Cette histoire appartient à Johnnyboy7 et que je n'en suis que la traductrice. Elle s'adresse à un public adulte, donc dix-huit ans et plus.
There Will Be Freedom - traduction
Relectrice : SBRocket, Correctrice: PtiteWam, Supportrices : celles qui me lisent et qui me laissent des messages. Merci à toutes.
Pub. The Bigger They Are (Isnoname)
Vous vouliez de l'action? Eh bien lisez ce qui suit...
Chapitre 3 : Normandie
Normandy
EDWARD POV
"Freedom is never voluntarily given by the oppressor; it must be demanded by the oppressed."- Martin Luther King Jr.
All things Twilight related belong to Stephenie Meyer
"Edward," ronronna Bella à mon Oreille, "réveille-toi."
"Non," je roulai loin d'elle, "il est une heure du matin, Bella. Dors."
"Je n'y arrive pas."
"Eh bien, je suis épuisé," me plaignis-je. Je savais déjà ce qu'elle voulait rien au ton de sa voix. Normalement, j'aurais été tout à fait pour un peu de séduction et de sexe sous les draps, mais pas cette nuit.
Alec et moi avions passé toute la journée à retirer des souches d'arbres de l'arrière-cour pour nous laisser plus de place pour agrandir la maison dans deux ou trois mois. A la fin de la journée, j'étais couvert de crasse et mes muscles hurlaient de douleur.
"Edward," elle rampa légèrement sur moi afin que nous soyons à nouveau face à face, "il fait trop chaud pour dormir et je deviens nerveuse le soir maintenant que je n'ai plus de travail."
"Je ne peux rien pour toi, Bella. Recouche-toi."
Cela faisait une semaine que Bella avait quitté le club. J'étais allé avec elle et Nahuel m'avait regardé méchamment tout le temps où nous avions été là. A l'insu de Bella, je l'avais fait arrêter pour fraude fiscale. Il rôtissait dans une quelconque prison brésilienne miteuse depuis ces deux derniers jours et ne serait probablement pas dehors avant deux mois au moins.
Bella avait prévu de prendre un autre emploi bientôt, mais pour l'instant elle profitait de sa pause.
"Il fait si sacrément chaud," souffla-t-elle sur ma peau.
"Que veux-tu que j'y fasse? J'ai déjà ouvert les fenêtres."
"Je sais que tu n'es pas endormi." Elle se faufila dans mes bras, plaçant des baisers sur mon torse nu. "S'il te plait…"
"Non, va-t'en."
J'essayais de me tenir à distance, mais nous savions tous les deux où cela allait aller.
Je soupirai et me couchai sur le dos, bras et jambes écartés. "Fais de moi ce que tu veux."
Bella me grimpa dessus et, bien entendu, elle savait comment me tirer la bonne réponse. Ses jambes s'écartèrent sur mes genoux, le coton de sa culotte rencontrant l'érection déjà dure que j'arborais dans mon boxer.
J'amenai son visage jusqu'à mes lèvres car j'étais maintenant bien réveillé et prêt à jouer.
Je nous fis basculer et la coinçai sous mon corps. J'écrasai tout de suite mon bassin contre le sien et je pus sentir l'ampleur de son désir quand je sentis la tache mouillée sur sa culotte. Les yeux de Bella roulèrent en arrière et elle laissa échapper un gémissement rauque.
"Tu l'as demandé." J'embrassai son cou et commençai à descendre sur sa poitrine recouverte par son tee-shirt. Ses tétons étaient durs pour moi et attendaient mon attention. Une nuit comme celle-ci, cependant, les préliminaires n'étaient pas au menu.
"Tu mets trop longtemps," Bella souleva ses hanches et fit glisser sa culotte, la lançant quelque part dans la chambre.
Mes mains voyagèrent sous le drap et saisirent ses fesses. Je sortis ma bite palpitante de mon boxer alors qu'elle nous faisait rouler sur le côté afin que nous nous fassions face. Ma bite jaillit libérée, prête à trouver sa maison entre les jambes de Bella. Je me positionnai directement à son entrée mouillée et m'enfonçai légèrement, laissant la tête la taquiner juste un petit peu.
Elle haleta quand je le fis à nouveau, m'enfonçant plus loin cette fois. Elle avait besoin d'être étirée, et Bella s'assurait que je frappe son point G en faisant rouler ses hanches dans les miennes. Elle se pencha plus près et prit en ciseaux mes jambes afin que nous soyons entrelacés, presque qu'une seule personne. Sans avoir même à faire aucun effort, je glissai profondément dans sa chatte humide, laissant tous les deux échapper un gémissements guttural à la sensation.
"Es-tu content que je t'aie réveillé?" Bella avait du mal à respirer et lança sa tête en arrière, me donnant plein accès à son cou succulent.
"Putain ouais," grognai-je, glissant sur les draps et plus profond à l'intérieur d'elle, "je te donne la permission de me réveiller à n'importe quel moment."
"Je vais garder ça à l'esprit." Elle attrapa mes cheveux, les tiraillant et les tirant de façon merveilleusement assurée.
La circulation dans nos jambes étaient coupée tellement elles étaient étroitement liées et de petits picotements commençaient à se glisser sur ma peau. Tout en poussant vers l'avant, nous nous tenions l'un à l'autre pour faire levier et une ultime friction, laissant nos corps chavirer dans l'extase sexuelle. Mes baisers voyageaient sur la délicate clavicule de Bella et sur ses mamelons érigés, faisant tomber mon nom des ses lèvres parfaites.
Je connaissais son corps à fond, alors je pouvais estimer quand elle était proche. Les ongles de Bella commencèrent à griffer ma poitrine, créant douleur et plaisir mêlés en un. Elle trembla violemment alors que je pilonnais plus profondément, peau contre peau.
