Chapitre 4 : Quinze ans plus tard
Au Japon, devant une grande maison
Un homme sonna à la porte. La voix d'une femme se fit entendre de l'intérieur, en même temps que des pas. La porte s'ouvrit sur Tomoka avec un ventre bien rond.
- Ah, Momo ! S'exclama-t-elle joyeusement.
- Comment va le bébé ? Demanda-t-il en entrant dans la maison.
- Très bien, ce petit trésor me donne des coups de pieds en permanence. Mais entre, les autres sont déjà à l'intérieur. Et Ann-chan elle se remet de l'accouchement ?
- Oui, elle est désolé de ne pas avoir pu venir, elle a encore besoin de repos.
- C'est normal ! Et la petite elle se porte bien ?
- A merveille, c'est mon portrait craché !
- Je vois qu'être papa te rend heureux, sourit-elle.
- Très, avoua t'il sincèrement. Où est-ce que je pose le cadeau de la petite princesse ?
- Suis-moi on va le poser dans le salon avec les autres paquets.
Ils entrèrent dans la pièce, tous les anciens de Seigaku y étaient installés et bavardaient.
- Echizen n'est pas là ?
- Il est parti chercher ses parents à l'aéroport, expliqua Tomoka.
- Ah Momo est arrivé ! Accueillit Eiji.
- Tomoka ! S'écria Horio en se levant du sofa où il discutait avec Katsuo et Kachiro. Tu m'as promis de rester assise.
- Je ne suis pas en sucre Horio ! Répliqua-t-elle.
- Mais tu es enceinte, protesta-t-il, tu ne dois pas te fatiguer. Tu as pensé au bébé ?
- Notre bébé va très bien, rassura-t-elle. Tu te fais vraiment trop de soucis.
- Ne lui en veut pas, c'est très dur de ne pas s'inquiéter, dit Momo. D'ailleurs j'ai encore peur parfois de faire tomber ma fille. Elle si minuscule.
- Ca ne m'étonne pas de la part d'un idiot comme toi, siffla Kaidoh qui était assis pas très loin.
- Quoi ? Répète un peu !
Ils commencèrent à se disputer.
- Eiji ne les encourage pas, intervint Oishi en se levant pour raisonner ses amis.
- Calmez-vous, tenta aussi d'apaiser Kawamura.
- Ils n'ont pas changé, sourit Fuji, tient ça fait longtemps que je ne t'avais pas vu prendre des notes sur nous, Inui.
- Je vais écrire un article sur la vie des joueurs de tennis en dehors du terrain.
- Je vois, et tu comptes aussi parler d'Echizen ?
- J'y ai pensé, c'est après tout le joueur mondial numéro un. Même après s'être retiré il y a deux ans, le monde du sport continue de parler de lui. Mais…
-…la dernière fois que tu as écrit un article sur lui et son père il n'a pas vraiment apprécié termina Fuji.
Il se mit à rire en se remémorant la tête qu'avait fait Echizen en lisant l'article qu'il lui avait apporté.
- C'est pour ça que j'hésite encore à le mentionner dans mon article. Qu'en penses-tu Tezuka ?
Assis à leur côté, Tezuka ne répondit rien, il se contenta de manger un des sushis préparé par Kawamura.
- Je pense qu'il n'a pas vraiment d'avis à ce sujet, sourit Fuji.
- Hum, oh faite Tezuka, la semaine dernière j'ai aperçu Miyuki Chitose qui sortait du cinéma au bras d'un garçon qui était ton portrait craché, dit Inui à travers les verres lumineux de ses lunettes.
Tezuka s'étrangla avec le sushi.
- Aaaaah Tezuka sort avec Miyuki finalement, s'écria soudain Eiji.
- Vraiment ! Intervint à son tour Momoshiro en délaissant sa dispute avec Kaidoh.
- Et moi qui pensais que tu étais toujours célibataire, ajouta Fuji.
Tezuka ne répondit pas, il toussait discrètement, les joues légèrement rosées.
- Alors c'est du sérieux ? Tu penses l'épouser ?
- Eiji ! S'écria Oishi.
- Mais Tezuka est le seul à ne pas encore avoir fait de projet. Kawamura est jeune marié, le trio est déjà casé, Inui est fiancé, Momo vient d'avoir un bébé, Kaidoh a été le premier à se marier…
- Ca a été la grande surprise, coupa Momo.
