Bonsoir !
Je vous apporte le quatrième et dernier chapitre. Alors je vous souhaite une excellente lecture :D


CHAPITRE 4 : L'anniversaire d'Albus

- Attention ! Non mais vous ne voyez donc pas ce que je porte ?! Alors cessez de courir dans les couloirs.

Ces élèves étaient vraiment sans espoir.

Du moins, ce fut ce qu'il pensa alors qu'il continuait son chemin en direction du bureau du Directeur. Aujourd'hui, c'était son anniversaire. Voilà pourquoi Severus traversait tout le château avec une onctueuse charlotte au citron dans les mains. Non pas qu'il ait eu un soudain élan de gentillesse, non…Avec ce gâteau d'anniversaire, il espérait échapper à la soirée que donnait Albus ce week-end pour fêter son énième anniversaire. Il allait inviter toute l'élite sorcière, du Ministre de la Magie au Président du tribunal du Magenmagot en passant par des noms connus et évidemment, les professeurs de Poudlard.

Trop de monde, trop de festivités. D'autant plus qu'il allait sans aucun doute y croiser Granger.

Severus avait réussi à l'éviter jusqu'à présent. Elle tentait à chaque fois de se retrouver seule avec lui lorsqu'elle venait à Poudlard. N'avait-elle pas une potion à réaliser plutôt que de faire le pied de grue devant sa salle de classe dans l'espoir qu'il daigne à lui parler ?

Hors de question. La dernière fois qu'il avait été seul avec elle, ils se tripotaient comme des gamins jusqu'à ce qu'ils se fassent attraper par le vieux Gazeirman.

Il valait mieux qu'il n'aille pas à cette petite sauterie. D'autant plus que cela allait encore être aussi ridicule que les autres années. Des bonbons, des costumes en queues de pie, des couleurs acidulées, des rires il ne manquait plus que les licornes roses qui servaient l'apéritif et il était en plein cauchemar. Ce gâteau était donc le seul moyen d'amadouer Albus.

Ce fut d'un pas sûr de lui que Severus gravit l'escalier en colimaçon qui menait au bureau du vieil homme. Lorsqu'il entra, il essaya de paraitre joyeux et enjoué.

- Bon anniversaire Albus !

C'était raté.

En entendant lui-même sa voix vriller et hésiter, il se demanda ce qui lui prenait. Et puis ce ton ! Merlin cela avait cruellement manqué d'enthousiasme comme il l'aurait souhaité. Et l'avait-il au moins appelé par son prénom auparavant ? Il n'en n'était même pas certain.

Voyant Dumbledore qui le fixait sans dire un mot, Severus avança jusqu'à son bureau pour y déposer la charlotte.

- C'est pour vous…pour votre anniversaire…

Voilà qu'il sentait un mal être l'envahir.

Pourquoi le fixait-il de la sorte ? Il avait en face de lui deux grosses billes bleues, une bouche grandement ouverte et un visage apparemment stoïque.

Cela devait provenir du fait qu'il ne lui avait jamais amené de gâteau auparavant. Ou alors parce qu'il n'avait jamais souhaité son anniversaire ? Les deux réunis avaient réussi à rendre Albus aussi étonné qu'ahuri.

- C'est une charlotte au citron. Vous aimez toujours le citron n'est-ce pas ?

Cette tentative fut elle aussi un échec. Il restait toujours immobile, ce qui commença à agacer sérieusement Rogue. Le faisait-il exprès ?

- Vous vous moquez de moi ?! Lança-t-il d'une voix plus forte et irritée. J'aurais peut-être dû vous envoyer un hibou en recommandé pour vous prévenir de ma venue ?!

Ce brusque haussement de ton ramena Albus à la raison. Ce dernier se reprit un tant soit peu, alors qu'il s'adossait à son immense fauteuil. Son regard bleuté passa du gâteau à Severus et de Severus au gâteau.

- Je vous prie de m'excuser…, commença-t-il d'une voix prudente, …mais qu'avez-vous fait d'aussi grave pour m'apporter un gâteau et me souhaiter mon anniversaire ?

- C'est un simple gâteau, pourquoi y voyez-vous autre chose ?

- Allons, allons. Ce n'est pas au vieux singe que l'on apprend à faire la grimace Severus…

Tss. Bien qu'il prenne un an de plus aujourd'hui, ce vieux était toujours aussi lucide.

- Prenez donc un siège.