Tout son corps se déroula sans un mot. Il y eut juste des grognements et des gémissements quand nous explosâmes l'un dans l'autre. Je sentis de longs jets de sperme quitter ma bite alors qu'ils recouvraient ses murs et créaient des bruits peu élégants sous la ceinture. Je frémis quand les derniers restes de ma libération s'égouttèrent et tout mon corps s'épuisa soudain après l'apothéose à laquelle je venais de monter.
Ni Bella ni moi ne bougeâmes pendant ce qui sembla des heures.
"Putain de merde." La tête de Bella roula sur l'oreiller mais elle ne se démêla pas de moi.
"Comme je disais, réveille-moi n'importe quand." J'embrassai ses lèvres rudement. "C'était intense."
"Je ne sais pas ce qui m'a pris." Elle lâcha finalement prise et s'éloigna.
Je pris une profonde respiration, ramenant mon corps à la vie et fixai le plafond. "J'endurerai n'importe quelle punition pour une baise comme ça à nouveau." Je la regardai. "As-tu sommeil maintenant?"
Elle rit et hocha la tête. "Je suis épuisée. Merci."
"Serait-il complètement grossier de ma part de m'endormir maintenant?" Je fermai les yeux, incapable de les garder ouverts plus longtemps.
"Bonne nuit, Edward." Je sentis ses lèvres douces sur ma joue.
J'entendis Bella se positionner à côté de moi et ensuite s'installer dans le lit. Après quelques minutes, j'ouvris un œil pour simplement vérifier qu'elle soit bien. C'était devenu en quelque sorte un rituel ces deux dernières années. Je ne pouvais dormir que si je savais qu'elle était en sécurité et satisfaite. Si nous étions en colère l'un contre l'autre ou avions simplement eu une grosse dispute, je tournais et me retournais toute la nuit. Quelque chose à l'intérieur de moi ne voulait simplement pas s'éteindre.
Je roulai et ne pris même pas la peine de me couvrir. Il faisait trop chaud pour ça. Je m'assoupis pour dormir.
Aux alentours de trois heures, la sensation pénible dans mon dos commença à se faire savoir. J'essayai de l'ignorer et d'oublier la douleur qui était là, mais ça n'arriva pas.
Je sortis du lit et allai à pas feutrés à la salle de bain. Sans allumer la lumière, j'allai directement à ces jolies petites pilules bleues sur le comptoir et en pris deux. L'inconfort se tassa en quelques minutes et je savais que ça irait pour les douze prochaines heures environ.
Je pris du lit mes oreillers et m'installai sur le tapis pour finir ma nuit. La plupart du temps quand j'avais des problèmes de dos, je dormais là. Bella détestait ça. Elle me disait que ce n'était pas bon, mais je n'étais pas d'accord. Au moins je ne me réveillerai pas tout noué au matin. J'essayai de ne pas penser à combien de germes dégoûtants pouvaient être autour de moi et fermai à nouveau les yeux.
Il me fallut une heure à m'agiter pour réaliser que je n'allais pas me rendormir.
"Qu'est-ce qui se passe?" me demanda Bella endormie alors que je commençai à me lever du sol.
"Je n'arrive pas à dormir," lui dis-je.
"Pourquoi?" Elle roula pour me regarder à travers ses paupières à moitié closes.
"Ce n'est rien. Rendors-toi." Je l'embrassai. "Je serai en bas et j'allume la clim. Il fait foutrement trop chaud ici dedans."
"D'accord."
Je fermai toutes les fenêtres de la chambre et m'aventurai dans le couloir pour lancer à fond la clim. Il commença presque immédiatement à geler dans la maison mais c'était mieux que l'enfer de la saison tropicale.
J'allai au rez-de-chaussée, allumant les lumières et décidai de me faire du café. Personne ne torréfiait mieux le café qu'au Brésil, et il pouvait vous tenir éveillé pendant des jours. Il était comme le crack mais avec bien meilleur goût. Tandis que j'attendais, je m'assis sur le canapé et regardai les nouvelles, rattrapant le retard sur ce qui s'était passé dans le monde extérieur. J'essayai de ne pas trop me préoccuper de tout ce qui se passait ailleurs. Rien n'importait d'autre que cette petite île, Bella et Alec.
Si on m'avait dit que ceci serait ma vie il y a quatre ans, j'aurais tiré sur quelque chose. A l'époque, ce genre d'existence n'avait aucun sens pour moi. Maintenant, la régularité de la vie insulaire était devenue mon havre de paix. La simplicité, la facilité, la liberté: c'était exactement ce dont j'avais besoin. Je serais probablement mort pour de vrai à cette heure si j'étais resté à Chicago.
La cafetière sonna doucement, indiquant que mon remontant du matin était prêt. Le soleil ne se lèverait que dans quatre heures, alors je pourrais aller courir comme je voulais. Je m'installai assis dans le canapé et regardai à peine la télé.
J'entendis un léger mouvement de pieds à l'étage et quelques minutes plus tard, Bella descendit en se frottant les yeux.
"Si nous restons debout, je vais avoir besoin de plus que du café." Elle se laissa tomber dans le canapé à côté de moi et me prit ma tasse.
"Tu peux retourner au lit."
"Plus maintenant. Je suis déjà debout."
Bella n'aimait simplement pas quand je n'étais pas au lit avec elle. C'était certainement pourquoi elle détestait quand je dormait sur le sol. A présent, nous avions réduit nos 'rendez-vous-deuxième-partie-de-nuit-sans-sommeil' à une science exacte. Nous les avions à peu près une fois pas semaine.
"Bon... Je vais chercher le Scrabble?" demanda-t-elle, presque avec espoir.
"Et je vais chercher plus de café." Je me levai du canapé et allai dans la cuisine pour récupérer des tasses plus grandes.
Au moment où je revins, Bella était assise par terre devant la table basse, installant l'énorme plateau du Scrabble Edition de Luxe.
"Nous sommes vraiment des nerds," dit Bella en riant, "mais j'aime tellement ce jeu."
