Bonjour chers lecteurs et lectrices !

Me revoilà avec un nouveau chapitre. J'espère qu'il vous plaira. Au programme, match de basket, Fighting Club, baiser et révélation.

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez dans une petite review ^^

Bonne lecture !

Chapitre 4

L'horreur ! Je ne sais pas combien de temps je suis ici, avachis sur ma chaise, à noter machinalement ce que la prof aux cheveux blancs – ce ne serais pas elle Tornade ? – raconte en continue depuis au moins 2h. On ne devrait pas tarder à sortir de ce cours quelque peu ennuyeux.

Je me tourne vers ma voisine et lui demande discrètement :

- Malicia, il est quelle heure s'il te plait ?

- C'est la cinquième fois que tu me le demande. Tu t'ennuie à ce point ?

- Pas toi ? Tu peux me dire ce que tu trouves d'intéressant dans l'activité cellulaire des plantes ?

Elle hausse les épaules et se remet à copier le cours.

- Alors il est quelle heure ? insistais-je en voulant attraper son poignée qu'elle retire aussitôt.

- Il est 10h15

Quoi ? Encore trois quart d'heure à attendre. C'est une blague ? Sérieux Malicia, je pense que ta montre se paie nos têtes. Je soupire exaspérée, avant de commencer à mordiller le bout de mon stylo. Après plusieurs minutes, j'accepte peu à peu que je suis coincée ici pendant encore un bon moment, je décide donc de m'occuper d'une manière très éducative. Dessiner.

Après avoir passé dix bonnes minutes à dessiner un peu n'importe quoi, je me mets à la recherche d'un modèle à réaliser. Je balaye la salle du regard à la recherche du fameux modèle qui pourra me faire passer le temps. Rien qui ne m'inspire. Que dalle, nada. Ce n'est pas possible, je vous jure.

J'observe alors les autres, concentrés dans les plantes, et soupire une nouvelle fois. Je fais de même avec l'autre côté de la salle et vois, à mon plus grand bonheur, que je ne suis pas la seule à m'ennuyer. Il était lui aussi avachit sur sa chaise. Je remonte mon regard vers son visage afin de l'identifier… Horreur c'est John. Enfin horreur, je me comprends. Ce n'est pas comme si c'était une torture de le regarder. Il est plutôt mignon et…

Je secoue vivement la tête. Qu'est ce que je suis en train de dire ? Ce mec va surement – c'est même sur – m'en faire baver, pour le réveille quelque peu brusque de ce matin et moi je dis qu'il est mignon. Je me gifle mentalement.

Après l'avoir observée pendant quelques minutes, sans qu'il se retourne pour voir qui le fixait – heureusement pour moi car j'aurais été incapable de lui expliquer pourquoi je le regardais comme ça – mon attention se porte sur un petit objet métallique coincé dans sa main. Son zippo.

Une idée me traverse alors l'esprit. Je peux toujours dessiner ça en espérant que ça me prenne toute la fin de l'heure. Seul hic, je ne le vois pas entièrement. Je prie pour qu'il se décide enfin à le poser sur la table. Et là, comme par miracle, ses doigts se desserrent du briquet pour le poser debout devant lui.

Je ne peux pas rêver mieux. Ah si peut-être l'avoir juste devant moi mais bon là je rêve debout, je crois. J'observe attentivement l'objet métallique et commence mon chef-d'œuvre. Cela me coupe entièrement du reste de la classe. Je suis tellement concentrée sur les coups de crayon que je donne sur ma feuille, que je n'entends plus les paroles de la métisse. Le dessin avait pour avantage de me détendre et de me vider l'esprit. Pas très astucieux pour retenir un minimum le contenu du cours mais honnêtement, savoir qu'une cellule végétale peut mesurer entre 10 et 200 µm, je m'en tape un peu.

Une fois mon dessin fini, je me rends compte qu'un zippo, tout seul, au milieu d'un page blanche fait un peu ridicule. Je décide de gommer les quelques traits que j'ai fais et recommence en rajoutant d'autres éléments non présents ici, pour combler le vide.

- Dans trois semaines, nous irons voir l'exposition sur la mutation au musée d'histoire naturelle. Bonne journée à tous et n'oubliez pas de relire votre cours pour la semaine prochaine.

Je comprends très vite que le cours est terminé aux bruits des chaises et des feuilles .Elle ne pouvait pas attendre cinq petites minutes pour que j'aie le temps de finir mon dessin. Concentrée sur ma feuille, je fais quelques traits de crayon par ci par là, à la vas vite et commence à remballer le peu d'affaire que j'ai emmenée.

Alors que je m'apprête à me lever, un bloc-notes s'abat violemment sur ma table, suivit d'une main tenant un zippo, me faisant sursauter. Regardez qui voilà ! Mais c'est notre cher John, qui s'il recommence à me faire peur risque fort de s'en prendre une.