Comprenant que cela était plus un ordre qu'une banale phrase de politesse, Severus n'eut guère le choix. Son plan était prodigieusement foiré. Il était visiblement médiocre lorsqu'il s'agissait de brosser Albus dans le bon sens du poil.

- Alors dites moi, c'est vous qui avez fait ce gâteau ?

Severus fronça les sourcils. Avait-il bien entendu ? Lui, faisant une charlotte. Il ne fallait pas exagérer non plus.

- Non j'ai soudoyé un elfe pour qu'il me le prépare ce matin.

Albus hésita quelques secondes à prendre cette réponse au sérieux ou sur le ton de la plaisanterie. C'était que parfois, il ne savait pas si Severus plaisantait ou non…Il préféra alors passer outre, enchaînant sur autre chose.

- Il y a-t-il quelque chose que vous voulez me demander Severus ?

Voilà cette fameuse question. Devait-il avouer tout de suite ou démentir pour mieux argumenter ensuite ? Vu la situation, il était inutile d'aggraver son cas.

- Je n'ai aucune envie de me rendre à votre soirée d'anniversaire.

Dans un certain sens, Albus se sentit soulagé. Soulagé qu'il ne s'agisse que de ça. Severus traversant tout Poudlard avec une charlotte au citron ! Et il avait pensé qu'il n'aurait rien remarqué de suspect dans cette situation improbable ?! Le Directeur se retint de rire face à son professeur qui se comportait d'une manière bien étrange ces derniers temps.

- Et pourquoi cette année plus que les autres ?

- Parce que.

- Mais encore ?

- … .

- Auriez-vous un problème dont vous aimeriez me parler ?

- Non.

- Vous en êtes sûr ?

- NON MAIS VOUS ALLEZ ARRÊTER OUI ?!

Severus s'était levé de sa chaise, manquant de la faire tomber. Il avait parlé si fort qu'il en fit sursauter son interlocuteur.

Il était réellement agaçant. C'était un directeur d'école ou un inspecteur de police moldue ?!

- Je ne viendrai pas à votre fête.

Bien qu'il ne crie plus, sa voix n'avait nullement perdue ce ton irrité. Tournant en rond dans le bureau, Severus tentait de se calmer. Mais en vain. Cet homme avait le don d'ébranler sa patience.

- Je n'ai aucune envie de me retrouver au milieu de tous ces pingouins, être obligé de partager un repas avec eux et ensuite de boire un verre en dégustant des pâtisseries !

- Ces…pingouins ?

- Vous savez pertinemment que j'ai horreur de ce genre de festivité, répondit-il en ignorant la remarque d'Albus.

- Mais vous allez faire un effort pour moi, répliqua le vieil homme en restant toujours aussi calme.

En entendant cela, Severus stoppa ses cents pas. Il fixa son regard dans le sien, cherchant des explications. Pourquoi ferait-il un effort pour lui ? Lui devait-il encore quelque chose ?!

Et comme s'il entendait les interrogations de son professeur, Albus précisa ses pensées.

- Je tolère que vous soyez un ours aussi bien envers vos élèves que vos collègues, que vous manquiez tout rassemblement festif organisé à Poudlard, je vous ai accordé le poste de professeur que vous convoitiez tout en vous déchargeant de votre poste de Directeur de Maison, commença-t-il en l'observant par-dessus ses lunettes en demi-lune. Alors oui, je vous demande de faire un effort une fois par an pour mon modeste anniversaire Severus.

Sa voix sereine et douce eut le drôle d'effet de calmer les nerfs du Maître des Potions.

- A vrai dire, je ne vous laisse pas le choix. Vous viendrez pour cette soirée, sinon vous serez contraint de venir à toutes celles que j'organise dans l'année au château.

Comprenant qu'il n'avait de nouveau pas le choix, Severus serra les dents pour se retenir de pester contre son supérieur. Le voilà forcé d'y aller ! Il allait devoir supporter tous ces crétins, mais surtout Granger.

Résigné, il n'ajouta rien et préféra partir.

- Au fait Severus…, lança-t-il avant qu'il ne disparaisse par l'embrasure de la porte, …merci pour la charlotte au citron !

Severus ne se retourna pas. Il n'avait nullement besoin de voir son sourire jusqu'aux oreilles. Non seulement il avait trimbalé cette charlotte dans tous ces couloirs à la vue de ses élèves pour des prunes, mais il était en plus obligé de participer à cette sauterie ! Il s'était bien fait avoir sur ce coup.