"N'invente pas des mots cette fois." Je m'assis en face d'elle, étendant mes jambes.
"Excuse-moi, mais je n'invente pas de mots. Ce n'est pas parce qu'ils ne sont pas dans le dictionnaire que ça signifie qu'ils n'existent pas."
"C'est exactement ce que cela signifie."
"Je suis sure qu'ils existent quelque part." Elle me lança un regard noir.
"Tu es juste une mauvaise perdante."
En plus d'un an à faire ça, Bella n'avait jamais gagné un seul jeu au Scrabble. Parfois, je pensais à la laisser filer jusqu'à la victoire mais elle avait acquis cette propension à inventer des choses. Elle avait un putain de diplôme en littérature anglaise, et elle ne serait pas capable de penser à de vrais mots à mettre sur le plateau. Elle se plaignait toujours que ses lettres ne faisaient jamais quelque chose méritant des points.
"Je ne suis pas une mauvaise perdante," contra Bella. "Tu dois juste cesser d'utiliser ces grands mots que personne ne peut comprendre."
"Je ne peux m'en empêcher." Je haussai les épaules, sirotant mon café d'un air supérieur. "Je joue pour gagner."
Elle me regarda en plissant les yeux tout en ramassant ses lettres et le jeu commença.
Bien entendu, au bout de dix minutes, nous étions déjà en train de nous quereller sur un de ses mots. J'essayais de lui expliquer que "s-p-r-a-m-p" n'existait pas. Bella soutenait que si. Il y a six mois environ, le dictionnaire avait été "égaré", alors je ne pouvais pas vraiment contester, mais elle finit par l'admettre.
"Je ne peux pas te croire." Bella secoua la tête alors qu'elle consignait mon mot à soixante-huit points.
"Mot compte triple, lettre compte double pour le 'W', et lettre compte triple pour un 'F'," je jubilai. "Ne me gruge pas non plus."
"Ceci est ridicule. Qui aurait même pensé que 'waffle' (gaufre) allait être mon ennemi?"
Avant que je puisse atteindre de la main le sac en velours pour tirer d'autres lettres, les lumières s'éteignirent complètement. La climatisation aussi fut mise hors tension simultanément et un silence inquiétant tomba sur la pièce.
"Qu'est-ce qui s'est passé?" chuchota Bella.
"Je ne sais pas," dis-je à voix basse. Je fus instantanément en alerte, écoutant et scrutant dans l'obscurité à la recherche de n'importe quelle anomalie.
Alec se faufila soudain dans la pièce, armé d'un assez grand pistolet et d'un semi-automatique en bandoulière sur sa poitrine. Je pensai qu'il était peut-être somnambule ou un truc comme ça, mais il y avait un étrange éclat dans ses yeux que je pouvais voir même dans l'obscurité.
"Qu'est-ce que tu fais, bon sang?" demandai-je, la voix basse et granuleuse.
"N'avez-vous rien entendu vous deux?" Il se tourna vers nous. "Arrêtez de déconner. Nous avons de la compagnie."
"Une super compagnie d'espions." Je levai les yeux au ciel. "Qu'est-ce qui se passe?"
"Écoute." Il rampa au sol vers la vitre, faisant glisser la porte-fenêtre et tirant le rideau pour fermer.
Je me déconnectai de tout et affinai mon ouïe. Il ne me fallut qu'une seconde pour l'entendre, et ceci fait, je me levai d'un bond du sol.
"Edward, qu'est-ce que c'est?" demanda Bella.
"Des bateaux," répondis-je brièvement.
"Jet skis," dit Alec. "Six, je pense. Je ne pouvais pas les voir de ma fenêtre, mais je pouvais certainement les entendre putain." Il jeta un coup d'œil au rideau.
"Que diable veulent-ils? Comment nous ont-ils trouvés?" questionna Bella. J'étais en train de me demander la même chose.
"Et ils ont des armes, donc... voilà." Alec soupira. "Je ne pense pas qu'il soient des amis."
"Bella, je te demande d'aller en haut." J'allai dans la grande salle d'armes, que bien entendu, je gardais approvisionnée au maximum.
"Je ne vais nulle part."
"Je n'ai pas le temps de discuter avec toi." Je lui tendis une paire d'armes à feu; je n'étais pas sûr de quoi. "S'il te plait, écoute-moi. Va en haut et verrouille la porte. J'ai une clé alors si quelqu'un frappe, ce ne sera pas moi. Nous devons juste régler ce problème et-"
"Je ne vous laisse pas en bas tous les deux," m'interrompit-elle.
"Je te porterai là-haut si je le dois." Je devais m'arrêter de crier, "S'il te plait... écoute-moi."
Bella réfléchit un instant, ses sentiments visibles sur sa figure, avant de hocher la tête. "Qu'est-ce qu'ils veulent?"
"Je ne sais pas Bella, mais je promets que je vais le découvrir et que nous allons les faire partir de notre île."
"Ceci arrive vraiment vite," elle soupira.
Je hochai la tête. "Je vais gérer ça."
"Ils arrivent," murmura Alec.
"Combien sont-ils?" lui demandai-je.
"Six et ils ont tous une puissance de feu impressionnante."
"Va à l'étage," dis-je à Bella. "Je serai en haut quand ceci sera fini. Peu importe ce que tu entendras se passer ici, ne sors pas de notre chambre." Je sortis le plus petit gilet pare-balle que j'avais fait faire spécialement pour elle et le sanglai sur elle, m'assurant qu'il était bien attaché.
"Sois prudent," elle serra ses bras autour de mon cou. "Je les veux hors de notre île, Edward."
"Ils le seront," me promis-je. "Si quelqu'un entre dans la chambre, tire-lui dessus. N'y pense pas." Je la poussai dans les escaliers et ne bougeai pas jusqu'à ce que j'entende le verrou sur la porte de notre chambre.
