Hihi voilà le chapitre 4... J'espère ne pas vous avoir fait trop attendre!

Merci à toutes de votre soutien! Ca me touche énormément!Merciiiiii

Je pense qu'il y aura 6 chapitres ou 7...

Bonne lecture!


IV.

La douleur. Encore. Elles sont devenues indissociables. Presque intimes. Étroitement liées. Elle ramène ses genoux sous son menton. Elle n'a pas appelé Harry, bien qu'il soit la personne la plus prompte à lui faire du bien en cet instant, elle n'ose pas. Plus. Sa tête est bien trop engourdie et ses sens altérés. D'une main elle attrape sa baguette magique avant de la glisser sous sa cape. Ses doigts fébriles essuient une larme échappée de ses yeux humides. Elle s'apprête à sortir. Une autre personne peut l'aider. Ron.

****

- Hermione… Je vais me marier.

Un coup de massue n'aurait pas mieux fait le travail. Avec vivacité elle s'était arrachée à l'étreinte du jeune homme. Le contemplant avec un effarement teinté de tristesse.

- Qu..Quoi? Comment cela? Avait-elle murmurait, prise au dépourvue.

- Hermione, avait il fait en posant une main sur son épaule dont elle s'était dégagée prestement.

Il était redevenu très sérieux.

- J'ai besoin que tu me parles de la Réhabilitation des Mangemorts.

Elle avait relevé des yeux emplis de colère sur lui et il s'était senti obligé de reculer d'un pas.

- C'est important, avait-il cru bon d'ajouter.

- Après la chute de Voldemort, avait-elle commencée, froide, ignorant superbement le trouble du jeune homme face au nom de son ancien maître, nous l'avons mis en place afin de permettre aux Mangemorts enfermés de retrouver une place au sein de la société sorcière.

- Pourquoi? Avait-il demandé éberlué.

- Nous ne sommes pas des monstres, avait-elle craché. Nous comprenons la lâcheté. Bien que nous l'abhorrons. Nombre de Mangemorts ont purgés leur peine. Nous nous arrangeons pour créer des réunions sous forme de procès jusqu'à savoir dans quelles conditions un tel ou un tel pourra être relâché. Évidement ils restent sous étroite surveillance. Chaque crime qui a été poussé par un acte désespéré n'est pas toujours condamnable. Nous jugeons différemment un Avada lancé au cours de la Grande Bataille qu'une torture d'innocents au cours des Années Noires.

Elle lui avait lancé un regard de dégoût.

- Je ne savais pas que tu serais au courant… Avait-il chuchoté le regard vide.

- Parce que tu penses que c'est une excuse?

- Non. Mais j'aurais aimé ne jamais voir cette expression sur ton visage.

Elle avait tourné la tête furieuse.

- A quoi t'attendais-tu?

- Sous quelles conditions condamnez-vous les Mangemorts?

- Jusqu'à maintenant aucun Mangemort n'est retourné en prison. Beaucoup ont agi par nécessité. Tu es un des rare à avoir une liste de crime aussi longue.

- Enferme-moi. Renvoie-moi en prison.

Elle s'était tournée vers lui, éberluée.

- Je te demande pardon?

Il l'avait rejointe en deux pas, avait posé une main contre son bras. Elle ne s'était pas dégagée se noyant avec félicité dans ses yeux aciers.

- Renvoie-moi en prison. Je ne veux pas me marier…

Elle avait reculé de deux pas, ramenée brutalement à la réalité.

- Je suis promis depuis tout petit à Astoria Greengrass. Je ne l'ai jamais souhaité, mais entre Sangs Purs, cela a toujours été ainsi. Je t'ai vue lors de ma sortie de prison. Tu étais là. Derrière ton arbre. Ma mère venait de me présenter à Astoria et j'avais la sensation de m'enfoncer dans un gouffre sans fond, rien ne m'intéressait. A part toi… Et quand je t'ai vue, un feu brûlant s'est rependu dans mes veines, consumant mon cœur. J'ai cru que je rêvais. J'en ai oublié Astoria. Et le lendemain la réalité m'a rattrapé…. Je ne veux que toi Hermione… Je préfère être seul et te rêver, qu'avec elle et continuer à te voir sans pouvoir être près de toi, te toucher t'embrasser…

La lèvre tremblante, elle avait reculé d'un pas.

- Je…

Elle avait transplané.