Très bien. Il allait s'y rendre, mais hors de question qu'il fasse le moindre effort pour paraître sympathique.

Lorsqu'il transplana devant la porte d'entrée de la demeure d'Albus, il pressentit que cette soirée allait être longue. Beaucoup trop longue. Severus ne prit guère la peine de sonner, il entra et se dirigea de suite dans la grande salle de réception. Il fulmina intérieurement en voyant tout ce monde qui discutait en petits groupes, un verre à la main. Tous vêtus d'un costume en queue de pie ! Du moins pour la gente masculine. Ils ressemblaient plus à des manchots qu'à des pingouins en fait.

Severus eut un léger sourire amusé en constatant qu'il était le seul qui s'était contenté d'un simple costume traditionnel.

Et on ne manqua pas de lui faire remarquer, alors qu'il s'était rendu au bar. Un petit homme, qu'il ne connaissait pas, s'était approché de lui tandis qu'il observait les bouteilles d'alcool présentes.

- On ne vous a pas précisé qu'il fallait porter un costume bien précis pour cette occasion ?

- Si…, répondit-il évasivement sans prêter attention à son interlocuteur.

- Et bien qu'est-il arrivé à votre veste ?

Severus tourna enfin la tête vers lui, désireux de voir à quoi ressemblait ce crétin.

- Est-ce que je vous demande si c'est avec un Troll ou un Scroutt que votre mère a couché pour que vous ayez une pareille tête ?! Non, alors allez discuter chiffons ailleurs.

Outré et choqué, il hésita à lui répondre. Mais lorsqu'il vit ce regard glacial qu'il lui adressa, cet homme n'insista pas et partit.

Ravi de s'en être débarrassé, Severus put enfin se servir un verre whisky-pur-feu. Mais son repos fut de courte durée. A peine eut-il avalé une première gorgée de son breuvage qu'on l'ennuya de nouveau. Cette fois-ci, il savait de qui il s'agissait : Horace Slughorn.

- Ahhh Severus, quel plaisir !

- Le plaisir est partagé.

Il lui avait rétorqué cela d'une voix si mystérieuse, que l'ancien professeur ne sut dire si c'était véridique ou ironique. Il opta pour la première possibilité et enchaîna de sa voix guillerette.

- Sacré Dumbledore, quel fêtard. Tout ce monde réuni…je trouve ça formidable.

- Magnifique oui, ajouta-t-il sur ce même ton qui était évidemment ironique.

Ne se rendant pas compte du désintéressement de son voisin, Horace resta à ses côtés. Il observait silencieusement ces gens qui les entouraient, avant de poser son attention sur Severus. Un sourire amusé étira ses lèvres dans toute leur largeur.

- Mais au fait mon cher…, commença-t-il d'une voix amusée, …si tous les professeurs de Poudlard se trouvent ici, qui surveille les élèves et le château ce soir ?

Hum, bonne question. Mais Severus n'en avait absolument aucune idée et de toute manière, il s'en fichait complètement. Son ancien collègue était fort sympathique, mais il commençait à ne plus pouvoir supporter sa présence. Il avala une seconde gorgée de whisky avant de lui répondre enfin.

- Ne vous inquiétez pas pour cela Slughorn, nous les avons tous stupéfixés dans leur sommeil. Ces chers élèves ne bougeront pas d'un millimètre ce soir.

Une réponse qui cette fois, ne cacha en rien le sarcasme. D'ailleurs, Severus afficha un sourire goguenard qui déconcerta Horace. Il ne s'était sans doute pas attendu à une pareille réplique.

Il tourna ensuite les talons pour aller voir ailleurs avant de lui laisser le temps de répondre. Il y avait décidément trop de monde autour de ce bar.

Oui mais voilà. Alors qu'il était en train de longer le mur pour se trouver un coin tranquille, il aperçut Granger discutant avec un homme qu'il ne reconnut pas de suite. Elle lui faisait face, mais ne semblait pas s'être aperçue de sa présence. Il fallait qu'il parte avant qu'elle ne croise son regard, sinon cette Gryffondor n'allait plus le lâcher d'une semelle.

Severus s'apprêtait à faire demi-tour, lorsqu'elle le vit. Trop tard ! Elle s'approchait déjà de lui à grands pas.

- Bonsoir, lui dit-elle avec un léger sourire.