"Comment veux-tu faire ça?" me demanda Alec alors que j'attrapai tout ce que je pouvais y compris mon fidèle Golden Eagle. J'ai été surpris d'avoir encore ce truc.
"J'ai besoin de l'un d'eux en vie. Sinon tue tout ce qui bouge." donnai-je comme instructions, mettant mon propre gilet et en tendant un à Alec. "Je veux savoir qui il sont, pourquoi il sont là, ce qu'ils veulent, et comment ils nous ont trouvés."
"Oui, monsieur." Alec salua. "Les attendons-nous?"
Je regardai tout autour le rez-de-chaussée spacieux de la maison. Heureusement, nous avions assez de place pour manœuvrer. Mon esprit passait à la vitesse supérieure: faisant des plans d'action, trouvant les issues, essayant de déduire les meilleures stratégies, regardant s'il y avait des objets de valeur qui avaient besoin d'être perchés. J'avais le sentiment que ce n'allait pas être une visite amicale.
"Attendons-les," dis-je presque pour moi-même.
Je retournai la table de la cuisine. J'allai dans le séjour et fis de même avec le canapé, la table basse, renversant le jeu de Scrabble et le café sur le sol. Alec m'aida à pousser la bibliothèque au milieu de la pièce – tout ce qui pourrait servir de couverture.
Ils étaient six et nous deux. Ils avaient l'avantage car ils étaient préparés. Il n'y avait pas moyen que nous puissions les empêcher d'entrer, alors pourquoi essayer? Je ne voulais pas les arrêter de toute façon. Ils allaient avoir une sacrée surprise.
J'envoyai Alec dans la cuisine, tandis que je me tapis au sol pour attendre quiconque qui tentait d'attaquer ma maison. Je pouvais sentir mon cœur battre avec l'impatience que j'avais habituellement avec une arme dans les mains. Je suppose que mes vacances venaient brutalement de prendre fin.
"Ça devait être la nuit où j'ai oublié de mettre l'alarme," me réprimandai-je. Je n'avais jamais oublié de mettre l'alarme. Il y avait une bouée à un mile au large, dansant dans l'océan qui était faite spécialement pour des situations comme celle-ci. Ça aurait dû m'avertir de tout bateau qui venait près de l'île.
Je stoppai mes pensées pour juste écouter et j'entendis des pas dans le sable. Il y avait six paires, comme l'avait dit Alec. Mes sens inhumains pouvaient capter le poids de chaque homme et le bruit de leurs armes cliquetant ensemble. Je ne savais pas qui ils étaient ou de quelle sorte de race ils étaient mais je pouvais dire qu'ils ne seraient pas abattus facilement.
Quelque chose glissa sur le plancher et me heurta le genou. C'était un petit canif que j'avais donné à Alec pour son dix-septième anniversaire. Il me leva le pouce avant de repasser furtivement le coin. Je gardai le couteau près de moi en lieu sûr.
Les verrous sur la porte commencèrent à être secoués et je me signai deux fois juste quand les portes furent enfoncées. Je restai à ma place derrière le canapé, respirant à peine. Je voulais savoir à quoi tout cela rimait. Le silence était d'or dans ma situation.
"Où sont-ils?" demanda une voix bourrue.
"J'ai vu du mouvement. Ils sont ici." répondit un autre.
"De combien sommes-nous censés nous occuper?"
"Trois. Il a dit qu'ils étaient trois."
"Pourquoi sommes-nous ici?"
"Parce que la paie est bonne. Arrête de te plaindre et trouve-les."
Alec fut le premier à tirer, et le bruit de balles rapides explosa soudain autour de moi. Je gardai la tête baissée et ouvris juste le feu en direction de là où j'entendais le plus de vacarme. Je réalisai que ma maison allait probablement être détruite.
Il y eut des bruits de pas d'un homme s'approchant et j'évaluai sa distance de ma cachette. Quand il fut assez proche, je me redressai et me préparai à décharger une pleine barrette de plombs dans sa poitrine. Il était en uniforme militaire, complété par un casque, une gilet pare-balle et une veste épaisse couvrant son corps.
Cela laissait deux cibles principales pour un maximum de pénétration : le visage et l'aine. Je ne lui donnai même pas le temps de se préparer avant de tirer sur tout avec l'arme puissante que j'avais. Son corps tressauta violemment alors que son sang éclaboussait les rideaux blancs derrière lui.
Je n'eus pas le temps de savourer la sensation d'une fraiche mise à mort avant de voir un mouvement du coin de l'œil et je réagis immédiatement, tirant tout ce que le pistolet avait. Il était au sol, mais s'agitait encore de désespoir. Je donnai un coup de pied dans son casque afin de pouvoir voir son visage et je pris ensuite le couteau, le plongeant profondément dans la chair tendre de son cou. Je le retirai et une fontaine de sang jaillit alors qu'il prenait son dernier souffle.
Le séjour était silencieux avec trois corps sur le sol autour de moi. Les lumières étaient toujours éteintes, et les murs étaient couverts d'impacts de balles. L'odeur de sang frais s'infiltrait dans le tapis et je pouvais presque sentir dans l'air les sinistres fantômes de ceux qui étaient tombés.
Mises à mort rapides et faciles. Trois descendus.
Je marchai d'un pas léger et silencieux, restant dans l'obscurité. Il n'y avait aucun bruit, mais cela ne me faisait que me sentir plus en alerte. Je fis chaque pas posément et écoutai les oreilles sur le qui-vive.
Je distinguai les pas d'Alec au bout du couloir. Je sifflai d'un son aigu et il siffla en retour notre signal pour baisser les armes.
"Qu'est-ce que c'était putain?" Il tourna le coin avec un visage en colère. "Tu ne m'as même pas donné une chance de les cueillir."
"Tu t'es mis à tirer le premier. J'ai pensé qu'il était temps de mettre en branle le peloton d'exécution."