- Ça va pas bien ? Tu m'as fait peur, lâchais-je une main sur la poitrine.

- Oh mais c'est qu'elle est sensible la petite nouvelle.

Comment faire pour ne pas se faire d'ami : leçon n°1. Je lui aurais bien mis ma main dans la tronche mais je réussis à me contrôler, surtout que je suis prête à parier que la prof nous regarde. J'attrape mes affaires et tourne les talons en lançant au pyromane un regard mauvais. Il m'attrape alors le bras.

- Tu vas lâcher mon bras espèce de…

- La prof veut te parler, me coupe t-il en desserrant son emprise.

Je le regarde surprise et me tourne vers la professeure, en train de ranger ses cours dans son bureau. Je repose mon regard sur John et lui demande :

- Qu'est ce qu'elle me veut ?

- Qu'est ce que j'en sais, je ne suis pas télépathe, me balance t-il sèchement. Peut-être qu'elle s'est rendue compte que tu dessinais au lieu de suivre le cours.

- Co… comment est ce que tu sais ça toi ? bafouillais-je étonnée qu'il me révèle cela.

- J'ai des yeux princesse.

J'ai des yeux princesse. Pff. Moi aussi malheureusement. Il quitte alors la salle sans un regard, me laissant seule avec la prof. Je m'approche du bureau et dis :

- Vous vouliez me voir ? demandais-je en m'avançant vers elle, mon bloc-notes serré contre ma poitrine.

- Ah oui, Céleste ! (Elle ouvre un tiroir et en sort un morceau de papier sous pochette plastique.) Voici ton emploi du temps.

- Merci, dis-je en prenant la feuille.

Voyant que je ne pars pas, trop occupé à détailler mon planning de cours, elle enchaine aussitôt :

- Je vois que tu es amie avec Malicia ?

- Oui, elle est gentille, répondis-je en relevant les yeux de la feuille.

- Je suis d'accord, me dit-elle en un sourire, un cahier sous le bras. Avant que j'oublie, dimanche en fin d'après-midi, tu rejoindras Scott dans les sous-sols. Il évaluera tes capacités dans la salle des dangers.

Pardon ? Salle des dangers ? C'est quoi ça encore ? Je hoche la tête et sort de la pièce, suivit de près par la mutante, sans oser demander de quoi il s'agit exactement. Qu'est ce qu'ils vont me faire faire ? je vois des élèves rentrer dans des salles de cours. Je demanderai à Malicia plus de précision sur cette salle des dangers tout à l'heure. Je ne veux pas m'attarder sur la question et arriver en retard à mon prochain cours.

Je regarde mon emploi du temps. Et bien rien ! Enfin si normalement, j'ai cours avec le directeur mais vu qu'il a commencé il y a une heure, je ne vais pas débarquer en plein milieu du cours. De un, parce que je sens que ce cours de littérature va être mortel. En tant normalement, j'aime la lecture mais je ne pense pas que les romans étudiés soit du même genre que ceux que je lis. Et de deux, interrompre un cours pour m'y intégrer, attirerait tout les regards sur moi et me mettrais vraiment mal à l'aise, ce que je ne veux pas. Je ne suis pas particulièrement timide mais je n'aime pas trop être au centre de toute l'attention. Tout ça pour dire que ça m'arrange un peu que le cours est commencé.

Les grognements de mon ventre me font sortir de ma chambre. Je file donc au réfectoire, croisant peu d'élèves dans les couloirs. Je pénètre dans la salle et reste un peu bloqué face à ce que je vois. La salle est complètement vide. Je m'avance vers les plateaux. Faut voir le bon côté des choses, je n'aurais pas à attendre pour manger et les restes ne seront pas pour moi.

Une fois servis et installée à une table, un garçon fait son entrée. Ouf je ne suis pas seule. Bon ok. Il n'est que 11h30 et les cours ne sont pas finis mais qu'en même. Je reporte mon attention sur mon plateau et entame mon assiette. Tout en mangeant tranquillement, je jette des coups d'œil un peu partout autour de moi. Je n'ai jamais vraiment fait attention à la grandeur de cette pièce. La décoration était presque inexistante. Seules quelques touches de couleurs venaient égayer la peinture blanche des murs.

Un bruit de chaise me sort de mon inspection des lieux. Je vois le jeune mutant s'asseoir en face de moi, son plateau posé devant lui. C'est Christopher. Je m'étonne d'avoir retenu son prénom. Généralement, il me faut un certain temps pour retenir les noms des gens. Je regarde les autres tables vides et repose mon regard sur lui. Je ne veux pas paraître méchante mais il n'y a pas assez de place pour toi ? Ou as-tu peur de rester tous seul dans ce grand espace vide ? Ou alors… Je pense au pyromane et à ses idées tordues. Il peut très bien avoir missionné quelqu'un pour pouvoir m'emmerder non stop. Si c'est ça, je vais lui régler son compte une bonne fois pour toute à ce mec.