Severus ne lui répondit pas. Il se contenta de la regarder comme si elle était la chose la plus inintéressante qu'il ait croisée jusqu'à présent. Peut-être qu'elle s'en irait toute seule avec ça.

Mais il en fallait bien plus pour décourager la Lionne.

- Je viens de parler à Monsieur Gazeirman, reprit-elle.

Il en déduit que c'était l'homme avec qui il l'avait vue. Mais pourquoi est-ce qu'il était ici ce soir ? Albus avait-il donc invité toute l'Europe à son fichu anniversaire ?!

- Merveilleux, lâcha-t-il d'une voix crispée.

- Je suis allée lui expliquer certaines choses à propos de ce qu'il avait vu à Lisbonne.

Un sourire moqueur glissa sur ses lèvres.

- C'est sûr que la situation était très trouble, obscure. Je dirai même qu'elle était très compliquée à comprendre. J'espère que vous lui avez fait un dessin pour qu'il comprenne mieux ce qui c'était réellement passé.

Une voix austère et acerbe. Cette raillerie blessa presque la jeune femme.

- Que ferait-on sans vous Granger ?

Cette question, qui n'en était absolument pas une, amplifia le mal être naissant qu'elle ressentait. Toute cette animosité, cette indifférence qu'il dégageait à son égard…pourquoi se comportait-il ainsi avec elle ? Il n'était pas obligé de s'adresser à elle de telle sorte qu'elle se sente comme un parasite qu'il écrasait violemment du bout de sa chaussure.

Il profita d'ailleurs de ce moment de flottement pour continuer son chemin, sans même lui adresser un mot de plus. Hermione voulut le rattraper, mais elle tomba nez à nez avec son ancien professeur : Horace Slughorn. Ce dernier lui tint la jambe durant un long moment, désireux d'en savoir davantage sur sa potion révolutionnaire qu'elle préparait. Il discutait et posait tellement de questions, qu'elle n'eut plus l'occasion de reparler avec Severus. Et pourtant, il fallait réellement qu'ils discutent. Cette situation était ridicule, ils devaient crever l'abcès.

Mais malheureusement, quand enfin elle parvint à se débarrasser du professeur loquace, elle découvrit qu'elle n'était pas assise à la même table que Rogue lors du repas. Hermione devrait encore attendre avant de le retrouver.

De son côté, Severus fut enchanté de sa table. Ni Granger, ni Slughorn, ni Dumbledore ne s'y trouvaient. Il passa un repas tranquille, n'ayant à converser avec personne. Ou du moins, il fit comprendre à ses voisins qu'il ne voulait converser avec personne.

Et lorsque vint l'ouverture du bal avant le dessert avec son traditionnel gâteau, Severus s'échappa de la foule pour aller s'adosser à un mur. Il observait les convives, un verre de whisky en main. L'alcool avait légèrement embrumé son esprit, lui permettant ainsi de mieux supporter cette soirée. Les gens s'amusaient en dansant et riant jusqu'à l'épuisement.

- Vous dansez ?

Diantre. Encore elle.

Il détourna son regard de la foule pour la regarder.

- Non, je ne danse pas.

Et avant de lui laisser le temps de répliquer, Severus s'échappa de nouveau. Il alla dans le hall d'entrée, pour se diriger vers un couloir qui menait à un petit salon. Il connaissait cette pièce, Albus l'ayant reçu ici de nombreuses fois lorsqu'il venait lui apporter des informations sur le Lord.

Calme et chaleureux. Cet endroit était apaisant, pile ce qu'il fallait au Maître des Potions. Il se vautra dans l'un des nombreux fauteuils qui entouraient la cheminée, soufflant enfin. Cette soirée était épuisante. Alors rien de tel que le silence, un bon verre et un fauteuil moelleux. Mais sa tranquillité fut de courte durée. En effet, un bruit de porte se fit entendre. Quelqu'un venait d'entrer.

- Cela fait des mois que je vous coure après et je dois dire que ça commence à devenir fatiguant, lança-t-elle en s'approchant d'un des fauteuils pour s'y assoir à son tour.

- Rien ne vous y oblige, laissez moi donc en paix, rétorqua-t-il sans même prendre la peine de la regarder.

C'était inutile. Il aurait pu parier qu'il s'agissait d'Hermione. Qui d'autre ? Il n'y avait qu'elle à cette soirée pour le suivre de la sorte. Severus pesta après Dumbledore pour l'avoir contraint de venir chez lui ce soir. Jusqu'à ce que son agacement se dirige vers elle.