****

On s'étonne toujours de voir à quel point la vie est faite de coïncidences. Comme lorsqu'on marche dans la rue et que l'on remarque une personne habillée comme nous, lorsque l'on trouve quelque chose que l'on croyait perdu alors qu'on en avait besoin, lorsqu'on a faim et que l'on tombe sur une pâtisserie avec des éclairs au chocolat en devanture. Lorsque l'on pense à quelqu'un et que l'on tombe sur lui…

Hermione ouvre la porte avec empressement. Avant de tomber nez à nez avec ses deux meilleurs amis, une main prête à se poser sur la sonnette.

- Hermione… Chuchote Ron en voyant la mine déconfite de la jeune femme.

Les larmes sont de nouveau prêtes à affluer. Elle les ravale avec un sanglot.

- Je voulais… Je devais…

Elle respire.

- Merci… Reprend-elle dans un souffle avant de se laisser entraîner dans son salon par la main d'Harry glissée dans la sienne.

De la pointe du pied, elle enlève ses chaussures afin de pouvoir se lover dans son canapé, resserrant son pull en laine contre elle. Harry se glisse à ses côtés alors que Ron s'affaire dans la cuisine afin de ramener trois tasses de thé fumant.

- Je n'osais pas venir te voir… Chuchote-t-elle en fixant les yeux verts du jeune homme qui lui fait face.

- Pourquoi? S'étonne-t-il d'un haussement de sourcils.

- Je ne souhaite être un fardeau pour personne. Et depuis six ans, alors que j'avais toujours été quelqu'un d'indépendant je…

Sa voix s'éteint, elle baisse les yeux, jouant nerveusement avec l'ourlet de son pantalon.

- J'ai besoin de vous. J'ai besoin de toi.

Il attrape sa main, effleurant le bout de ses doigts.

- Hermione, je ne veux plus jamais, jamais t'entendre me redire que tu n'oses pas venir me voir. Je serais là, quoiqu'il arrive et je sais que tu en ferais autant pour moi. Promets-moi que chaque fois que tu en éprouveras le besoin tu viendras me parler.

Elle hoche la tête, se mordillant la lèvre inférieure.

- Voilà… Fait Ron en déposant les tasses devant les jeunes gens, sur la petite table de verre.

Il prend place auprès de ses amis, apposant une main réconfortante sur l'épaule d'Hermione.

- Que s'est-il passé? Murmure-t-il

- Drago va se marier….

Les mots sont simples, ils semblent si clairs qu'elle ignore comment ils ont pu la terroriser à ce point. Face à elle, ses deux amis encaissent la nouvelle avec difficulté. Harry a contracté ses mâchoires imperceptiblement alors que Ron frappe du poing sur la table, surprenant les deux autres.

- Cette vermine… Fulmine-t-il

- Ron.

- Ce…Ce cancrelat… Cet ignoble petit…

- Ron!

La voix d'Harry a fusé. Ron, qui s'était levé, a cessé d'arpenter la pièce. Il coule un regard vers le jeune homme, qui d'une œillade appuyée désigne son amie.

- Excuse-moi Hermione, fait-il avec un haussement d'épaule avant de venir se rassoir près d'eux.

La jeune femme secoue la tête.

- Comment te sens-tu? Demande Harry accentuant un peu plus la poigne qui retient la main de son amie.

- J'ai la sensation étrange d'être aspirée dans un trou noir. Je pensais avoir été détruire. J'ai eu tellement mal lorsqu'ils l'ont amené ce jour là… Mais là il n'y a rien de comparable. Ma vie échappe à mon contrôle. Je…

Elle baisse les yeux, frissonnante. Les deux garçons ne bougent pas ils se contentent de la regarder avec anxiété, lorsqu'elle relève la tête, un calme olympien semble s'être emparé d'elle.

- Il souhaite que je le renvois en prison.

- Comment?

- Il ne veut pas de ce mariage…

- Il n'a qu'à simplement dire non, répond Harry

- Il ne peut pas, explique le rouquin.

Deux regards inquisiteurs se tournent vers lui.

- Chez les Sangs Purs, la Promesse de mariage est un acte magique scellé par deux familles de Sorciers. On ne peut pas la briser.

- C'est absurde! S'exclame Hermione. Ce sont des méthodes d'un autre âge. Chez les Moldus, marier son enfant de force ne se fait plus depuis…

- Chez les Moldus probablement, la coupe Ron, mais rappelle-toi les Sangs-Purs étaient à leur apogée il n'y a pas si longtemps… Drago était de cette génération. Aujourd'hui encore il n'est pas si rare de voir deux bébés liés par la Promesse de Mariage.