"Tu as mal planifié ça. Pas d'avertissement, pas de plan d'action. C'était bordélique." souffla-t-il, "je n'en ai eu que deux."
"J'en ai pris trois. Cela signifie qu'il en reste un." Je repositionnai mon arme. "Est-il allé dehors?"
Avant qu'Alex réponde, il y eu une forte détonation à l'étage, et il me fallut une seconde pour me rappeler qu'Alec et moi n'étions pas les seuls dans la maison.
Je grimpai les marches trois par trois et avais mon arme prête à tuer.
La première chose que je remarquai quand je tournai le coin dans le couloir de l'étage, fut que la porte de ma chambre était défoncé dans les règles. Le bois semblait avoir à peine survécu à la charge. Il avait volé en éclat tous azimuts et le seul petit morceau qui restait était suspendu aux charnières.
Je me précipitai dans la chambre et vis un gars sur notre lit, se tenant l'épaule, son sang teintait de rouge les draps. Il n'était pas mort mais n'en semblait pas loin.
Bella tenait un petit pistolet dans ses mains légèrement tremblantes. Elle avait un air froid comme la pierre sur la figure et une profonde égratignure sur la joue. C'était presque comme si quelqu'un avait essayer de la frapper avec un couteau ou qu'un animal l'avait griffé.
"Putain de salope," grognait l'homme, roulant sur le lit comme s'il suffoquait.
Je pris la crosse de mon Eagle et le frappai au front. Il hurla de douleur et marmonna de façon impossible à distinguer alors que ses yeux se fermèrent.
"Jésus Christ, Bella." Alec regarda tout autour de la chambre qui était dévastée et complètement en lambeaux. Tout avait été brisé ou cassé en deux.
"Est-ce lui qui t'a fait ça?" Je pris en coupe sa joue qui commençait à saigner. La plaie n'était pas profonde mais semblait douloureuse. "Que t'a-t-il fait?" demandai-je, ma voix était tendue par la colère qui parcourait mes veines.
Elle hocha la tête et me tendit l'arme qu'elle tenait. "Je vais bien. Il... commençait juste à frapper à la porte et je lui ai tiré dessus."
"Est-ce que ça va? Qu'a-t-il fait?"
"Rien. Il m'a poursuivie et a essayé de m'attraper." Bella soupira, et remontant le morceau déchiré de son tee-shirt qui était retombé. Elle s'effondra avec lassitude dans un fauteuil dans le coin. "C'est un abruti."
Je remarquai des trous dans le mur qui ne pouvaient être que faits pas des balles.
"T'a-t-il foutrement tiré dessus?" hurlai-je.
"Je pense que oui. J'ai tiré sur lui la première, cependant." Elle haussa les épaules. "Je le connais."
"Tu le connais?"
"Eh bien, il est venu au bar la semaine dernière. Il avait une arme, mais je n'en pensais rien."
"Pourquoi ne me l'as-tu pas dit?"
"J'étais plus préoccupée par ta main coupée et sanglante. En outre, ce n'était pas la première fois qu'un gars entrait dans le bar avec un pistolet. Il a dit qu'il s'appelait Ben."
"Tu lui as surement fait un numéro." Alec essaya de faire rouler le gars. Il respirait difficilement et à en juger la quantité de sang répandue sur le lit, il n'avait plus très longtemps à vivre. "Un tir à travers l'épaule et un dans le ventre. Bon travail, Bella."
Elle sourit avec ironie et s'enfonça plus profond dans le fauteuil. C'était la première fois que Bella tirait sur une vraie personne. Je l'avais entrainée sur des cadavres afin qu'elle puisse savoir comment c'était de mettre une balle dans un corps authentique mais elle n'avait jamais été près de le faire vraiment.
Je m'agenouillai en face d'elle, me débarrassant de mes armes. "Es-tu sure d'aller bien?"
"Je vais très bien." Elle hocha la tête essayant d'être forte. "Que s'est-il passé en bas? Avez-vous été touché ou quoi que ce soit?"
"Non, bien sûr que non."
Bella le leva de son siège et grimpa légèrement sur les détritus dans notre chambre. Elle alla dans la salle de bain et revint avec un gant de toilette et un pansement.
"Que diable s'est-il passé, Edward?" demanda-t-elle et passa le gant humide sur son visage. "Je n'aime pas ça."
"Je ne sais pas, Bella. Es-tu sure que ça va?"
"Si tu me demande ça encore une fois, je te tire dessus." Elle me fusilla du regard. "Je vais très bien."
Le visage de Bella et ses gestes disaient quelque chose de totalement différent de ses paroles. Elle tremblait presque. Ses pieds l'amenèrent vers moi et j'enroulai mes bras autour d'elle quand elle posa sa tête sur ma poitrine.
"As-tu eu peur?" demandai-je.
"C'est arrivé si vite et j'essayais de ne pas penser à ce qui se passait en bas."
"Bella, tout va bien. Tu as fait exactement ce que je t'avais dit de faire," la rassurai-je. "Tu n'as rien fait de mal."
Elle hocha la tête. "Je sais."
"Bien."
"Si nous voulons sortir des infos de ce bâtard nous devrions peut-être faire vite. Il glisse," dit Alec.
"Très bien, amenons-le dehors." J'embrassai Bella sur le dessus de la tête et m'assurai qu'elle puisse se tenir droite toute seule. J'allai ensuite aider Alec à soulever le gars.
Bella déplaça des trucs sur le passage alors qu'Alec et moi tirions le gars du lit. Son sang laissait une trainée derrière nous quand nous le trainâmes à travers la maison et je dus pousser du pied les corps morts sur le chemin alors que je passai la porte en titubant.
"C'est tellement tordu." Alec se tendit alors qu'il levait le gars plus haut par les bras. "Nous avons été attaqués."
"Nous avons été envahis," dit Bella qui suivait derrière nous.
"Comme sur les plages de Normandie. J'ai regardé un documentaire là-dessus l'autre jour." répondit Alec. "C'est une autre guerre mondiale."