- Ne me dis pas que c'est John qui t'envoie !

Le garçon relève la tête et me regarde surpris.

- Euh…non pourquoi ?

Je soupire de joie. Pendant une minute, j'ai crue qu'il serait capable de payer quelqu'un pour me pourrir la vie. J'ouvre la bouche mais suis devancée de peu par le brun.

- De toute façon, ce cinglé ne sait même pas que j'existe alors… (il s'interrompt un moment et reprend) Mais ça à l'air d'être chaud entre vous.

- Oui, je confirme et ce n'est que le début.

Si ça continuait, il y aura bientôt le feu à l'école. Il ne cherche que les embrouilles. C'est pour cela que peu d'élèves l'apprécient ici. Je dirais même qu'il n'y en a que deux, Bobby et Malicia. Et moi de temps en temps. Pas aujourd'hui en tout cas. Il m'agace. Et de le voir essayer de m'énerver davantage m'agace encore plus. Le jeune mutant baisse la tête. Je crois déceler une légère déception dans ses yeux. Il relève soudain la tête et poursuit :

- Excuse-moi, je m'appelle Christopher mais tu peux m'appeler Chris. Tu es Céleste ?

Je n'aie pas le temps d'hocher la tête pour confirmer qu'il continu déjà.

- Hier soir, je vous ai vu toi et…enfin bref. (Ses joues se sont enflammées d'un seul coup.) Je dois y aller.

Il prend son plateau et part d'un pas rapide vers l'endroit où ils les réceptionnent , sans même avoir touché à son assiette. Je ne comprends pas très bien sa réaction. Vous pouvez me dire ce qu'il le fait rougir dans le fait qu'on se … La situation s'éclaircit alors me faisant ouvrir de grands yeux. Je me lève, laissant mon plateau sur la table et cours rattraper le garçon.

- Eh attend ! m'exclamais-je en lui attrapant la bras. Qu'est ce que tu entends par chaud ?

Il vire pivoine en un clin d'œil. Ok ce n'est pas bon ça.

- Bah tu sais, vous étiez…mais ça ne me regarde pas. Vous faites ce que vous voulez mais je trouve qu'il faut le faire, risquer de se faire choper par un prof pour un mec comme ça.

- Pardon ?

- Je dois y aller, s'empresse t-il d'ajouter.

Je le regarde partir d'un pas rapide vers les escaliers, une canette et un morceau de pain dans les mains et retourne finir de manger sous le choc. Alors là c'est la totale. Ce gars croit vraiment que…qu'on… qu'on est… Je sais que j'ai dis qu'il était mignon mais il ne faut pas pousser mémé dans les orties. S'il va crier sur tous les toits ce qu'il pense, je vous jure qu'il va avoir chaud au cul. J'imagine déjà la rumeur se répandre dans toute l'école et les autres jeunes mutants me regardaient de travers. Les uns pensant que je dois être bien bête de tomber dans les bras d'un type comme ça, d'autres que je suis une énième nana qu'il a réussis à mettre dans son lit et d'autres m'insultant de tout les noms pour leur avoir volé leur bad boy chéri.

Je finis mon repas, imaginant mille et un scénarios si la rumeur se répand, et monte dans ma chambre en priant de toute mes forces pour ne pas que le jeune mutant ne raconte à quelqu'un qu'il se passe quelque chose entre John et moi. Je deviendrais le nouveau centre d'intérêts des élèves et il en n'est hors de question.


Alors que je suis allongée sur mon lit à regarder le magnifique plafond de ma chambre et de continuer de prier pour que Malicia ou ma sœur ne débarque pas ici pour m'apprendre qu'elles sont au courant pour « John et moi », quelqu'un rentre à toute vitesse dans la pièce. Ça y est, la fin du monde est proche.

- Ramène-toi, s'exclame une Malicia plus que contente. On va mettre une raclée aux mecs. Ils jouent au basket.

Ne voulant pas gâcher son plaisir, je me lève, attrape mon sweat à fermeture, que j'avais posée sur ma chaise, et la suis jusqu'au terrain de basket. Une après-midi dehors me fera du bien, enfin j'espère.

Une fois arrivée au terrain, nous constatons que Bobby et John ont commencés un petit match.

- Bon, on jouera quand ils auront finit, me dit Malicia en s'asseyant dans l'herbe.

Je hoche la tête et regarde les garçons jouer. Bobby avait le ballon et se dirigeait dangereusement vers le panier. Il marque facilement, ce qui provoque les cries de ma camarade de chambre.