- Et puis d'abord, qu'est-ce qui vous arrive ? Pourquoi vous obstinez-vous à chercher ma compagnie alors que je m'efforce de repousser la vôtre ?

Il leva la tête pour placer son regard dans le sien.

- Vous vous êtes dit « pourquoi ne pas tester ma super potion sur mon ancien professeur » ? Est-ce que vous vous seriez comportée de la même manière si vous l'aviez testée sur Lupin ou Hagrid ?!

Severus sentit le besoin de boire une gorgée de whisky lorsqu'il imagina Granger à califourchon sur Lupin et Hagrid. C'était bien trop horrible.

- La potion n'était qu'un prétexte.

Il fronça les sourcils, ne comprenant pas où elle voulait en venir.

- Un prétexte pour quoi ?

Un sourire vint s'étendre sur les lèvres de la Gryffondor.

- Croyez-vous que je viens à Poudlard uniquement pour la richesse des livres de la Réserve ?

Cette phrase émoustilla l'estomac du professeur. Il pressentait ce qu'elle allait dire.

- Je venais pour vous voir. Mais c'était à peine si vous saviez que j'étais présente au château ! Alors lorsque ma potion a fonctionné, j'ai décidé de l'utiliser et d'aller vous rendre une petite visite.

Severus ne bougeait plus. Ses craintes étaient fondées : elle avait tout prévu. Depuis le début, son but était de se comporter comme une petite diablesse à son égard. Etait-elle attirée par lui ?! Il sentit ses démons le démanger légèrement lorsqu'il envisagea cette hypothèse.

- Je n'avais pas envie de vous approcher et constater que cette attirance n'était pas réciproque.

- Parce que vous pensez qu'il y a une attirance entre nous ?

- J'en suis certaine.

- Mais encore ?

Hermione l'observa. Il était toujours aussi immobile et son visage restait impassible. Toutefois, elle constata que son regard avait changé. Il n'était plus indifférent, froid ou haineux. Non, c'était comme s'il y avait une nouvelle lueur qui rendait ce noir si intense, qu'elle ne pouvait plus s'en détacher. Elle en était captivée. Et cette intensité la rendit quelque peu mal à l'aise. Ses joues rougissaient, tandis que son esprit commençait à s'embrumer lentement.

- Et bien une attirance…, commença-t-elle d'une voix troublée. C'est comme si je ne pouvais plus me passer de votre présence, de votre regard. Quand je ferme les yeux, je revis ce moment où vos mains effleurent ma peau, où vos lèvres m'embrassent. Mon corps tout entier réclame le vôtre. Une soif inassouvie.

Au fil de sa tirade, Hermione prit de l'assurance. Elle décrivit si bien l'état dans lequel elle était que Severus sentit sa main se crisper contre son verre. Il en but une gorgée, dans l'espoir d'atténuer ce désir qui commençait à naître en lui.

S'apercevant du trouble qui le consumait progressivement, Hermione décida d'agir. Elle se leva et approcha lentement vers lui.

Il n'avait plus la force de la repousser. Le Serpentard se contenta donc d'admirer cette femme qui avançait vers lui avec une démarche féline. Si provocatrice, qu'il dut prendre une nouvelle gorgée pour ne pas craquer.

Une fois à sa hauteur, Hermione lui prit le verre qu'il avait en main et le vida d'une traite. Revigorée, elle releva légèrement sa robe pour venir s'assoir à califourchon sur ses genoux. Son bassin se colla au sien, tandis que ses mains se posèrent sur ses épaules. Instinctivement, Severus passa ses bras dans son dos pour l'empêcher de tomber, mais surtout pour la rapprocher au maximum de lui. Leurs visages étaient très proches. Il n'était plus question de jouer à quoique se soit.

- J'ai toujours très envie de faire l'amour avec toi.

Envoutante et chaude, sa voix n'était plus qu'un murmure. Ce tutoiement impliquait une intimité, une promiscuité à laquelle Severus s'empressa de répondre.

Il captura ses lèvres, l'embrassant avec ardeur. Il avait voulu céder à ses désirs de si nombreuses fois qu'il comptait bien profiter de chaque seconde qui s'écoulait en sa compagnie. Leur baiser s'enflamma rapidement, les faisant oublier où ils se trouvaient. Leurs corps se pressaient l'un contre l'autre, désireux de ne plus faire qu'un.