"Toute cette situation est du n'importe quoi." Je laissai tomber le corps derrière la maison. Le soleil était sur le point de se lever et les oiseaux matinaux commençaient à gazouiller joyeusement.
Alec se dépêcha d'aller chercher ce dont nous avions besoin. Il connaissait la marche à suivre à présent et ne perdait pas de temps. Il rapporta une vieille chaise branlante et une grosse corde qu'on utilisait habituellement pour attacher les bateaux.
Il commença par dépouiller le gars de ses vêtements. Il marmonnait quelque chose d'incohérent toutes les deux secondes. Je fouillai toutes ses poches à la recherche de toute forme d'identification. Je trouvais un petit livre noir et le tendis à Bella. "Vois s'il y a quelque chose d'utile là-dedans."
"Que vas-tu lui faire?" demanda-t-elle et elle feuilleta les pages.
"Au final le tuer," répondis-je honnêtement.
"Il a nos noms."
"Quels noms?" J'arrachai le gilet pare-balle de l'homme qui était toujours en vie et commençait à se réveiller. Son sang recouvrait mes mains mais je continuai à prendre sur moi, essayant de trouver plus d'informations.
"Nos vrais noms et des photos. Elles ont l'air d'avoir été prises de loin. Nous sommes sur la plage."
C'est quoi ce bordel?
"Qui est ce type?" demanda Bella.
"Je ne sais pas. Son uniforme n'est rien que je reconnaisse." J'essayais de rester aussi calme que possible, pour faire comme si j'avais la situation sous contrôle. En réalité, ceci n'avait pas l'air bon du tout.
"Tuons-le maintenant," soupira Alec, faisant craquer son cou.
Je secouai la tête.
Je laissai l'homme en boxer. Il n'avait rien d'autre sur lui, mais selon Bella son nom était Ben. Alec et moi l'installâmes sur la chaise, l'attachant solidement avec la corde. Il chancelait sur son cul comme s'il était ivre.
"Est-il déjà mort?" me chuchota Bella.
"Non, il est encore en vie." Je tapotai l'homme sur la tête. "Réveille-toi."
Il grogna et gargouilla quelque chose que je ne pus comprendre, alors je lui donnai à nouveau une claque. Cette fois ses yeux s'ouvrirent et son visage se tordit de douleur.
"Qui es-tu? Pourquoi es-tu ici?" demandai-je. Je n'avais que peu de patience pour traiter avec cet homme, alors s'il ne répondait pas à mes questions, il allait mourir plus vite qu'il en était déjà prêt.
"Où diable sont mes vêtements?" Il sifflait en respirant et toussait. "Où sont mes hommes?"
"Qui es-tu?" demandai-je à nouveau.
"Je... je ne sais pas."
"Si, tu le sais." Bella le gifla rageusement. "Tu es venu au bar la semaine dernière. Je t'ai préparé une putain de boisson." Elle le gifla plus fort cette fois.
"Bella," je la soulevai et la reposai loin de Ben, "Tu ne peux pas déjà le tuer."
"C'est un menteur."
"Bien sûr. C'est du cinéma. Laisse-moi gérer ça."
Elle lança un regard mauvais mais elle hocha la tête.
Ben poussa un cri perçant qui montant jusqu'aux cieux, criant pour obtenir toute aide qui serait là dehors. Bella se hérissa à côté de moi et Alec frémit d'agacement. Je laissai l'homme crier.
"Personne ne va t'entendre," dis-je après qu'il fut enfin à bout de souffle. "Qui es-tu?"
"Qui es-tu?" Il s'étrangla et tourna la tête ailleurs. Il essaya de se défaire de ses liens, luttant pour se libérer.
"Bella, peux-tu aller à la plage, s'il te plait, et attendre là-bas." demandai-je mais ce n'était certainement pas une question. "Ne va pas à l'intérieur de la maison et tire un coup si quelqu'un d'autre vient." Je lui tendis le pistolet que j'avais apporté.
Elle délibéra pendant un instant, mordant sa lèvre à la manière typiquement Bella. Elle hocha la tête silencieusement et courut hors des bois, sur le chemin menant à la plage.
"Je ne vais pas te le demander à nouveau." J'essayai de me calmer. "Dis-moi qui tu es et pourquoi tu es ici."
L'homme ne disait toujours rien. Il était en train de mourir alors peut-être qu'il n'en avait simplement rien à foutre.
Je pris le même petit poignard à Alec et n'hésitai pas à placer la pointe sur la poitrine nue du gars. Le sang s'écoulait de son épaule et je supposai que je n'avais environ que dix minutes avant qu'il s'évanouisse à nouveau.
"J'enfonçai la pointe du couteau dans sa peau, gravant un grand 'E' dans son muscle. C'était juste assez profond pour causer une quantité considérable de douleur, ce qui était visible sur son visage.
Cet homme allait certainement se rappeler mon nom avant de mourir.
"Si tu me dis ce que tu fais ici, je pourrais t'épargner," mentis-je, faisant glisser le couteau à nouveau sur sa peau, créant la première ligne d'un 'D'.
"Je suis payé pour tuer," dit-il les dents serrées.
"Un tueur à gages?" demanda Alec derrière moi.
"Non, c'est un mercenaire," répondis-je. Je pouvais repérer un tueur à gages à trois cents mètres. Cet homme était entrainé à la manière militaire. "Pour qui travailles-tu?" questionnai-je, complétant le 'D' et passant au 'W'.
"Une compagnie basée au Texas." Il était tremblant et suait à profusion alors que le couteau gravait sa chair. "Nous sommes payés pour tuer, mais nous ne savons pas pour quoi ou pour qui. Nous ne posons aucune question."
"Qui te paie?" Le 'W' était maintenant complet et je décidai de laisser une pause au gars afin qu'il puisse respirer.