Kaidoh lui décocha un regard noir.
- C'est vrai que la façon dont Kaidoh nous avait annoncé ses fiançailles était amusante, sourit Fuji.
C'était un soir où ils dînaient tous au restaurant de Kawamura, et Kaidoh, le visage rouge, avait hurlé tout d'un coup qu'il était fiancé.
Kaidoh rougit un peu en se remémorant cet instant.
- C'est vrai que c'était marrant Fuji….Aaaaah mais Fuji non plus n'est pas encore fiancé, s'écria soudain Eiji.
- Ca fait déjà deux ans que tu sors avec la cousine d'Echizen.
- Eiji ! Momo ! Ce genre de choses est personnel, intervint Oishi. Fuji nous en parlera le moment venu.
- Et bien justement, commença Fuji le sourire aux lèvres, je comptais faire ma demande ce soir.
Le silence s'abattit dans le groupe, avant que chacun, à sa façon exprime ses félicitations et encouragements.
- Merci, j'avoue que je suis un peu nerveux. J'espère qu'elle acceptera.
- Il n'y a pas de raison qu'elle refuse, elle t'aime ! Mais c'est Echizen qui va faire une drôle de tête.
- Il est déjà au courant, annonça Fuji.
- HEIN !
- Je lui avais demandé son avis à ce sujet.
- Et alors ?
- Il m'a d'abord regardé avec surprise, puis a soupiré en disant : "Je savais que ça finirait par arriver. Tu as intérêt à prendre soin de Nanako !".
- Je le reconnais bien là.
- Donc il ne reste plus que Tezuka, dit Inui.
- Peut être que le mariage d'Oishi et Eiji lui donnera des idées, plaisanta Momo.
- C'est vrai que le mois prochain c'est votre tour, dit Kawamura.
- Oui, je suis content de me marier le même jour que Oishi.
- La Golden Team ne fait pas les choses à moitié. Qui aurait dit que vos futurs épouses seraient sœurs.
- En parlant d'épouse, où sont-elles passées ? Interrogea Eiji en scrutant le salon.
Il n'y avait plus aucunes femmes à l'intérieur.
A l'étage, toutes les neuf discutaient pendant que la petite princesse du jour se faisait coiffer les cheveux en queue de cheval. Un petit garçon de trois ans, aux yeux un tantinet sévère, admirait la scène.
La porte d'entrée s'ouvrit.
- On est rentré, Avertit une voix de jeune homme.
- Où est ma petite princesse ? Demanda la voix de Nanjiroh en posant sa valise dans le hall.
- Certainement à l'étage, répondit Ryoma à son père.
- Allons-y Rinko !
- Oui, j'ai hâte de la voir.
Ses parents montèrent saluer leur petite fille.
- Il me semblait bien avoir entendu la voix de Ryo ! S'exclama Eiji en accueillant les deux hommes resté dans l'entrée.
- Echizen, comment vas-tu ! Salua Momo. Ryo est là aussi !
- Salut ! Dit le jeune homme de dix-sept ans en leur souriant. Il avait bien grandit en quinze mais avait gardé cet air de ressemblance avec Ryoma et Sakuno. Il avait pris l'habitude de s'entraîner au tennis avec les anciens de Seigaku. Il était d'ailleurs très doué.
Des éclats de rires retentirent d'en haut.
- Oncle Nanjiroh à dut commencer les chatouilles, observa Ryo.
Ryoma soupira. Son père était un vrai papi gâteau.
- Sakura, fait attention à ta robe, avertit la voix d'une femme.
Des petits pas raisonnèrent. Ils se rapprochaient des escaliers.
- Papa !
Ryoma leva les yeux vers une petite frimousse de deux ans. Elle portait une jolie robe violette et ses beaux cheveux auburn étaient attachés par un ruban sur sa tête. Ses yeux de chats couleurs chocolat brillaient de malice. Une jeune femme arriva derrière la petite.
- Sakura ! Je t'ai déjà dit de ne pas courir près des escaliers, tu pourrais tomber !
Ryoma sourit en voyant sa femme gronder leur fille. C'était l'une des rares occasions où Sakuno haussait le ton.
Sa fille se tourna vers lui d'un air implorant. Il haussa des épaules en montant les rejoindre.