- Et qu'arrive-t-il si on brise cette Promesse? Demande Harry. Cela se passe comme pour un Serment Inviolable? Est-ce qu'on peut en mourir?

- Non, fait Ron. Je ne sais pas ce qui se produit lorsqu'on rompt la Promesse, ma famille n'a jamais été une adepte de ce genre de coutumes. Je sais simplement que nombre de sorciers ont essayé… Et aucun n'a réussi.

- Que veux-tu dire? Demande Hermione suspendue à ses lèvres.

- Ils ont tous fini marié à la personne qui leur était promise.

- Mais…

- Comme je te l'ai dit, nous n'avons jamais été partisans des us des Sangs-Purs, le Sorcier qui rompt la Promesse doit sans doute être torturé mentalement pour être obligé de revenir sur sa décision.

Hermione baisse les yeux, l'esprit torturé.

- Tu devrais le renvoyer en prison, fait la voix douce de Ron.

- Pardon? Demande la jeune femme en relevant brusquement la tête.

- Et bien c'est-ce que Malefoy veut, il préfère être en prison, et on sait que si tu ne le renvoie pas il devra se marier. De plus cela nous met à l'abri d'Anton.

- Non… Murmure la jeune femme. Je refuse de faire cela. J'ai menti à Drago, nous avons réhabilité des Mangemorts dont la liste de meurtres était bien plus imposante que la sienne. De plus il y a un décret spécial pour les jeunes majeurs. S'ajoute à cela, le fait que c'est Drago. Jamais je ne pourrais faire cela…

- Alors tu vas le libérer gentiment, le laisser se marier à une autre, et détruire ta vie? Tu sais bien que ce que t'a dit Anton n'était pas des paroles en l'air.

Hermione baisse la tête. Elle tourne son regard vers Harry qui n'a pas desserré les lèvres.

- Qu'en penses-tu? Chuchote-t-elle.

- Je crois que tu devrais penser à Robin.

Le cœur de la jeune femme se serre à l'évocation de son fils.

- C'est pour éviter cela que nous…

- Je sais, coupe-t-elle.

****

- Harry…

La voix d'Hermione était entrecoupée de larmes. Il avait rarement vu son amie dans cet état. Il s'était approché d'elle et elle avait fondu dans ses bras, s'accrochant à lui comme si sa vie en dépendait.

- Il faut que tu m'aides… Aide-moi…

- Hermione ? Que se passe-t-il?

Il l'avait attirée sur le canapé, elle avait sangloté contre lui jusqu'à ce que ses pleurs se tarissent, il l'avait laissée faire se contentant de lui caresser les cheveux en un geste qui se voulait apaisant. Au bout d'un long moment elle avait dit trois mots. Trois mots qui avaient fait s'écrouler les dernières pierres déjà branlantes, de l'édifice qu'il tentait de reconstruire.

- Je suis enceinte.

Il l'avait serrée contre lui. Que faire lorsque sa meilleure amie si fragile déjà lui disait qu'elle attendait un enfant d'un meurtrier? Un homme haït et qui ne verrait sans doute plus jamais la lumière du jour?

- J'ai besoin de toi… Il faut que tu m'aides… Je dois… Il faut que tu m'aides à trouver une famille pour lui…

- Quoi?

- Une famille moldue. Qu'il soit loin de moi, loin du danger que représente sa naissance…

- Hermione…

- Je sais ce que je dois faire.

- Je t'aiderai… Avait-il chuchoté. Je te le promets.

****

- La Gazette s'empressera de te montrer du doigt, reprend Ron. Et en dehors du fait qu'il est un parfait mélange entre vous deux, il sera facile de démontrer qu'il est de Malefoy.

- Que dois-je faire alors?

Sa voix n'est plus qu'un murmure. Harry et Ron la regardent, tangents. Pour une fois, aucun membre du Trio n'a de réponses, pas même une esquisse…


Harry passe la porte de son Salon. Trois têtes brunes s'approchent de lui en piaillant, levant leurs petits bras potelés pour être le premier que leur père soulèvera de Terre.

- Du calme, rit-il. Vous ne devriez pas être au lit?

- Tu nous manquais… Réplique Albus avec une moue adorable.

Le cœur d'Harry rate un battement. Il ébouriffe chaque tête avant de les renvoyer se coucher. Un instant après leur départ, il fixe l'escalier sans le voir.

- Tu rentres tard, fait une voix dans l'entrebâillement de la porte.