Et alors qu'Hermione passait ses mains dans ses cheveux, des voix se firent entendre. Elle mit fin à leur baiser et tendit l'oreille. Le regard que lui lança Severus confirma sa crainte : quelqu'un allait venir dans ce salon.

Hors de question d'être à nouveau interrompus ! La Lionne décida de prendre les choses en main. Elle descendit rapidement des genoux de Rogue et invita ce dernier à se lever à son tour. Une fois tous deux debout, Hermione encercla sa taille de ses petits bras, collant sa tête contre son torse.

- Qu'est-ce que tu fais ?!

- Fais-moi confiance…

Ravie de l'entendre la tutoyer, Hermione sourit avant de fermer les yeux. Elle imagina un lieu qu'elle connaissait très bien et où ils pourraient enfin avoir un moment seuls. La seconde suivante, ils tournoyaient avant d'atterrir sur un lit, dans la pénombre.

Comprenant qu'ils venaient de transplaner, Severus examina la pièce dans laquelle ils se trouvaient. Apparemment une chambre, s'il en croyait le matelas moelleux qui avait amorti leur chute. Mais ce n'était pas sa chambre.

- Nous sommes chez moi, dans ma chambre, précisa-t-elle en le voyant observer les lieux.

C'était une petite pièce, mais avec un grand lit. Deux imposantes fenêtres offraient une vue sur un quartier de Londres, éclairant par la même occasion cette chambre aux rayons de la Lune.

- Je peux te faire visiter les autres pièces si tu es si intéressé…

Un sourire en coin se dessina sur ses lèvres, alors qu'il se retournait pour lui faire face. Severus rampa sur ce lit jusqu'à se trouver au-dessus d'elle. Sa main se plaça naturellement sur sa hanche et sa bouche vint tenter la sienne en ne laissant qu'un souffle entre eux.

- Interdiction de quitter cette chambre, annonça-t-il d'une voix rauque qui se voulait menaçante.

Ne résistant plus, Hermione attrapa son cou pour l'embrasser. Le baiser devint sauvage, fiévreux. Chacun tentait de profiter des lèvres de l'autre, tout en commençant à lui ôter un maximum de vêtements. Chaussures, nœud papillon, veste, chemise et ceinture furent les premiers à être balancés aux quatre coins de la pièce. Severus rencontra toutefois plus de difficulté avec la robe d'Hermione. Sa tirette ne voulait pas coopérer, mettant à rude épreuve la patience de l'homme qu'il était. Mi-amusée, mi-pressée, elle donna un coup de reins qui les fit tourner, la plaçant ainsi sur lui. Une position qui lui donna de nombreuses idées…

La Lionne s'abaissa pour venir embrasser le cou de Severus. Du bout de ses lèvres et de sa langue, elle embrasait sa peau sous son passage. Elle descendit lentement, prenant le temps de le torturer comme il l'avait fait. Ses petites mains caressaient son torse, pendant que son bassin ondulait sur le sien, titillant cette virilité qu'elle se plaisait à sentir de plus en plus. Elle pouvait entendre son souffle s'accélérer sous ses caresses. Il tentait toujours tant bien que mal de défaire la tirette de sa robe pour pouvoir profiter de la douceur de sa peau, mais sans succès. Elle bougeait trop. Et puis son esprit était trop obscurci par le plaisir qu'elle déclenchait chez lui. Il ne sentait plus que cette bouche qui dévorait son torse, pendant qu'une main aventureuse descendait dangereusement vers le bouton de son pantalon. Mais à sa plus grande surprise, elle ne prit pas la peine de l'ouvrir. Non, non. Hermione préféra passer sa main sous les deux couches de tissus, caressant son membre.

Severus ferma les yeux, soupirant de plaisir. Il s'étonna en s'apercevant qu'il bougeait son bassin pour accentuer chaque caresse qu'elle lui octroyait de sa main.

Il la voulait. Maintenant. Tout de suite !

Le Maître des Potions s'attaqua de nouveau à sa robe et parvint enfin à la libérer de ce vêtement diabolique. Il en profita pour la débarrasser de son soutien gorge, qui commençait à être de trop entre eux. Severus put retrouver cette poitrine ferme et soyeuse qu'il avait connue quelques mois plus tôt.