Pas longtemps après, ce fut au tour de John de marquer. N'entendant personne crier sa joie comme l'avait fait Malicia précédemment, il se tourne vivement vers nous et nous lance :

- Des encouragements, c'est trop vous demander ?

- Bravo John, lui crie ma voisine en applaudissant.

Il pose ensuite son regard sur moi. S'il attend que je fasse comme Malicia, il peut attendre longtemps. Je reçois alors un coup de coude. Je tourne la tête vers ma voisine et lève un sourcil. Elle me fait alors signe de l'imiter. Super.

- Ouais ! Youpi ! fis-je mollement en levant le poing.

Il me regarde et repart dans son match contre son ami, un sourire de satisfaction sur les lèvres.

- T'as un problème avec lui ? me chuchote Malicia, en se rapprochant de moi.

- Sans blague !

- Tu vas t'y habituer. Tu sais au début, je ne pouvais pas le voir mais après ça a était. Il a peut-être un caractère à la con mais dans le fond il est sympa.

- Ouais, dans un monde parallèle.

- Vous jouez ? nous demande Bobby, après plusieurs minutes.

Malicia se lève d'un bon et m'entraîne à sa suite. Je me retrouve donc au milieu du terrain, les mains dans les poches.

- Je me mets avec Bobby et toi avec John ok, me dit ma camarade de chambre en allant vers son copain.

Magnifique. C'est vraiment super. On ne pouvait pas faire garçons contre filles ou toi avec John et moi avec ton gars ? Je me dirige à contre cœur faire la personne que j'aime le plus au monde et attends les bras croisés que le match commence.

- Honneur au perdant, s'exclame Bobby en prenant le ballon.

Que le match commence ! Bobby file vers le panier suivit de sa copine qui essai de le dépasser pour qu'il lui passe le ballon. Après un tir intercepté par mon coéquipier, ce dernier dribble vers le panier adverse. Je cours le plus vite que je peux, me rappelant de ma jambe blessée. Comme précédemment, le tir est intercepté. Je n'ai pas le temps d'arriver au panier que Bobby marque.

- Bouge ton cul un peu, aboie John derrière moi.

- Je te signale que j'ai un problème à la jambe, répliquais-je énervée.

- Génial ! Vous m'avez foutu avec une handicapée.

- La ferme l'excité du zippo.

- Tu ne peux pas savoir ce que ça me fait quand tu t'énerve contre moi, me chuchote t-il à l'oreille.

Sale con ! Tu vas voir ce qu'elle va te faire l'handicapée si tu continue. Je vais te…

- On peut continuer, c'est bon ? râle Malicia de l'autre côté du terrain, coupant ainsi mes pensées meurtrières.

- Envoie le ballon ! lui dis-je sur le même ton.

A peine le ballon dans les mains, j'entends John me crier agacé:

- Bon alors ?

- Tu vas me lâcher, m'étranglais-je en lui balançant le ballon dans le dos.

Avant même que John puisse faire un seul geste, Bobby se précipite entre John et moi, anticipant la réaction de son ami.

- Lâche la s'te plait !

Après son intervention, le match reprend. Il y a désormais 4-3 pour John et moi. John me passe le ballon – oui oui, il me passe le ballon à moi l'handicapée – et je me mets à courir vers le panier. Enfin courir, plutôt boiter vers le panier.

Je suis sur le point de tirer quand un certain Bobby vient me percuter en plein sur le côté, m'envoyant valser ailleurs. Je me retrouve donc étalée sur le flan droit. La douleur de ma jambe se réveille alors. Je me pince l'intérieur de la bouche pour éviter d'incendier le responsable de ma douleur. J'étais déjà furax avant mais là, c'est la cerise sur le gâteau.

- Putain Ice ! Tu peux pas faire gaffe ? gronde mon coéquipier.

C'est bien la voix de John que je viens d'entendre. Je suis surprise de sa réaction. Je l'aurais plutôt vu en train de se marrer ou de me balancer une phrase bien cinglante. Peut-être que Malicia a raison. Après tout je ne le connais que depuis deux jours.

- Déjà qu'elle était handicapée avant mais alors là, elle est carrément inutilisable.

Ah oui, je me disais aussi que c'était bizarre qu'il réagisse comme ça. Comme s'il s'intéressait à la santé des autres.

- Continuez, on fait une pause, intervient Malicia, en m'aidant à me relever.

Nous nous asseyons dans l'herbe pendant que les gars continuent de jouer.

- Ça va ? me demande ma camarade de chambre.

- Oui ça va. Ne t'inquiète pas. Ça va passer, essayais-je de la persuader (et moi aussi par la même occasion).