- Maman à raison, dit-il en prenant l'enfant dans ses bras.
Sakura fit la moue.
Ryoma et Sakuno échangèrent un regard tout en souriant.
- Il est temps de fêter l'anniversaire d'une petite fille, déclara ensuite Sakuno.
Sakura retrouva immédiatement le sourire.
- Oui !
Sakura coupa son gâteau au chocolat dans le salon, puis ouvrit ses cadeaux sous de nombreux bravos et éclats de rires. Ils passèrent ensuite tous dans le jardin. Les femmes assises sur la terrasse, bavardaient de leur côté tout en regardant les garçons jouer au tennis un peu plus loin. Sakura jouait avec son père.
- Keishi, pourquoi tu ne joues pas avec les autres ? Demanda une des femmes à l'enfant de trois ans qui était resté jouer avec sa voiture près des dames.
Il haussa des épaules en regardant vers le terrain de ses yeux à l'air légèrement sévère. Il se mit à rougir en regardant la petite Sakura. Un homme caressa affectueusement ses cheveux noirs. C'était Kaidoh. Ils se regardèrent un instant. Kaidoh avait reconnu tout de suite l'air qu'avait eu son fils sur le visage. Il avait eu le même le jour où il avait rencontré sa femme. Il s'assit à ses côtés pour jouer avec lui. Keishi ne semblait pas porter une grande attention au tennis, il préférait les voitures. Sa petite frimousse était adorable. Il avait hérité de la beauté de sa mère. Mais tout le monde reconnaissait que c'était le fils de Kaidoh en voyant le regard du petit, même si il était nettement moins prononcé que le père.
- Elle ressemble de plus en plus à son père, dit Sakuno en regardant Sakura sur le terrain. Elle est passionnée par le tennis.
- Elle est comme sa mère dans ces cas-là, répondit Tomoka. Pourquoi tu ne joues pas avec eux ?
- Même si j'ai fait des progrès je suis loin d'avoir leur niveau ! Et puis je veux passer du temps avec ma meilleure amie.
- Oh, sourit Tomoka en la tapant gentiment sur l'épaule. Mais je ne comprends toujours pas pourquoi tu ne prends pas de cours avec Ryoma. C'est le meilleur joueur !
- C'est peut être le meilleur joueur mais..., elle rougit.
Ryoma était, certes le meilleur joueur, et un très bon professeur pour les enfants, mais pour elle il était avant tout un mari. Et un mari bien trop affectueux qui réduisait ses leçons de tennis à cinq minutes voir dix, quand Sakuno avait la force du lui résister. En plus jaloux comme il était, elle n'avait même pas put prendre des leçons avec un de ses senpai. "Tu n'as qu'à prendre une femme" lui avait il dit quand elle lui avait demandé avec qui elle prendrait des leçons dans ce cas.
- Je vois, ricana Tomoka.
- Tomo-chan ! Ce n'est pas drôle.
Si sa grand-mère été toujours en vie elle aurait pris des cours avec elle. Malheureusement la maladie l'avait emporté il y a de cela un an. Elle porta son regard sur Ryoma qui montrait à Sakura comment frapper une balle. C'était grâce à eux qu'elle avait pu surmonter sa tristesse et continuer d'avancer.
- Ouais ! Cria quelqu'un sur le terrain, la sortant ainsi de ses tristes pensées.
Elle se rendit compte que Ryoma la regardait d'un air inquiet. Il la connaissait si bien maintenant. Elle lui fit un sourit rassurant. Tout allait bien tant qu'il était là. Il sourit à son tour et replaça la raquette dans les mains de sa fille.
Ryoma avait trouvé amusant, il y a quinze ans, l'idée d'avoir son enfant et de lui apprendre à jouer au tennis. Sakuno était la seule fille, à l'époque, qui l'intéressait un tant soit peu. Mais il était finalement tombé amoureux d'elle au fil des années. Il avait alors pensé que le tennis n'était pas le plus important. Ils s'étaient mariés, était devenue champion du monde, puis Sakura était née. Il avait arrêté de jouer comme professionnel. L'envie de gagner et d'être le meilleur ne lui importait plus. Il comprenait mieux son père et désirait simplement passé du temps avec sa famille.
Ryoma voulait transmettre tout ce qu'il avait appris à, il l'espérait un jour, la nouvelle princesse du tennis.
FIN
