Clarisse
Clarisse LaRue était beaucoup de chose. Arrogante. Narcissique. Égocentrique. Sarcastique. Acerbe. Méprisante. Violente et même parfois cruelle. Elle était aussi protectrice, travailleuse, très sérieuse et perfectionniste.
Clarisse était soit trop silencieuse, soit trop bruyante, prenait les choses trop au sérieux ou au contraire, absolument pas. Elle était soit trop sensible, soit trop froide, elle pouvait haïr avec toutes les fibres de son être ou aimer de tout son cœur. Il n'y avait pas d'entre milieu avec elle, il n'y avait que trois cases pour les gens autour d'elle, trois cases bien distinctes les une des autres.
La haine. L'indifférence. L'amour.
Chacune de ses cases étaient elle-même séparée en plusieurs parties, des degrés, des échelles dans lesquelles la jolie brune plaçait ce qu'elle aimait ou pas. Par exemple, Calypso était dans la case « indifférence ». Qu'elle soit là ou pas, elle s'en fichait comme de l'an quarante, Clarisse n'avait envers la jeune femme aucun sentiment négatif mais elle n'en avait aucun de positif non plus. C'était comme se retrouver face à un plat vide, blanc et… vide. Clarisse ne s'intéressait tout simplement pas à la mannequin au point de passer son temps à chercher son nom car elle était incapable de se souvenir de la jeune femme.
Percy Jackson… Percy s'était autre chose. Au premier regard, les gens diraient qu'elle avait mit le jeune nageur dans la catégorie « haine » et dans la partie « j'irai en enfer rien que pour te voir brûler ». Leurs disputes étaient devenus célèbre dès leurs années lycée, Clarisse s'en prenant ouvertement au garçon d'un an son cadet et lui répondant avec autant de violence. Cependant, il en était tout autre.
Clarisse avait développé pour Percy un amour inconditionnel, un amour fraternel, le genre d'amour qui l'obligeait à faire passer les intérêts du jeune homme avant les siens. À première vue, on aurait pu penser qu'elle était là parce qu'elle n'avait pas le choix, mais Clarisse ne faisait rien contre sa volonté et surtout, rien qui n'était pas très minutieusement calculé. Devenir la manageuse de Percy faisait partie de ses choix qu'elle avait étudié minutieusement.
Sa relation avec le jeune homme avait évolué d'une manière assez inattendu. Au tout début, lorsque Luke Castellan s'en prenait à lui au lycée, elle avait pitié de lui et le méprisait ouvertement. Mais un jour alors que ledit Luke était aller un peu trop loin dans sa « blague », elle avait vu une lueur dans le regard de Percy qui avait changé la donne. Il n'était pas aussi faible qu'elle le pensait au contraire, il encaissait pour éviter que Luke ne s'en prenne aux autres, aux plus jeunes et aux plus faibles. Elle avait donc changé d'avis à son sujet et avait commencé à le titiller à sa manière. Elle lui lançait des piques pour le pousser, encore et toujours, le genre de piques qui donnaient envie de faire toujours plus et toujours mieux. Et lorsqu'il avait gagné à l'âge de seize ans la compétition nationale de natation avec le record de temps sur le huit cent mètres en nage libre, elle avait été fière de lui et elle avait été la première personne qu'il était aller voir, étonnant tout le monde. Leur étrange amitié avait réellement débuté à ce moment précis.
Une confiance mutuelle et sans faille se mit en place entre eux, et leur relation évolua assez pour que ce soit elle qu'il venait voir en cas de doute, pour que ce soit elle que Sally appelle lorsqu'il s'éloignait du droit chemin, pour que ce soit elle qui prenne la place de manageuse et gère sa carrière de sportif d'une main de fer. Elle était toujours derrière lui, en bien ou en mal, comme une grande sœur un peu chiante mais qu'on aimait à la folie. Elle l'était. Et pas uniquement celle de Percy puisque la brune avait prit la place de grande sœur dans le cœur de tous les amis du brun.
Alors lorsqu'elle reçu un flot de notifications annonçant que Percy avait encore fait une boulette en partant presque nu de chez son kinésithérapeute et traversant New York jusqu'à chez lui à pieds, Clarisse avait vu rouge. Elle était arrivé chez les Jackson dans l'heure qui suivait malgré les embouteillages omniprésent dans la ville et lorsqu'elle avait enfin eu Percy en face d'elle, son premier réflexe fut de lui donner la gifle de sa vie.
Une main sur la joue, les yeux écarquillés, Percy fixait la brune avec un air abasourdie alors qu'elle fulminait de colère.
« Tu te rends compte de ce que tu as fait ? Tu te rends compte qu'il aurait pu t'arriver quelque chose ? Tu viens juste de sortir de l'hôpital Jackson ! Tu ne dois pas marcher autant, tu ne dois pas faire parler de toi, les gens ne doivent pas savoir ! siffla la jeune femme en faisant de grands gestes avec ses mains. Les journalistes t'ont vu, ils savent d'où tu venais et vont pouvoir faire le rapprochement facilement si je ne trouve pas une parade rapidement. Tu nous fous dans la merde… Tu te fous dans la merde ! Il faut réfléchir avant d'agir Jackson, ré-flé-chir ! fit Clarisse en tapant sur le front du garçon à chaque syllabe.
- Il a été odieux ! s'exclama le brun. Il a dit des choses affreusement gênantes et déplacées !
- Je m'en tape ! Tu crois quoi ? Que tout le monde est gentil et ne veut que ton bien ? Et bien c'est faux. Ce gars est un homme ignoble c'est vrai, mais c'est un excellent kiné et il est le seul disponible pour le moment alors tu vas faire un effort, continua-t-elle plus doucement.
- Mais je…
- C'est pas négociable. »
Percy soupira, abdiquant face à la colère noire de son amie. Clarisse soupira en retour, passant une main dans ses cheveux ébènes qu'elle n'avait pas eu le temps de coiffer avant de partir de chez elle. Les deux amis se regardèrent un instant et Percy sourit finalement amusé, faisant rouler des yeux Clarisse qui le voyait déjà venir.
« Tu t'es inquiété pour moi.
- La ferme.
- Tu étais inquiète, la taquina Percy.
- Je te préviens Jackson, je n'hésiterais pas à t'en remettre une si tu continus. »
Le brun ne répondit pas mais le sourire qu'il affichait en disant long sur ce qu'il pensait et il évita de justesse le coup qu'elle tenta de lui donner, disparaissant en ricanant dans les escaliers satanique de Sally.
« Tu m'envois un message qu'en t'arrives chez toi, cria Percy de sa chambre.
- Ouais. »
Clarisse reprit son sac et son manteau, sursautant lorsqu'elle se retrouva face à Peter Jackson qui lui fit un sourire amusé. Le père de son petit protégé l'aimait bien, elle le savait, mais le voir sourire à quelqu'un d'autre que des gens de sa famille était toujours assez rare pour qu'on le note sur un calendrier.
« Merci de prendre soin de lui comme ça.
- Si je ne le fais pas, c'est pas lui qui va le faire, soupira Clarisse avec lassitude. Il lui faut vraiment une copine. »
Peter éclata de rire et Clarisse sortit enfin de la maison des Jackson, inspirant l'air suffocant de New York à plein poumons. Ce débile lui avait fait peur.