- Ginny, souffle-t-il avec un sourire en s'approchant d'elle.

Mais son expression le fige dans son élan.

- Quelque chose ne va pas?

- Il est minuit. Claque-t-elle.

- Les enfants n'étaient pas couchés…

- Ils t'attendaient. Tu n'es jamais là, en ce moment.

Il soupire, passant une main dans ses cheveux.

- Je suis désolé… Tu sais bien qu'Hermione a besoin de moi.

- Oui comme toujours… Fait-elle sarcastique.

- Ginny, c'est Hermione! Pourquoi me fais-tu encore cette crise de jalousie? Cela fait près de sept ans que ça dure. Je ne le supporte plus.

- Probablement parce que tu es bien plus proche d'elle que tu ne l'as jamais été avec moi.

- Ginny…

Il amorce un pas vers elle.

- Non Harry, fait-elle en secouant la tête. J'ai essayé… J'ai toujours essayé… De ne pas me sentir de trop… Mais tous les trois vous aviez des souvenirs communs, des aventures, la Grande Bataille… Et moi, quand nous étions tous les quatre, je me sentais toujours de trop. C'est encore le cas aujourd'hui six ans après. Hermione est ma meilleure amie mais c'est à toi qu'elle se confie, à Ron en cas de besoin. Quand tu vas mal, c'est vers elle que tu vas. Ou Ron. Elle sait ce qui s'est passé lorsque tu as cru que tu étais mort, moi je n'ai droit qu'à une allusion de temps en temps, lorsque tu veux t'en servir contre moi. Et Ron… Ron est mon frère. Mon sang. Et j'ai la sensation d'être moins sa sœur que vous deux. Je ne… supporte plus! Tempête-t-elle en appuyant ses mains contre ses tempes.

- C'est faux! S'emporte-t-il à son tour. Tu es ma femme. Je t'aime.

- Moi je ne suis plus sûre de t'aimer suffisamment pour surmonter cela.

Harry sent son sang se glacer.

- Que veux-tu dire?

- Je veux que tu partes Harry.

- Ginny, tu ne peux pas faire ça!

- Je suis navrée Harry, je n'ai plus la force de me battre. Je suis lasse de tout cela.

- Mais et tout ce qu'on a vécu? Et les enfants tu y a pensé?

- Oui, j'y ai pensé, il y a quelques temps déjà…

- Il y a quelques? S'emporte soudain Harry. Depuis combien de temps penses-tu à me quitter?

- Là n'est pas la question! Je veux que tu partes, je n'y arrive plus… Hermione…

- Hermione ne sera jamais que ma sœur! Claque-t-il. Pourquoi tu fais ça? Tu le sais pourtant, tu sais qu'il n'y aura jamais rien entre elle et moi. Pourquoi me ressors-tu des rancœurs qui datent de six ans? A chaque fois c'est la même chose et quand ce n'est pas ta jalousie envers Hermione, c'est le temps que je passe avec Ron! Quelle est la vraie raison?

- La vraie raison c'est que je ne suis pas du genre à être la cinquième roue du carrosse!

- Ce n'est pas le cas Ginny voyons! Ne t'ai-je pas prouver que je t'aimais? Ne te l'ai-je pas dit des millions de fois?

- Si bien sûr… Sauf que tes amis passent avant notre couple.

- Ginny arrête… Grince-t-il en se pinçant l'arrête du nez.

- Bien. Alors faisons un test. Si je te demandais de choisir entre ta famille et tes amis, quelle serait ta réponse?

Le jeune homme sent sa mâchoire se décrocher, il la contemple un instant, les bras ballants.

- C'est bien ce que je pensais, fait-elle narquoisement.

Elle esquisse un geste pour partir mais Harry la retient par le bras

- Attends! Tu ne peux pas me demander ça! C'est grâce à ton frère que je t'ai rencontrée! Hermione et lui étaient là depuis le début pour me soutenir.

- Sors de chez moi.

- Ginny! Fait-il désemparé. Tu ne peux pas…

- Va t'en Harry, tu n'auras qu'à revenir demain chercher le reste de tes affaires.