Nous les regardons jouer pendant un bon moment. Je ne sais pas jusqu'à combien ils comptent aller mais ils devaient bien avoir dépassés les 20 points. Si j'ai bien suivis, Bobby menait de 12 points. Depuis un certain temps, il monopolisait le ballon ce qui, vous devez vous en douter, ne plaisait pas à Mr John. D'ailleurs, il vient de se prendre un panier. Je décide alors d'intervenir. A la base, je suis dans son équipe alors il a intérêt de gagner.

- Oh John ! Bouge-toi ! T'es en train de te faire battre à plate couture par ton pote. Je te signale qu'il a 12… maintenant 13 points d'avance sur toi. Alors réveille-toi !

Il me regarde alors surpris. Et oui mon cher John, je ne suis pas ingrate. J'essaye de te faire gagner. Ces quelques phrases ont l'air d'avoir pénétrées son crâne. Quelques minutes plus tard, il commence à rattraper le retard qu'il a accumulé.

Vingt minutes plus tard, fin du match. Et le grand gagnant est…John Allerdyce. Et je peux vous dire que personne ne pouvait se tromper sur le gagnant. Le pyromane n'arrêtait pas de narguer son pote et de se vanter d'être le meilleur. J'ai peur pour ses chevilles. Le pauvre ! Pour lui montrer qu'il en faisait un peu trop, je me lève et cours tant bien que mal vers lui en criant :

- OUAAAAIIII !

Il se retourne juste à temps pour que je puisse lui sauter dans les bras. Heureusement qu'il y avait le poteau du panier derrière lui, sinon je crois – c'est même certain – qu'il aurait finit par terre. Dommage !

Ayant enroulée mes jambes autour de ses hanches, une de ses mains (pour ne pas dire les deux) glissent sur mes fesses. Je me retiens de justesse de ne pas lui en coller une. Je ferme les yeux à peine deux secondes pour me calme puis réfléchis à ce que je vais bien pouvoir dire pour lui montrer que s réaction et surdimensionné.

- Tu es le meilleur John. Tu es mon héros.

Je glisse à terre, coince son visage, surpris de ma réaction, entre mes mains et écrase mes lèvres contre sa joue. Un raclement de gorge me fait lâcher le pyromane. Je me retourne mais n'aie pas le temps de dire quoique ce soit, ni de m'éloigner du brun.

- Quoi Ice ? Tu es jaloux de ne pas avoir de groupie ? lui lance John en passant son bras sur mes épaules.

Je ne réagis pas à son geste, bien que je trouve son trop plein de confiance exaspérant. Je veux jouer le jeu jusqu'au bout.

- Mais il en a une, lui réplique Malicia en prenant son petit ami dans ses bras.

- Oui mais tu ne pourras jamais faire comme elle sans lui pomper la vie.

L'expression de ma camarade de chambre change tout à coup. Je savais qu'elle vivait mal le fait de ne pas pouvoir avoir de contact physique avec Bobby et John devait parfaitement le savoir. Et il n'a pas pu s'empêcher d'en rajouter une couche. Je la regarde partir suivis de près par son copain. D'un coup d'épaule, j'enlève le bras de John et lui lance :

- Tu ne pouvais pas la fermer. Tu sais très bien que ça lui fait mal.

- Oh arrête c'est…

- Tu n'es qu'un sale égoïste, le coupais-je d'un ton sec. C'est ma gueule en premier et tant pis si je fais du mal aux autres. Pff pauvre type !

Sur ceux, je tourne les talons, sans lui adressée un seul regard, et vais rejoindre Malicia.


Après avoir passée une bonne partie de l'après-midi à critiquer John avec Malicia et avoir regardée deux épisodes d'une série, qui m'était totalement inconnue, je vais dans le réfectoire, manger un petit quelque chose. Une fois dans la salle, je me dirige vers le buffet des desserts, prends un yaourt et une pomme et balaye la salle du regard afin de trouver une table libre.

Alors que j'entame ma pomme, un bruit métallique plus qu'énervant retendit derrière moi. Sans même me retourner, je lance à l'intrus :

- Dégage !

- Comment va ma groupie préférée ? déclare John en posant ses avants bras sur mes épaules.

- Bien avant que t'arrive. Maintenant, tu vas enlever tes bras de là et foutre le camp d'ici sinon je…

- T'es tellement sexy quand tu t'énerve, me coupe t-il en prenant place devant moi, un sourire de playboy sur les lèvres. Malicia m'a dit de te dire de bouger ton cul et d'aller te changer pour ce soir.

- Pardon ?

- Bon ok j'avoue, j'ai changé le début de sa phrase mais…

- Si tu crois que je vais bouger de cette chaise tu te mets le doigt dans l'œil jusqu'à l'omoplate mon pote.