"Mon boss, mais je ne sais pas qui a mis un contrat sur toi. Je reçois un appel et je prends l'avion."
"Et comment nous as-tu trouvés?" demanda Alec.
"Il nous ont donné l'emplacement. Nous n'avons pas à poser de questions." bredouilla-t-il.
Je compris que nous n'allions pas obtenir plus d'informations de lui car son discours était mal articulé et ses yeux papillonnaient. Il avait réussi jusque-là, mais maintenant que j'avais commencé à écrire mon nom sur la poitrine de cet homme, je voulais finir. Il avait tenté de faire du mal à ma famille. Il avait en fait poser ses mains sur Bella. C'était inacceptable. Je voulais voir s'il pouvait endurer la gravure de son corps.
Au moment où j'eus fini le dernier 'D', il était mort et la tête tombée en avant alors que son corps s'immobilisait. Il était couvert de saletés, de poussière, de sueur et de sang poisseux. Je me fichai de son vrai nom ou s'il avait une famille ou quel âge il avait. Rien de tout cela importait.
"Nous avons été pourchassés," soupirai-je abattu. Notre temps sur cette île était rapidement venu à sa fin.
"Qui bordel sait que nous sommes ici et pourquoi ont-ils essayé de nous tuer?"
"Ça pourrait être n'importe qui." J'avais en tête une liste d'environ cinquante personnes qui avaient les ressources pour quelque chose comme ça. Diable, cette invasion était quelque chose que je pourrais éventuellement essayer plus tard si jamais j'en avais la chance. "Nous devons partir. S'ils peuvent nous trouver alors d'autres le peuvent aussi."
"Où allons-nous aller?"
"Je ne sais pas." Je me redressai et me mis à faire le chemin de retour vers la maison.
Bella était assise sur la plage, juste comme je le lui avais demandé alors que le soleil se levait sur l'océan. Je m'assis à côté d'elle et regardai simplement la vue.
"Qu'avait-il à dire?" demanda-t-elle.
"Ils l'ont engagé pour nous tuer. Il ne sait pas qui, mais quelqu'un sait que nous sommes ici et nous veut morts."
"Déjà?"
"Ouais."
"Ok alors, où allons-nous aller maintenant?
"J'en sais rien. Donne-moi deux ou trois heures pour y penser." Je me tournai vers elle. "Tu sais que je ne laisserai jamais rien t'arriver, n'est-ce pas?"
Elle hocha la tête. "Bien sûr."
"Je ne veux plus jamais quelque chose comme ça, que nous nous fassions prendre par surprise." Je mis mon bras sur ses épaules. "Si tu veux... tu peux rentrer chez toi, retourner à Seattle ou peu importe où. Alec et moi..."
"Non, non, non," m'interrompit-elle presque en colère. "Je ne vais aller nulle part. Je reste avec toi."
Je poussai un soupir de soulagement. Je détestais que Bella soit au milieu de ça et à plusieurs reprises, j'avais essayé de la convaincre de retourner chez elle et d'avoir une vie normale avec un autre homme qui pourrait lui donner ce dont elle avait besoin. C'était la pire sorte de douleur imaginable. Je pouvais endurer presque tout, mais la voir partir serait presque insupportable. Mais je supposais que je devais la laisser le faire. Peut-être? Éventuellement?
"Où tu vas, je vais." Elle joignit ses lèvres aux miennes avec douceur, tendrement; avidement. Je n'eus d'autre choix que d'obtempérer.
"Ça ne me plait pas de briser votre festival amoureux mais nous devons nettoyer et faire des plans," entendis-je Alec, qui nous interrompit.
Je me détachai de Bella à contrecœur et touchai le pansement sur son visage. Elle fit un sourire pincé et se leva, me tirant avec elle.
Le nettoyage était toujours le travail le plus salissant de toute opération, peu importe sur quel côté on était. Alec et moi passâmes les premières heures de la matinée à creuser des trous profonds derrière la maison. Nous en fîmes deux. Nous rassemblâmes ensuite tous les corps ensemble et les déshabillâmes, les laissant sans rien. Nous vérifiâmes leurs poches à la recherche de quelque chose, n'importe quoi. Ils étaient un mystère pour nous, alors nous les traitions comme rien de plus que du bétail.
Nous jetâmes leurs vêtements dans un des trous et je les aspergeai de kérosène, lançant une allumette dans la fosse. Alec empêcha la fumée de monter trop haut en l'air. Nous n'avions pas besoin que quelqu'un d'autre sache que nous étions sur cette île.
Une fois que les vêtements ne furent rien de plus que des cendres, je commençai à reboucher le trou.
Alec et moi basculâmes ensuite chacun des corps dans le second fossé. Il étaient tous des hommes lourds qui avaient des cicatrices sur la peau, montrant leurs expériences du terrain: probablement des ex-marines ou des forces spéciales de la marine de guerre.
Nous appliquâmes la même procédure avec les corps, les brûlant et faisant attention à la fumée. Cela prit beaucoup plus longtemps pour que les os et la chair en fusion soient réduits à des cendres grises. A nouveau, nous rebouchâmes le trou avec de la terre.
Avant que l'un de nous puisse dire quelque chose, Bella accourut à côté de moi, à bout de souffle et transpirant.
"Qu'est-ce qui ne va pas?" lui demandai-je avec impatience.
"Le téléphone sonne. Le téléphone de la maison," haleta-t-elle.
Nous nous regardâmes les uns les autres perplexes. Premièrement, nous avions un téléphone fixe, mais personne n'osait l'utiliser. Il était déjà installé quand j'étais arrivé ici. Deuxièmement, j'étais surpris qu'il n'ait pas été massacré lors de la fusillade comme tout le reste dans la maison.
Bella prit ma main et se mit à courir vers la maison. Alec nous suivit. Nous arrivâmes quelques minutes plus tard et comme elle l'avait dit, le téléphone sonnait d'un son strident.