La jeune rousse pivote sur elle-même, faisant danser ses cheveux flamboyants. Elle grimpe les escaliers quatre à quatre, laissant là un Harry pantelant. Il s'assied avec lenteur sur la première chaise où il se laisse choir. Il a la sensation d'être vidé de toute énergie. Il se sent étrangement vide. Las. Lorsqu'il a cru mourir à la suite de son affrontement avec le Mage Noir, il s'était senti flotter à la manière d'une bulle de savon, toute pensée négative annihilée. Quelque secondes après, il s'était réveillé, retrouvant la noirceur de Poudlard. Il n'avait pas compris même en analysant cette expérience avec Hermione. Il était mort. Pendant quelques minutes son cœur avait cessé de battre. Puis il était revenu. Il n'avait jamais pu l'expliquer.

Aujourd'hui il se sent vidé d'une autre façon. Détruit. Il se relève, tangent avant de transplaner.


- Hermione.

Elle sursaute, faisant volte face violemment.

- Anton, répond-elle en grimaçant.

Les couloirs du Ministère sont vides. Il est tard, et les employés ont peu à peu déserté leur lieu de travail. Les avions en papier se font de moins en moins nombreux, la lumière se tamise.

- Qu'est-ce que tu veux?

- Ne sois donc pas agressive, répond-il en agitant un doigt devant ses yeux. Je voulais simplement savoir comment l'affaire Malefoy avançait, La Gazette est peu bavarde à ce sujet.

Hermione ne dissimule pas un soupir agacé.

- Anton, tu penses vraiment pouvoir me faire du chantage?

- Évidement que je le peux.

De son œil valide, il la détaille narquoisement.

- Tu penses toujours aux autres bien avant toi. La question que je me pose cependant est: choisiras-tu de défendre l'homme que tu aimes ou ton fils?

- Tu n'es qu'un sale…

- Doucement Hermione, susurre-t-il avec un sourire. N'oublies pas que j'ai le pouvoir.

Il ricane, affichant une moue sarcastique.

- Dégage d'ici Sten, fait une voix qui s'est rapprochée dans son dos, obligeant le susnommé à faire volte face.

Hermione frémit.

- Tiens, tiens Drago Malefoy… J'espère que tu profites bien de ta liberté… tant que tu le peux encore. Ajoute-t-il en dardant un regard sur la jeune femme. Il approche de deux pas, un sourire en coin étiré sur ses lèvres. Elle passe d'un pied sur l'autre nerveuse. Drago qui n'a rien perdu de l'échange, abat sa main violemment sur l'épaule d'Anton l'éloignant d'un mouvement d'Hermione. Aussitôt, quatre bras puissants le dégagent de cette étreinte. Ils ne le quittent jamais.

- C'est bon, fait-il en levant les paumes rapidement.

Anton le toise furieux, une lueur démente vacille dans ses yeux.

- Ne me touche….plus…Jamais, Sale Mangemort!

Les yeux de Drago s'assombrissent. Contractant la mâchoire, il se retient de ne pas fondre sur le jeune homme.

- Ne t'approche plus d'elle ainsi dans ce cas.

- Ne t'en fais pas, crache-t-il en rajustant sa cape, Hermione sait quoi faire pour ne plus me voir.

La jeune femme lui lance un regard mauvais, alors qu'il s'éloigne d'eux d'une démarche assurée.

- Que veut-il dire? Demande Drago en s'adressant à elle.

- Rien du tout, fait-elle précipitamment. Mais dis-moi, que fais-tu ici? Il est plus de minuit…

- Je remplie et signe des formulaires. Cela m'a pris toute la soirée. Et toi?

Elle relève les yeux. Frappée par un velours acier qui l'enveloppe tendrement, elle tente de garder les idées claires.

- Je… Je suis venue chercher un dossier, fait-elle en serrant la chemise contre elle. Il se penche vers elle et elle sent son cœur rater un battement. Il tire la chemise et lit l'inscription dessus. «Dossier RC7899: Blaise Zabbini». Il fronce les sourcils, un instant déstabilisé.

- Blaise? Tu… C'est toi qui…?

Elle hoche la tête.

- C'était mon premier client. J'avais plaidé en sa faveur lors du procès, j'avais besoin de revoir certains de mes arguments… Pour m'aider.

- Comment va-t-il? Demande-t-il d'une voix qu'Hermione ne lui connaît pas.

- Ça va. Il travaille à Gringotts, Bill Weasley est son tuteur.

Devant l'expression du jeune homme, elle se sent obliger d'ajouter.

- C'est une personne qui se porte garante d'un Mangemort Réhabilité, vis-à-vis du Ministère.

- Oh… Et qui sera le mien?

Elle trésaille.

- Je ne sais pas encore, souffle-t-elle.

- Toi?

- Je n'ai pas le droit. Ce… C'est incompatible avec mon poste.