Mais ces caresses ne suffisaient plus. D'un coup de bassin astucieux, il parvint à renverser à nouveau la situation. Il se dégagea des derniers vêtements qu'il portait, avant de s'attaquer aux siens. Se laissant faire, Hermione observait cet homme qui l'excitait. Comment avaient-ils pu attendre aussi longtemps ?! Elle n'arrivait même plus à patienter deux secondes avant de pouvoir toucher sa peau, sentir sa chaleur se mêler à la sienne, embrasser ses lèvres.

Enfin nus, Severus put venir se placer au-dessus d'elle. Ses baisers réchauffaient son cou, tandis que sa main commença à titiller sa tendre féminité. Elle était si chaude et prête à l'accueillir qu'il ne tint plus. Il se positionna et la pénétra dans un profond coup de reins, déclenchant une vague de plaisir qui les fit gémir. Hermione passa ses jambes autour de ses hanches, désireuse d'accentuer chaque mouvement qu'il faisait. Elle l'accompagnait, ondulait, s'activait sous lui, sentant son plaisir croître avec l'intensité de ses coups de reins.

Une vraie diablesse. Elle était si délicieuse que Severus ne put retenir ses gémissements. Leurs souffles s'accéléraient, se mêlaient au fil du rythme grandissant de leurs mouvements. Il pouvait sentir ses ongles griffer son dos à chaque coup plus violent, plus rapide, ce qui intensifia le plaisir qui s'emparait pleinement de lui. Son corps s'enflammait sous la lasciveté qu'elle dégageait. Elle était si douce et si féline à la fois.

Severus était au bord du gouffre, prêt à chuter dans une délicieuse euphorie.

Il céda lorsqu'il sentit Hermione partir dans un dernier gémissement de bonheur. Il la rejoignit rapidement, soufflant son prénom alors qu'il atteignait le nirvana.

C'était…c'était…exquis. Merveilleux.

Severus resta encore quelques minutes en elle, ne voulant plus quitter cette chaleur qu'elle lui offrait. Il finit tout de même par se retirer, s'allongeant sur le lit. La respiration encore haletante, il ne put s'empêcher de chercher le regard de celle qui était désormais son amante.

Hermione tourna la tête pour le voir. Elle lui adressa un sourire si séduisant qu'il ne résista pas à l'envie de l'attirer contre lui, la serrant dans ses bras. Ils restèrent un long moment ainsi : Hermione la tête sur son torse, Severus l'entourant de ses bras et leurs jambes entremêlées. Aucun des deux ne parla, profitant simplement de la présence de l'autre dans ce silence salvateur.

Jusqu'à ce qu'elle commence à gigoter. Severus ôta son bras, la laissant ainsi se retourner pour lui faire face.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda-t-il tout en dégageant son visage de ses nombreuses boucles brunes ébouriffées.

- Et bien…, commença-t-elle en caressant son torse.

- Oui ?

- Et bien…je veux…recommencer…

La lueur malicieuse qu'il vit dans son regard l'amusa. Elle était belle et outrageusement attirante.

- Je n'ai pas très bien compris. Tu peux répéter ? Annonça-t-il tout en approchant ses lèvres des siennes.

- J'ai encore envie de toi…, avoua-t-elle d'une voix sensuelle.

En entendant cela, il attrapa ses lèvres pour l'embrasser alors qu'elle grimpait à califourchon sur lui. Leurs corps se retrouvèrent une deuxième fois, ne pouvant plus se détacher l'un de l'autre. A vrai dire, ils dormirent très peu cette nuit-là.

Et ils multiplièrent d'ailleurs leurs rencontres dans les jours qui suivirent, la présence de l'autre étant devenue un besoin vital.

Une drogue qu'ils se plaisaient à consommer en tout lieu et à tout moment.

FIN


Tadaaaaaam ! L'aventure s'arrête ici, j'espère que vous avez apprécié mon histoire. En tout cas, merci de l'avoir suivie, vous êtes de merveilleux lecteurs ;)
Mais avant qu'on sorte les mouchoirs, dites moi ce que vous avez pensé de ce dernier chapitre. Profitez en, c'est la dernière fois ahaaa.
C'était à la hauteur de vos attentes ? Un Severus comme on les aime ? Ils ont au moins enfin pu se retrouver sans être interrompus par qui que se soit. Et tous leurs petits différends sont réglés.
Allez. Bonne soirée à toutes & à tous et peut-être à bientôt pour une nouvelle histoire ! :D