Chapitre 4 – Réveil 2

Cela faisait maintenant une heure, peut-être un peu plus, qu'Ismérie était partie dans son passé. Il ne restait que Leo, Percy et Nico avec elle. Nico restait à ses côtés, mais il avait arrêté de lui parler. Elle ne l'entendait pas de toute façon. Percy était resté parce qu'il avait faim et était donc très occupé à dévorer une gaufre bleue. Leo était assis en face de lui, l'air plongé dans ses pensées. Ismérie avait arrêté de hurler, elle se contentait de pleurer silencieusement, les yeux fermés et la tête enfouie dans ses bras.

PDV Ismérie

J'étais à terre. Epuisée. Je levai mes yeux vers Nico. C'était la première fois que je le voyais aussi mal en point. Il n'en pouvait plus, et c'était évident. J'avais tenu à peine un an après la découverte de mes pouvoirs. Pas étonnant que les dieux n'aient pas confiance en moi. Je n'arrivais plus à contrôler l'arrivée incessante de monstres. Il en arrivait toujours plus. Et c'était intenable. Je n'avais plus le temps d'apprendre à contrôler mes nouvelles capacités, et ça me rendait excessivement dangereuse. Par conséquent, je n'avais plus de lien avec le gang, car je ne pouvais pas mettre leurs vies en péril. Mais du coup je ne gagnais plus rien, et j'étais affamée. Je jetai un nouveau coup d'œil vers Nico :

« -Nico… Il faut que ça s'arrête. C'est plus possible. Laisse-moi crever ici. Laisse moi te sauver, pour une fois. Merci pour tout, mais je ne suis pas destinée à survivre.

-La ferme. Hors de question que je te laisse crever.

Je n'avais jamais vu une telle colère dans ses yeux depuis longtemps.

-Je ne veux pas vivre comme ça ! Je ne veux plus être un jouet trop dangereux qu'on a jeté et qui peut exploser à tout moment ! Je n'en peux plus, Nico ! Et je ne suis plus la petite naïve de 14 ans ! Je me doute bien que tu as d'autres problèmes. Vas. Je te demande juste de ne pas m'oublier.

-J'ai une autre solution. Je peux tout effacer. Tous tes souvenirs, de tes 14 ans à aujourd'hui.

-Ca résoudrait tout ?

-Oui. Tout. Tu n'aurais plus à vivre tout ça. Tu serais libre.

-Je ne veux pas t'oublier. Tu es mon seul ami. Tu es mon meilleur ami. Tu es comme un frère pour moi !

-Ismé, je refuse de te voir une seconde de plus comme ça, compris ? C'est trop dur, et pour moi, et pour toi. S'il-te-plaît. C'est la meilleure solution que nous ayons !

-Non ! Je ne veux pas t'oublier ! Je ne veux rien oublier ! Pour la première fois, je me suis sentie puissante. J'en valais la peine. Je ne veux pas oublier les jours où j'en ai valu la peine ! Putain, Nico, ne me prends pas ça !

-Je reviendrais te chercher, promis. Je te les rendrais, ces jours.

Il me bloqua les mains et me força à avaler une sorte de fruit à la couleur étrange. Je me débattis puis me sentis glisser dans un sommeil profond et sans rêve. La dernière chose que je vis fut le sourire rassurant de Nico.

« Tout ira mieux »

Puis, le noir.