaine de ces perturbations nerveuses, la victime sera atteinte de graves troubles mentaux. Le tireur dans le magasin avait atteint le stade un. Glen a réussi à atteindre le stade deux. J'ai l'impression que ses maîtres devaient savoir ce qui se passait. Les missions précédents devaient avoir duré un jour ou deux, mais il a été dans ce costume pendant toute une semaine. Je doute qu'ils aient prévu de l'en faire sortir avant sa mort. Si c'est le cas, il serait devenu aussi instable que le tireur. "

" On ne s'en serait pas douté à la manière dont il se battait. " dit Kurt. " Je n'ai jamais rien vu d'aussi rapide. "

Scott, Logan et Ororo hochèrent la tête ou exprimèrent leur agrément à voix haute. Pour un homme qui était en train de se détruire, Glen était très agile la nuit précédente.

" Peut-être que le véhicule lui-même garde l'utilisateur en vie, comme des pics d'adrénaline maintiennent éveillé. " expliqua Xavier. " Je n'ai pas d'explications, seulement des théories quand à l'état de dégradation physique de Glen. "

" Ils l'ont usé jusqu'à la corde, puis jeté. " dit Ororo. " Pas que je me sente spécialement désolée pour Glen, mais l'idée est quand même horrifiante. "

Tous regardèrent la vie gaspillée cachée par l'équipement médical. L'électrocardiogramme montra un battement plus lent, qui ralentit encore.

" On le perd. " dit Kurt doucement. " Est-ce qu'on ne peut rien faire ? "

" Non " répondit Xavier. " Les meilleurs hôpitaux ne pourraient sauver Monsieur Carter. "

Alors qu'il le regardaient, Glen entra en fibrillation ventriculaire, son cœur perdant tout sens du rythme et d'habilité à pomper. Ororo regarda le défribillateur. Ils pourraient le ramener à un rythme normal, mais qu'est-ce que ça changerait ? Son corps continuait seulement ce que son cerveau avait commencé.

Après quelques secondes, les lignes irrégulières de l'électrocardiogramme devinrent plates, les petits bips irréguliers se fondant en un long gémissement plaintif. Malicia se rapprocha de Bobby, qui passa son bras autour d'elle. Aucun des deux ne regarda l'autre ; ils étaient tous trop concentrés sur le mort silencieux dans le coin de la pièce. Kurt plongea la main dans sa poche et en sortit son chapelet, la tête inclinée dans une prière silencieuse.

La voix de Peter rompit le silence. " Que faisons-nous avec le corps ? "

" Pour l'instant, nous le mettons dans la glace. " répondit Xavier. " Le docteur Henry McCoy arrive cet après-midi, et il voudra faire une autopsie. "

" Et quand ça sera terminé ? " continua Peter.

Logan alla vers la forme immobile de Glen et commença à tout débrancher. " Laissez-le moi. "

A suivre...