Oh vous êtes toujours là !! Génial !!

Ça veut dire que vous aimez ce que vous lisez alors ?? Alors surtout review !

Ce chapitre est peut-être un peu laborieux, mais il est essentiel pour situer mon héroïne !

Betareader: Windsurfbabe

Bonne Lecture…


Chapitre 3 : Mon histoire

Bien sûr ce n'était pas là la stricte vérité. J'avais peut-être omis que mon village se trouvait au Nord, en territoire picte, mais je ne pouvais pas le dire à des défenseurs du Mur sans mettre ma vie en péril.

Moi et les miens n'étions pas pictes, mais mes ancêtres étaient de fiers bretons, et avaient toujours refusé de se soumettre à l'envahisseur romain; et bien que très attachés à leur terre, ils avaient conscience de ne pouvoir lutter seuls contre cette occupation. Ils avaient donc choisi de quitter leur terre natale pour s'installer plus au Nord, en territoire picte; et bien que les relations entre les deux peuples ne soient pas vraiment cordiales, un ennemi commun leur fournit une raison valable pour s'allier.

Bien sûr nous n'étions que tolérés sur le territoire des hommes bleus*, mais c'était mieux que de plier sous le joug impérial. Après la construction du Mur, qui coupa la Bretagne en deux, nous étions venus nous installer plus près de celui-ci, au voisinage de nos frères bretons. Nous étions certains qu'un jour notre peuple, fier et fort, se relèverait pour bouter l'occupant hors de nos frontières.

Néanmoins, les années s'étaient écoulées et rien n'avait changé. Malgré l'acharnement des Pictes, les Romains étaient toujours sur notre île, devenue une province romaine, et chaque tentative de reprendre nos terres était repoussée. Au fil des ans, l'espoir d'une reconquête avait disparu parmi les miens, et l'acceptation s'était installée. Certains même passèrent de l'autre côté du Mur se joindre aux Bretons assujettis à Rome, se mêler aux Romains… et cela pour une raison essentielle: la pérennité de notre peuple. Nous vivions en vase clos depuis trop longtemps, et les alliances entre individus de même sang avaient fini par affaiblir notre peuple. Alors, pour notre survie, le Conseil prit la décision d'encourager les nôtres à chercher ailleurs des épouses et des maris. Certains s'unirent avec des Pictes et d'autres, la tête basse, alourdie par le poids de notre histoire qu'ils bafouaient, envoyèrent leur filles de l'autre côté du Mur. Au début, le Conseil imposa des règles strictes pour ces mariages: la fille ne devait épouser qu'un Breton de sang pur; les enfants nés de ces unions devaient porter des noms bretons. Le premier-né mâle devait être envoyé dans notre village pour être instruit en accord avec nos traditions. Quant aux filles, elles devaient être mariées à un homme du village. Si l'époux étranger mourait, sa femme devait revenir au sein de la communauté…

…Et bien plus encore. Tant de règles édictées dans le but de perpétuer l'Histoire et de survivre à l'occupation.

Cependant, au fil des années, de moins en moins de ces règles furent respectées. D'une part parce que les Romains étaient de plus en plus réticents à laisser les nôtres passer le Mur dans un sens comme dans l'autre; et d'autre part car les nôtres s'acclimatèrent à la vie romaine. Et c'est ainsi que certains de nos garçons passèrent le Mur pour recevoir une formation militaire romaine, et d'autres pour chercher épouses, fortune, travail, confort.

Le village dépérissait et le Conseil se désolait. Il était en train de perdre petit à petit la bataille qu'il menait depuis des années, la bataille pour leur liberté et leur patrimoine.

C'est dans ce contexte de résignation que je vis le jour, vingt ans auparavant. J'ai grandi au sein d'une famille unie et aimante, au milieu de six frères et sœurs. Mon père, Talwin, était un membre éminent du Conseil, un homme respecté et écouté. Il était fier de ses origines et vouait une haine farouche à l'encontre des Romains. C'est pourquoi, quand vint le jour pour chacune de ses filles d'être mariées, notre père nous laissa le choix. Il ne pouvait se résoudre à nous « livrer aux Romains » contre notre gré.

Ainsi Katell, ma sœur aînée, épousa à quinze ans, Luhan, un marchand d'étoffes qui vivait dans la cité de Segedunum. Conformément à la volonté du Conseil ils nous envoyèrent leur premier-né, Brewen, dès qu'il eut cinq ans, pour que commence son apprentissage.

Quant à moi, j'étais farouchement opposée au mariage. A mes yeux, aucun homme n'était suffisamment digne d'intérêt pour que j'accepte de lier ma vie à la sienne! Mes diatribes sur le sujet étaient toujours ponctuées du rire franc et joyeux de mon père, qui assenait à chaque fois:

« Que vais-je donc bien pouvoir faire de toi, ma fille!! ».

Et, quand le silence était revenu, ma mère affirmait doucement dans un sourire:

« Tu es encore jeune. Un jour, l'amour frappera à ta porte, et alors tu connaîtras le bonheur d'être auprès de celui que tu aimes. »

Pfft!! Certainement pas! Quand je voyais ce que l'amour et le mariage avaient fait aux gens autour de moi, je n'en voulais pas.

Soudain, la voix d'Arthur me tira de ma rêverie:

« Et que faite vous seule ici? »


*Non ce ne sont pas des schtroumpfs.

Tout petit, tout petit, chapitre... Mais ce sont mes débuts, au fur et à mesure je rallonge...

Prochain chapitre : "Chapitre 4: En Compagnie des Chevaliers."