Il était sur le comptoir, vibrant avec colère comme s'il disait, "Décrochez-moi, putain!"
Je m'assis sur un des tabourets qui n'avait pas été démolis.
"Que faisons-nous?" demanda Alec.
"Décrochons?" suggéra Bella. "Qui ça pourrait-il être?"
"Je ne sais pas. Personne n'a ce numéro. Je ne le connais même pas."
Ceci était extrêmement étrange. Nous venions d'être attaqués et maintenant le téléphone que personne n'utilisait se mettait à sonner. Je n'avait même pas eu le temps encore de faire le tri de toute cette merde. J'avais juste besoin de cinq minutes pour moi pour remettre mon cerveau en mode attaque.
Le téléphone s'arrêtait un instant, mais se remettait à sonner sans arrêt.
"Laissez-moi parler. Ne dites pas un mot," leur dis-je à tous les deux.
Je pris une profonde inspiration et appuyai sur le bouton du haut-parleur.
"Allo?" demandai-je, ne me laissant pas faiblir.
"Edward? Dieu merci." Le ton de Carlisle était soulagé et anxieux en même temps.
"Papa?" Je fronçai les sourcils perplexe. "Qu'est-ce que diable il te prend d'appeler ce numéro?"
"Je devais vérifier. Est-ce que tu vas bien?"
"Ouais... Qu'est-ce..." Je montrais rarement des signes de mutisme.
"Bella et Alec sont-ils là? Vont-il bien?"
"Ils vont très bien. Je les ai envoyés dehors." mentis-je. Il n'avait pas besoin de savoir qu'ils étaient à côté de moi. Il aurait fait attention à ce qu'il allait dire s'il savait qu'ils étaient près, "Pourquoi appelles-tu?"
"Nous avons été attaqué la nuit dernière. Tout un groupe de gars étaient dans la maison avec des armes et tout ce que diable ils avaient apporté d'autre avec eux. C'était ridicule. L'un deux a craché avec de la persuasion. Il a dit qu'ils avaient des hommes qui allaient au Brésil pour..."
"C'était une embuscade de tous les côtés putain!" Je claquai mon poing sur le comptoir. "Quelqu'un a-t-il été blessé?"
"Non, nous allons tous bien heureusement, mais j'étais inquiet pour vous. J'étais à deux doigts de partir prendre un avion."
"Quel genre de show es-tu en train de monter là? Qu'est-ce que bordel il se passe?" Je demandai une réponse.
"Edward, nous n'avons pas le temps de discuter de ça..."
"Qui sait que nous sommes ici? As-tu parlé à quelqu'un?"
"Bien sûr que non. Penses-tu que je pourrais mettre ma famille en danger comme ça?"
"Eh bien, je ne suis plus sûr maintenant."
"Edward, arrête ça! Personne ne sait et c'est le secret le plus difficile que j'ai jamais eu à garder de toute ma vie, mais je l'ai fait pour te protéger. Arrête de m'accuser de choses dont tu ne sais rien."
Je tirai sur mes cheveux de frustration. Bella passa sa main sur mon dos pour me réconforter, mais cela ne le fit qu'un peu cette fois. Alec avait envie de dire quelque chose mais il resta silencieux sur mon ordre.
"Nous partons bientôt, peut-être ce soir," lui dis-je.
"Je prends déjà des dispositions."
"Je ne sais pas où nous allons mais nous devons bouger et vite."
"Vous allez à Rome. L'avion va vous prendre demain matin."
"Rome?" Je levai la tête dans la confusion. "Pourquoi bordel irions nous à Rome?"
"Parce que... nous n'avons pas été les seuls à être attaqués par surprise. Ton grand-père a été tué la nuit dernière, Edward. J'ai besoin que tu viennes aux funérailles."
Une fois encore, j'étais abasourdi par la tournure des événements. Était-il sérieux? Cela pouvait-il vraiment être arrivé? Parlions-nous du même homme? Nicola Rossini? Non, ça n'était pas possible.
"Qu'est-il arrivé?" demandai-je, ma voix était rauque et douloureuse.
"Je ne connais pas tous les détails. Celui qui est derrière tout ça l'a assez bien organisé. Nous avons été tous attaqués au même moment. J'ai reçu un coup de fil disant qu'il n'avait pas survécu. Nous allons avoir des funérailles la semaine prochaine et tu dois être là. Vous devez tous être là."
"Nous n'allons pas y aller. Nous ne pouvons pas aller à ça."
"Edward, il est temps de revenir à la maison, de revenir à Chicago."
Je savais qu'il allait dire ça. Je le savais.
"Je vais m'occuper de tout, mais... j'ai besoin de toi ici. Il y a beaucoup trop de choses marchant contre nous là tout de suite et j'ai besoin de présenter un front uni pour la famille."
"Quelle famille?" crachai-je. "Ne fais pas comme..."
"Edward, je n'ai plus le temps de discuter avec toi. Tu vas rentrer. Je suis heureux que vous soyez tous saufs, mais ceci est allé suffisamment loin. Je ne peux pas te garder caché plus longtemps. Si Bella préfère rentrer alors je peux prendre des dispositions pour elle aussi, mais tu dois lui dire qu'elle n'est en aucune façon liée à toi. Fais-lui bien comprendre qu'elle est libre de partir où elle choisit."
Bella secoua la tête avec véhémence les lèvres serrées.
"Donc, nous allons simplement plier bagages et rentrer aux States comme si nous étions des gens normaux?"
"Je m'occupe de ça," répondit-il de manière énigmatique. "Je ne sais pas ce qui va se passer dans l'avenir, mais toi et Alec serez là pour la famille."
"Est-ce un ordre?"
"Oui. Il est temps de rentrer."
~ TWBF ~
Ils ont fait face à six mercenaires entraînés qui voulaient leurs peaux et ils ont peur d'un téléphone?
Par contre ce que ce coup de fil implique...
A bientôt
LyraParleOr