Il la regarde, et de nouveau elle se sent perdue dans le flot métallique de son regard.

- J'aimerais parler avec toi.

Elle hoche la tête.

- Allons chez moi.

Elle leur lance une œillade inquiète.

- Ils ne rentreront pas. Ils se contentent de rester à la porte.

Elle acquiesce avant de parler à leur adresse.

- Nous nous rendons: 5 impasse Grivoire.

- Nous suivons le transplanage de Mr Malefoy.

Ce dernier se penche vers elle.

- Une idée à toi, je suppose, le traçage?

- Non d'Harry… Fait-elle avant de disparaître dans un «pop!» retentissant.

****

Hermione admet un petit cri en apercevant sur son canapé deux silhouettes assises nonchalamment. Inexorablement Drago s'est posté devant elle, la poussant derrière lui en un geste protecteur. Elle pose une main rassurante sur son avant bras, le détendant imperceptiblement.

- Harry, Ron, souffle-t-elle. Il est une heure du matin. Que faîtes vous là? Dans le noir?

Ils se lèvent ensemble et avant qu'un «Lumos!» ne soit prononcé elle remarque le teint pâle d'Harry, ses cheveux désordonnés, son regard vide de toute expression.

- Que s'est-il passé?

- Ginny, répond simplement Harry. Elle ne veut plus… Elle…

A la manière dont les épaules du jeune homme s'affaissent Hermione sait qu'il ne s'agit pas d'une simple dispute dont ils avaient le secret. Elle s'approche de lui rapidement, alors qu'il tend déjà les bras pour se laisser aller dans les siens, nichant sa tête dans son cou.

- Harry… souffle-t-elle alors que Ron, lui donne des petites tapes dans le dos.

Un raclement de gorge la fait sursauter, l'espace d'un instant elle aurait presque oublié l'homme qui se trouve derrière elle.

- Malefoy, grince Ron

- Weasley, répond celui-ci sur le même ton. Potter.

Harry, défait de l'étreinte d'Hermione, lui adresse un rapide signe de tête.

- Navré d'interrompre votre petite réunion, fait-il avec un léger sourire.

- Arrêtes Drago, lance Hermione. Oublie donc les sarcasmes.

Une ombre menaçante vient fleurir dans ses iris alors qu'il darde un regard sur elle, la toisant un instant avant de se tourner à nouveau vers le rouquin.

- Alors Weasley… Que deviens-tu?

Ron ouvre et ferme la bouche. Il n'a pas pour habitude de converser normalement avec Malefoy.

- Je suis Auror.

- Auror Hein? Admet-il. Comme Potter…

- Pas la peine de faire ses sous-entendus Malefoy! Claque Ron , en serrant fermement le manche de sa baguette à travers sa poche.

- Sinon quoi? Tu me frapperas? Encore

- Drago! Ça suffit! Fait Hermione peu désireuse de voir une telle dispute éclater.

Elle recule d'un pas, il a cet air dangereux empreint sur son visage, qui la faisait tant frissonner à l'époque.

- Malefoy, grince Ron en dressant sa baguette.

Mais déjà le jeune blond ne l'écoute plus. Il a vissé son regard sur un objet qui trône sur la petite cheminée du Salon. Un cadre photo. En son centre, un petit garçon avance dans l'herbe en trottinant tenant à peine sur ses jambes, deux bras le suivent avec empressement au cas où il ne chute. Ses cheveux sont d'une pâleur extrême, ils semblent vouloir accrocher la lumière du soleil et un instant Drago se demande comment Hermione a fait pour se procurer une photo de lui enfant. Étendant son bras il s'empare de la photographie et Hermione sent son sang se glacer. Quelques pas derrière Drago, ses meilleurs amis affichent un masque horrifié identique. Il a froncé les sourcils indécis, et la jeune femme sait qu'il va les voir les yeux chocolats pétillants, elle sait qu'il va comprendre, c'est indéniable. Une moue indescriptible se peint sur son visage, a mi-chemin entre l'effarement et la terreur.

- Qui est-ce? Demande-t-il d'une voix glaciale.

Mais Hermione sait déjà qu'il connaît la réponse. Elle glisse un regard vers Harry pour se donner du courage, puis elle revient inévitablement vers Drago pour être foudroyée par deux orbes grises éclatantes, orageuses.

- C'est ton fils Drago, répond-elle. Notre fils.


Ouch ce chapitre est-il à la hauteur de vos éspérances...?

Toujours la même angoisse quand je poste hihi...