Son sourire s'efface alors. Il glisse de sa chaise et pousse un grand coup dans la mienne à l'aide de son pied. Je le regarde se lever, à moitié choquée par ce qu'il vient de faire. Il m'attrape alors le bras et me force à me lever. Je tente de me défaire de son emprise, sans succès.

Une fois sortis du réfectoire, je lui tape le plus fort possible le bras tout en criant :

- Lâche-moi ! Lâche-moi je te dis !

- La ferme, gronde t-il, son visage à deux centimètres du mien. Si tu l'a boucle pas, on n'est pas prêt de sortir. J'te signale qu'en semaine, on ne peut pas sortir après 21h. Alors vas-y ! Gueule plus fort ! Ce con de Scott va bien finir par débarquer et tout faire foirer. Je n'ai pas l'intention de rester coincé ici toute la soirée alors magne ton cul et va rejoindre Malicia. On se rejoint dehors.

Il me lâche et me fait signe de monter d'un signe de tête. Je le regard dubitative. C'est une blague ? Il me refait signe de monter. Je m'exécute, voulant savoir ce qu'il se trame derrière mon dos. Je monte donc les escaliers, suivit de prêt par mon nouveau garde du corps, John Allerdyce. Sérieux, j'ai du bol.

A peine la porte de ma chambre franchis, Malicia me saute dessus et commence à débattre – toute seule – sur la meilleure tenue à mettre pour aller boire un coup dans un bar. J'avais envie de lui dire qu'on allait juste dans un bar pas au festival de canne, mais elle était trop heureuse de choisir ce que j'allais mettre pour que je lui gâche son plaisir.

Une heure plus tard, après avoir fait l'inventaire du peu de vêtement que j'avais ramené et plusieurs essayages suivit de commentaires de ma camarade de chambre, je finis par sortir avec un collant opaque plus un short en jean sur le cul alors qu'il fait un vent de voleur dehors.

Malgré mes protestations sur le fait que l'on voit ma joli petite bande sur la cuisse, Malicia n'avait pas lâchée le morceau et m'avait pratiquement mit le short elle-même. Elle m'avait refilée un t-shirt lâche légèrement décolleté car bien sur aucun des miens ne lui convenaient. Ensuite vient le choix des chaussures : simple bottines à talon. Heureusement pour moi, elle n'avait pas de talons aiguilles.

Une fois m'être maquillée, sous le regard inquisiteur de ma colocataire, j'enfile mon blouson, prend mon sac et sort rejoindre les garçons dehors, suivit par Malicia.

- Ouh encore plus sexy que tout à l'heure, lance John à mon attention. Si tu continue, je ne vais pas pouvoir résister longtemps à l'envie de te sauter dessus.

- Mon pauvre petit, fis-je en tapotant son torse, je préférerais coucher avec Bobby qu'avec toi.

Notre glaçon vire pivoine alors que le pyromane passe son bras autour de ma taille, se penche vers moi et me murmure :

- Tu raterais quelque chose ma belle.

Je lève les yeux au ciel et ne rajoute rien. Ce gars a une confiance en lui hors norme.


Alors que nous arrivons dans la rue animé de la ville, Malicia prend les devants et s'avance vers un bar que je connais que trop bien : le Fighting Club. Ce fameux bar que tout le monde croit connaitre alors qu'il n'en est rien. Enfin tout le monde à par les mutants habitués au sous-sol.

Alors que les gens boivent tranquillement un verre entre amis ou s'éclatent sur la piste de danse, des combats entre mutants sont organisés en bas. Je me demande qui est le con qui à mis ça en place. Je ne vois pas l'intérêt de faire ça et je ne suis pas la seule à le penser.

Ça n'empêche pas qu'à chaque combat d'annoncé, la salle est quasiment pleine. Je l'avoue, j'ai déjà assistée à un de ces duels, par curiosité. C'était un vrai massacre. Si je me souviens bien c'était Ben, un grand blond baraqué, contre un pauvre mutant aussi gros que mon petit doigt.

Benjamin, célèbre combattant du bar, l'avait littéralement massacré. Quoi de plus simple quand on peut ôter les sens de son adversaire en une simple pensée. Même Gabriel, qui à un pouvoir plus que respectable, à bien faillit sortir de son combat contre Ben amoché. Heureusement que son pouvoir était là pour le sauver. Depuis ce duel, Benjamin a comme une envie irrésistible de lui arracher la tête, ainsi qu'à ses amis. C'est pour ça que je fais tout pour ne pas le croiser seule.

Tiens en parlant de ça, je vois adossé à un mur mon très cher Gregorio, notre mexicain au charme sulfureux. Je le fixe attendant qu'il tourne la tête vers moi. Après cinq minutes à l'observer laisser passer ou refouler les gens voulant descendre, il pose enfin son regard sur moi. Un sourire étire alors nos lèvres. Il me fait signe de venir le voir.

- Eh Céleste ! Ce n'est pas le mec que tu m'as montré en photo ?, crie Malicia pour que je puisse l'entendre malgré la musique.

Je hoche la tête, me lève et va le rejoindre en attrapant le cocktail que John venait de commander, ignorant ses plaintes.

- Salut ma belle comment tu vas ? me salue mon ami en me serrant dans ses bras.

- Très bien merci et toi ?

- Bien. Tu sais que vous nous manquez ta sœur et toi. Ca fait un vide dans l'appart, c'est monstrueux. Vous rentrez quand ?

- Je ne sais pas. Audrey est tellement contente d'être là-bas que…

- Ouai je vois ce que tu veux dire. Sacré Audrey ! L'avantage, c'est qu'elle ne nous casse plus les oreilles pendant les matchs avec ses histoires de filles.

- Ce sera répété, déformé et amplifié, riais-je.

Il me sourit à son tour avant de redevenir sérieux et de se tourner vers un groupe de jeunes.

- Excuse-moi !

Pendant que Gregorio s'occupe du groupe, je sirote tranquillement mon cocktail, enfin celui de John. Tiens en parlant du loup. Il s'approche de nous en traînant Bobby derrière lui. Qu'est ce qu'il me veut encore ? Alors que j'allais leur demander ce qu'ils voulaient, John passe devant moi et se plante devant Gregorio, son colocataire à sa suite.

- Salut mec ! On peut passer ? lance le pyromane à Greg alors qu'il venait juste de virer les jeunes.

- Vous êtes majeur ?

C'est vrai qu'il faut être majeur pour pouvoir assister ou participer aux combats. Je suis tellement habituer de passer sans avoir besoin de montrer ma carte d'identité, que j'avais complètement oublié la seule et unique règle, qu'ils avaient établis pour accéder aux sous-sols. Ça a des avantages de connaitre le videur.

- Bien sur que oui !

- Montrez-moi vos cartes !

- Tu crois que je me balade tout le temps avec ma carte d'identité, s'énerve John.

Il sort son briquet de sa poche et l'ouvre d'un geste habile. La soirée commence bien. Il s'approche un peu plus de mon ami et lance menaçant :

- Tu vas nous laisser passer sinon je te réduis en cendre.

Il avait à peine prit une flamme dans sa main qu'elle s'éteignit. La seconde suivante, il fut incapable de détacher ses yeux de ceux de Gregorio.

- Vas donc voir ailleurs si j'y suis et n'essaie plus de passer cette porte.

John se tourne alors vers moi et me lance faussement gêné :

- Excuse-moi mais c'est mon verre ! Si t'en veux un, vas te le payer !

Il me prend le verre des mains et va s'installer au bar. Bobby le regarde partir scotché qu'il est obéit au mexicain.

- Qu'est…qu'est ce que vous… ouah je peux savoir ce que vous lui avez fait ? s'étonne le glaçon en posant son regard sur Gregorio.

Ce dernier me regard et me sourit. J'attrape alors Bobby par le bras, dis au revoir à mon ami d'un signe de main et tire le blondinet vers notre table et m'exclame :

- L'hypnose, c'est trop cool comme pouvoir.

- Attends ton pote à hypnotisé John ? T'es sérieuse là ?

J'opine du bonnet joyeusement et m'assois près de Malicia. Bobby jette un regard vers le bar et s'exclame un sourire aux lèvres :

- T'as raison c'est trop cool comme truc. Dommage que je ne puisse pas faire ça. J'aurais été tranquille.

- Vous parlez de quoi ? intervient ma camarade de chambre après avoir bu une gorgée de son coca.

Nous lui expliquons ce que vient de subir John et je commence à raconter des anecdotes sur le pouvoir de Gregorio. Du genre qu'au début, il devait porter des lunettes de soleil en permanence car à chaque fois qu'il parlait, il hypnotisait quelqu'un.

- Faut absolument qu'il me parle de son pouvoir, s'enthousiasme Bobby. J'adore son pouvoir.

Il se lève et file discuter avec Greg. N'ayant plus de cocktail à siroter, je vais m'en chercher un au bar, laissant Malicia seule autour de la table. Je m'accoude au bar et me penche légèrement pour repérer le barman. Je m'aperçois très vite qu'il pédale littéralement dans la choucroute. Il doit surement être nouveau. Il se faisait héler de tous les côtés. En gros, le pauvre croulait sous les commandes.

En attendant qu'on s'occupe de moi, je me tourne, m'adossant au comptoir et regarde vers la table où était Malicia…et deux autres mecs. Je l vois essayer de s'en débarrasser sans grand succès. J'observe ses deux abrutis pendant quelques minutes, oubliant totalement pourquoi je suis venue au bar. Voyant qu'ils deviennent de plus en lus entreprenants, je décide d'aller aider mon amie. Comment ? Bonne question ! J'ai 30 secondes pour y réfléchir.

Je me faufile jusqu'à la table et lance, en espérant que mon idée fonctionne :

- Je suis désolé mon cœur, je n'ai pas pu te prendre ton cocktail.

Malicia me remercie d'un simple regard, comprenant ce que j'ai en tête. Je m'installe près d'elle mais vois que ça n'a pas l'air de dissuadé les deux gars. Je prends le temps de les détailler. L'un était châtain clair, une mèche de cheveu tombé à moitié devant son œil droit. Le reste de ses cheveux étaient ébouriffés comme s'il n'avait pas pris la peine de se coiffer ce matin. Son style vestimentaire va parfaitement avec sa coupe. Un jean large, taché au niveau des genoux et un simple t-shirt noir avec un motif complètement débile en plein milieu. L'autre avait pratiquement le même style, excepté qu'il avait les cheveux un pue plus coiffé que l'autre. Enfin bref, des cassos.

Ils commencent à s'installer sur la banquette, l'un de par et d'autre. Je soupire en détournant la tête du cas social qui se rapproche encore plus de moi. Son haleine alcoolisée me pique les narines. Je regrette presque la présence de John. J'entends – malheureusement pour moi – sa pauvre tentative de drague. Je me pince fortement les lèvres pour m'empêcher de dire une connerie. Je sens le jeune se coller davantage à moi. S'en est trop. Je me rapproche de Malicia. Elle se tourne vers moi exaspéré par les deux garçons. J'exécute la seule idée qui me traverse l'esprit. Je passe ma main derrière la nuque de ma colocataire et colle mes lèvres au siennes. Si ça ne les fait pas partir, je ne sais vraiment plus quoi faire.

J'ouvre alors des yeux grands comme des soucoupes, me rendant compte de mon erreur. Une sensation bizarre m'envahit. Je sens alors mon pouvoir me quitter petit à petit, comme si on m'arrachait une partie de moi. D'un seul coup, Malicia se recule, mettant une distance de sécurité entre nous. Je peux voir un mélange d'horreur et de surprise dans son regard. Alors que je reprends petit à petit mon souffle, Bobby arrive en courant vers nous suivit de John, qui avait assisté à la scène depuis le bar. Les intrus avaient soudainement disparus.

- Ca va ? me demande Bobby, une main sur mon épaule.

Je lève le pouce tout en levant les yeux vers Malicia qui s'empresse de s'excuser.

- Je suis désolé, je…

- Ne t'inquiète pas ! Ce n'est pas ta faute. C'est moi qui t'es embrassée. La prochaine fois, tu te débarrasseras des mecs toute seule, essayais-je de plaisanter.

Oh la vache ! Impressionnant. Je n'aurais jamais… Je secoue la tête, essayant de me remettre de mes émotions.

- Bon je pense qu'il est temps de rentrer, nous informe Bobby en enfilant sa veste.

Tout à fait d'accord. Assez d'émotions pour ce soir. Nous sortons donc du bar, sous les regards des quelques personnes qui avaient assistés à la scène. J'espère qu'ils oublieront ce qu'ils viennent de voir même si je sais parfaitement que c'est impossible.


Nous franchisons, le plus discrètement possible, la porte d'entrée. Heureusement pour nous, personne dans les parages. Nous montons dans nos chambres respectives, abandonnant l'idée de trouver quelqu'un dans l'infirmerie pour changer ma bande.

Alors que j'allais regagner ma chambre, après être passé aux toilettes, un bras enlace ma taille et me colle contre un torse devant appartenir à un certain emmerdeur.

- La prochaine fois que tu veux embrasser quelqu'un, dis toi que je serrais ravis, me chuchote t-il.

- J'y penserais, dis-je faute de mieux, en me dégageant de son étreinte. Bonne nuit John.

Il commence sérieusement à me déstabiliser. Rien qu'à son contact, un frisson m'avait parcourut. Ca veut dire quoi ? Qu'il me plait ? Je ne pense pas non. OK j'avoue, il est beau gosse et il sait très bien en jouer. Par contre son caractère, je crois que je ne m'y ferais jamais. D'après Malicia, c'est une question d'habitude. Personnellement, je ne pense pas. A voir. Et puis qu'est ce qu'il a derrière la tête ? C'est un jeu ou il ne sait pas s'y prendre correctement avec les filles ? J'opterais pour la première option. Il veux juste me mettre dans son lit, point. Et ça il en est hors de question.

A peine entrée dans ma chambre, Malicia me saute quasiment dessus. Elle me pousse sur mon lit et s'assoit en tailleur au pied.

- Espèce de petite cachotière ! Pourquoi tu ne m'as pas dis que tu avais le même pouvoir que John ?